Staps
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
152 pages

p. 107 à 122
doi: 10.3917/sta.063.0107

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Rapport de recherche

no 63 2004/1

2004 STAPS Rapport de recherche

Sport et action publique locale : des initiatives entre concurrence et complémentarité inter-institutionnelles. Le cas de la ville de Mérignac (Gironde)

Marina Honta  [1] Faculté des Sciences du Sport et de l’EP - Université Victor Segalen, Bordeaux 2. EA 498, Vie sportive : Tradition, Innovation, Intervention (axe Vie sportive et territoires) Avenue Camille-Jullian - 33 607 Pessac Cedex
Les travaux universitaires, en mettant l’accent sur la rationalisation progressive des politiques sportives territoriales, invitent à réaliser des monographies destinées à rendre compte empiriquement de celle-ci. En prenant la commune de Mérignac (une des principales villes de l’agglomération bordelaise) comme cadre d’analyse, cette contribution ambitionne de compléter les travaux déjà existants. Elle se penche plus précisément sur les relations entretenues par la commune et les associations sportives d’une part, par la collectivité et les établissements scolaires (écoles primaires, collèges et lycées) pour les conditions de pratique de l’éducation physique et sportive (EPS) d’autre part. Les témoignages d’acteurs apportent ici des informations intéressantes quant à la rationalisation de la politique sportive menée, rationalisation qui semble en bien des points encore à construire sur le plan de l’animation sportive notamment. Cette étude ambitionne, par ailleurs, de constituer une grille possible d’observation et d’évaluation des politiques sportives des communes d’importance démographique équivalente à des fins de comparaison voire, par la suite, de généralisation des tendances obtenues. Mots-clés : communes, rationalisation, contractualisation, associations, établissements scolaires, EPS.. By emphasizing on the progressive rationalization of the territorial sport policies, the university research submit a call for the submission of monographs which empirically report such policies. The town Merignac (one of the main town of the urban area of Bordeaux), as the frame of analysis, this contribution seeks to complete the existing works. More precisely, this study looks into the relations, on the one hand, between towns and sport associations, and on the other hand, between the community and schools (primary school and middle school) for the conditions of Physical Education practices. The testimonies of actors provide some interesting information regarding the rationalization of the managed sport policies. In many points, this rationalization still seems to construct notably from the point of view of sports animation. Besides, this study aspires to establish a possible pattern of observation and assessment of sports policies of the towns with demographic equivalent importance in order to compare and afterward to generalize the obtained tendencies. Keywords : Local authorities, rationalization, “contractualisation”, associations, schools, Physical and Sport Education.. Akademische Arbeiten, welche die progressive Rationalisierung der territorialen Sportpolitiken betonen, laden dazu ein, Monographien zu erstellen, die dies empirisch überprüfen. Am Beispiel der Kommune von Merignac (eine der bedeutendsten Städte im Siedlungsgebiet Bordeauxs) als Untersuchungsrahmen, will dieser Beitrag schon bestehende Arbeiten ergänzen. Genauer genommen untersucht er zum einen das Verhältnis zwischen der Kommune und den Sportvereinen und zum anderen zwischen der Gemeinde und den schulischen Einrichtungen (Grund-, Hauptschule und Gymnasium) hinsichtlich der Praxis des Sportunterrichts. Die Aussagen der Akteure stellen dabei interessante Informationen dar hinsichtlich der Rationalisierung der Sportpolitik; eine Rationalisierung, die hinsichtlich vieler Punkte erst noch konstruiert werden muss, besonderes was die Sportanimation betrifft. Diese Studie will weiterhin einen möglichen Beobachtungs- und Evaluationsbogen für die Sportpolitik von Kommunen gleicher demographischer Größe aufstellen, um Vergleichsmöglichkeiten, ja sogar Verallgemeinerungen der beobachteten Tendenzen zu ermöglichen. Schlagwörter : Kommunen, Rationalisierung, Vertragsabschluß, Vereine, Schulische Einrichtungen, Sportunterricht. I lavori universitari, mettendo l’accento sulla razionalizzazione progressiva delle politiche sportive territoriali, invitano a realizzare delle monografie destinate a rendere conto empiricamente di queste ultime. Prendendo il comune di Mérignac (una delle principali città dell’agglomerato bordolese) come quadro d’analisi, questo contributo ha l’ambizione di completare i lavori già esistenti. Esso rivolge l’interesse più precisamente sulle relazioni mantenute dal comune e le associazioni sportive da una parte, dalla collettività e dagli istituti scolastici (scuole primarie, medie e superiori) per le condizioni di pratica dell’educazione fisica e sportiva (EFS) dall’altra parte. Le testimonianze dei protagonisti apportano in questo caso delle informazioni interessanti quanto alla razionalizzazione della politica sportiva attuata, razionalizzazione che identica ancora dei punti da costruire sul piano dell’animazione sportiva, in particolare. Questo studio ha l’ambizione, d’altronde, di costruire una possibile griglia d’osservazione e di valutazione delle politiche sportive dei comuni d’importanza demografica equivalente con scopi di confronto e perfino, in seguito, di generalizzazione delle tendenze ottenute. Parole chiave : associazioni, comuni, contrattualizzazione, EFS, istituti scolastici.. Poniendo el acento sobre la racionalización progresiva de políticas deportivas territoriales, los trabajos universitarios invitan a realizar monografías destinadas a rendir cuenta empírica de esta. Tomando la comuna de Merignac (una de las ciudades principales de la aglomeración bordelaise) como cuadro de análisis, esta contribución tiene por ambición completar los trabajos ya existentes. Más precisamente se inclina por una parte, sobre las relaciones realizadas por la comuna y las asociaciones deportivas, y por otra parte sobre las relaciones realizadas por la colectividad y por los establecimientos escolares (escuelas primarias, colegios y liceos) por las condiciones de práctica de la educación física y deportiva. Los testimonios de actores aportan informaciones interesantes en cuanto a la racionalización de la política deportiva hasta ahora practicada, racionalización que todavía parece en varios puntos debe ser construida, sobre todo en el plano de la animación deportiva. Este estudio ambiciona constituir una posible rejilla de observación y de evaluación de políticas deportivas, para comunas demográficamente importantes; igualándola a fines de comparación, hasta de generalización de tendencias obtenidas.
 
Introduction
 
 
Les communes sont des acteurs incontournables de l’organisation et de la promotion du sport en France. Leur intervention est non seulement plus substantielle que celles des départements et des régions mais aussi très ancienne. Aussi, et antérieurement à la décentralisation, le financement de la construction des équipements sportifs est assumé à 80 % par les Communes (Andreff & Nys, 1994). Depuis lors, la réforme Defferre n’a fait que conforter leur prééminence de fait. L’antériorité de leur implication a amené plusieurs chercheurs à rendre compte d’une certaine municipalisation du sport, différente cependant selon la période considérée. Les années 60, avec les lois-programmes relatives aux équipements sportifs, témoignent d’une municipalisation indirecte du fait sportif à travers la mise en place de commissions, de services ou encore d’offices municipaux des sports, nécessaires à la gestion de ce parc d’installations. La municipalisation directe, quant à elle, aurait débuté suite à la réforme de décentralisation ayant eu pour corollaire l’accentuation de la prise en charge du sport par les collectivités communales (Bonnes, 1983). Ces dernières demeurent aujourd’hui les principaux bailleurs de fonds du sport en France. Elles consacrent en moyenne plus de 7 % de leur budget au domaine sportif (La Lettre de l’Economie du Sport, 2002). Leur priorité consiste majoritairement à privilégier l’éducation et l’insertion des jeunes, et ce quelle que soit la taille de la commune. La présente contribution s’attache à analyser l’action sportive de la ville de Mérignac (Gironde) par l’étude des inter-relations entre la collectivité, le système associatif et scolaire dans le domaine de l’animation sportive locale. L’enquête menée découle de la signature d’un contrat de recherche avec l’association Mérignac Cité qui assume les missions d’un Office Municipal des Sports sur le triple plan de l’animation, la culture et les APS. Les objectifs de l’étude sont de deux types : optimiser les partenariats au sein de la ville, créer un observatoire des pratiques sportives à Mérignac. Pour ce faire, il est question d’utiliser ici les travaux relatifs à l’analyse des politiques publiques qui démontrent, autour des concepts de rationalisation et de contractualisation, que la prise de décision politique, loin de découler d’une rationalité absolue, « est d’abord une forme de négociation et d’arrangement mutuel » entre plusieurs acteurs (Muller & Surel, 1998) suggérant ainsi que le compromis est au cœur du processus.
 
Sport et action publique locale: une rationalistation en construction
 
 
Les travaux relatifs à l’action sportive municipale se développent incontestablement depuis quelques années. Certaines « régularités » dans les relations entretenues entre le sport et les communes ont été observées. La rationalisation croissante des politiques sportives communales ainsi que l’émergence des pratiques contractuelles relèvent de ces tendances (Bayeux & Dupuis, 1995 ; Corneloup, 1997 ; Bouchet, 1999). A ce titre, l’administration publique du sport entre dans un mode plus large de gouvernement par contrat (Gaudin, 1999). De nombreuses recherches effectivement (relatives à la politique de la ville : Donzelot & Estèbe, 1994 ; Chevallier, 1996 ; De Maillard, 2001, à l’aménagement et au développement des territoires, aux politiques agricoles : Meunier & Vollet, 2002), révèlent l’émergence substantielle du processus de contractualisation où accords conventionnels et négociation constituent ses principales configurations. Il semble être devenu un vecteur de démocratie, d’efficacité, de rationalisation et de réalisme des décisions (Bosc, 1996). Alors que certains auteurs (Lorrain, 1991) mentionnent que cette évolution s’inscrit dans les tentatives lancées par l’Etat à partir des années 60 pour moderniser les relations entre celui-ci et les collectivités territoriales, il paraît désormais acquis qu’elle a connu un essor certain suite à la réforme de décentralisation (Gaudin, 1996). Un large mouvement de convergence vers une conduite des politiques publiques essentiellement axée sur les exigences de coopération et convoquant, de fait, une pluralité de partenaires tant publics qu’associatifs et privés, explique, en grande partie, que les procédures d’élaboration de l’action publique se soient transformées (Papadopoulos, 2001). La recherche de consensus, la notion de co-production des politiques publiques, l’adoption par les divers acteurs – aux intérêts sinon divergents du moins différenciés – de nouveaux répertoires d’action (Muller & Surel, 1998), ne sauraient cependant masquer la persistance de rapports de force dans les procédures de négociation. Dans le même sens, l’action publique contemporaine continue d’être structurée par des asymétries tant les ressources entre contractants restent souvent inégales. Dans le secteur des APS, la territorialisation de la politique du sport de haut niveau en constitue une illustration (Honta, 2001).
La « structuration » progressive mais certaine des politiques sportives communales quant à elle, découlerait notamment de la création d’un service municipal des sports, une tendance accentuée suite à la mise en place de la filière sportive territoriale en avril 1992. Une étude réalisée en 1997 montre que l’existence d’une telle structure était quasi systématique dans les communes de plus de 10 000 habitants (Haschar-Noé & al., 1999). Ceci témoigne non seulement de l’enjeu que peut représenter le sport pour ces collectivités, mais aussi de la volonté d’assumer son organisation et sa gestion de manière de plus en plus rationnelle. Ces structures, constituées de professionnels de la gestion et de l’administration des APS, peuvent être mises en place afin d’améliorer la qualité des rapports et les services offerts aux publics et partenaires de la collectivité.
En ce sens, l’élaboration et la signature de conventions d’objectifs avec le mouvement sportif local attestent de cette clarification des relations entre, notamment, les associations et les communes (Bayeux, 1998). Si une telle pratique de contractualisation est désormais obligatoire pour l’attribution de subventions aux clubs professionnels ou de « haut niveau », il n’en demeure pas moins qu’elle tend à se généraliser.
Toutefois, et malgré cet impératif de transparence dans les rapports entretenus avec les clubs, des monographies rendent compte de la persistance de pratiques « clientélistes », voire de conflits (Chateauraynaud, 1989 ; Mounet & Chifflet, 1993 ; Dulac, 1997). Des facteurs tels que la notoriété de l’association, son niveau de compétition, la « personnalité » de son président, prennent parfois le pas sur des critères tels que le nombre de licenciés, la politique de formation des jeunes ou des cadres bénévoles. Autrement dit, il n’est pas rare que les élus préfèrent soutenir les associations « vitrines » de la commune plutôt que des clubs qui ont pour seul et/ou principal objet l’insertion et l’éducation des jeunes par le sport (Walter, 2000). Cette situation apparaît d’autant plus contradictoire que ces deux objectifs sont ceux que les maires affichent comme étant prioritaires dans les politiques sportives qu’ils mènent (Dictionnaire permanent du Droit du Sport, 1998).
La dernière enquête sur le financement du sport par les collectivités territoriales souligne elle aussi l’effort de rationalisation dans la gestion des équipements sportifs engagé par les services municipaux des sports, effort ayant pour principal corollaire la réduction des dépenses de fonctionnement (Charrier, 2001). Toutefois, l’impératif de réhabilitation de ces équipements ne peut plus être occulté aujourd’hui, la seule mise aux normes de sécurité des installations étant évaluée à plus de 6 milliards d’euros (Charrier, 2001).
Les travaux mettent par ailleurs en évidence le souhait, exprimé par les élus locaux, de diversifier leurs axes d’intervention, autrement dit d’élaborer un réel projet sportif local. Outre l’implication désormais « classique » et ancienne auprès des scolaires et des clubs, les communes ambitionnent à présent de répondre aux besoins de publics de plus en plus nombreux parmi lesquels les sportifs « auto-organisés », les personnes du troisième âge… Néanmoins, s’il n’est effectivement pas permis d’ignorer ces efforts d’adaptation du service public des APS, il semble que le dialogue peine à s’installer, voire reste très maladroit particulièrement entre les élus locaux et les représentants des « pratiques sportives spontanées » (Basson & Smith, 1996). Ainsi, le système sportif fédéral et les publics scolaires conservent-ils encore une position sinon privilégiée, du moins clairement identifiée et affirmée au sein des politiques sportives communales (Augustin, 2000).
 
Méthode
 
 
L’étude présentée porte sur la commune de Mérignac comprenant environ 65 000 habitants et appartenant à la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB). Elle a été mandatée par l’association Mérignac Cité [2] à des fins d’amélioration et de rationalisation du service public local des APS. L’hypothèse, selon laquelle la contractualisation à l’œuvre à Mérignac a accentué l’instauration d’un consensus autour de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique sportive communale, a guidé l’ensemble de la démarche d’investigation.
La recherche ainsi menée s’inscrit prioritairement dans le prolongement des travaux relatifs à l’analyse des relations municipalités-associations. Elle comporte en outre des réflexions centrées sur un autre type d’interactions, peut-être moins étudiées, celles concernant les rapports entretenus entre la commune et les Etablissements Publics Locaux d’Enseignement (EPLE) qu’elle rassemble sur son territoire. Aussi, la mise à disposition des équipements sportifs nécessaires à la pratique de l’éducation physique et sportive (EPS) des collégiens et lycéens [3] sera-t-elle analysée tout comme celle destinée aux élèves du premier degré, laquelle relève des prérogatives communales. Il a semblé intéressant de se pencher sur cette question dans la mesure où le caractère opaque du cadre réglementaire relatif à l’organisation de l’EPS a déjà eu pour corollaire plusieurs dysfonctionnements (Lachaume, 1998).
Ces deux modes de partenariat (avec les EPLE et les associations) ont servi d’analyseur pour tenter de cerner si la politique sportive menée à Mérignac s’inscrit dans la tendance actuelle de rationalisation de l’action publique sportive municipale constatée dans les nombreux travaux universitaires.
Pour ce faire, l’enquête menée en 2002 a été réalisée au moyen d’entretiens semi-dirigés conduits auprès de personnes-ressources (l’adjoint au maire chargé des sports, le directeur du service des sports, un éducateur territorial des APS, cinq agents d’entretien des équipements sportifs, vingt trois dirigeants associatifs [4], onze chefs d’établissements scolaires du premier et second degrés, quatre enseignants coordonnateur d’EPS).
Ces entretiens, d’une durée moyenne d’1 h 30, ont été réalisés à des fins d’évaluation de l’action sportive municipale, mais aussi des rapports inter-institutionnels à l’œuvre à Mérignac. Ainsi, les principaux thèmes abordés ont concerné la perception de la politique sportive municipale en termes de forces et de faiblesses, les améliorations envisagées par les acteurs et la complémentarité (ou non) entre les offres sportives municipales, scolaires et associatives.
 
L’action sportive mérignacaise: des processus de négociation encore timides
 
 
Les acteurs associatifs, éducatifs mais aussi les responsables municipaux (élus politiques, agents administratifs, d’entretien et d’animation) ont été amenés à se prononcer sur leur perception de la politique sportive municipale. Leurs représentations, déclinées en termes de forces et de faiblesses des actions sportives mérignacaises, s’accordent sur la question des équipements sportifs, mais deviennent divergentes lorsqu’il est question d’appréhender la nature des relations entre la municipalité et les associations sportives locales. Dans ce cas, une distinction assez nette est remarquée entre les témoignages des présidents de clubs et ceux des responsables des sections du club omnisports : le Sport Athlétique Mérignacais (SAM).
1. Le parc d’installations sportives à Mérignac : un atout essentiel à la diversification de l’offre d’APS
S’il est fréquent d’évaluer les politiques sportives communales au seul regard du montant des subventions accordées aux associations sportives, force est de constater que la construction d’équipements, leur mise à disposition, constitue une aide non négligeable, voire essentielle, de la part des communes. L’analyse des enquêtes nationales montre que ces collectivités sont propriétaires aujourd’hui de la quasi-totalité du parc d’installations sportives en France, et plus de 90 % d’entre elles réalisent l’entretien et la maintenance de ces équipements. Leur rôle prépondérant s’explique aussi par le fait qu’elles couvrent la moitié du total des dépenses des investissements sportifs (Dictionnaire Permanent du Droit du Sport, 1998), le restant étant pris en charge par l’Etat, les Conseils Régionaux et Généraux. Il est à noter que leur priorité aujourd’hui vise davantage la rénovation et la gestion des installations existantes que la réalisation de nouvelles constructions (Direction des Sports, 1997). Les dépenses inhérentes à la mise en conformité des équipements tant au plan de la sécurité qu’à celui des normes définies par les fédérations sportives expliquent ce choix pour partie. A Mérignac, et sur cette question des équipements sportifs, les perceptions des acteurs sont identiques, quelle que soit l’institution qu’ils représentent et elles rejoignent, en outre, les données générales évoquées ci-dessus.
1.1. La mise à disposition des installations sportives : une satisfaction certaine
L’ensemble des acteurs interrogés reconnaît l’importance du parc d’équipements sportifs qui existe à Mérignac. Ils s’estiment par ailleurs satisfaits de leur mise à disposition ainsi que de la qualité de ces derniers. Ces infrastructures ont grandement permis aux associations de pouvoir s’implanter et se développer sur la commune qui a fait le choix, dans les années 70, d’en construire de nombreuses. Les présidents d’associations apprécient ce soutien, conscients que la pérennité de leur offre sportive en dépend fortement.
Les responsables d’établissements scolaires évaluent eux aussi très positivement cette implication municipale. Si la mise à disposition des équipements relève d’une obligation pour les municipalités concernant la pratique de l’éducation physique et sportive (EPS) des élèves du premier degré, il n’en est rien pour celle des collégiens et des lycéens, département et région étant ici compétents. Or, les faits démontrent à Mérignac que tous les scolaires pratiquent l’EPS essentiellement grâce aux installations que la commune met gratuitement à disposition des collèges et lycées implantés sur son territoire. Les chefs de ces établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) et les enseignants d’EPS en apprécient d’autant plus l’action communale. Deux raisons majeures expliquent cette satisfaction. En premier lieu, les acteurs éducatifs sont parfaitement conscients que si le Conseil général et la Région ont pu participer à la construction des équipements présents sur la commune, ils ne soutiennent plus cette collectivité pour ce qui relève des frais de fonctionnement relatifs à l’utilisation par les lycéens et collégiens de ces mêmes installations. Si un tel constat laisse perplexe quant au « relatif » respect, par les Conseils Général et Régional, des compétences transférées par la décentralisation, il n’est en rien spécifique à cette commune. Effectivement, l’opérationnalisation du cadre réglementaire de construction ou de mise à disposition des installations sportives nécessaires à la pratique de l’EPS des collégiens et lycéens constitue un analyseur pertinent (cet item peut par ailleurs être retenu dans l’hypothèse de la constitution d’un modèle d’évaluation des politiques publiques locales relatives au sport) des clivages et des résistances qui existent pour coordonner les politiques publiques sportives territoriales. En effet, et en dépit de l’obligation qui leur incombe de participer aux dépenses de fonctionnement des équipements sportifs communaux lorsqu’il n’en existe pas dans les enceintes des lycées et collèges, plusieurs collectivités régionales et départementales n’interviennent pas (Fédération des Maires des Villes Moyennes, 1999 ; Cathala, 2002). Un arrêt du Conseil d’Etat du 10 janvier 1994 a par ailleurs confirmé, qu’en cas d’utilisation d’équipements sportifs appartenant à une autre collectivité, les droits d’utilisation éventuels peuvent être mis à la charge de la collectivité de rattachement de l’établissement, soit par voie de convention, soit si un accord n’est pas trouvé, à l’issue d’une procédure d’inscription d’office. Un nouvel arrêt du 3 septembre 1997 a confirmé cela.
Une grande diversité d’implication de la part des collectivités est en outre observable. A ce titre, et pour tenter de réduire plus encore les effets induits de la décentralisation en la matière, l’article 40 de la loi du 6 juillet 2000 stipule que « les équipements nécessaires à la pratique des APS doivent être prévus à l’occasion de la création d’établissements publics locaux d’enseignement (EPLE), ainsi que lors du schéma prévisionnel de formation. Des conventions sont passées entre les EPLE, leur collectivité de rattachement et les propriétaires d’équipements sportifs afin de permettre la réalisation des programmes scolaires de l’EPS ».
La deuxième raison expliquant leur grande satisfaction provient du fait que si les établissements disposent d’équipements intra muros, c’est-à-dire construits par la collectivité responsable, ceux-ci ne permettent pas de très bonnes conditions de pratique de l’EPS. Ces témoignages concernent surtout les halles des sports situées au sein des collèges parfois, halles qui constituent des installations ouvertes dans lesquelles toute pratique sportive, en période hivernale, devient très désagréable à réaliser. Aussi, et devant cette action départementale qualifiée de « peu sérieuse », les responsables éducatifs reconnaissent très sincèrement le soutien de la commune.
1.2. Un parc d’équipements sportifs à repenser
Si les acteurs éducatifs et associatifs demeurent globalement satisfaits de la qualité et de la mise à disposition des équipements, ils soulignent aussi que la municipalité arrive à une période charnière où un effort supplémentaire doit à nouveau être effectué. Les installations sportives construites ont indéniablement permis le développement de la pratique. Cependant, la totalité des acteurs souligne que la collectivité est aujourd’hui « victime de son succès », autrement dit que ses infrastructures arrivent à saturation. La construction d’équipements nouveaux est effectivement espérée. Les agents d’entretien rencontrés ont également confirmé la forte occupation des installations et ajoutent qu’ils réalisent de nombreuses heures supplémentaires tant les équipements sont utilisés de plus en plus tard en soirée. Leur souhait est que du personnel soit embauché par la commune pour les aider dans leur tâche. Ces agents, par ailleurs, sont confrontés à des pressions de la part des pratiquants libres qui souhaitent utiliser les installations. Si ces revendications ne sont encore que peu nombreuses, il est possible qu’elles prennent de l’ampleur lorsque l’on analyse les résultats des diverses enquêtes nationales sur la pratique sportive des Français. En effet, les besoins à satisfaire des pratiquants sportifs se diversifient depuis le début des années 80. Ils sont caractérisés par l’arrivée de pratiques se développant essentiellement hors des structures fédérales. A la demande sportive des clubs s’ajoute indéniablement celle de populations de plus en plus nombreuses qui souhaitent disposer d’équipements répondant à des critères d’hygiène, de convivialité, de qualité de vie… Aussi, il paraît de plus en plus difficile, pour ces collectivités, de réaliser un « partage satisfaisant » des infrastructures sportives tant les publics et leurs motivations sont aujourd’hui multiples (Honta, 2002).
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les dirigeants d’associations, mais aussi les responsables éducatifs, soulignent que « la ville ne peut plus vivre sur ses acquis en matière d’équipements ». Les acteurs municipaux (élus et agents administratifs) sont eux aussi conscients des limites de plus en plus criantes de leur parc d’équipements.
2. Les autres axes de la politique sportive : une lisibilité relative
Si les acteurs associatifs et éducatifs ont été capables d’évaluer les actions sportives communales au regard de ce que la municipalité réalise pour eux, ils n’ont qu’une idée très floue de la politique sportive en général, laquelle manquerait de lisibilité. Malgré cela, un axe donne entière satisfaction aux chefs d’établissements scolaires essentiellement : il s’agit de la mise à disposition des éducateurs municipaux auprès des écoles primaires pour l’enseignement de l’EPS. Néanmoins, cette action paraît menacée aujourd’hui.
2.1. La mise à disposition des éducateurs municipaux auprès des écoles primaires : une intervention appréciée mais en voie de disparition
Les chefs d’établissements scolaires du premier degré apprécient non seulement le fait que la municipalité mette ses équipements à disposition mais aussi qu’elle détache du personnel municipal pour l’enseignement de l’EPS. Ce faisant, l’objectif de la commune est de tendre vers une cohérence de l’offre sportive entre les temps scolaire, péri et extra scolaires. En effet, cette mise à disposition d’éducateurs facilite la continuité entre ce que les enfants réalisent au sein de l’école et ce que la commune propose lors des vacances scolaires notamment. Les acteurs éducatifs ont largement vanté cette action, mais ont également souligné les difficultés auxquelles ils sont exposés depuis quelques mois. Des mesures récentes, décidées par le Ministère de l’Education Nationale tendent à limiter l’implication des intervenants extérieurs au sein du système scolaire. Parce que les classes relèvent de l’entière responsabilité des instituteurs ou professeurs des écoles, parce que ceux-ci disposent de plus en plus d’une formation pluridisciplinaire dispensée au sein des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (Sport dans la Cité, 2002), ils doivent pouvoir encadrer et assumer entre autres fonctions, l’enseignement de l’EPS. Un décalage flagrant apparaît ici entre les dispositions ministérielles et les réactions des responsables éducatifs à Mérignac. Ces derniers déplorent le fait que de telles mesures aient été prises. Aussi, prétendent-ils que l’enseignement de l’EPS « perd aujourd’hui de sa qualité » et ressentent fortement l’absence des éducateurs municipaux qui étaient appréciés pour leurs compétences. Plus largement, se pose ici, et avec acuité à l’école élémentaire, la question de la place et de la définition de l’EPS dans le cursus scolaire : « l’absence de spécialiste “scolaire” de l’éducation physique et sportive représente un double risque : soit le défaut d’une authenticité scolaire de la discipline ; soit le défaut de spécificité disciplinaire » (Gasnier, 2002).
A Mérignac, trois types d’effets induits ont été évoqués sur cette question par l’éducateur territorial des APS et les coordonnateurs d’EPS. Dans un premier temps, il semble que les animations municipales soient à repenser pour partie, du moins certaines activités qui sont proposées durant les vacances scolaires. En effet, la natation constitue une APS pouvant être pratiquée par les enfants à condition qu’ils possèdent un « savoir nager », savoir dispensé dans les programmes d’EPS grâce à l’intervention des éducateurs municipaux. Rien ne garantit que la pratique de la natation sera désormais assurée et assumée par les instituteurs et les professeurs des écoles. Cela pose donc le problème de la réorientation des animations municipales dans les temps péri et extra scolaires et réduit certainement la cohérence que la commune avait instaurée entre les différents temps de l’enfant.
En second lieu, la municipalité a été amenée à repenser l’emploi du temps hebdomadaire et annuel des éducateurs territoriaux des APS qui ne peuvent plus intervenir désormais au sein du système scolaire. Aussi, la signature d’un Contrat Educatif Local (CEL) a-t-elle été effectuée afin de réorienter les éducateurs vers des animations dans les temps péri et extra scolaires (entre midi et quatorze heures notamment).
Enfin, les enseignants coordonnateurs d’EPS regrettent également ces mesures car ils appréciaient fortement le fait que les scolaires qui intégraient le collège en 6e possédaient une « culture sportive » intéressante, acquise grâce à l’action communale dans le secteur de l’animation.
2.2. Les relations municipalité - associations sportives : une accentuation de la concertation attendue
Un autre facteur de satisfaction concerne les subventions attribuées aux clubs même si les perceptions des acteurs associatifs, sur ce soutien en particulier, demeurent plus mitigées. Tous les acteurs associatifs reconnaissent que la commune constitue leur premier partenaire public, fait qui peut certes paraître « évident » au regard de l’ancrage local du club, mais qui prend aussi une importance certaine lorsque l’on constate que ces structures ne sont que peu aidées par les autres niveaux de collectivités et moins encore par des partenaires privés. Le département soutient effectivement les clubs sur le plan des déplacements en compétitionet participe aussi, au même titre que la région, à l’organisation de manifestations ponctuelles. Les ressources en provenance de l’Etat (sous forme de crédits FNDS essentiellement) concernent des initiatives assez précises telles que le développement du sport féminin ou la formation des jeunes. S’il n’est pas question de négliger ces apports, force est de constater qu’ils n’ont qu’un poids très relatif devant l’action municipale.
L’analyse est identique si l’on se penche sur la participation du secteur commercial. Une grande partie des clubs mérignacais n’opère pas dans le haut niveau de pratique et n’intéresse donc pas les entreprises ou sponsors. Les associations qui, par contre, ont atteint un niveau de compétition intéressant reçoivent certes une aide de la part de ces financeurs, mais elle n’est pas « à la hauteur des espérances » ou des besoins. Aussi, la pratique sportive associative et l’activité de compétition sont-elles essentiellement permises à Mérignac grâce à l’action communale.
Il n’est pas question de dresser ici un constat idéalisé de l’attribution des subventions aux associations. Des témoignages réservés, voire amers, ont été entendus. Les réserves les plus fréquemment émises concernent le montant de l’aide, celle-ci permettant juste « de boucler le budget de l’association » qui vit essentiellement grâce aux cotisations des adhérents. Il est également regretté que ce montant ne soit pas suffisant au regard des besoins du club… Dans le même temps, ces présidents d’associations soulignent aussi qu’ils « voudraient toujours en avoir plus » !
Néanmoins, un certain décalage existe entre les témoignages des présidents de clubs et ceux des responsables des sections du SAM. Les premiers regrettent la grande domination du club omnisports local et surtout le fait que la commune le soutienne préférentiellement. Les perceptions négatives sont d’autant plus fortes lorsque l’offre associative est identique entre ce que propose un club « hors SAM » et une section de celui-ci. Aussi, la concurrence inter-associative est-elle fortement ressentie, moins peut-être sur le plan du soutien communal que sur celui de la difficulté pour le club à attirer des pratiquants, le SAM bénéficiant ici d’une notoriété plus importante. Les présidents d’associations vont parfois même jusqu’à regretter que le SAM soit « malsain », qu’il nuit au développement des structures « périphériques ». Aussi n’est-il pas surprenant que les principales améliorations attendues par ces acteurs tiennent à ce que la municipalité accentue ses relations avec les clubs hors SAM, autrement dit qu’elle prenne plus en considération le cas « des petites associations » qui se plaignent effectivement d’être isolées et délaissées par la commune.
Les témoignages des présidents de section du SAM laissent à penser que la politique sportive municipale passe par eux, autrement dit que c’est le SAM omnisports qui l’assume sur le triple plan de l’offre sportive à destination des jeunes, des loisirs sportifs et de la compétition à un bon niveau régional ou plus. Ces propos illustrent très certainement le poids de l’association sur la commune et recoupent les témoignages des autres présidents d’associations qui estiment également que la politique sportive municipale est déléguée au SAM. Les responsables des sections n’ont, de ce fait, pas les mêmes perceptions pour ce qui est de la nature des relations entre la municipalité et le club omnisports. S’ils ne sont pas en collaboration directe avec le service municipal des sports et les élus politiques, ils sont régulièrement entendus par les membres du comité directeur qui, eux, entretiennent des relations étroites avec la mairie et se chargent ainsi de faire remonter les informations et besoins. Aussi l’accentuation de la concertation n’est-elle pas nécessairement attendue contrairement à ce que ressentent les autres présidents de clubs.
Ce déficit de transparence ou de prise en considération provient peut-être du fait que la commune n’a pas instauré de système de conventionnement avec les associations sportives. Ce constat peut paraître surprenant pour une collectivité de cette importance, mais l’instauration d’une grille de répartition des subventions et des équipements n’est pas forcément revendiquée par les responsables associatifs. Or, il est légitime de penser que ce type d’outil pourrait accentuer non seulement la transparence des relations entre la commune et les clubs mais aussi le processus de négociation entre les parties. Par contre, cette orientation semble vouloir être prise par le conseil municipal récemment élu. Il a effectivement été mentionné qu’une des évolutions de la politique sportive municipale consistera à « affiner » les rapports entretenus tant entre la mairie et le SAM omnisports qu’entre celle-ci et les autres présidents d’associations. De manière générale, et depuis l’élection du nouvel exécutif municipal en 2001, les présidents d’associations ont perçu semble-t-il cette volonté de meilleure structuration de la politique sportive [5].
3. Les relations système scolaire - associations sportives : entre concurrence et complémentarité institutionnelles
De nombreuses organisations proposent aujourd’hui, au sein d’un même territoire, une offre sportive. Si la multiplication des initiatives n’est pas en elle-même à condamner, l’absence de complémentarité et le refus de fédérer la totalité des démarches font que ces dernières peuvent très vite se concurrencer. Des dispositifs tels que le Contrat Educatif Local (CEL) ont désormais pour ambition de rassembler les divers protagonistes ayant un projet d’animations à destination des jeunes. Il résulte d’une politique territoriale qui cherche à influencer la coordination entre les acteurs d’un territoire autour du concept « d’éducation partagée ». Force est de constater, à Mérignac, qu’il n’est que peu connu. Dans ce contexte, si les relations entre associations sportives et EPLE se développent parfois, les conditions de pratique du sport scolaire demeurent en bien des points sinon dramatiques du moins préoccupantes.
3.1. Des inter-relations de plus en plus fréquentes entre les associations sportives et les EPLE
Les relations entre système associatif et système scolaire à Mérignac ne sont pas nombreuses, mais commencent à se construire. En effet, nombre de présidents d’association ont mentionné qu’ils ne mènent aucune démarche à destination du public scolaire car la discipline qu’ils proposent ne s’y prête pas (le cyclisme par exemple). D’autres clubs réalisent des actions encore très ponctuelles consistant en une mise à disposition d’éducateurs de l’association afin de faire découvrir la pratique. Les EPLE peuvent également ouvrir les équipements sportifs construits en leur sein aux associations locales, c’est le cas pour la section badminton qui a récemment vu le jour au sein du SAM. La question du déficit ou de la saturation des infrastructures municipales se pose avec acuité au travers de cet exemple. Si les relations entre l’EPLE et la section badminton entretenues actuellement constituent peut-être les prémices d’un partenariat plus prononcé, force est d’admettre que les clubs mérignacais possèdent de moins en moins de marge de manœuvre pour se développer. La création d’une section proposant une nouvelle discipline en atteste ici, et ce cas n’est pas isolé. En effet, il a été significatif de constater que la quasi totalité des présidents de sections du SAM rencontrés et certains présidents de clubs estiment ne plus pouvoir accepter d’adhérents supplémentaires. Le manque d’infrastructures, le nombre limité de bénévoles freinent actuellement toute velléité d’émancipation des associations. Ce constat n’est pas propre à Mérignac. Les augmentations soudaines d’effectifs licenciés suite à la retransmission de grands événements sportifs ont placé les clubs français dans des situations très délicates : comment fidéliser ces nouveaux pratiquants faute de ressources humaines et matérielles ?
Le faible nombre de démarches contractuelles ne saurait cependant occulter le développement de certaines structures (à l’image de la section sportive scolaire de football du lycée Dassault qui alimente le centre de formation des Girondins de Bordeaux Football Club), de partenariats spécifiques entre le SAM et le collège Daguin. L’ambition est ici de permettre aux meilleurs sportifs du SAM, dans des disciplines individuelles (athlétisme, natation, judo…), d’avoir des ambitions de haut niveau tout en poursuivant une scolarité aménagée dans « une classe sportive », en 6e notamment. Les responsables éducatifs rencontrés mentionnent qu’il est de leur devoir de permettre aux jeunes de poursuivre ce double projet de formation sportive et sociale. Ce faisant, ils reproduisent pour partie, dans le cas présent avec un club, le modèle des « Filières du haut niveau » mis en place par le Ministère des Sports et les fédérations sportives. Cette initiative possède deux types d’avantages. D’une part, en proposant aux jeunes des aménagements de scolarité par une contractualisation avec le SAM, il est permis de penser que cela favorisera leur fidélisation à l’association.
D’autre part, les EPLE sont engagés, depuis la réforme de décentralisation ayant accentué leur autonomie et leurs possibilités de mener des partenariats avec les acteurs locaux, dans une démarche consistant à améliorer et /ou soigner leur image en proposant des filières d’études spécifiques ou d’autres initiatives (telles que les classes sportives ou classes « européennes ») destinées à constituer la « vitrine » de l’établissement. Ce faisant, ils tentent d’attirer à eux le maximum d’élèves. Les sociologues de l’éducation parlent d’un « véritable marché éducatif » (Combaz, 1996) signifiant par là que les EPLE sont au sein d’une même commune ou d’un même département, en concurrence les uns avec les autres. A Mérignac, il a notamment été significatif de constater que le partenariat en construction entre le SAM et le collège Daguin se fait au détriment de celui de Capeyron qui avait précédemment développé cette initiative. Si les acteurs éducatifs de ce collège ne portent aucun jugement de valeur sur l’orientation prise par le SAM, ils sont néanmoins conscients que, désormais, l’établissement Capeyron n’attire plus un certain profil d’élèves sportifs.
La définition du sport de haut niveau
Les instruction n° 88-57 du 4 mars 1988 relative à la politique du sport de haut niveau et n° 95-057 du 24 mars 1995 relative aux « Filières du haut niveau » précisent la définition officielle du sport de haut niveau. Quatre critères la composent. La reconnaissance des disciplines de haut niveau attribuée par la Commission nationale du sport de haut niveau (CNSHN) en fonction de facteurs précis. Les compétitions internationales de référence qui sont les Jeux Olympiques, les Championnats du Monde, les Championnats d’Europe organisés par les fédérations internationales unisport. Les listes de sportifs de haut niveau : seuls ceux qui appartiennent aux catégories « Elite », « Senior » « Jeune » et « Reconversion » relèvent de cette notion. Les sportifs inscrits au titre des catégories « Espoirs » et « Partenaires d’entraînement » ne sont pas considérés comme des athlètes de haut niveau. En termes d’avantages, les différences sont très importantes. En effet, derrière le statut de sportif de haut niveau, existe un dispositif législatif et réglementaire qui permet à l’intéressé de bénéficier d’aménagements et de financements. Enfin, les « Filières du haut niveau » dont le principal objectif consiste à placer l’individu au centre du système de préparation et d’accession à l’excellence sportive. Parler de sport de haut niveau signifie forcément et fatalement faire référence à l’un de ces quatre points. Tout ce qui n’en est pas ne peut être considéré comme tel d’un point de vue législatif et réglementaire. Aussi, les clubs, même ceux qui évoluent en élite, ne sont pas officiellement reconnus par le dispositif du haut niveau construit par l’Etat et le mouvement sportif.
3.2. La pratique du sport scolaire : des conditions de réalisation préoccupantes
Les conditions de pratique du sport scolaire ont fait récemment l’objet d’une consultation nationale menée par Michel Leblanc (2001). Les résultats obtenus serviront ici de cadre pour analyser le cas de Mérignac qui est apparu en bien des points préoccupant.
Avant d’aborder ces difficultés, il semble nécessaire de présenter comment se réalise, à Mérignac, la pratique sportive au sein de l’USEP et de l’UNSS. Dans un premier temps, tous les directeurs d’écoles primaires n’ont pas été rencontrés mais, au regard des témoignages obtenus, la pratique au sein de l’USEP varie fortement d’une école à l’autre. Cette diversité se manifeste notamment par le fait que toutes les écoles n’ont pas instauré cette possibilité de pratique faute d’instituteurs ou de professeurs des écoles volontaires. Dans les écoles où existent des associations sportives affiliées à l’USEP, il est possible de constater une hétérogénéité concernant les activités proposées. Celles-ci peuvent être exclusivement de nature « sportive » (sans donner lieu pour autant à de la compétition) ou tendre plutôt vers le culturel.
Pour faciliter l’animation de ces activités, la municipalité met ses équipements à disposition ainsi que ses éducateurs municipaux. Ce soutien - cela a été mentionné plus haut - est fortement apprécié et contribue sans doute à ce que les directeurs d’école soient satisfaits de l’orientation que prend la pratique au sein de l’USEP quand elle existe. Ils regrettent cependant que la contractualisation avec le secteur associatif municipal ne soit pas plus prononcée et espèrent que la reconduction du CEL favorisera cette complémentarité. Sur ce plan, s’ils savent qu’un CEL a été signé, ils ne sont que peu renseignés sur son contenu. Ainsi, cette démarche contractuelle et partenariale consacre-t-elle un filtrage de certains interlocuteurs associatifs et éducatifs. Ce processus rencontré sur Mérignac n’est en rien un cas isolé. Les travaux centrés sur l’analyse de l’action publique démontrent que la sélection « des interlocuteurs valables » demeure fréquente dans le processus de contractualisation (Gaudin, 1996). Si l’Etat reste le garant de « l’offre de négociation » dans la mesure où il est à l’initiative de la démarche du CEL, cela ne lui garantit en rien une autorité sans partage ni la maîtrise totale de l’opération. L’implication de la collectivité, opérateur principal de l’action, est effectivement déterminante dans la sélection de ses partenaires. Néanmoins, les représentants des EPLE et des associations à Mérignac peuvent ne pas totalement « subir » ce filtrage des acteurs. En effet, plus un groupe assure la publicisation régulière, voire continue, des problèmes perçus comme importants par ses membres (la volonté, dans le cadre du CEL, de participer à l’accès du plus grand nombre aux activités culturelles, artistiques et sportives), plus sa légitimité s’en trouve renforcée (Muller & Surel, 1998). Or, dans cette commune, le CEL en tant que politique territoriale n’est pas, jusqu’à présent, parvenu à améliorer et/ou à accentuer les coordinations entre acteurs. Il est également permis d’imaginer que ce déficit de concertation et de transparence dans la signature du CEL témoigne des faibles capacités régulatrices de l’Etat qui ne parvient pas à jouer son rôle de stratège et de fédérateur. Des difficultés identiques s’observent dans un autre type de contrat reposant sur les mêmes principes, les contrats locaux de sécurité (Le Goff, 2002).
Enfin, l’absence de relation entre l’USEP et le CEL n’est pas non plus propre à la ville de Mérignac. La dernière consultation nationale sur le sport scolaire a également mis en évidence qu’il était regrettable que l’USEP ne soit que peu partenaire des CEL alors que ces opérations s’adressent souvent au même public.
La commune met également ses équipements à disposition des collégiens et lycéens pour la pratique du sport scolaire. L’aide attribuée démontre le volontarisme municipal quant à l’accès aux APS, volontarisme d’autant plus remarquable que rien n’oblige la municipalité à agir en ce sens. Fait sans doute plus surprenant encore, elle accorde à chaque EPLE une subvention de fonctionnement pour la pratique du sport scolaire. Le montant de cette aide permet d’assumer parfois les frais de transports aux compétitions qui constituent, d’après les acteurs, une dépense non négligeable. Dans ce contexte, tous les acteurs éducatifs apprécient l’action de la commune, conscients par ailleurs qu’elle n’est aucunement responsable de ces EPLE.
L’implication de la ville de Mérignac est à situer dans un contexte plus large. La volonté effective de faire du sport un moyen d’éducation et de favoriser son accès explique l’engagement de nombreuses collectivités dans le secteur du sport scolaire. Ces ambitions se traduisent par une aide aux sections sportives scolaires et aux AS affiliées à l’USEP et à l’UNSS. Le soutien des collectivités se manifeste par la mise à disposition d’équipements sportifs, de personnels, par l’attribution de subventions pour l’achat de matériel sportif, le déplacement des équipes, des remises de prix… Ce faisant, les collectivités ont majoritairement répondu aux sollicitations contenues dans la loi du 16 juillet 1984 modifiée. Elle précise, dans son article 9, que les « collectivités territoriales peuvent concourir au développement » des associations sportives scolaires « en particulier en favorisant l’accès à leurs équipements ». Si ces aides sont difficiles à évaluer sur un plan quantitatif, elles permettent néanmoins à plusieurs associations sportives scolaires de posséder de bonnes conditions de fonctionnement. A ce titre, la récente consultation nationale sur le sport scolaire a mis en évidence la satisfaction globale des acteurs du système éducatif vis-à-vis de l’implication territoriale. Si l’on pouvait s’attendre à ce que la mise à disposition d’installations sportives fasse défaut, ces aspects ne sont pas évidents sur le plan national. Or, le cas de Mérignac vient ici contredire ces conclusions générales. Effectivement, dans cette commune, la satisfaction des acteurs éducatifs vis-à-vis de l’action municipale ne saurait occulter la persistance de plusieurs problèmes très préoccupants pour les enseignants d’EPS et les chefs d’établissement. Les taux d’affiliation aux AS scolaires varient de 5 à 15 % environ en fonction des établissements, ce qui situe Mérignac en deçà, voire très au-dessous (5 %), de la moyenne nationale. Le peu de succès des AS scolaires s’expliquerait par la forte concurrence du tissu associatif communal. Cependant, les chefs d’établissement et les enseignants n’estiment pas être en concurrence avec les clubs. En effet, ils ne se situent pas, selon eux, sur le même type d’offre puisqu’ils prônent avant tout (mais pas seulement) l’initiation ou les loisirs sportifs, laissant aux associations le soin de développer une démarche compétitive.
Malgré cela, les points d’achoppement persistent et tiennent à deux facteurs majeurs.
En premier lieu, les offres associatives scolaire et civile se réalisent parfois aux mêmes moments et les enseignants d’EPS soulignent ici que « les clubs font pression pour que les jeunes suivent les entraînements », ce qui paraît aller de soi. Ces formes de « concurrence » de la part des clubs sont d’autant plus ressenties par les enseignants qu’ils avouent dans le même temps, toutes leurs difficultés pour proposer une offre sportive innovante ou originale tant la diversité de l’offre associative est grande. Aussi, la politique sportive communale dans sa globalité est-elle qualifiée « de trop forte » dans la mesure où elle a favorisé grandement le développement des clubs et des activités susceptibles d’être proposées. Tout se passe comme s’il y avait déjà tout ce qu’il faut à Mérignac pour la pratique sportive des jeunes. Ainsi, et dans certains EPLE, la pratique du sport scolaire a été déplacée et se déroule à présent entre midi et quatorze heures.
En second lieu, tous les acteurs éducatifs interrogés ont été unanimes sur le fait qu’il était extrêmement difficile de bénéficier de créneaux horaires satisfaisants pour utiliser des équipements sportifs de la commune car, le mercredi après midi notamment, les clubs sont prioritaires. Un tel constat est certes préoccupant pour la viabilité du sport scolaire et si tous les acteurs le déplorent, ils ne se trompent pas de bouc émissaire et n’accusent en rien la municipalité.
Des difficultés proviennent aussi du manque de transports dans le temps péri-scolaire et de la restauration au sein des EPLE. De fait, ces facteurs invitent les enseignants d’EPS censés faire vivre l’AS scolaire à aller au-delà de leurs prérogatives et à assumer eux-mêmes ces questions de transport des jeunes après les entraînements ou les compétitions le mercredi.
Ainsi, les résultats de l’enquête auraient plutôt tendance à démontrer qu’en matière de contractualisation entre système associatif et système scolaire, c’est plutôt les EPLE qui tentent de s’adapter au développement de la vie associative (en mettant notamment en place des aménagements de scolarité) que l’inverse. Néanmoins, la pratique sportive, qu’elle soit associative ou scolaire, dépend fortement des équipements susceptibles d’être mis à disposition par la municipalité de Mérignac dans un contexte où département et région n’en ont que peu construits au sein des enceintes scolaires.
 
Conclusion
 
 
L’analyse de l’offre sportive mérignacaise autorise les conclusions suivantes.
Le choix de pratique pouvant être effectué par les habitants est substantiel et les acteurs s’accordent à dire que la construction et la mise à disposition des équipements sportifs par la municipalité a grandement favorisé cette diversification associative. Le nombre de clubs et/ou de sections, de licenciés (au SAM notamment), en atteste.
Dans le même sens, il semble que cette offre soit aujourd’hui connue des Mérignacais, les divers bulletins municipaux, le guide édité par l’association Mérignac Cité et les journées « portes ouvertes » destinées à présenter les activités associatives constituent autant de vecteurs de diffusion de l’information. Aussi, s’il y a rejet d’une pratique associative, il s’explique principalement selon les acteurs rencontrés, par l’avènement d’offres de loisirs multiples, pas nécessairement sportifs, mais aussi par le fait que les personnes s’adonnent de plus en plus à une pratique sportive en dehors de tout cadre institutionnel. Les espaces verts dont dispose la commune favorisent le développement de cette modalité de pratique et les acteurs rencontrés ont tous constaté l’engouement certain pour celle-ci. Actuellement, la municipalité a fait le choix de refuser systématiquement l’accès aux installations sportives aux pratiquants libres, l’adhésion à une association étant la condition sine qua non de la mise à disposition des équipements. Le souhait que les présidents d’associations à Mérignac puissent « récupérer » ce type de pratiquants n’a pas été formulé, du moins il n’est pas apparu clairement au cours des entretiens.
La politique sportive municipale donne aussi satisfaction très certainement parce qu’elle est tournée vers les jeunes, public qui suscite de nombreuses interrogations actuellement. Néanmoins, il semblerait qu’un effort de lisibilité, de transparence soit attendu de la part de celle-ci par les présidents de clubs mais aussi par certains chefs d’établissement scolaire. Si la concertation avec ces derniers (du moins avec les coordonnateurs EPS et les éducateurs municipaux) fonctionne parfaitement pour ce qui est de la répartition des créneaux d’équipements en début d’année scolaire, il apparaît que pour ce qui relève des autres initiatives, la signature du CEL en particulier, les informations ne circulent pas ou peu. Ce contrat pourrait constituer par ailleurs les prémices d’une complémentarité plus forte encore entre les trois types d’offres au sein de la commune. Actuellement, les chevauchements d’animations, le mercredi après midi en particulier, nuisent à la cohérence d’ensemble.
L’accentuation de la transparence des relations inter-institutionnelles permettrait peut-être aussi de réduire l’amertume des présidents de clubs « hors SAM » qui, pour la plupart d’entre eux, espèrent plus de considération de la part de la municipalité. Ces réflexions rejoignent des aspects plus généraux relatifs à l’accentuation de la démocratie participative se manifestant par « la mise en place plus large et plus motivée de moyens de concertation, de comités consultatifs et de dispositifs de représentation directe des habitants et des usagers » (Montané, 2001). A Mérignac, actuellement, la présence du service municipal des sports et de Mérignac Cité ne représente pas encore le gage de l’instauration d’une action publique locale concertée. Si contractualisation il y a, elle n’est pour l’heure que le résultat de « nécessités fonctionnelles » (Papadopoulos, 2001). En ce sens, le processus d’apprentissage de la négociation demeure inachevé dans cette commune.
De manière générale, l’approche par la contractualisation engagée ici, propose une méthode possible d’évaluation des politiques des villes de taille démographique identique et pourra être suivie d’études comparatives afin d’obtenir des résultats plus larges sur les modes d’élaboration et de mise en œuvre de l’action sportive communale.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Andreff, W., Nys, J.F. (1994). Economie du sport. Paris : PUF (Que sais-je ?), p. 68.
·  Augustin, J.P. (2001). Assiste-t-on au rejet de la culture sportive traditionnelle ? In Terret, T. (sous la dire de), Education physique, sport et loisir. 1970-2000. Paris : AFRAPS.
·  Basson, J.C. et Smith, A. (1996). Sport et action publique localisée : les politiques sportives territoriales et les jeunes des quartiers de l’agglomération grenobloise. Rapport pour le compte de l’Association intercommunale de la prévention de la délinquance. Grenoble, CERAT-IEP, décembre.
·  Bayeux, P., Dupuis J. (1995). Les politiques publiques sportives territoriales : de l’élaboration à l’évaluation. Paris, CNFPT, Revue EPS.
·  Bayeux, P. (1998). La contractualisation entre les clubs et les collectivités territoriales. 4° partie : l’utilisation des conventions. RJES, 46, Lamy, CNOSF, Paris.
·  Bayeux, P. (2000). La décision dans les communes, essai de modélisation dans le domaine des activités physiques et sportives. Thèse pour le doctorat en sciences de gestion.
·  Bonnes, R. (1983). La municipalisation du sport, la vie associative : mode d’évolution des conditions d’une démocratisation et socialisation de la pratique des APS au plan local. Actes du VIIIe symposium de l’ICSS : Sports et sociétés contemporaines, Paris : INSEP.
·  Bosc, C. (1996). Approches de la négociation en politique. In Gaudin, J.P. (textes réunis et présentés par). La négociation des politiques contractuelles, Paris : l’Harmattan, p. 32.
·  Bouchet, P. (1999). L’administration du sport municipal : approche légaliste ou management public. STAPS, 50, vol 20, automne, p. 65-83.
·  Cathala, L. (2002). Les équipements sportifs en France. Partenariat avec les collectivités visant à favoriser l’enseignement de l’éducation physique et sportive dans les établissements du second degré. Rapport au Premier Ministre, 8 avril.
·  Charrier, D. (2001). Le financement du sport par les collectivités locales : une stabilité illusoire ? Pouvoirs Locaux, 49 II, p. 39-41.
·  Chateaureynaud, Y. (1989). Le sport : nouvel enjeu de pouvoir au plan local. STAPS, 20, p. 7-13.
·  Chevalier G.( 1996). Volontarisme et rationalité d’Etat. L’exemple de la politique de la ville. In Revue française de sociologie, XXXVII.
·  Combaz, G. (1996). Décentralisation, autonomie des établissements scolaires et égalités des chances. Revue Française de Pédagogie, 115, p. 43 à 57.
·  Corneloup, J. (1997). Les études d’opinion publique comme aide à la décision dans la déclinaison des politiques sportives locales. Premier Congrès de la Société Française de Management du Sport.
·  De Maillard, J. (2001). De la difficile consolidation des leaderships urbains. Sciences de la Société, 53, Presses Universitaires du Mirail, p. 107-121.
·  Direction des Sports. (1995). Financement du sport par les collectivités locales. MJS, avril, p. 31.
·  Donzelot J., et Estèbe P.(1994). L’Etat animateur. Essai sur la politique de la ville. Paris : Esprit.
·  Dulac, C. (1997). Politiques sportives et stratégies d’acteurs. L’exemple d’un conflit municipal : Grenoble en 1975. STAPS, 45, p. 37-51.
·  Fédération des maires des villes moyennes. (1999). Participation financière des régions et des départements pour la mise à disposition d’équipements sportifs des villes moyennes aux lycées et collèges. Octobre, p. 7-16.
·  Gasnier, P. (2002). Enseigner l’éducation physique à l’école élémentaire. Maîtres et spécialistes des activités physiques : une collaboration en question (1880-2000). STAPS, vol. 23, 58, p. 7-20.
·  Gaudin, J.P. (1996). Présentation : La négociation des politiques contractuelles. In Gaudin, J.P. (textes réunis et présentés par). La négociation des politiques contractuelles, Paris : l’Harmattan, p. 10.
·  Gaudin, J.P. (1999). Gouverner par contrat. L’action publique en question. Presses de Sciences Po, Paris.
·  Haschar-Noé N., Bayeux P., Klein G., Vigneron J. (1999). Les politiques sportives et les services des sports des villes françaises de plus de 3 000 habitants. Revue Européenne de Management du Sport, 1, février, p. 175.
·  Hashar-Noé, N. (1995). Contribution à l’analyse socio-historique des politiques sportives municipales : émergence, transformations et différenciation. Le cas du Val d’Yerres en région parisienne (1965-1995). Thèse de l’Université de Paris Sud Orsay, janvier.
·  Honta, M. (2001). Les territoires de l’excellence sportive : de l’application des normes centrales aux ajustements entre acteurs. Politique et Management Public, vol. 19, 4, décembre, p. 65 à 91.
·  Honta, M. (2002). Les territoires de l’excellence sportive. Bordeaux : PUB.
·  Lachaume, J.F. (1998). Jurisprudence. Revue économique et juridique du sport, 47, p. 49-53.
·  La Lettre de l’Economie du Sport. (2002). Enquête CNFPT : politiques sportives des villes de plus de 3 000 habitants, 640, mercredi 4 décembre, p. 2.
·  Leblanc, M. (2001). Le sport scolaire dans le premier et dans le second degré. Rapport au Ministre de l’Education Nationale après la consultation sur le sport scolaire, n° 2001-020, mai.
·  Le Goff, T. (2002). Les contrats locaux de sécurité à l’épreuve du terrain : réflexion sur l’action publique locale en matière de sécurité. Politiques et Management Public, vol 20, 1er mars, p. 105-119.
·  Lorrain, D. (1991). De l’administration républicaine au gouvernement urbain. Sociologie du travail, 4.
·  Les communes et le sport. (1998). Dictionnaire permanent droit du sport. 20 juin 1998, bulletin 20, p. 9315.
·  Meunier, C. et Vollet, D. (2002). Stratégies d’acteurs et efficacité des politiques publiques territoriales. Le cas des Contrats territoriaux d’exploitation (CTE) dans la région Auvergne. Sciences de la Société, 57, Presses Universitaires du Mirail, p. 115-145.
·  Montané, M.A. (2001). Responsabilité et complexité territoriale : la responsabilisation des élus politiques se heurte à l’état actuel des découpages électoraux et institutionnels locaux. Politiques et management public, vol. 19, 4, décembre, p. 25-44.
·  Mounet, J-P, Chifflet, P. (1993). La réalisation d’un stade nautique intercommunal. Politiques sportives et stratégies fédérales. STAPS, 32, octobre, p. 87-102.
·  Muller, P. et Surel, Y. (1998). L’analyse des politiques publiques. Paris : Montchrestien.
·  Papadopoulos, Y. (2001). Transformation du style de l’action publique et responsabilité collective. Politiques et Management Public, vol. 19, 1, mars, p. 165-183.
·  Sport dans la Cité. (2001). L’EPS minimisée au concours de recrutement des professeurs des écoles, 166, p. 38.
·  Walter, E. (2000). D’un monde associatif sportif à l’autre… Bénévolats et perceptions de la politique sportive municipale strasbourgeoise. Regards sociologiques, Sur le sport, 20, p. 157.
 
NOTES
 
[1] L’auteur remercie les deux experts, Jean-Charles Basson et Jean-Paul Callède pour leurs remarques et suggestions. Marina. Honta@ u-bordeaux2. fr
[2] La création de cette association découle de la dissolution de l’Office Municipal des Sports. Cette nouvelle structure, de consultation et de concertation, rassemble aussi les associations culturelles de la commune en plus des clubs sportifs.
[3] Voir l’article 14 de la loi du 22 juillet 1983 relative à la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales et entre celles-ci et la circulaire n° 930-3 du 9 mars 1992 relative à la mise en œuvre du transfert de compétences en matière d’enseignement.
[4] Ces 23 entretiens se décomposent de la façon suivante : 12 présidents de clubs et 11 dirigeants du Sport Athlétique Mérignacais (le président du club ominisports et 10 présidents de section). Le club omnisports rassemble 27 sections au total et 6 000 licenciés, ce qui en fait l’association la plus importante de la région Aquitaine. Cette association bénéficie en outre d’une forte notoriété.
[5] La ville de Mérignac est, depuis de nombreux mandats, ce qu’il est permis de nommer « un fief socialiste ». Par ailleurs, le cas de la commune est significatif du fait que les mandats associatifs sportifs peuvent constituer un tremplin vers une fonction politique. Les deux derniers adjoints aux sports occupaient avant leur nomination, des fonctions au sein du comité directeur du SAM omnisports. A ce titre, lors des dernières élections municipales, le président du SAM omnisports est devenu le nouvel adjoint aux sports alors que le précédent a été quant à lui élu président de l’association Mérignac Cité. Le cas de Mérignac est illustratif de ce que J.P. Gaudin appelle des « itinéraires mixtes », ces acteurs individualisant les réseaux de négociation entre système sportif et système politique.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
L’auteur remercie les deux experts, Jean-Charles Basson et ...
[suite] Suite de la note...
[2]
La création de cette association découle de la dissolution ...
[suite] Suite de la note...
[3]
Voir l’article 14 de la loi du 22 juillet 1983 relative...
[suite] Suite de la note...
[4]
Ces 23 entretiens se décomposent de la façon suivante : 12 ...
[suite] Suite de la note...
[5]
La ville de Mérignac est, depuis de nombreux mandats, ce qu...
[suite] Suite de la note...