Le numéro qui est soumis aujourd’hui à l’appréciation des
lecteurs, ne contient pas d’innovations majeures. Il poursuit simplement le
travail de rigueur, de transparence, d’impartialité des experts qui est le lot
de la revue depuis un certain temps.
On notera toutefois que dans le souci d’accélérer la
publication des articles, ce numéro contient sept compte-rendus de recherche au
lieu de six. Ce numéro est également thématique puisque consacré pratiquement
dans son intégralité à l’Histoire des pratiques corporelles. Seul l’article de
Magali Sizorn déroge à la règle en s’inscrivant dans le domaine de la
sociologie qualitative. Cependant, touchant à un domaine très particulier
d’activité physique : le Cirque, il ne paraît pas dissonant par rapport aux
autres articles de ce numéro 61, d’autant qu’il décrit différentes formes
(historiques, anthropologiques ?) de cette activité et notamment la
redistribution du modèle traditionnel du Cirque qui se développe depuis une
trentaine d’années. Cependant, ce texte est réellement un texte de sociologie
dans la mesure où il développe une thématique précise et précisément
sociologique celle du Genre et des activités physiques.
Les six autres textes présentés touchent à un domaine
particulier des activités physiques et sportives. Celui d’Evelyne Combeau-Mari,
poursuit les investigations entreprises précédemment par cet auteur au sujet du
sport à la Réunion. Ici il s’agit précisément des équipements sportifs de 1956
à 1971 et de l’influence étatique exercée sur le développement de ces
équipements.
Le travail de Frédéric Dutheil s’intéresse au « sport à la cure
» et notamment aux pratiques sportives à la station thermale de Vichy de 1875 à
1914. On voit là comment le corps médical de la station thermale résiste à
l’introduction de nouvelles pratiques physiques pour les curistes.
Si le texte de Thierry Terret ne nous fait pas voyager très
loin dans le temps puisqu’il s’intéresse à la période 1984-1992, il nous fait
par contre voyager assez loin dans l’espace en étudiant l’institutionnalisation
de l’Aquafitness aux Etats-Unis. Ce thème, on s’en doute est un domaine tout à
fait original et innovant d’études dans le champ des STAPS et plus généralement
de l’histoire du sport. Il constitue même, sans doute, une première dans le
domaine et suscitera probablement à ce titre l’intérêt des historiens du sport
d’outre atlantique.
Jean-Michel Peter, au travers de l’analyse de cartes postales
balnéaires nous montre comment de 1875 à 1914, le tennis se développera, dans
les classes les plus aisées corollairement au tourisme balnéaire. Le bain et le
tennis finalement se retrouvent avant la guerre de 14, associés pour la
population française la plus aisée.
Deux textes suivent qui analysent les rapports du syndicalisme
et de l’éducation physique l’un du début du siècle à 1940, celui de Guilhem
Veziers et l’autre de Michaël Attali, 1945 à 1981. Les deux articles montrent
comment, paradoxalement, ce qui devrait définir l’action syndicale (les
revendications salariales ou de condition de travail) est largement délaissé ou
du moins relégué au deuxième rang par l’action syndicale au profit de
préoccupations pédagogiques. Cela se comprend mieux grâce au texte de Guilhem
Véziers qui étudie le passage d’une amicale professionnelle au syndicat
proprement dit. Michaël Attali, lui, montre en quoi le changement de majorité
syndicale, en 1969, a encore exacerbé cette logique.
Ces textes viennent avec bonheur compléter les travaux déjà
réalisés dans le domaine par Jean-Luc Martin.
Comme à l’accoutumée le lecteur trouvera ensuite des recensions
d’ouvrages ou de thèses et différentes informations scientifiques. On
remarquera tout de même une rubrique inhabituelle consacrée à un droit de
réponse de Claude Piard à une recension de son ouvrage réalisée par Olivier
Chovaux. Ce genre de procédure nous semble tout à fait normal à mettre en œuvre
dans la logique du débat scientifique.
Pour terminer, je dois préciser que le lecteur verra, sans
doute cet automne, paraître deux numéros pratiquement simultanés de la revue
STAPS, un numéro éclectique habituel et un numéro thématique international
consacré aux Familles et aux sports, dirigé par John Salmela, ancien directeur
d’International Journal of Sport Psychology. Dans la mesure où le nombre
d’articles en souffrance de publication est extrêmement important (malgré le
haut niveau d’exigence des experts), il a semblé logique de rajouter ce numéro
spécial aux trois numéros usuellement publiés. Cela permettra aux auteurs dont
les articles ont été acceptés de ne pas avoir une trop longue attente entre le
moment de l’acceptation et celui de la publication.
Ce surnombre d’articles montre en tout cas la très bonne santé
de la revue ainsi que son dynamisme. La poursuite de la réception d’un nombre
de plus en plus grand d’articles provenant de pays étrangers et parfois
lointains (Grèce, Canada, Congo, Benin…) confirme également l’impact
international de plus en plus fort de la revue. L’ISI nous a d’ailleurs
récemment informé que si la revue n’était pas indexée pour l’instant, elle
retenait toute son attention et que l’évaluation de la qualité scientifique de
la revue serait réalisée une nouvelle fois, en 2004 au regard des publications
actuelles.
Jacques Gleyse,
Castries, le 15 mai 2003