2003
STAPS
Rapport de recherche
Sport de haut niveau et décentralisation : des stratégies
d’acteurs à la régulation du système L’exemple aquitain
Marina Honta
[*]
Faculté des Sciences du Sport et de l’EP - Université Victor
Segalen, Bordeaux 2. EA 498, Vie sportive : Tradition, Innovation, Intervention
(axe Vie sportive et
territoires)
La Région, les Départements, l’Etat territorial et le mouvement
sportif en Aquitaine mènent des actions au profit du sport de haut niveau,
politique d’essence nationale définie par l’échelon central de l’Etat et du
mouvement sportif. L’objectif de cet article consiste non seulement à
comprendre les objectifs inhérents à leur implication, mais encore à cerner les
modes d’opérationnalisation de leurs interventions, communes et/ou respectives.
Il s’agira de vérifier si les initiatives décidées par l’ensemble de ces
acteurs territoriaux aboutissent à la création d’un dispositif concerté en
région. Plusieurs « outils » ont été utilisés pour l’investigation : les
documents budgétaires et administratifs en provenance des acteurs
institutionnels impliqués, les prestations aux sportifs de haut niveau, la
réalisation d’entretiens semi-directifs destinés à comprendre les raisons
motivant l’action publique dans ce secteur. La recherche démontre que la
territorialisation du haut niveau en Aquitaine se caractérise par une
complexité certaine. L’interventionnisme notamment des collectivités
territoriales s’accompagne, dans l’ensemble, de pratiques partenariales le plus
souvent opaques et fermées qu’aucun acteur n’est aujourd’hui en mesure de
canaliser.
Mots-clés :
Haut niveau, politiques régionale et départementale, décentralisation, déconcentration..
The Region, the Department, the Devolved Services of State and
the sport movement in Aquitaine lead actions for the benefit of the high-level
sports, policy of national essence defined by the central level of State and
sport movement. The purpose of this paper consists not only in understanding
the inherent goal to their implication but still in defining the modes of
implementation of their common and / or respective interventions. It will
consist in checking if the initiatives decided by the whole of the territorial
actors result, in creation of a concerted plan of action in the Region. Several
“tools” were used for this study : budgetary and administrative documents from
involved institutional actors, the benefits for the high-level athletes, the
realization of semi-pointed interviews intended to understand the reasons that
justify public action in this field. The research shows that territorialization
of high-level sports is characterized by a certain complexity. The
interventionism, notably from local communities has been accompanied by
practices of partnership which are the most often opaque and closed so that no
actors are today able to direct them.
Keywords :
high-level sports, Regional and departmental policies, decentralization, devolution..
Die Region, die Departements, der Territorialstaat und die
Sportbewegung in Aquitanien setzen sich in Form einer deutlich nationalen
Politik, die durch den Staat und die Sportbewegung auf zentraler Ebene
definiert ist, für den Sport ein. Ziel dieses Artikels ist es nicht nur, die
ihren Implikationen inhärenten Ziele zu verstehen, sondern auch die
Operationalisierungsformen ihrer gemeinsamen und/oder jeweiligen Interventionen
zu erfassen. Es wird darum gehen, zu verifizieren, ob die von der Gesamtheit
dieser territorialen Akteuren beschlossenen Initiativen zur Schaffung einer
konzertierten Einrichtung in der Region führen. Mehrere „Werkzeuge“ wurden für
die Untersuchung benutzt: Dokumente über Finanzen und Verwaltung von den
beteiligten institutionellen Akteuren, Zuwendungen an Hochleistungssportler und
die Durchführung semi-direktiver Interviews, um die Gründe zu Verstehen, welche
die öffentlichen Handlungen in diesem Bereich motivierten. Die Untersuchung
zeigt, dass die Territorialisierung des Hochleistungssports in Aquitanien durch
eine deutliche Komplexität gekennzeichnet ist. Die übertriebenen
Interventionen, vor allem der territorialen Gruppierungen, sind in ihrer
Gesamtheit von partnerschaftlichen Praktiken begleitet, die meist
undurchsichtig und abgeschottet sind und die heute keiner der Akteure steuern
kann.
Schlagwörter :
Hochleistungssport, Regionalpolitik, Dezentralisierung, Dekonzentration..
La Regione, i Dipartimenti, lo Stato territoriale ed il movimento
sportivo in Aquitania realizzano delle azioni a vantaggio dello sport di alto
livello, politica d’essenza nazionale definita su scala centrale dallo Stato e
dal movimento sportivo. Lo scopo di quest’articolo consiste non solamente nel
comprendere gli obiettivi inerenti alla loro implicazione, ma ancora a
delineare i modi di operazionalizzazione dei loro interventi, comuni e/o
rispettivi. Si tratterà di verificare se le iniziative decise dall’insieme di
questi protagonisti territoriali sfociano nella creazione di un dispositivo
concertato in regione. Parecchi “strumenti” sono stati utilizzati per
l’indagine : i documenti di budget ed amministrativi provenienti dai
protagonisti istituzionali implicati, le prestazioni fornite agli sportivi di
alto livello, la realizzazione di incontri semidirettivi destinati a
comprendere le ragioni motivanti l’azione pubblica in questo settore. La
ricerca dimostra che la territorializzazione dell’alto livello in Aquitania è
caratterizzata da una certa complessità. In particolare, l’interventismo delle
collettività territoriali è accompagnato, nell’insieme, da pratiche di
partenariato molto spesso opache e chiuse che nessun protagonista è oggi in
grado di canalizzare.
Parole chiave :
alto livello, decentralizzazione, deconcentrazione, politiche regionale e dipartimentale..
La región, los departamentos, el Estado territorial y el
movimiento deportivo en la Aquitania, realizan acciones en función del deporte
de alto nivel, la política esencialmente nacional es difundida por el estado
central. El objetivo de este artículo consiste no solamente entender los
objetivos de su implicación que tiene la política en la región sino también
acotar los modos operacionales de sus intervenciones comunes. Se trata de
verificar si las iniciativas del conjunto de actores territoriales llegan a un
resultado en la creación de un dispositivo que pueda beneficiar a la región.
Varios instrumentos son utilizados en la investigación : documentos económicos
y administrativos provenientes de los actores institucionales implicados, las
prestaciones a los deportistas de alto nivel, realización de entrevistas
semdirectivas destinadas a entender las razones que motivan a la acción
pública. La investigación demuestra que la territorización del alto nivel en
Aquitania se caracteriza por ser muy compleja. El intervencionismo de las
colectividades territoriales son acompañadas por prácticas cerradas que ningún
actor es capaz de medir y canalizar.
Palabras claves :
alto nivel, política regional y departamental, descentralización, desconcentración..
Le sport de haut niveau relève d’une compétence d’essence
nationale, il fait l’objet en France d’une responsabilité partagée entre l’Etat
et le mouvement sportif. Ces acteurs ont également tenu à définir ce qui
relevait de cette notion laquelle n’est pas à confondre avec le système du
sport professionnel. Quatre critères la composent : la reconnaissance des
disciplines de haut niveau attribuée par la Commission Nationale du Sport de
Haut Niveau (CNSHN) en fonction de facteurs précis, les compétitions
internationales de référence qui sont les Jeux Olympiques (JO), les
Championnats du Monde, les Championnats d’Europe organisés par les fédérations
internationales unisport, les listes de sportifs de haut niveau appartenant aux
catégories « Elite », « Senior » « Jeune » et « Reconversion » (les sportifs
inscrits au titre des catégories « Espoirs » et « Partenaires d’entraînement »
ne sont pas considérés comme des athlètes de haut niveau). En termes
d’avantages, les différences sont très importantes. En effet, derrière le
statut de sportif de haut niveau, existe un dispositif législatif et
réglementaire qui lui permet de bénéficier d’aménagements et de financements.
Enfin, les « Filières du haut niveau » dont le principal objectif consiste à
placer l’individu au centre du système de préparation et d’accession à
l’excellence sportive. Parler de sport de haut niveau signifie forcément et
fatalement faire référence à l’un de ces quatre points. Tout ce qui n’en est
pas ne peut être considéré comme tel d’un point de vue législatif et
réglementaire.
Dans un contexte d’affirmation des nations les unes envers les
autres, la représentativité de la France au moyen du haut niveau explique
l’interventionnisme étatique et la forte centralisation de ce secteur.
Toutefois, le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a progressivement
confié des prérogatives à ses services déconcentrés, régionaux
uniquement.
Le cadre légal qui régit cette politique accorde également une
marge de liberté aux collectivités territoriales
[1]. Ainsi, Communes, Départements et Régions peuvent
soutenir ce secteur sans que toutefois une direction particulière leur soit
précisée quant aux domaines à aider prioritairement. La latitude d’action que
possèdent les collectivités locales, en l’absence d’obligation légale, contient
le risque d’entraîner la création de dispositifs territoriaux diversifiés qui
peuvent nuire à leur intégration, non seulement en région, mais encore au plan
national. Dans ce contexte, et comme cela l’a été fait pour d’autres objets de
recherche (Daran, 1999), il devient permis de s’interroger sur la
nature de l’action publique locale du
sport de haut niveau. Est-il réellement possible d’envisager la
territorialisation comme étant achevée si dans les faits, les interventions
restent diversifiées, hétérogènes, autrement dit, si elle demeure
fondamentalement incertaine ?
Le but de cette enquête consiste à comprendre les effets de la
politique nationale du sport de haut niveau dans son application
territorialisée au travers notamment du processus de concertation tel qu’il se
met en œuvre concrètement, pratiquement, en Aquitaine.
Cadre théorique et problématique
Prétendre des lois de décentralisation
[1] qu’elles ont contribué à
l’essor des politiques publiques sportives, relève quasiment du sens commun. La
réforme engagée en 1982 a effectivement valorisé le local, longtemps considéré
comme
escamoté (Mabileau, 1993). Ces
lois ont permis la mise en place d’une véritable logique de
gouvernement local (Mabileau, 1991) en
rupture avec la précédente gestion centralisée des « affaires ». Parce que le
processus de décentralisation représente un mode d’organisation confiant le
pouvoir de décision aux élus locaux, ceux-ci ont manifestement saisi cette
opportunité afin de participer entre autres, à l’organisation et à la promotion
des activités physiques et sportives (APS). Les Régions, Départements et bien
avant eux les Communes, ont rapidement trouvé dans le sport un nouvel enjeu de
pouvoir au plan local. Aussi, les diverses enquêtes sur le financement du sport
par les collectivités ont-elles largement témoigné de cet investissement
(Direction des sports du MJS, 1995, Charrier, 1997).
Outre cette implication manifeste, plusieurs travaux mettent
également en évidence la tendance à la rationalisation du service public
territorial des APS. Elle se traduirait notamment par la mise en place
progressive de services des sports chargés de la gestion et de l’administration
de ce secteur, services dans lesquels exercent notamment depuis 1992, de
véritables « professionnels » du sport
[2]. La création de telles structures est désormais
flagrante dans les trois échelons territoriaux (Haschar-Noé, Bayeux, Klein et
Vigneron, 1999, Honta, 1999a, Bayeux, 2001).
L’utilisation d’outils contractuels (conventions d’objectifs)
atteste aussi de la modernisation de la gestion publique du sport (Bayeux,
1998). La pratique du conventionnement ambitionne ici d’accentuer la
transparence des relations entre pouvoirs publics et associations sportives
lesquelles sont entrées depuis la décentralisation, dans l’obligation de
prouver leur légitimité à des fins entre autres, de subventionnement (Bélorgey,
2001).
Par ailleurs, les politiques sportives territoriales se sont
largement diversifiées quant aux axes qu’elles appréhendent. L’aide aux
scolaires et aux clubs est aujourd’hui complétée par diverses opérations
centrées sur l’animation de publics de plus en plus nombreux parmi lesquels,
les jeunes, les femmes, les « seniors ». Les collectivités accompagnent par là,
les grandes tendances d’évolution de la demande sportive connues grâce aux
enquêtes sur la pratique sportive des Français.
Ce dynamisme ne saurait toutefois occulter la persistance
d’effets pervers qui font de l’organisation du sport, un système encore
complexe (Lapeyre, 1987). Divers travaux, utilisant notamment les outils et
concepts de la sociologie des organisations comme cadre théorique d’analyse
(Crozier, Friedberg, 1977), ont démontré ces dysfonctionnements.
En premier lieu, si les rapports entre collectivités et
associations sportives se rationalisent, des tutelles ou relations
inégalitaires entre contractants, largement sous-tendues par des enjeux de
pouvoir (Augustin et Garrigou, 1985, Dumas, 1987, Noé, 1991, Callède et Dané,
1991) demeurent néanmoins derrière l’apparence de la négociation ; elles
peuvent, à l’extrême, prendre la forme de conflits (Chateauraynaud, 1989,
Mounet et Chifflet, 1993, Dulac, 1997). Dans l’esprit de ces recherches, de cet
article également, la notion de pouvoir doit être entendue comme la capacité
d’un acteur à faire agir un autre acteur, capacité n’étant pas nécessairement
liée aux ressources de contraintes que peut donner une position hiérarchique
supérieure (Bernoux, 1985).
Ces jeux entre acteurs peuvent aussi alimenter les relations
entre collectivités et services déconcentrés de l’Etat lesquels ont, à la suite
de la réforme Defferre, perdu une grande part de leur légitimité. Il devient
fréquent de prétendre que l’Etat n’est plus en mesure de contrebalancer le
pouvoir des collectivités (Miège, 1993), largement conditionné par leurs
ressources financières. Certaines monographies témoignent de ces conflits de
légitimité et/ou d’identité (Falcoz, 1999).
Pourtant, l’Etat demeure sur la scène locale et plusieurs
opérations telles que « Professions Sport » ou plus récemment la création des
Contrats Educatifs Locaux (CEL)
[1], ambitionnent d’asseoir cette présence. Outre ces
actions, dont la réussite est largement conditionnée par la collaboration
d’acteurs pluriels (collectivités, associations…), la politique du sport de
haut niveau, pour partie déconcentrée à l’échelon régional, symbolise peut être
mieux que toute autre initiative, l’empreinte de l’Etat. Néanmoins, et même
s’il a souhaité conservé la définition de cette politique avec le mouvement
sportif, l’action des collectivités territoriales peut venir sinon contester,
du moins masquer la prééminence étatique de droit. La quatrième enquête
relative au financement du sport par les collectivités territoriales, a
effectivement souligné que leurs dépenses s’orientaient majoritairement sur cet
aspect précis de la pratique sportive (Charrier, 2001).
La problématique de la territorialisation du sport de haut
niveau en Aquitaine, abordée à présent, porte sur les processus à travers
lesquels les élus politiques régionaux et départementaux, les responsables du
mouvement sportif aquitain (Comités Régional et Départementaux Olympiques et
Sportifs, Ligues, clubs) les agents de l’Etat (personnel des services
déconcentrés et cadres techniques), parviennent à inscrire leur action dans un
cadre cohérent, défini par les instances centrales de l’Etat et du mouvement
sportif. Il s’agit de connaître quelles contributions stratégiques les divers
protagonistes territoriaux apportent à la politique nationale du haut niveau
ainsi que les modes d’appropriation et d’interprétation dont ils usent, en
fonction de leurs intérêts et de l’espace à partir duquel ils opèrent. Le
questionnement porte en outre sur le travail d’ajustement à réaliser ou
réalisé. A ce titre, les spécialistes de l’évaluation des politiques publiques
proposent des diagnostics qui soulignent que la territorialisation de l’action
publique consacre parfois un « retour » de l’Etat qui joue une partition plus
modeste mais toujours décisive pour coordonner et orienter les décisions
publiques (Faure, 2001). Sur le plan théorique, plusieurs essais traduisent
cette perception en décrivant la progression d’une action publique par
contrat ou
conjointe. Ces travaux insistent
notamment sur le rôle central d’intermédiation que jouent les administrations
et sur les vertus toujours déterminantes de l’Etat régulateur (Commaille,
Jobert, 1998).
A partir de ces données, il est émis l’hypothèse que
les stratégies menées dans le secteur du haut
niveau par les acteurs locaux précités, induisent des effets susceptibles de
contribuer à altérer l’efficacité du dispositif, dans la mesure où les
objectifs institutionnels fixés par l’échelon central de l’Etat et du mouvement
sportif peuvent être interprétés et instrumentalisés en fonction de leurs
finalités et intérêts propres. Dans un contexte de multiplication
des acteurs intervenant sur un « champ
d’action » (Friedberg, 1993), construit autour de l’excellence
sportive, il devient intéressant d’étudier si leurs stratégies viennent
compléter, prolonger et/ou concurrencer le dispositif national.
La problématique du sport professionnel n’est pas celle qui est
directement abordée ici, mais force est de constater qu’elle demeure toujours
ou souvent en filigrane. Une des logiques du professionnalisme consiste pour
les clubs, à former eux-mêmes les joueurs à travers notamment leur centre de
formation. Si le football représente le sport précurseur en la matière,
d’autres disciplines cherchent à reproduire ce modèle. Ce faisant, elles
gravissent une marche vers l’émancipation vis-à-vis du dispositif des « Filières du haut niveau ». Aussi, le système national construit par l’Etat et
le mouvement sportif et le sport professionnel se retrouvent-ils parfois face à
face, de plus en plus souvent pour s’opposer et non pour se compléter.
L’étude réalisée entre 1996 et 2000, se penche sur les
relations interinstitutionnelles en
région, entre les représentants de l’Etat, des collectivités
territoriales et du mouvement sportif. Les objectifs et stratégies des trois
groupes d’acteurs (annexe) ont été appréhendés au travers de deux sources
d’informations :
- des entretiens semi-directifs d’une durée d’une heure
quinze en moyenne. Les guides étaient organisés autour des thèmes de
l’implication de chacun des acteurs dans le processus d’élaboration de
stratégies centrées sur le haut niveau, et celui des modalités
d’opérationnalisation des actions (les ressources mobilisées, les partenariats
menés, les types de contraintes rencontrés). Dans cet article, il s’agit
essentiellement de la question de l’interdépendance entre les divers acteurs qui
alimente la réflexion plus que celle de l’étude de l’organisation et du
fonctionnement de chacune des institutions. Les indicateurs retenus pour
analyser les entretiens relevaient de deux grandes catégories : les objectifs
inhérents à l’action et les modalités de mise en œuvre des diverses opérations
au profit du haut niveau ;
- des sources écrites (documents budgétaires et
administratifs en provenance des collectivités territoriales, des Directions
Régionales et Départementales de la Jeunesse et des Sports (DRDJS et DDJS),
plaquettes d’information, articles de presse…) relatives à la période étudiée
(1996-2000). Ainsi, 14 Régions et 23 Départements ont transmis les budgets
qu’ils consacrent au sport en général, au sport de haut niveau en particulier.
Ces données ont notamment permis de connaître les axes majeurs d’intervention
des collectivités régionales et départementales dans ces deux secteurs. Par
ailleurs, 11 rapports centrés sur des problématiques sportives réalisés par les
Conseils Economiques et Sociaux Régionaux (CESR) ont été analysés. Ces derniers
comprenaient parfois des éléments de réflexion sur la territorialisation du
sport de haut niveau dans les régions concernées, éléments qui ont permis
quelques comparaisons avec le cas étudié ici.
L’analyse réalisée est fortement centrée sur
les espaces régional et départemental
au sein d’une région, l’Aquitaine. Deux motivations principales expliquent ce
choix. L’espace régional, dans un premier temps, est intéressant à double
titre. La décentralisation, en consacrant la Région comme collectivité
territoriale de plein exercice, lui a donné la possibilité de s’ériger en
nouvel acteur de l’organisation
sportive (Astier, 1992, Honta, 2001). De plus, la recherche de légitimité
politique notamment, tient une place considérable voire primordiale dans le
processus de construction de l’institution. Sa jeunesse la place pourtant dans
une situation fort différente de celle des autres niveaux territoriaux de
décision, la Commune et le Département (Sadran, 1993). Effectivement, si la
Région a acquis, en droit, un nouveau statut, ce dernier, dans les faits, a
connu et connaît encore plusieurs difficultés pour être admis et
visible.
Centrer particulièrement la réflexion sur l’espace régional
découle encore du souhait d’analyser plus particulièrement les correspondances
entre régionalisation politique et régionalisation administrative.
Effectivement, les Régions peuvent agir en partenariat avec l’Etat. Pour mieux
assurer sa présence auprès des Conseils Régionaux et des collectivités
territoriales au sens large, l’administration du MJS a progressivement
déconcentré au niveau régional des prérogatives relatives au sport de haut
niveau. Les DRDJS ont trouvé ici l’occasion de multiplier les contacts avec les
responsables politiques régionaux alors que leurs relations avec les Comités
Régionaux Olympiques et Sportifs (CROS) étaient déjà instaurées depuis le
milieu des années 70.
Le deuxième temps, expliquant que cette recherche se construit
essentiellement (mais non exclusivement) sur deux échelons de collectivité,
tient à la volonté de cerner plus particulièrement
les relations éventuelles élaborées par la Région
et « ses » Départements. Partenaires de l’Etat, les Régions peuvent
l’être également des autres échelons territoriaux, les Conseils Généraux en
l’occurrence. C’est certainement avec ces derniers que les Régions peinent à
nouer des relations contractuelles. Les rapports qu’entretiennent ces deux
entités sont la plupart du temps décrits en termes de rivalités (Dumas, 1983).
Tout se passe comme si les collectivités régionales ne pouvaient prouver leur
utilité au sein du paysage politico-administratif français tant que les
Départements existent et inversement. Le sport de haut niveau, à bien des
titres, représente un cadre d’analyse pertinent pour illustrer la nature des
rapports entretenus par l’engagement des deux échelons, en remplissant en
outre, des fonctions de valorisation de la collectivité et par là même, des
élus départementaux et régionaux.
A. Région, départements d’Aquitaine
et sport de haut niveau : l’avènement d’un système complexe
La territorialisation du sport de haut niveau consacre
l’engagement d’acteurs pluriels. Les collectivités territoriales s’impliquent
indéniablement en la matière comme le démontrent les diverses enquêtes sur le
financement du sport. Un tel dynamisme est également présent en Aquitaine. Ce
dernier ne saurait toutefois masquer quelques dysfonctionnements au titre
desquels un engagement fort différencié des Départements et l’absence totale de
concertation entre ces Conseils Généraux et la Région dans l’élaboration et la
mise en œuvre d’actions centrées sur le haut niveau.
1. Les systèmes départementaux d’excellence sportive : une
hétérogénéité certaine
Les interventions des Conseils Généraux d’Aquitaine dans le
secteur du haut niveau se caractérisent par leur diversité. Ceci confirme la
disparité des politiques sportives départementales constatée dans une enquête
plus globale (Honta, 1999a, Chaboche, 2001). La grande latitude d’action des
Conseils Généraux aboutit à la construction de systèmes départementaux
spécifiques et éclatés, en raison notamment de la représentation que se font
les élus du sport de haut niveau, des ressources mobilisables par chaque
territoire et de configurations disparates de l’organisation de services
[1] concourant à la production
d’une action en faveur de ce secteur.
1.1. Gironde et Pyrénées-Atlantiques : des politiques sportives
centrées sur le soutien aux clubs fanions
Les Conseils Généraux de la Gironde et des
Pyrénées-Atlantiques n’ont pas opté pour le soutien individualisé aux athlètes
de haut niveau, notamment sous la forme d’attribution de bourses. Ces
collectivités préfèrent effectivement centrer leur intervention sur l’aide aux
clubs « phares ». Les Départements n’ont pas mis en place une politique d’aide
aux athlètes car c’est la voie suivie par l’Etat et la Région. Pour les acteurs
rencontrés, un Conseil Général doit plutôt permettre l’éclosion des talents et
favoriser la pratique mais une fois les sportifs découverts et confirmés, il
n’appartient plus à cette collectivité de les suivre.
1.2. Les soutiens personnalisés aux athlètes : des initiatives
variées
Les Départements des Landes, du Lot-et-Garonne et de la
Dordogne, afin de pérenniser le maintien en élite des athlètes, mènent des
actions en faveur du sport de haut niveau. Pour autant, les contraintes aussi
bien sportives (absence de Pôle) qu’économiques, rendent difficile l’atteinte
de cet objectif.
Les Conseils Généraux des Landes et de la Dordogne ont
élaboré une politique de soutien personnalisé aux sportifs de haut niveau
confirmés. Toutes les catégories qui
figurent sur la liste ministérielle sont prises en compte dans les Landes,
exceptées celles des « Espoirs » et des « Partenaires d’entraînement
».
Contrairement aux deux premiers Départements, dans le
Lot-et-Garonne, ce sont les sportifs appartenant aux catégories « Jeunes » et « Espoirs » qui peuvent prétendre recevoir cette aide. Le Conseil Général a donc
choisi, depuis 1992, de privilégier les athlètes susceptibles de constituer
l’élite de demain.
De manière générale, aucune collectivité départementale
ne mène d’action au profit des structures de préparation des sportifs, les
Pôles « France » et « Espoirs ».
On pourrait sans doute émettre l’hypothèse que le soutien
accordé par ces trois Départements « ruraux » entre dans la volonté de combler
pour partie les nombreuses difficultés à la fois économiques, sportives,
institutionnelles et plus largement contextuelles rencontrées dans ces sites.
Les aides dont peuvent prétendre les athlètes de haut niveau ne sont guère
substantielles dans ces départements. Outre la faible structuration du tissu
économique qui réduit leurs chances d’insertion professionnelle, l’absence de
Pôles et de filières universitaires permettant la poursuite du double projet
sportif et social, constituent de façon évidente, des facteurs extrêmement
handicapants pour espérer retenir les sportifs. Aussi, les aides personnalisées
accordées possèdent-elles cette ambition de ralentir l’exode des
talents.
La situation de la Gironde et des Pyrénées-Atlantiques
diffère incontestablement ne serait-ce que par la présence dans ces deux
départements, respectivement, de la métropole régionale (Bordeaux) et de pôles
urbains (Bayonne, Biarritz et Pau) et ce qu’elle implique : l’opportunité de
trouver des acteurs divers, publics ou privés, parfois puissants, offrant aux
athlètes de haut niveau plusieurs opportunités d’acquérir
in situ, une assise à la fois
sportive, scolaire et professionnelle. Dans ce cas effectivement, les
dispositifs départementaux de soutien individualisé aux sportifs, ne s’imposent
pas comme condition sine qua non
destinée à les retenir.
La diversité des systèmes d’action départementaux rend
difficile toute mise en synergie,
notamment à une échelle régionale. Outre cette hétérogénéité, la recherche a
également permis de mettre en évidence des cloisonnements institutionnels entre
les actions menées par la Région et les Départements.
2. Des redondances institutionnelles évidentes
De nombreuses similitudes existent en Aquitaine, quant au
contenu respectif des politiques régionales et départementales du haut niveau,
notamment pour ce qui est des aides personnalisées attribuées aux athlètes. Si
le Conseil Régional a instauré aussi bien un soutien aux athlètes confirmés à
travers le « Club Olympique Aquitain »
[1], qu’aux « Espoirs » avec les aides
personnalisées
[2], il
n’opère aucune péréquation vis-à-vis des politiques des Conseils Généraux qui,
soit n’interviennent pas dans ce secteur, soit destinent leurs crédits au
premier type de ressortissants ou aux seconds, mais non aux deux simultanément.
En soutenant un même public, la Région et les Départements qui mènent cette
action, accentuent l’iniquité de la prise en compte des sportifs à l’échelle
régionale. En effet, ces derniers ne disposent pas d’une aide identique,
celle-ci variant en fonction de leur département de résidence. L’organisation
d’une action concertée entre Région et Départements aurait pu réduire de tels
effets pervers mais elle n’était pas prévue au moment de l’enquête. Les raisons
expliquant cette absence de collaboration ont été difficiles à déterminer.
Aussi, les propos qui suivent représentent plus des hypothèses que des
affirmations véritables.
En premier lieu, il demeure probable que ces cloisonnements
soient imputables aux clivages « historiques » toujours présents, opposant la
collectivité régionale à l’institution départementale (Vigne, 1990). L’idée
selon laquelle la Région, dernière née des collectivités, s’est construite
contre le Conseil Général, est encore d’actualité. Le sport de haut niveau peut
représenter ici un des analyseurs de ces clivages. Cependant, la Région
Aquitaine et les Conseils Généraux agissent plus selon des stratégies
d’évitements qu’au travers de conflits ouverts comme le démontrent certains
témoignages de Conseillers Généraux : « La Région
Aquitaine intervient dans le domaine sportif ? ! Je n’étais pas du tout au
courant ! » ou bien « Cela fait 10 ans
que l’on demande au Conseil Régional de nous faire parvenir les axes et
critères de sa politique sportive… Autant s’adresser à un mur ! ».
Les dires des Conseillers Régionaux quant à eux ne font référence qu’à la seule
action du Département de la Gironde, occultant totalement les quatre autres : « On a instauré le système d’aides aux athlètes
parce que le Conseil Général de la Gironde ne le faisait pas. On a ainsi des
politiques complémentaires… ».
Cette stratégie
d’affirmation de la politique régionale en opposition de ou en
complément de l’action du Département girondin peut d’une part, s’expliquer par
la proximité géographique des deux institutions (situées à quelques mètres de
distance en plein cœur de Bordeaux) et d’autre part, par la forte domination
(démographique, financière) de ce Conseil Général par rapport aux quatre autres
en Aquitaine. La division du travail entre collectivités territoriales opérée
dans ce cas précis, si elle témoigne de stratégies d’évitement entre élus ou
administrations trop directement en compétition (Gaudin, 1999), aboutit
in fine à un ajustement des politiques
respectives et non à un conflit. Une telle conclusion n’est pas forcément
valable pour expliquer l’absence de concertation entre la Région et les quatre
autres Conseils Généraux, particulièrement avec l’un d’entre eux, (Les Landes),
qui a élaboré un dispositif de soutien aux athlètes de haut niveau identique à
celui de l’institution régionale.
Ces chevauchements d’initiatives s’expliquent aussi très
certainement par les défaillances du cadre législatif et réglementaire du sport
en général, du sport de haut niveau en particulier. La grande permissivité
autorisée aussi bien par la réforme de décentralisation que par la loi du 16
juillet 1984 modifiée, a eu pour corollaire l’apparition de nombreux effets
pervers dans le développement local du sport. En effet, les conditions
juridiques de l’intervention des Communes, Départements et Régions font que
leurs actions apparaissent parfois davantage concurrentes que complémentaires.
La forte valeur symbolique dont est porteur le haut niveau et le fait que les
actions dans ce secteur sont « séduisantes » pour les élus locaux, incitent ces
derniers à intervenir de manière cloisonnée.
De façon générale, si la Région Aquitaine et les
Départements refusent de se concerter pour construire leur politique
respective, ils élaborent cependant certains
aspects de celle-ci avec les services déconcentrés de l’Etat. La
formation de ces réseaux d’acteurs analysée à présent, est surprenante sur
plusieurs points.
B. La décentralisation du sport de
haut niveau : un processus ambivalent
Dans le domaine du sport de haut niveau, le processus de
déconcentration de l’action de l’Etat ne s’étend pas au-delà de la
circonscription régionale. Le décret du 25 février 1994 prévoit effectivement
que le Directeur Régional de la Jeunesse et des Sports « concourt à la mise en
œuvre des orientations du ministre en matière de sport de haut niveau »
[1], mais le texte ne confie
aucune prérogative au Directeur Départemental. L’analyse des partenariats
élaborées en Aquitaine par la DRDJS et les DDJS permet de rendre compte aussi
bien des forces que des faiblesses de la déconcentration
administrative.
1. L’action de la DRDJS : une déconcentration hésitante
Les Préfets de région, et sous leurs directives les
Directeurs Régionaux de la Jeunesse et des Sports, peuvent en premier lieu,
mettre en place une Commission Régionale du Sport de Haut Niveau. Sa création
ne revêt pas un caractère obligatoire mais relève plutôt de besoins constatés
au niveau régional. Par ailleurs, l’assentiment
et la collaboration des collectivités territoriales apparaissent
comme les deux conditions de l’efficacité des commissions qui auraient été
instituées. Pour mener à bien la gestion du haut niveau, l’Etat se donne ainsi
un rôle qui relève plus de l’animation d’un réseau d’acteurs institutionnels,
de la mobilisation, de la stimulation, de la communication, que de l’arbitrage
entre des intérêts trop contradictoires.
Les termes employés pour la rédaction de ce texte sont
néanmoins révélateurs des tâtonnements de la régionalisation administrative du
sport de haut niveau. L’emploi du conditionnel, de formulations telles que « juger de l’opportunité de créer » une commission, rendent la tâche du Directeur
Régional de la Jeunesse et des Sports pour le moins ambiguë et floue
(Loustau-Carrère, 1998). Ainsi, ce n’est pas à l’initiative de l’Etat que cette
commission a été instituée en Aquitaine. Ceci illustre toute la difficulté de
mise œuvre de la politique de déconcentration du sport de haut niveau. L’Etat
territorial en 1990, dispose d’une liberté et d’un pouvoir d’action restreints.
Par ailleurs, et au même moment,
le Conseil
Régional d’Aquitaine décide, en accord avec le Comité Régional
Olympique et Sportif (CROS), de créer la Commission Régionale du Sport de Haut
Niveau (CRSHN)
[1],
organe
interne à la collectivité, avec
à sa tête, le président de Région et non pas le Préfet. Le fait, de laisser
dans un premier temps, la DRDJS à la marge de la décision qui précède cette
création, montre tout « le décalage entre la représentativité légale et la
représentativité réelle » (Offerlé, 1998). Cette absence de décision en
Aquitaine, traduit ainsi, en 1990, l’inexistence d’une scène globale de
négociation régionale et ouvre l’espace public aux interrelations
concurrentielles (Le Dû, 1998).
Malgré ce climat initial de compétition institutionnelle,
le Conseil Régional et la DRDJS en Aquitaine, ont fait par la suite du sport de
haut niveau une préoccupation commune mettant en jeu les complémentarités. La
présence de l’institution s’impose effectivement sur plusieurs points tels que
le suivi social des sportifs de haut niveau qui sollicite une capacité
d’expertise forte et exige la mise en cohérence des décisions.
Ceci étant, la déconcentration en matière de suivi social
des athlètes sera efficace et efficiente si elle gagne en
lisibilité et visibilité. En effet,
très peu de présidents de clubs aquitains qui évoluent en haut niveau de
pratique connaissent les prérogatives des DRDJS en la matière. Ils ont été
nombreux à souligner les faiblesses de la déconcentration tant au niveau des
moyens financiers dont dispose la DRDJS, que de ses capacités d’action face à
un environnement économique difficile. Par ailleurs, leurs appréciations ont
permis de rendre compte du cloisonnement indéniable entre les divers échelons
où s’élabore l’action publique. La DRDJS est appréhendée ici comme un acteur
lointain, peu en prise avec les réalités du « terrain ». Dès lors, ce sont
surtout les élus locaux, voire les DDJS, qui sont sollicités pour faciliter
l’insertion professionnelle des sportifs.
Ainsi, un décalage se manifeste entre les ambitions
exprimées par le niveau central en termes d’adaptation du fonctionnement de
l’administration territoriale de l’Etat, de responsabilisation de ses
dirigeants, de capacités de décision, et la réalité vécue par les élus locaux
et les usagers. Si la décentralisation a été conduite avec la volonté de créer
l’irréversible, force est d’admettre que la déconcentration présente un bilan
qui demeure fort modeste quant à ses effets concrets sur l’action de l’Etat
local au quotidien (Vallemont, 2000).
2. Le jeu à la marge des DDJS : la déconcentration « improvisée »
La lecture des prérogatives confiées à l’Etat territorial,
pouvait laisser penser que la co-administration dans le domaine du sport de
haut niveau ne soit effective qu’à l’échelon régional, entre la Région et la
DRDJS. Pourtant, les DDJS usent de la marge de liberté laissée par les textes
réglementaires pour accompagner les
politiques menées par les Conseils Généraux ou sensibiliser ceux-ci à la cause des sportifs.
L’enquête a effectivement montré que les jeux inter-organisationnels peuvent
s’inscrire en marge du droit. Ainsi, ces institutions constituent, sinon des
impulseurs, du moins des acteurs indirectement sensibilisés au domaine du haut
niveau. Ces consensus, quand ils existent, prennent des formes diverses
(attribution de bourses individualisées, mission de persuasion des
Départements, de sensibilisation) car ils s’organisent moins autour d’un cadre
normé, réglementé qu’à travers une mise en commun d’objectifs, définis et
appréhendables uniquement dans le contexte local de leur élaboration. Les
situations d’interaction résultent d’une série d’arrangements informels entre
acteurs qui jouent avec les règles et les traduisent à leur avantage.
Le cas aquitain permet également d’analyser les rapports
entre l’Etat et les collectivités territoriales en distinguant deux cas de
figure selon leur insertion ou non dans une métropole régionale ou un pôle
urbain. Dans le premier cas, s’affirme la présence d’une multitude d’acteurs
parmi lesquels la DRDJS. Dans le second, l’action des DDJS gagne en visibilité.
A l’inverse des métropoles régionales, le couple DDJS-Conseil Général demeure
particulièrement actif dans le domaine du haut niveau. Ce modèle de négociation
ressemble en bien des points au « jacobinisme apprivoisé » (Grémion, 1976)
décrit dans les années 70. Il se fonde sur un face à face entre l’Etat et les
Départements. Les instances régionales sont alors peu présentes dans l’action
en faveur du haut niveau dès que s’opère l’éloignement des métropoles.
Néanmoins, une différence fondamentale existe entre le modèle du « pouvoir
périphérique » et la situation contemporaine. Les élus locaux aujourd’hui ne
sont plus en position de négociation face à un Préfet tout puissant. Les lois
de décentralisation ont consacré l’avènement d’un système d’échanges centré sur
l’horizontalisation des rapports entre acteurs, système pouvant être baptisé de
« modèle néo-républicain ». Dans cette conjoncture l’Etat territorial ne
cherche plus à imposer, à prescrire, mais à sensibiliser et impliquer. Telles
semblent être à présent les modalités de l’action publique propres à créer
et/ou à conforter une situation de concertation (Chalas, 2000).
Ces formes d’intervention des DDJS et leur complémentarité
avec les actions des Conseils Généraux commencent à être connues sans pour
autant qu’elles soient reconnues officiellement. Divers rapports réalisés par
ces institutions rendent compte de l’action publique départementale et
confirment l’engagement officieux des
DDJS dans le domaine du sport de haut niveau (DDJS Seine-et-Marne, 1998). Ceci
étant, et dans le cas présent, cette déconcentration inattendue a parfois pour
effet de fermer, de cloisonner le jeu dans un cadre départemental empêchant
ainsi la DRDJS de fédérer, comme le
prévoient les textes, l’ensemble des actions élaborées au profit du sport de
haut niveau à l’échelle d’une région.
Ainsi, c’est avec un succès très mitigé que l’Etat territorial tente de
combiner la double logique de respect des normes nationales, avec l’ambition de
contribuer à l’émergence et au soutien de projets locaux concertés de
développement du haut niveau.
C. L’impossible harmonisation des
initiatives du mouvement sportif aquitain
La complexité institutionnelle est également imputable aux
stratégies diverses élaborées par les différentes instances du mouvement
sportif. Celles-ci ont pour objectif de « combler » le manque ressenti par les
dirigeants entre la pratique en club d’un sportif et son départ en Pôle. Pour
autant, et sans rejeter la pertinence des stratégies menées, celles-ci peuvent
avoir pour effet de constituer un réseau d’actions parallèles aux « Filières du
haut niveau », finalement destiné à les contourner, afin que les clubs et
a fortiori les départements,
conservent leur élite sportive. C’est une émulation, une opposition
correspondant à leur niveau de pratique que les sportifs ne peuvent rencontrer
individuellement dans leur club, que cherchent à organiser les dirigeants du
mouvement sportif grâce notamment à des regroupements.
1. Les « Filières du haut niveau » : un dispositif concurrencé
voire menacé
En premier lieu, les clubs, exclus en droit du système du
sport de haut niveau, revendiquent un droit de regard et d’action si ce n’est
sur le dispositif, du moins sur l’athlète qu’ils forment, accueillent et/ou
rétribuent d’une quelconque façon. Les Pôles des « Filières du haut niveau » en
Aquitaine, restent aujourd’hui largement concentrés en Gironde, notamment
autour du Centre d’Education Populaire et de Sport (CREPS) de Talence. Certains
clubs « périphériques » vivent de façon chronique et douloureuse le départ des
sportifs vers ces structures. Cela préfigure aussi et bien souvent, la « perte
» définitive de ces derniers qui finissent par s’affilier à un autre club, plus
proche de leur lieu quotidien d’entraînement ou proposant au jeune un niveau de
pratique plus intéressant. Les répertoires d’action qu’ils élaborent vis-à-vis
des Pôles des « Filières du haut niveau » n’ont pas tous, loin s’en faut, pour
objectif de légitimer ces structures, autrement dit de s’inscrire dans le droit
fil du système national. Leur utilisation de la règle fonctionne souvent sur le
principe de l’ajustement, le but étant
ici de réduire les contraintes imputables à l’absence voire à la « perte »
probable du sportif pour les clubs « formateurs ». Aussi, aux normes générales
dictées par le « Centre », s’ajoutent des règles secondaires d’application
(Comaille, 1991) inspirées par la situation spécifique des clubs et de leur
environnement (Honta, 1998).
Les règles de fonctionnement du
sport professionnel peuvent également
entrer en concurrence avec le dispositif du sport de haut niveau. Les
disciplines, comme le football, le tennis et le basket-ball, ont les premières
opté pour une préparation de leurs joueurs au travers de
centres de formation ou grâce à des
entraîneurs personnels contournant ainsi le système national du haut niveau. Le
rugby tend de plus en plus à suivre cette voie qui, à plus ou moins long terme,
peut aboutir à faire des « Filières de haut niveau », de la concertation
Etat-fédérations, un dispositif pour les sports peu médiatisés, à faible
notoriété.
En Aquitaine, les témoignages de dirigeants de clubs
professionnels et/ou de Ligue en football et en basketball, se sont révélés
très critiques à l’égard des « Filières du haut niveau » qualifiées de « dispositif d’amateurs ». Il semble au
contraire qu’un effort de complémentarité entre les deux systèmes soit
recherché en rugby, tout au moins dans le département de la Gironde. La
proximité effectivement entre le Pôle et le club (le Club Athlétique Bordeaux
Bègles Gironde) favorise les interactions alors que tel n’est pas le cas avec
les clubs situés dans les Landes, le Lot-et-Garonne et les
Pyrénées-Atlantiques.
2. L’implication des institutions sportives aquitaines : des
dispositifs éclatés
De plus, l’analyse démontre une implication fort hétérogène
des instances régionales et départementales du mouvement sportif, instances
olympiques notamment. Si le CROS Aquitaine demeure fortement investi dans le
secteur du sport de haut niveau, peu de Comités Départementaux Olympiques et
Sportifs (CDOS) le considèrent comme relevant de leurs « compétences ». Ils
estiment qu’il appartient plutôt aux comités départementaux de développer ce
domaine lorsqu’ils le désirent. A ce titre, certains d’entre eux effectivement
tentent d’organiser ou de structurer du « haut niveau ». Leurs dirigeants
souhaitent par là même combler l’absence de Pôle et espèrent avec ces
initiatives (structuration progressive d’une discipline sportive, création de « clubs élite »…), convaincre leur fédération que le département peut
effectivement en accueillir. Là encore, mouvement sportif et collectivité
territoriale démontrent leur désir d’agir dans l’espace laissé vacant par les
dispositifs national et régional du haut niveau.
Ces dispositifs, a
priori, ne semblent pas s’opposer à ce que les meilleurs sportifs se
dirigent ensuite vers un Pôle implanté notamment au CREPS de Talence.
Cependant, les acteurs prétendent aussi que la structure a pour objet d’asseoir
la préparation de l’athlète au plus près de son lieu de vie, en lui évitant
donc « tout déracinement » qui
pourrait lui porter préjudice. Ils soulignent à ce titre que, pour qu’un
sportif de haut niveau s’épanouisse, il faut qu’il se trouve dans un univers
social favorable. Aussi, s’il bénéficie dans son club ou dans son département
d’un système qui lui apporte aussi bien une formation sportive qu’un
épanouissement personnel, « il n’a pas alors à se
diriger ni vers l’Institut National du Sport et de l’Education Physique (INSEP)
ni vers un centre de formation situé dans un CREPS ».
L’organisation du sport de haut niveau en Aquitaine ressemble
en bien des points à un système complexe. Les redondances institutionnelles et
les disparités territoriales sont en effet nombreuses et condamnées par les
acteurs rencontrés (Honta, 1999b). S’il demeure difficile de nier la
mobilisation des protagonistes institutionnels en la matière, force est
néanmoins de constater qu’ils n’interviennent pas de façon concertée. L’étude
réalisée montre que l’action publique du haut niveau consiste moins en un
accompagnement stricto sensu de la
politique nationale qu’en une mise en place d’ajustements perpétuels négociés entre les
divers acteurs afin que chacun tire des bénéfices de son investissement dans ce
domaine.
L’ensemble des protagonistes interrogés s’accorde pour voir en
l’Etat le responsable de la régulation à effectuer. La question fondamentale
consiste à imaginer sous quelle forme ce « retour » pourrait s’effectuer : Etat
territorial par un renforcement de la déconcentration ou Etat central lequel
pourrait redéfinir les missions respectives de chacun des partenaires du sport
de haut niveau ? Actuellement, les ressources dont dispose l’Etat territorial
(juridiques, expertise) ne peuvent contrebalancer le pouvoir des collectivités
territoriales qui reste largement fonction de leurs capacités financières. En
effet, le poids des financements dans le contrôle des initiatives et les
rapports de négociation compte plus que jamais aujourd’hui, qui plus est dans
un contexte de raréfaction des ressources. Les déterminations économiques
fortes et les prééminences institutionnelles constituent autant de facteurs
réduisant les marges de manœuvre de l’Etat territorial. Dans ce contexte de
retard de la déconcentration sur la décentralisation, divers rapports mettent
en avant la nécessité d’accentuer la première. La réforme de l’Etat constitue
effectivement l’une des priorités du gouvernement (Santel, 1998). Elle passe
toujours par un renforcement de la déconcentration, objectif qui représente
aussi l’une des 12 propositions du rapport Mauroy destiné à « refonder l’action
publique locale » (Mauroy, 2000). Dans le domaine sportif, elle transparaît
clairement dans le projet du schéma de services collectifs du sport. Outre le
fait qu’il est rappellé que l’existence d’un MJS manifeste l’importance que la
Nation accorde à la promotion de ce secteur, il apparaît que les modalités
d’action privilégiées de l’Etat, passeront par une responsabilisation accrue
des services déconcentrés (Datar, 2000).
Ces difficultés de l’Etat déconcentré ne sont actuellement que
peu compensées par le « Centre ». Une autre forme de régulation aurait pu
passer par une répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités
territoriales et entre celles-ci dans le sport en général, le sport de haut
niveau en particulier. La loi du 6 juillet 2000 ne va finalement pas dans ce
sens alors qu’initialement, telle était entre autres, son intention. Le MJS,
malgré ses concertations avec les autres Ministères, a admis toute la
difficulté pour définir le rôle précis de chaque collectivité (La Lettre de
l’Economie du sport, 2000). Cette incapacité témoigne indubitablement de
l’ambiguïté d’une opération de la sorte qui pourrait avoir comme effet induit,
celui de cristalliser les initiatives territoriales au lieu de les clarifier.
Dans le même sens, le cadre légal de l’implication des collectivités dans le
sport de haut niveau ne fait pas non plus l’objet d’une modification. En
n’encadrant pas les interventions des institutions territoriales, le
législateur consacre donc leur large liberté.
A présent, le projet du schéma de services collectifs du sport,
prenant acte de la complexité institutionnelle autour notamment du haut niveau,
prévoit la réactivation des CRSHN ainsi que leur mise en place lorsqu’elles
n’existent pas. Il rappelle leur mission de mise en réseau des acteurs
sensibilisés par ce domaine. Par ailleurs, l’ambition consiste également à
faire de la Commission Nationale du Sport de Haut Niveau (CNSHN) une
organisation chargée d’assurer « la cohérence, la coordination et la
mutualisation des intérêts et objectifs du sport de haut niveau ». Ceci aura
peut-être, à moyen terme, pour effet de réduire ces dysfonctionnements, mais il
semble que telle était déjà sa
mission. Loin de vouloir porter un quelconque jugement de valeur sur
l’efficacité de la CNSHN, il s’agit plutôt de prétendre ici que la recherche de
cohérence en région à travers l’action
encore incertaine des CRSHN ne garantit pas, dans le sport de haut niveau comme
ailleurs (Padioleau, 1999), de répondre à l’ambition de
globalité voulue par l’Etat central
qui se trouve actuellement confronté à une pluralité de dispositifs régionaux
de régulation (Honta, 2002). Dans ce contexte, il reste évident que l’action
publique contemporaine continue d’être structurée par des asymétries et par une
fragmentation des dispositifs de pouvoir, ce qui rend particulièrement délicat
l’exercice de « fabrication de l’ordre dans les
sociétés complexes » (Muller, 2000).
Annexe
Liste des entretiens effectués
Les personnes interrogées sont mentionnées à partir des
postes de responsabilité qu’elles occupaient au moment de l’enquête. Elles ont
été rencontrées une fois.
Elus Politiques
|
Dominique VINCENT |
Conseiller régional
Conseiller général (33),
Membre de la Commission Sport-Jeunesse-Vie
associative |
|
Didier MAU |
Chef du cabinet de Jacques Valade,
Président du Conseil régional jusqu’en mars
1998 |
|
Michel DASSEUX |
Premier vice-président du Conseil général
(24) |
|
Sylvère DUTIL |
Conseiller général (33),
Président de la Commission Sport-Jeunesse-Vie
associative |
|
Bernard SUBSOL |
Conseiller général délégué au sport
(40) |
|
Alain MERLY |
Conseiller général (47)
Président de l’ODS (47) |
|
Pierre LAPOUJADE |
Conseiller général (47),
Président de la Commission Education-Culture et
Sports
Maire du Passage Louis ALTAPE
Vice-président du Conseil général (64), délégué aux
sports |
|
Jean-Marc GAÜZÈRE |
Délégué aux sports, Marie de
Bordeaux |
|
Franck JOANDET |
Adjoint aux sports, Mairie de
Bègles |
Personnel administratif des collectivités territoriales
|
Pierre DARRIERE |
Chef du service Jeunesse-Sport-Santé (Conseil
régional) |
|
Claude LABAN |
Chef du service des sports (64) |
|
Martine PAULY |
Directrice du service des sports, DJAS,
(33) |
|
Philippe SAÏD |
Chef du Bureau des Sports (24) |
|
Philippe TRAN |
Chef du service des affaires générales
(47) |
|
Philippe BENETTON |
Directeur administratif de l’ODS
(47) |
Agents de la jeunesse et des sports
|
Jean-Pierre LOUSTAU-CARRERE |
Directeur de la DRDJS Aquitaine-Girond (a cessé ses
fonctions durant l’année 1997) |
|
André ALESSIO |
Directeur de la DRDJS
Aquitaine-Gironde |
|
Yves RECHOU |
Correspondant Régional du sport de haut
niveau |
|
Henri MIAU |
Responsable du Sport de Haut Niveau au CREPS de
Talence |
|
Jean GALLICE |
Professeur de Sport DDJS 64 |
|
Pierre LACROIX |
Directeur de la DDJS 40 |
|
Jean-Charles LAMOULIATTE |
Directeur adjoint de la DRDJS
Aquitaine-Girond |
|
Gérard WOLF |
Inspecteur de la DDJS 24 |
|
René DUBOIS |
Directeur de la DDJS 47 |
Dirigeants sportifs
|
Locaux |
|
Solange BARRET |
Présidente de la section basket-ball,
Chantecler |
|
Jean BOITEUX |
Président de la section natation des Girondins de
Bordeaux |
|
Jean-Louis DAVID |
Président de la section volley-ball des JSA de
Bordeau |
|
Alain DE VESELEER |
Directeur général de la SASP des Girondins de
Bordeaux FC |
|
Jean-Michel FARGEAS |
Président des Girondins de Bordeaux
handball |
|
Bernard GOEMAN |
Président du la section tennis de table au CAM de
Bordeaux |
|
Michel GUIBERT |
Président de la section escrime au
BEC |
|
Alban MOGA |
Directeur général de la SAOS du CABBG
rugby |
|
Manuel PENNAROYA |
Président de la section tennis de table au SAG
Cesta |
|
Daniel VANBERLEERE |
Président de la section tennis de table de l’AL
Eysines |
|
Départementaux |
|
Jean-Claude COUSTILLAS |
Président du CDOS (24) |
|
Pierre GORSE |
Président du CDOS (33) |
|
Gaby ROLLAND |
Présidente du CDOS (40) |
|
Jean-Marie TOVO |
Président du CDOS (47)
Président de la Ligue de tir à l’arc
Président du Comité départemental de tir à l’arc
(47) |
|
Régionaux |
|
Daniel ARCUSET |
Président de la Ligue d’athlétisme
Vice-président du CROS
Vice-président de la Fédération Française
d’athlétisme |
|
Yves BOILEAU |
Secrétaire général du CROS jusqu’en
1994 |
|
Paul COURTEAU |
Ancien président de la Ligue de tennis de
table
Vice-président délégué de la Fédération Française
de tennis de table |
|
Guy DUPRAT |
Secrétaire général de la Ligue de
basket-ball |
|
Jean GUERIN |
Président de la Ligue de hand-ball
Vice-président du CROS |
|
Didier MAU |
Président de la Ligue d’aviron
Président du club de l’EN de Bordeaux
Vice président de la Fédération
d’aviron |
|
Pierre-Marie MORLENS |
Président de la Ligue d’escrime
Vice-président du CRO |
|
Jean REYNAL |
Président du Comité Aquitaine de natation
Membre du Comité directeur du CROS |
|
Jean-Michel TENEZ |
Président de la Ligue de
canoë-kayak |
|
Christian RIGAUD |
Président de la Ligue de tennis de table
Membre du Comité directeur de la Fédération
Française de tennis de table |
Entraineurs de clubs et cadres techniques d'état
|
Clubs |
|
Dominique BODIN |
Entraîneur de tennis de table (CAM de
Bordeaux) |
|
Francis DANDINE |
Entraîneur de basket-ball féminin
(Chantecler) |
|
Dominique MAYONNADE |
Entraîneur de hand-ball féminin
(Mios) |
|
Michel PROERES |
Entraîneur de hand-ball (Girondins de
Bordeaux) |
|
Dominique TRIJOULET |
Entraîneur de hand-ball féminin (SA
Mérignac) |
|
Cadres techniques d'état |
|
Jean BOITEUX |
CTR natation |
|
Régis CANOR |
Entraîneur national tennis de
table |
|
Stéphane FAURE |
CTR volley-ball |
|
Bernard LATASTE |
Entraîneur national épée (escrime) |
|
Frédéric LEBRUN |
CTR judo |
|
Michel MOUSTAN |
Manager, responsable Centre Elite et
Centre Universitaire de rugby
Vice président du Comité de rugby Côte
d’Argent |
|
Pierre PHILLIP |
Entraîneur national pistolet |
|
Michel BOUCHE |
CTR de tennis Paul |
|
TREFFEU |
CTR tennis de table |
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[*]
e-mail :
Marina.
Honta@ u-bordeaux2. fr
[1]
Loi n° 84-610 du 16 juillet 1984
relative à l’organisation et à la promotion des activités
physiques et sportives modifiée par la loi n° 2000-627 du 6 juillet
2000. Le troisième alinéa est ainsi rédigé : « L’Etat et les associations et
fédérations sportives assurent le développement du sport de haut niveau, avec
le concours des collectivités
territoriales et leurs groupements et des entreprises intéressées. »
[1]
Loi n° 82-213 du 2 mars 1982
relative aux droits et libertés des communes, départements et
régions et lois n° 83-8 du 7 janvier 1983 et 83-663 du 22 juillet
1983
relatives à la répartition des compétences
entre l’Etat et les collectivités.
[2]
Décrets du 1
er
avril 1992 portant création de la filière sportive territoriale.
[1]
Circulaire du 9 juillet 1998
relative à l’aménagement des rythmes de vie de l’enfant :
mise en place du contrat éducatif local et des rythmes
périscolaires.
[1]
L’accentuation de la structuration des initiatives dans le
domaine sportif en général, celui du haut niveau en particulier, découle de la
généralisation dans les cinq sites étudiés, de la création d’une entité
consacrée à la gestion et
a fortiori,
à la rationalisation de la politique sportive départementale. Si le Conseil
Général de la Gironde représentait le précurseur en la matière, les autres
Départements ont également décidé de mettre en place un service ou Office des
Sports mais leur « retard » en la matière peut expliquer les hétérogénéités de
développement des axes sportifs.
[1]
Depuis 1994, la collectivité accompagne, par un parrainage
personnalisé, les sportifs ayant une chance d’obtenir une sélection pour les
JO. Le montant de l’aide est de 4 573, 43 euros par an.
[2]
Cette action entre également dans ce que la Région a nommé « soutien au sport de haut niveau ». Au moment de l’enquête, cette action
consistait à attribuer une bourse individualisée aux espoirs aquitains afin de
participer à un accès éventuel au haut niveau.
[1]
Décret n° 94-169 du 25 février 1994
relatif à l’organisation des services
déconcentrés et des établissements publics relevant du Ministre chargé de la
Jeunesse et des Sports.
[1]
Créée le 28 février 1990 suite à la signature du protocole
d’accord entre le Conseil Régional d’Aquitaine et le CROS.