Voici venue l’heure d’un premier bilan quant au fonctionnement de la revue STAPS, The international journal of sport science and physical education. Cela fait, en effet pratiquement un an jour pour jour que j’ai été élu à la direction de celle-ci, suite à un renouvellement du Conseil d’Administration de l’AFRAPS et à une décision de celui-ci.
De nombreux chantiers ont été mis en place, mais beaucoup restent encore à réaliser.
Parmi les réussites, on doit souligner le bon fonctionnement du comité de rédaction. Ghislain Carlier, Jean Fournier, Nancy Midol, Thierry Terret, et Emmanuel Van Praagh, ont créé une dynamique formidable, chacun dans la gestion de leur secteur. Les plus sollicités en termes d’articles soumis sont à ce jour les responsables du domaine des sciences sociales et de l’intervention dans le domaine des APS et de l’EPS. Les soumissions sont un peu moins nombreuses dans le domaine de la psychologie et très faibles en nombre dans celui des sciences de la vie. Ainsi si le nombre d’articles reçu depuis un an est très satisfaisant (cinquante-huit). La répartition par secteurs disciplinaires l’est bien sûr beaucoup moins, j’y reviendrai plus loin.
Dans les réussites figure également le respect global d’un échéancier satisfaisant. Les experts tiennent, autant que faire se peut, les délais qui leurs sont imposés, ce qui n’est sans doute pas très simple pour un travail toujours bénévole et qui s’ajoute à des emplois du temps de plus en plus surchargés, pour la plupart. Il faut donc ici les remercier encore de leurs apports sans lesquels la revue STAPS ne pourrait pas souscrire aux nécessaires impartialités et neutralités scientifiques, doublées d’une évaluation transparente par les pairs dans le domaine de prédilection.
Il faut aussi se louer de la qualité des articles soumis, qui permet d’ores et déjà de composer deux numéros d’avance de la revue, un tiers des articles environ ayant été, au cours de cette année, acceptés par des experts toujours rigoureux et sans concession au plan de la qualité.
Enfin, grâce au dynamisme des responsables de secteur deux numéros spéciaux vont pouvoir être mis en place et cet éditorial fera donc fonction d’appel d’offre. Un numéro sera dirigé en commun par John Salmela et Jean Fournier sur La famille et le sport et pourrait être publié dès l’année 2003, bien sûr après le processus d’évaluation habituel des articles. Un autre numéro est d’ores et déjà en chantier, il sera pris en charge par Thierry Terret, sur le thème Genre et activités physiques. Celui-ci est programmé pour 2004. Un troisième numéro spécial pourrait voir le jour, à terme : Dopage et sports dont la direction pourrait être confiée à Gerhardt Treutlein et Jacques Gleyse.
D’autres chantiers sont toujours au point mort. Un numéro qui avait été prévu sur Les sports de combat, par le précédent comité de rédaction, ne semble pas avoir trouvé d’aboutissement. Les articles ne sont pas parvenus ou n’ont pas pu être récupérés. Le comité de rédaction invite donc tous les auteurs qui devaient participer à ce projet à prendre contact avec le directeur de la rédaction pour qu’il puisse être finalisé.
Dans les chantiers à mettre en œuvre figure également celui d’une plus grande offre d’articles dans les domaines des « comptes rendus d’interventions » (à ne pas confondre avec les articles de recherche, au sens strict, sur l’intervention). Le chapitre de la revue consacré aux revues de question est aussi, pour l’instant (mais un article sera bientôt publié), peu fourni. Le numéro 58 ne présente pas non plus de « réponse à l’éditeur ». Par contre cette rubrique sera renseignée dans le numéro 59.
Enfin, il faut le regretter, comme cela a été dit au début, peu d’articles parviennent dans le domaine des sciences de la vie (il y a bien sûr des explications structurelles à cela notamment l’espace des publications offert). Un travail important reste donc à faire pour favoriser un développement des offres dans ce domaine.
On notera que, pour ce numéro 58, un nouveau nom figure parmi les rédacteurs principaux : celui de Pascal Chantelat. En effet, Nancy Midol ayant décidé de prendre de la distance aux STAPS (en se tournant de plus en plus vers l’anthropologie), il ne lui a pas semblé souhaitable de poursuivre sa tâche. Aussi, afin d’éviter tout hiatus, durant une période transitoire une direction bicéphale s’est installée dans le domaine concerné. Pascal Chantelat est Maître de conférences HDR à l’UFRSTAPS de Lyon. A l’origine spécialiste d’économie du sport, il a étendu ses compétences à l’ensemble du domaine des sciences sociales. Son dynamisme et sa compétence reconnus par tous, dans le domaine, le désignaient donc comme un successeur potentiel de Nancy Midol. Je le remercie d’avoir répondu positivement à ma sollicitation (médiée par Thierry Terret), d’autant que le travail pour la gestion du secteur des sciences sociales est plus que conséquent.
Il faut aussi souligner la composition de ce numéro qui est d’une certaine manière une innovation. En effet, 4 articles relèvent du domaine des sciences sociales et spécifiquement de l’Histoire, ce qui témoigne de l’offre dans ce domaine, un de celui la psychologie et un de l’intervention. L’éclectisme spécifique aux STAPS est donc ici respecté à l’exception du domaine des sciences de la vie.
Pascale Garnier s’intéresse au domaine peu exploré dans la revue, jusqu’à présent, de l’enseignement de l’éducation physique à l’école élémentaire dans un texte couvrant l’ensemble du xxe siècle intitulé : « Enseigner l’éducation physique à l’école élémentaire. Maîtres et spécialistes des activités physiques : une collaboration en question (1880-2000) ». Didier Séguillon retrace une zone spécifique de l’Histoire des pratiques physiques spécifiques aux sourds-muets dans « Du langage des signes à l’apprentissage de la parole ou l’échec d’une réforme ». Maïté Lascaud et Frédéric Dutheil, précisant les travaux bien antérieurs de Jean-Louis Gay-Lescot, font le point sur ce lieu particulier que furent les Chantiers de jeunesse durant la seconde guerre mondiale dans : « Pratiques physiques et sportives, “formation virile et morale” dans les Chantiers de la Jeunesse, 1940-1944». Pierre Gros retrace la trajectoire particulière d’un sport habituellement localisé dans le Sud-Ouest, dans son texte : « Le rugby à Lyon (1890-1964). Une approche sociale et historique d’un sport confidentiel ». Lucille Lafont s’intéresse à l’« Efficacité comparée de la démonstration explicitée et de l’imitation-modélisation interactive pour l’acquisition d’une séquence dansée chez des adolescentes de 12 à 15 ans ». Enfin, Frédéric Anciaux propose un article concernant « L’influence de la langue sur la capacité d’imagerie du mouvement ».
Bref, on le voit, c’est un numéro qui pourra aussi bien intéresser les chercheurs dans des domaines spécifiques que les enseignants et étudiants en Éducation Physique et Sportive et pourquoi pas même les instituteurs et professeurs des écoles.
Jacques Gleyse
Castries, 10 juin 2002