2004
STAPS
Rapport de recherche
Les conditions sociales d’émergence du volley-ball professionnel.
De l’espace national au club local (1970-1987)
Sébastien Stumpp
[*]
William Gasparini
[*]
Centre de Recherche et d’Etudes en Sciences Sociales (EA
1334) et Equipe d’Accueil en Sciences du Sport (EA 1342)
Université Marc Bloch de Strasbourg - 14 rue René Descartes,
67084 Strasbourg
A travers l’exemple d’un club de volley-ball alsacien de
haut-niveau, l’article présente l’émergence, dans les années 1980, de l’«
amateurisme marron », première étape du processus de professionnalisation des
sports collectifs. Cette monographie permet de repérer, d’une part, les
transformations du volley-ball de haut niveau français et leurs influences sur
un club local et, d’autre part, la correspondance entre les rapports à la
professionnalisation, les cultures associatives et les systèmes de valeurs des
dirigeants. Il s’agit alors d’analyser les conditions sociales, mentales et
économiques qui, progressivement, ont permis à des joueurs d’être rémunérés
dans un espace sportif associatif doté de principes de structuration propres.
Envisagé dans sa diachronie, le rapport local à la professionnalisation d’un
sport amateur (le volley-ball) fait apparaître dans l’exemple d’un club
mulhousien (l’Union Sportive
Mulhousienne), le glissement d’une homogénéité associative fondée
sur des valeurs de solidarité vers une segmentation en deux sous-cultures qui
s’opposent progressivement. Au-delà de la seule question économique de la
professionnalisation du volley-ball, ces conflits traduisent aussi des
divergences tant idéologiques que sociales et des enjeux spécifiques au monde
sportif associatif.
Mots-clés :
Volley-ball, Professionnalisation, Club, Cultures associatives, Espace.
Through the case of a volley-ball club in Alsace, the article
puts the advent in 1980s of “crooked amateurism”, first stage of
professionalization progress in team sports. This monograph contribute to
identify, on the one hand, the transformations which appear in the cream of
french volley-ball and their effect on a local club, and on the other hand, the
correpondence between professionalization relations, associative culture and
leaders values. The analysis deals with the social and économic conditions
which allowed the volley-ball players to be remunerated. Through the diachrony,
the professionalization of a local club in Mulhouse (the
Union Sportive Mulhousienne) shows the
transition from an associative homogeneousness (with solidarity values) to a
separation between two subcultures which are opposed. Beyond the only economic
question, these conflicts interpret the different ideological and social
opinions, and the existence of a space (the sport associative supply) where the
stakes are enclosed.
Keywords :
Volley-ball, Professionalization, Club, Associative cultures, Space.
Am Beispiel eines elsässischen Volleyballvereins von hohem Niveau
präsentiert der vorliegende Artikel das Auftauchen des “Pseudoamateurismus” in
den 80er Jahren als erste Etappe der Professionalisierung der
Mannschaftssportarten. Diese Monographie erlaubt es, einerseits die
Transformationen im französischen Hochleistungsvolleyball und ihre Einflüsse
auf den lokalen Verein und andererseits den Zusammenhang zwischen den Haltungen
gegenüber der Professionalisierung, den Vereinskulturen und den Wertesystemen
der Funktionäre aufzuzeigen. Es geht also darum, die sozialen, mentalen und
ökonomischen Bedingungen zu analysieren, die es nach und nach erlaubten, dass
die Spieler in einem vereinssportlichen Raum bezahlt werden, der eigenen
Prinzipien der Strukturierung unterworfen ist. Unter diachronischem Aspekt
zeigt die lokale Haltung zur Professionalisierung eines Amateursports
(Volleyball) am Beispiel eines Vereins in Mühlhausen (l’Union Sportive
Mulhousienne) das Abgleiten einer Vereinshomogenität, die auf Werten der
Solidarität gründet, hin zu einer Segmentierung in 2 Subkulturen, die sich
zunehmend widersprechen. Diese Konflikte gehen über den reinen ökonomischen
Aspekt der Professionalisierung des Volleyballs hinaus und reflektieren sowohl
ideologische als auch soziale Divergenzen und spezifische Probleme und
Machtkämpfe in der Welt des Vereinssports.
Schlagwörter :
Volleyball, Professionalisierung, Verein, Vereinskulturen, Raum.
Attraverso l’esempio di un club di volleyball alsaziano di alto
livello, l’articolo presenta l’emergenza, negli anni 1980, dell’ “amatorismo
marrone”, prima tappa del processo di professionalizzazione degli sport
collettivi. Questa monografia permette di reperire, da una parte, le
trasformazioni del volleyball di alto livello francese e le loro influenze su
un club locale e, dall’altra, la corrispondenza tra i rapporti con la
professionalizzazione, le culture associative ed i sistemi di valore dei
dirigenti. Si tratta, allora, di analizzare le condizioni sociali, mentali ed
economiche che, progressivamente, hanno permesso ai giocatori di essere
remunerati in uno spazio sportivo associativo dotato di principi di
strutturazione propri.
Esaminato nella sua diacronia, il rapporto locale con la
professionalizzazione di uno sport amatoriale (il volleyball) fa apparire
nell’esempio di un club mulhousiano (l’Union
Sportive Mulhousienne), lo spostamento di una omogeneità associativa
fondata su valori di solidarietà verso una segmentazione in due sottoculture
che si oppongono progressivamente. Al di là della sola questione economica
della professionalizzazione del volleyball, questi conflitti traducono anche
delle divergenze tanto ideologiche quanto sociali e delle poste in gioco
specifiche al mondo sportivo associativo.
Parole chiave :
club, culture associative, professionalizzazione, spazio, volleyball..
A través del ejemplo de un club de volley-ball de alto nivel de
la región de Alsace, el artículo presenta la emergencia, en los años 1980, del
“amateurismo marrón”, primera etapa del proceso de profesionalización de
deportes colectivos. Esta monografía permite detectar, por una parte las
transformaciones del volley-ball de alto nivel francés y sus influencias en un
club local y, por otra parte, la correlación entre las relaciones con la
profesionalización, las culturas asociativas y los sistemas de valores de los
dirigentes. Dice relación con el análisis de las condiciones sociales, mentales
y económicas que progresivamente han permitido a los jugadores ser remunerados
dentro de un espacio deportivo asociativo, dotado con principios de una
estructuración propios. Desde el punto de vista de su diacronía, la relación
local con la profesionalización de un deporte amateur (el volley-ball) muestra
en el ejemplo de un club de la ciudad de Mulhouse, región de Alsace (Unión
Deportiva Mulhousienne), el desplazamiento de una homogeneidad asociativa
fundada sobre los valores de solidaridad, hacia una segmentación en dos
sub-culturas que se oponen de manera progresiva. Más allá de la cuestión
económica de la profesionalización del volley-ball, esos conflictos traducen
también las divergencias tanto ideológicas como sociales y los intereses
específicos del mundo deportivo asociativo.
Palabras claves :
volley-ball, profesionalización, club, culturas asociativas, espacio..
Notre étude porte sur l’avènement, au début des années 1980, de
la professionnalisation d’un club de volley-ball alsacien de haut-niveau. A
cette époque se mettent progressivement en place dans cette structure des
pratiques de rémunération de joueurs et de gestion entrepreneuriale en vue
d’optimiser les performances de l’équipe fanion. Or, comme chaque fois qu’un
espace sportif se structure en espace professionnel, la définition des moyens
légitimes pour gérer la pratique sportive d’excellence fait l’objet d’âpres
luttes symboliques (Faure & Suaud, 1994). Au-delà de la seule question
économique de la professionnalisation, ces conflits traduisent aussi des
divergences (tant idéologiques que sociales) ainsi que des enjeux spécifiques
au monde sportif associatif.
L’intérêt d’analyser le volley-ball tient à la place singulière
qu’il occupe au sein de l’espace des sports collectifs. Figure emblématique du
sport collectif amateur « pur » et désintéressé jusqu’au début des années 1980,
il est encore, à l’heure actuelle, une pratique en cours de structuration
professionnelle
[1] et
tente, tant bien que mal, de calquer son organisation sur celles du football ou
du basket-ball (renforcement de la formation des joueurs, meilleure
organisation du staff des équipes professionnelles, communication accrue,
boutiques de produits dérivés, aménagement d’espaces de presse à l’occasion des
matchs, engagement de chargés de communication). Sa position singulière au sein
de l’espace des sports collectifs professionnels français tient à un passé en
partie lié à un «
ethos amateur »
(Dunning & Sheard, 1989, 93). Il est à noter que cette identité amateur ne
relève pas de l’essence du sport, mais bien d’une stratégie de certaines
fractions sociales occupant les postes de dirigeant dans les clubs au moment
même où les sports collectifs se professionnalisent en France. C’est la raison
pour laquelle l’analyse du processus de professionnalisation du volley-ball
français sera conduite à travers l’étude monographique des transformations et
des débats qui ont eu lieu à cette occasion, dans un club de volley-ball de
haut niveau, l’Union Sportive Mulhousienne (USM), choisi en fonction de son
histoire institutionnelle singulière. L’objectif de l’analyse est double :
d’une part, repérer les transformations du volley-ball de haut niveau français
et leurs influences sur un club local et, d’autre part, la correspondance entre
les rapports à la professionnalisation, les cultures associatives et les
systèmes de valeurs des dirigeants.
Le foisonnement actuel des recherches menées par les
sociologues, les historiens, les économistes et les juristes du sport sur le
thème de la professionnalisation
[2] témoigne de l’intérêt grandissant pour un sujet dans
l’air du temps (Loirand, 2002)
[3]. En s’attachant à saisir les transformations d’un
club de volley-ball sous l’effet conjoint d’une histoire associative locale
singulière, des représentations sociales de ses acteurs et d’une conjoncture,
l’article vise à dépasser deux modèles sociologiques traditionnellement
utilisés pour analyser les processus de professionnalisation des clubs de
sports collectifs. D’une part l’analyse structurelle des organisations en
termes de théorie de la contingence (Mintzberg, 1982) selon laquelle les
stratégies des associations sportives et de leurs dirigeants, confrontées aux
transformations économiques, politiques et socioculturelles, seraient en
quelque sorte « dictées » par l’environnement. D’autre part, l’analyse des
transformations internes des organisations sportives qui s’envisage en termes
de jeux d’acteurs aux rationalités et identités multiples (modifiables en
fonction du contexte ou de la situation) et agissant selon des opportunités
(Amblard, Bernoux, Herreros & Livian, 1996 ; Crozier & Friedberg, 1977
; Friedberg, 1993). Selon cette deuxième optique, face à l’évolution
professionnelle du volley-ball de haut niveau, les dirigeants de club auraient
des stratégies multiples répondant aux relations de pouvoir internes, aux
opportunités et à l’environnement local. Nous postulons qu’il existe au
contraire une forme de stabilité dans les stratégies des dirigeants sportifs
lorsqu’ils sont confrontés à des changements externes. Même si elle autorise
des ajustements, cette permanence dans certains choix renvoie à une «
disposition stratégique », sorte «
d’art de voir
dans la configuration présente de la situation l’avenir « apprésenté » et
l’aptitude à devancer l’avenir par une sorte d’induction pratique »
(Bourdieu, 1974, 37). Cette disposition est en partie liée à l’histoire et à
l’identité sociales des responsables bénévoles mais aussi à leur familiarité
avec leur organisation associative (Gasparini, 1993).
L’étude de la mutation d’un club de volley-ball vers une forme
de professionnalisme est, à ce titre, un exemple riche de significations. En
analysant le passage d’une culture « associative » à une culture « managériale
», elle permet finalement de repérer en quoi le champ des prises de position
dans les associations sportives est inséparable du champ des positions sociales
des membres de ces organisations (Bourdieu & Christin, 1990). Elle montre
enfin que l’histoire d’un club est présente, à chaque moment, sous une forme
matérialisée (dans des structures de gestion), et sous une forme incorporée
(dans les dispositions et valeurs des agents qui décident de ses orientations)
(Gasparini, 1996).
2. Les conditions sociales de la professionnalisation des sports
amateurs
« Processus historique à travers
lequel un groupe professionnel se fait reconnaître comme profession
» (Dubar & Tripier, 1996, 90), la professionnalisation est marquée par le
caractère évolutif des interactions entre individus, institutions et société
(statuts des sportifs et des organisations professionnelles ; réglementation
fédérale ; degré de spécialisation des individus ; compétences en termes de
planification et de rationalisation de l’organisation sportive…). Dans le cadre
des sports collectifs, une constante se dégage (Bayle, 2000a) : la
professionnalisation évolue depuis la mise en place d’un professionnalisme
officieux vers une organisation du marché visant à normaliser la pratique
sportive en vue d’en tirer des profits. Emmanuel Bayle (2000a) segmente ce
processus dans les sports collectifs en quatre étapes. Tout d’abord, avec
l’émergence d’un professionnalisme officieux, les sportifs perçoivent des
sommes d’argent en dehors de tout cadre légalement établi par les instances
fédérales et juridiques (étape 1). Suit
une reconnaissance officielle du professionnalisme par ces mêmes instances en
vue de réguler le développement des échanges économiques dans les activités
concernées (étape 2). Puis, une réflexion
commune se dessine autour de la forme que doit prendre le championnat
professionnel et des moyens à mettre en œuvre pour attester d’un déroulement
efficace des compétitions (étape 3).
Enfin, la Ligue Nationale centralise l’ensemble des pouvoirs de régulation
économiques et sportifs en vue d’optimiser la gestion des championnats
(étape 4).
De cette linéarité conceptuelle se dégagent cependant des
spécificités. En effet, à partir du moment où chaque sport collectif s’inscrit
dans une histoire propre liée à des enjeux spécifiques, le processus de
professionnalisation présente des différences selon l’activité considérée et
chaque étape intervient à son rythme propre.
Dans notre étude, nous analyserons la première étape du
processus de professionnalisation du volley-ball amateur de haut-niveau. Au
cours de cette période, une forme particulière de rapports marchands émerge
dans cet espace : c’est l’avènement de l’« amateurisme marron ». Cette forme
inavouée de professionnalisme se caractérise par le versement aux sportifs
experts de sommes d’argent hors de tout contrôle juridique et institutionnel.
Accroissant fortement l’activité économique associative préexistante,
l’incursion de ces rapports marchands s’accompagne inévitablement de
restructurations internes au sein des clubs de volley-ball (fonctionnement
rationalisé, pratiques managériales…) interrogeant le statut et les compétences
des dirigeants. Elle entraîne également des résistances qui mettent en lumière
les rapports différenciés des acteurs sportifs à la transformation du
volley-ball. Par professionnalisation, on se réfère donc aux conditions
sociales, mentales et économiques qui, progressivement, ont donné à des joueurs
la possibilité d’être rémunérés dans un espace sportif associatif doté de
principes de structuration propres. Ainsi, le passage de l’amateurisme au
professionnalisme en volley-ball ne s’est jamais fait sans que des oppositions
surgissent au sein des clubs. Cette réalité remet évidemment en question le
concept d’objectif commun du club sportif ou encore celui de transition vers le
professionnalisme partagée par ses membres qui privilégient l’aspect consensuel
au détriment de l’aspect conflictuel des relations (Gasparini, 2000).
Notre approche, à dimension socio-historique, se construit
autour d’une double perspective d’analyse : dans un premier temps, il s’agit de
prendre en compte l’environnement dans lequel le volley-ball est plongé à cette
période et qui donne sens aux débats internes qui ont lieu au sein du club
local. Puis, dans un deuxième temps, l’analyse portera d’une part sur le
contexte local dans lequel émerge « l’amateurisme marron » et, d’autre part,
sur la mise en correspondance du rapport au processus de professionnalisation
des dirigeants avec leur culture associative et leur position (tant
institutionnelle que sociale).
3. L’avènement de la professionnalisation dans le volley-ball
français de haut-niveau
[4]
3.1. Un amateurisme « marron »
L’introduction régulière d’actes de rémunération de joueurs
s’effectue à partir de la fin des années 1970. Des pratiques de ce type
existent cependant dès les années 1960, mais celles-ci restent anecdotiques et
sont étroitement surveillées par la Fédération Française de Volley-Ball (FFVB)
(Congrès FFVB, 1967). En effet, « conscients des
dangers et des abus » (Congrès FFVB, 1974), les dirigeants fédéraux
se prémunissent des risques de « corruption de
l’esprit sportif » connus dans d’autres sports collectifs :
limitation à un étranger par équipe, avec l’obligation de rester deux années
dans le club d’accueil ; recrutement d’au plus deux joueurs « mutés » par
équipe pour éviter la formation de « clubs de
mercenaires » (Congrès FFVB, 1970) ; intégration au règlement
fédéral d’un article concernant les règles de l’amateurisme. Seule la FFVB
s’autorise à verser des indemnités aux joueurs sélectionnés en équipe
nationale, en compensation du manque à gagner entraîné par leurs participations
à des stages ou à des rencontres internationales (Congrès FFVB, 1971).
Tableau 1 :
Méthodologie
Chaque contexte d’étude fait l’objet d’un traitement
particulier.
Dans un premier temps, l’analyse des conditions d’émergence
de la professionnalisation du volley-ball en France s’effectue sur la base des
données recueillies dans la revue Volley-Ball, dans les Procès Verbaux des Congrès
de la Fédération Française de Volley-Ball entre 1967 et 1979 (documents
archivés par la Ligue d’Alsace de Volley-Ball) et dans des plaquettes diffusées
par un club alsacien de haut-niveau. Ces données sont complétées par des
entretiens réalisés avec des dirigeants et des joueurs alsaciens (n=5) ayant
côtoyé le haut-niveau français au cours des années 1970 et 1980.
Dans un second temps, la monographie du club fait appel à des
données empiriques issues d’entretiens réalisés au courant de l’année 2000
(n=15 ; durées de 1 h 30 à 3 heures ; enregistrements par dictaphone), et de la
consultation de fonds d’archives associatifs (compte-rendus des réunions et des
assemblées générales, plaquettes), de la presse locale (L’Alsace) et d’un corpus d’histoire locale
(alsatiques, ouvrages traitant du sport mulhousien). La constitution de
catégories s’est réalisée à partir d’indicateurs objectifs (âge, sexe, capital
économique et culturel, catégorie socio-professionnelle, position hiérarchique
dans le club, passé sportif et associatif…) et subjectifs (rapport au monde
associatif et à l’arrivée de l’« amateurisme marron », conception de l’éthique
associative…). A partir d’une population mère constituée d’une part des acteurs
internes au club (dirigeants de l’équipe première, dirigeants du club, élus au
Comité Directeur, joueurs de l’équipe fanion et joueurs des équipes restantes)
et d’autre part des acteurs externes mais ayant un intérêt dans le « jeu »
(journalistes locaux, responsables fédéraux régionaux, responsables
municipaux), nous avons constitué un échantillon représentatif de la population
impliquée dans le processus de professionnalisation du club.
Les caractéristiques du club (nombre de licenciés, budgets…),
parce qu’elles sont évolutives (le club de l’USM fusionne, en 1983, avec une
autre structure mulhousienne de haut-niveau), seront spécifiées au cours de
l’analyse.
Malgré une unanimité de façade, la position officielle de la
FFVB reste ambiguë et traduit l’ambivalence des propos des dirigeants. Tout en
affirmant dans ses textes sa sévérité vis-à-vis des clubs susceptibles de
rémunérer des joueurs, l’institution ferme les yeux lorsque certains d’entre
eux s’attachent les services de joueurs étrangers ou français. Les responsables
fédéraux disent alors ne pas vouloir freiner la possibilité donnée à certains
clubs de « tirer les bénéfices sportifs et
économiques de l’achat de joueurs étrangers » (Congrès FFVB, 1978)
mais affirment parallèlement la nécessité de protéger «
les autres clubs qui manquent de moyens pour
s’attacher leurs services ». Cette situation se retrouve, de manière
similaire, dans d’autres activités collectives (nous pensons notamment ici au
cas du basket-ball [Robert, 1999]).
La fin des années 1970 et le début des années 1980 marquent
une évolution importante. Certains dirigeants de clubs décident de systématiser
le recrutement de joueurs d’excellence et de réorganiser le fonctionnement de
leurs structures (rationalisation des techniques de préparation, d’entraînement
et de suivi des équipes [Fournier, 2000]) pour favoriser le développement
économique et sportif de l’activité. Dans ce contexte, l’« amateurisme marron »
devient le fait de la grande majorité des clubs de l’élite française. Didier
Baronnet, capitaine de l’équipe nationale de 1976 à 1979, note que «
l’argent, précurseur d’un vrai professionnalisme
(…) commence à apparaître dans les clubs » (Revue
Volley-Ball n° 428, octobre 1996, 47).
Cela se traduit par l’arrivée «
d’étrangers et de
salaires déguisés » (Revue
Volley-Ball n° 449, février-mars 2000, 29), la
hausse du nombre de mutations et l’accroissement des budgets des clubs de
l’élite française
[5].
Progressivement, les trésoreries des clubs, alimentées par
les cotisations des adhérents, les billetteries, les subventions publiques
(municipalité, Conseil général…) et privées (sponsors), sont utilisées
prioritairement pour s’attacher les services de joueurs et faire fonctionner la
section de haut niveau. Les joueurs possèdent pour certains d’entre eux des
avantages matériels. Ils passent par ailleurs des accords écrits avec les
dirigeants des clubs pour définir leurs obligations respectives et fixer le
montant de « compensations financières », versées en sus de leurs revenus «
légaux », et variables selon le niveau de jeu et la notoriété du joueur.
Celles-ci permettent d’attirer des sportifs, français ou étrangers, souhaitant
tirer profit de leurs compétences sportives. L’Association Sportive Banque de
France de Mulhouse (ASBF) est, à ce titre, exemplaire. En engageant un joueur
polonais de niveau international dès 1982, le club alsacien est tenu de «
subvenir au logement et à la nourriture du joueur
en France et [de] lui trouver du
travail » (Plaquette de l’ASBF, 1983) ainsi que de lui mettre une
voiture à disposition. Le joueur touche environ 10 000 francs par mois entre
son travail et ses compensations financières, somme à laquelle il faut ajouter
un coût de 5 000 francs à la charge du club pour la prise en charge des
avantages matériels (Entretien avec J.J Z., entraîneur de l’ASBF puis de l’USM
de 1978 à 1988). Les volleyeurs des pays de l’est sont alors extrêmement prisés
parce que leurs prétentions financières se situent bien en deçà de celles des
joueurs français de niveau équivalent (Entretien avec Y.K, membre du Comité
Directeur de l’USM de 1977 à 1987). Mais les contrats signés n’ont aucune
valeur juridique : « Les clubs ne payaient pas
les charges patronales car ils n’étaient pas encore officiellement les
employeurs des joueurs. On mettait par écrit, et cela définissait davantage les
obligations des uns et des autres (…) Personne n’est allé jusqu’au tribunal
pour savoir quelle était la valeur juridique de ce genre de papiers…
» (J.-J. Z., op. cit.). Les joueurs
conservent donc officiellement le statut d’amateur et les clubs restent régis
par la loi sur les associations de 1901 (ou par le régime de droit local de
1908 en Alsace-Moselle).
Or, la volonté affichée par certains de professionnaliser le
volley-ball ne permet pas de compenser le faible attrait qu’il suscite, aussi
bien de la part des spectateurs que des partenaires socio-économiques.
Constatant le déséquilibre de leurs trésoreries, les clubs se tournent alors
vers les instances municipales pour solliciter des aides supplémentaires. A la
fin des années 1980, les recettes publiques représenteront encore plus de 70 %
des budgets des clubs de volley-ball de haut-niveau (Bourg & Nys, 1999 ;
Gerschel, 1994), marquant ainsi leur forte dépendance vis-à-vis des
collectivités territoriales. L’avènement de la professionnalisation dans le
volley-ball français de haut-niveau n’est cependant qu’une retraduction du
processus plus général d’économisation qui touche l’ensemble des sports à
partir de la fin des années 1970. Loin d’être un espace totalement autonome, le
volley-ball entretient des relations étroites avec les autres espaces sportifs
mais aussi avec la société en général. Dans un contexte de marchandisation de
la société, les fédérations et associations sportives sont de plus en plus
touchées par le « mythe de l’entreprise » (Le Goff, 1992). Toutes les
organisations sportives non marchandes ne succombent pas au modèle
entrepreneurial car cette nouvelle conjoncture entraîne des effets différents
selon les disciplines sportives, l’histoire des clubs et leur implantation
locale ainsi que le rapport des dirigeants aux valeurs associatives (Gasparini,
1993, 82). Le volley-ball constitue à ce titre une matière de choix pour
l’étude de l’effet de cette nouvelle conjoncture sur l’évolution d’un club vers
une forme de professionnalisme.
3.2. L’espace des prises de position et des oppositions
sociales
L’avènement de nouveaux principes économiques et
gestionnaires au sein des clubs de l’élite participe, au niveau fédéral, de
prises de positions plus ou moins tranchées sur le sujet.
Au-delà des seuls discours consensuels relayés par la revue
officielle Volley-ball, l’analyse des
procès verbaux des congrès de la FFVB indique que les assemblées générales sont
le théâtre de débats éthiques prouvant que la professionnalisation ne fait pas
l’unanimité dans l’espace du volley-ball fédéral français. Le spectre des avis
dessine une carte des positions différentielles, et parfois antagonistes, dont
les occupants vont s’organiser en camps. Les prises de position tendent en
effet à se distribuer entre deux pôles : d’un côté, les farouches opposants ;
de l’autre, les partisans de la professionnalisation. Or, un grand nombre de
dirigeants possède aussi, dans un sens ou un autre, un avis plus nuancé.
Dépassant l’unique question du bien fondé de l’introduction de pratiques de
rémunérations, ceux-ci s’interrogent surtout sur l’opérationnalisation des
pratiques professionnelles au sein des clubs et leurs conséquences sur le
contrôle des destinées du volley-ball français de haut-niveau.
Les « réticents » insistent ainsi sur le fait qu’«
il ne faut pas laisser le champ libre soit à ceux
qui ont beaucoup de temps, soit beaucoup d’argent, soit à ceux qui sont payés
pour cela, pour gérer le sport » (Congrès FFVB, 1979). Les
possibilités de ressources doivent être exploitées sans pour autant que la
pratique ne se « prostitue » ou ne se
transforme en « démonstrations de
cirque », de même qu’il faut éviter que les joueurs ne deviennent
des « hommes-sandwichs ». Se
retranscrit ici la peur d’une « dépossession par
les professionnels du travail des bénévoles » déjà analysée dans
certaines pratiques associatives (Bromberger, 1995, 185). D’autres dirigeants
accueillent au contraire la professionnalisation avec un certain optimisme
arguant qu’« il est temps pour le volley-ball
d’entrer dans une logique de gestion moderniste à l’instar d’autres sports
comme le football » (Congrès FFVB, 1979) et de favoriser le
développement du « produit-volley
».
Derrière ces oppositions visant le pouvoir de décider des
orientations du volley-ball fédéral, se jouent en réalité des oppositions
éthiques et sociales entre des groupes aux propriétés sociales différenciées.
Si les défenseurs d’un ethos amateur du volley-ball ont en commun d’avoir une
certaine ancienneté dans leur fonction fédérale, d’être dépourvus de titres
sportifs élevés et d’appartenir plutôt au monde des commerçants, des
professions libérales et de la notabilité locale, les agents situés au pôle
opposé (défenseurs d’une professionnalisation rapide, à l’image du football)
partagent, outre un passé de volleyeur de bon niveau, une position sociale dans
le secteur public ou dans le secteur privé liée à la possession d’un diplôme
relativement élevé (notamment des enseignants). Issus de l’analyse de contenu
de la revue Volley-ball et d’observations participantes, ces quelques constats
indiquent que les stratégies déployées au sein des instances fédérales pour
défendre des points de vue sont aussi des stratégies « identitaires »
(Bourdieu, 1980). Loin de constituer une « famille » (« la grande famille du
volley-ball » par laquelle l’institution se pense et impose la vision qu’elle
veut donner d’elle-même), les débats internes à l’occasion des congrès fédéraux
soulignent bien que la FFVB est traversée à cette époque de « crises » et
conflits symboliques dont l’objet est la professionnalisation des équipes
d’excellence. Ces débats au sein des instances dirigeantes du volley-ball
français (à commencer par ceux qui touchent aux statuts des joueurs) attestent
que l’institution ne parvient plus à imposer un mode unique de gestion de la
pratique d’excellence, « cela pour des raisons
culturelles dans la gestion des rapports traditions/modernité, nouvelles
cultures sportives/culture sportive ancienne, lucratif/non lucratif
» (Bayle, 2000b, 71). Or, ces tensions croissantes divisent non seulement les
élus fédéraux et les clubs entre eux, mais aussi les dirigeants et membres à
l’intérieur d’un même club.
Comment ce processus observé à l’échelle nationale se
traduit-il à l’échelle locale ? Quelles sont les positions des acteurs sportifs
investis dans la gestion des clubs de volley-ball ?
L’étude monographique d’une organisation locale peut nous
permettre de mieux comprendre comment se décline et se retraduit cette nouvelle
conjoncture car les « politiques de club » résultent bien «
d’un ensemble de choix socialement et
économiquement interdépendants, pris en fonction de particularités
locales […] et de la position du club
dans l’espace national [de pratique professionnelle] » (Faure &
Suaud, 1994, 7). Une analyse diachronique du processus d’implantation et de
diffusion de la professionnalisation au niveau local permet dès lors de «
relever les conditions favorisant ou contrariant
un processus de professionnalisation » (Defrance, 1999, 135) et les
modalités de passage d’une culture associative à une autre. Elle dégage «
les enjeux des controverses, et le système des
prises de position et des intérêts liés aux positions dans ces
débats » et « la rhétorique qui
accompagne l’affirmation de chaque position, que l’on ne saisit qu’à travers
elle ».
4. Les transformations internes de l'union sportive mulhousienne:
d'une « culture montagnarde » à une « culture managériale »
4.1. Un passé associatif modelé par la « culture montagnarde
»
L’USM est, à ses origines (1921), une société sportive
comprenant deux sections : l’une de natation, l’autre de ski et de tourisme
(Bulletins mensuels de l’USM, 1923). La seconde section s’intègre au mouvement
associatif montagnard né à la fin du xixe siècle en Alsace et qui se développe
au sortir de la première guerre mondiale. Largement imprégné du cadre
idéologique et organisationnel propre à l’espace associatif alsacien (Wahl et
Richez, 1993), ce mouvement se distingue par la singularité des mentalités, des
discours et des pratiques de ses adhérents (Richez, 1994). A travers la
montagne (les Vosges), ceux-ci trouvent un espace favorable au développement
d’un style de vie singulier (randonnées en été, ski en hiver, fêtes au chalet…)
et un lieu propice à l’affirmation de certaines sensibilités (culte de
l’effort, critique des méfaits de l’industrialisation et de la modernité,
attirance quasi mystique pour la nature, convivialité…) (Stumpp, 2002).
L’organisation d’un championnat de volley-ball de montagne en compagnie
d’autres sociétés de ski et de tourisme dans les années 1960 s’inscrit
pleinement dans cette démarche de promotion de valeurs et de pratiques
caractéristiques du mouvement montagnard : rencontrer d’autres équipes «
dans une ambiance de bonne camaraderie
» (Plaquette de l’USM, 1978). Les raisons de son interruption en 1968 (la
présence de joueurs issus des compétitions fédérales se rendant sur les lieux
de matchs en voiture au lieu de gravir à pieds les pentes vosgiennes [Stumpp,
2001]) témoignent également du souci de ce mouvement de préserver une certaine
conception de la « culture montagnarde ».
4.2. La section volley-ball de l’USM : l’héritage du club de montagne
(1970-1983)
En 1970, la volonté de certains membres d’avoir une pratique
compétitive incite le club à créer une section de volley-ball intégrant le
championnat fédéral. Celle-ci fonctionne autour d’un groupe de dirigeants
impliqués parallèlement dans la vie du club de montagne, qu’ils ont intégré
dans les années 1960. La majorité d’entre eux pratique régulièrement la marche
dans les Vosges (Entretien avec P.K., membre du Comité Directeur de l’USM de
1970 à 1987) et participe à sa promotion : « ma
plus belle satisfaction est de voir ces familles monter, dimanche après
dimanche prendre un bol d’air, ces jeunes passer leurs week-ends entre amis
loin des contraintes de la vie moderne (…) Quel plaisir de se retrouver entre
copains, en pleine nature, pour un week-end. Quelle école de débrouillardise et
de saines activités pour un jeune » (Plaquette de l’USM, 1978). Ces
dirigeants aspirent à ce que les objectifs associatifs ne se réduisent pas aux
seules rencontres compétitives. Ils encouragent les échanges extra-sportifs
entre membres du club autour de sorties (marches dans les Vosges, journées de
ski), de rencontres festives (repas d’après-match, fête de Noël) ou de travaux
communautaires (réfection du chalet de l’association). Il est ainsi noté qu’«
il faut tout aussi bien savoir jouer au volley
que faire du ski, ou bien manier la pelle et la pioche dans l’intérêt de
tous » (Plaquettes de l’USM, 1978 et 1980). Le slogan «
la joie par le travail » consacre cet
idéal associatif (qui n’est pas sans rappeler une forme de vision chrétienne de
l’engagement social [Weber, 1964]) : « donner le
meilleur de soi-même », « se mettre au
service des autres pour la réussite du club » (Id.). Le chalet du club, situé dans les Vosges,
fait l’objet d’une fréquentation régulière par les dirigeants et certains
licenciés « car il permet de vivre en harmonie
avec la nature, favorise le tourisme en montagne, ainsi que la pratique du ski
de loisir et de compétition » (Plaquette de l’USM, 1978). Cette
infrastructure est également le lieu privilégié de recrutement de dirigeants
pour la section volley-ball : « grâce au chalet
de l’USM, nous avions un réservoir de gens qui s’intéressaient au club et c’est
là que nous avons puisé notre réservoir de bénévoles » (P.K,
op. cit.).
Possédant une connaissance réduite du volley-ball et formés «
sur le tas », les dirigeants s’impliquent dans le fonctionnement des équipes
d’adultes et de jeunes (entraînements, accompagnement). Ils perçoivent des
indemnités uniquement dans le cadre des remboursements des frais occasionnés
par les déplacements qu’ils effectuent au cours de la saison sportive avec
leurs véhicules personnels. Peu expansifs, travailleurs, ces bénévoles sont
généralement issus de la petite bourgeoisie économique (petits patrons,
employés…) et s’attachent au respect de valeurs telles que «
l’effort », «
la solidarité », «
le travail », «
la convivialité » et «
le bénévolat » (J.B., P.K., Y.K.,
M.F., membres du Comité Directeur de l’USM [1970-1987]).
Les adhérents de l’USM construisent ainsi leur sociabilité
sportive autour d’une relative uniformité de normes, de représentations et de
pratiques, aidés en cela par un groupe de dirigeants sensibles à la
transmission des valeurs fondatrices, mais bien entendu idéalisées, de
l’identité du club -ce que Fridenson (1989) nomme un «
phénomène de circulation des idées ».
Les membres évoquent le fait d’appartenir à une « véritable famille » (P.K, J.B,
op. cit.). La taille relativement
modeste de la section favorise grandement cette situation (53 licenciés en 1978
dont 18 séniors, 11 juniors, 11 cadets, 12 minimes, 1 benjamin, ce qui la place
au 20e rang alsacien sur 69 en
termes d’effectifs [Compte-rendu de l’assemblée générale de la Ligue d’Alsace
de Volley-Ball, 1978]). Le lent travail de formation des jeunes adhérents dans
le volley-ball de compétition porte ses fruits puisque la section séniore
masculine gravit progressivement les échelons du championnat et accède en 1983
en Nationale 2.
4.3. La fusion de deux structures : l’espace des prises de position
(1983-1987)
En 1983, le club fusionne, selon les souhaits de la
municipalité, avec un autre club mulhousien de l’élite, l’Association Sportive
Banque de France (ASBF). Il conserve la dénomination d’Union Sportive
Mulhousienne. Le but est de rassembler les forces locales pour permettre au
volley-ball, selon les instances municipales, « de gagner sa place au haut-niveau », et donc de
favoriser « l’image de marque de
Mulhouse » (Lettre adressée par le maire de Mulhouse au président de
l’USM, 1983). Regroupant une centaine de licenciés, le club gère alors un
budget avoisinant le million de francs, dont 900 000 sont consacrés à l’équipe
première (« compensations » financières, frais de déplacements et de
restauration, salaire de l’entraîneur, actions de « promotion » [Assemblée
générale de l’USM, 1984]). Le reste du budget est dévolu au fonctionnement des
autres équipes, notamment l’équipe seconde qui évolue en Nationale 3
(déplacements, indemnités pour les entraîneurs). Les ressources proviennent
essentiellement des subventions municipales (700 000 francs) et sont complétées
par les apports des sponsors, par la billetterie et par des actions diverses
menées par le club (ventes de plaquettes, repas…). Deux catégories d’acteurs
interviennent dans les transformations de l’organisation : d’une part, les
acteurs internes positionnés dans un organigramme avec à sa tête un Comité
Directeur (qui gère l’ensemble des équipes du club) et un « Département Equipe
première » comprenant les postes de responsable « relations publiques », de
directeur sportif, et de chargés de recrutement (compte-rendu de l’assemblée
générale de l’USM, 1983). D’autre part, les acteurs externes (Ligue régionale,
municipalité, presse) qui influencent aussi le fonctionnement des structures du
club dans la perspective d’en tirer des profits (symboliques, sociaux,
politiques ou économiques).
4.3.1. Les acteurs internes : dirigeants et joueurs
L’accès au plus haut niveau incite les acteurs du club à
opérer des changements dans la manière d’appréhender la gestion du club et
notamment le fonctionnement de l’équipe fanion.
Il est dès lors entendu par l’ensemble des dirigeants que
la rémunération des joueurs et l’engagement de volleyeurs étrangers deviennent
des priorités. Selon eux, c’est à ce prix que se joue le maintien sportif du
club et la « spectacularisation » de l’activité. Des désaccords se font jour
pourtant et ont pour origine la gestion de cet « amateurisme marron ». Nous
avons pu repérer au sein de l’USM deux groupes d’individus qui appréhendent
différemment la professionnalisation de leur structure.
• Les dirigeants de l’ancienne structure de l’Union Sportive
Mulhousienne
Ils représentent dans la nouvelle hiérarchie du club, une
fraction minoritaire des dirigeants élus très engagée dans l’encadrement des
équipes du club. Ils sont convaincus ou se laissent convaincre de la nécessité
de rémunérer des joueurs s’investissant pleinement dans la pratique compétitive
à raison d’un entraînement par jour. Cependant, s’inscrivant aussi dans la
logique associative antérieure, ces dirigeants ne veulent pas se transformer en
« démarcheurs » ou en «
commerciaux » (P.K.,
op. cit.). La spécialisation des
postes de direction, « le côté gestion
d’entreprise » ainsi que les contraintes relatives au démarchage de
joueurs étrangers ou français ne les intéressent pas et les «
déroutent » (J.B.,
op. cit.) : «
c’était vraiment le côté négatif, cette gestion
professionnelle et d’entreprise et ce n’était pas vraiment notre tasse de thé
(…) Ce n’était plus le travail d’un dirigeant de club bénévole (…) Parler fric,
découvert, emprunt, ce ne sont pas des choses très intéressantes pour des
bénévoles et des sportifs » (Y.K., op.
cit.). Ces aspects ne correspondent pas à leur «
vision du sport et du fonctionnement
associatif » (Id.). Ils
prônent par ailleurs une certaine modération concernant les investissements
financiers du club en direction de l’équipe première et sont soucieux de faire
fonctionner l’association dans son ensemble : « nous essayions de faire en sorte que le club marche, de
l’équipe 2 jusqu 19;aux benjamins. La partie pro, c’était [ceux de
l’ASBF] qui la géraient. On essayait de contrôler
qu’il n’y ait pas de dépassement de budget mais bon…(…) Il était très difficile
de contrôler quoi que ce soit » (Y.K., op. cit.). Ces dirigeants tentent également de
faire perdurer la dynamique originelle du club aux travers de sorties et de
rassemblements festifs : « il existait toujours
une vie USM : les gens avaient toujours l’habitude de se retrouver au chalet de
l’association dans les Vosges. On aimait ça le chalet ! » (P.K.,
op. cit.).
• Les dirigeants de l’ancienne structure de l’ASBF et
l’entraîneur
Issus d’une structure de haut-niveau ayant déjà connu
l’expérience de l’« amateurisme marron », ces dirigeants occupent, après la
fusion, les postes clés de l’association (président, élus au Comité Directeur,
directeur sportif, responsable « relations publiques », recruteurs). Ils
aspirent à ce que l’équipe fanion accède à l’élite nationale pour faire émerger
une pratique spectaculaire et attrayante au niveau local. Pour y parvenir, ils
cherchent à insuffler une nouvelle configuration organisationnelle (Mintzberg,
1982) (constitution d’un organigramme décisionnel précis qui tranche avec la
relative approximation dans la répartition des tâches du précédent Comité de
l’USM, recherche accrue de partenaires, mise en place d’une organisation
logistique, recrutement de joueurs sportivement cotés et spectaculaires) et
l’image d’un volley-ball moderne. Selon eux, « le
haut-niveau sans le risque n’existe pas » (Propos recueillis par
C.E, quotidien L’Alsace, 14 mai 1987)
car « l’avenir est à ceux qui essayent
», et ce, au risque d’endetter le club. En cela, ils se démarquent de la
conduite associative plus austère et prudente des anciens dirigeants : « [Les
dirigeants de l’ancienne structure de l’USM] défendaient une conception de club de patronage : relations
amicales où l’on vit ensemble, on fait des fêtes, on se retrouve ensemble après
les matchs, on monte dans des refuges… ce qui n’était pas du tout dans notre
culture, en tout cas pas dans la mienne. Ce qui nous intéressait dans le
volley-ball, c’était de réussir sur le terrain, de gravir les échelons dans la
hiérarchie » (F.S., membre du Comité Directeur de l’USM de 1983 à
1988). La tonalité des propos tenus par les dirigeants de l’ASBF, peu avant la
fusion avec l’USM, est révélatrice de leur « état d’esprit » : «
Ambition ? Oui ! Ambition de viser plus haut ;
ambition de ne pas se satisfaire d’un acquis pourtant confortable (…) ;
ambition de donner au volley-ball mulhousien une vraie dimension nationale car
le potentiel joueurs et spectateurs existe (…) Si nous bénéficions d’une aide
conséquente [c’est] aussi pour que des gens passionnés et audacieux aient les
moyens d’oser et d’entreprendre ! Aucune entreprise ne se développe sans
investissement et chaque investissement comporte des risques ; il en est de
même dans le milieu sportif où ne pas progresser veut dire régresser (…) Comme
l’a écrit J-J Rousseau, « pour connaître les hommes, il faut les voir agir
» » (Plaquette de l’ASBF, 1983). Etant majoritaires au Comité
Directeur, les décisions qu’ils prennent concernent principalement l’équipe
première. Les autres domaines ou secteurs de la vie du club ne les intéressent
pas réellement. Issus de la petite bourgeoisie culturelle et économique
diplômée (tous ont fait des études supérieures), ces dirigeants sportifs sont
par ailleurs très au fait des formes modernes d’entrepreneuriat et
d’organisation de la vie sociale, dont ils utilisent la rhétorique pour se
définir, par exemple, comme « un team dynamique,
sérieux, où les compétences de chacun sont utilisées efficacement »
(Plaquette de l’ASBF, 1980). Grands communicants, ils recherchent pour certains
d’entre eux à accumuler des profits par l’intermédiaire du volley-ball. A titre
d’exemple, en collaboration avec un autre dirigeant, l’entraîneur possède une
entreprise de recrutement de joueurs étrangers destinés à alimenter les clubs
français (Plaquette « International Players
Promotion », 1987). De même, le président du club est aussi son
principal sponsor, ce qui lui assure une notoriété locale dans la perspective
de possibles retombées économiques. A une exception près, ce sont tous
d’anciens pratiquants de haut-niveau national voire international.
Les caractéristiques des membres du Comité Directeur de
l’USM après la fusion (1984)
Anciens dirigeants de l’USM Anciens
dirigeants de l’ASBF Profession Fonction(s) Niveau de jeu Divers Profession
Fonction(s) Niveau de jeu Divers Technicien responsable de la publicité dans un
quotidien – membre du Comité Directeur – responsable de l’équipe 2 2e Division
Nationale Membre de la section montagne depuis les années 1960 Directeur
d’école – entraîneur – directeur sportif – chargé du recrutement 2e Division
Nationale – titulaire du BEES 2e degré – entreprise de placement de joueurs
étrangers en France Artisan Membre du Comité Directeur Néant – président de la
section montagne – président de la section volley-ball jusqu’en 1983 Gérant
d’une agence de publicité – responsable « relations publiques » – chargé du
recrutement 1re Division Nationale Sélectionné en équipe de France dans les
années 1960 Entreprise de placement de joueurs étrangers en France Employé de
commerce Vice-président à partir de 1984 Départemental Membre de la section
montagne depuis les années 1960 Cadre Commercial – membre du Comité Directeur –
vice-président jusqu’en 1984 2e Division Nationale Directeur d’une concession
automobile Président Néant Principal sponsor du club Professeur d’EPS Membre du
Comité Directeur 2e Division Nationale Participe ponctuellement au recrutement
de joueurs étrangers
La configuration associative originelle se trouve donc
bouleversée. D’une culture associative homogène, le club se restructure autour
de deux « sous-cultures » distinctes. Ces divergences mettent en relief la
séparation idéologique existant entre deux groupes aux valeurs et aux
aspirations opposées sur la manière de concevoir la professionnalisation,
malgré une quasi-unanimité concernant la question des rémunérations. Les «
propriétés » sportives et sociales semblent expliquer en partie cette
opposition. Si les agents du premier pôle (les dirigeants « historiques » de
l’USM) ont en commun d’être peu dotés en capitaux culturel et sportif et de
défendre une éthique associative traditionnelle, les agents situés au pôle
opposé sont (ou étaient) d’anciens joueurs de bon niveau, relativement bien
dotés en capital scolaire et plutôt favorables au libéralisme tant économique
que sportif.
• Les joueurs
Provenant majoritairement de l’ancienne équipe de l’ASBF,
les joueurs de l’équipe première (trois enseignants, un ingénieur, deux
employés de banque, un technicien supérieur et un expert comptable en 1985)
sont favorables à la mise en place d’un système de rémunérations en échange de
l’accroissement de leur temps d’entraînement. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils
estiment pouvoir se maintenir à un niveau de jeu élevé et monnayer par la suite
leurs compétences sportives (Entretien avec G.P., joueur). Les joueurs des
autres équipes ont des avis plus partagés. Une constante apparaît néanmoins :
ceux qui sont issus de l’ancienne structure de l’USM sont plus enclins à
adhérer aux idées des dirigeants « historiques » du club.
Il est possible de repérer d’autres groupes d’individus
impliqués dans le processus de professionnalisation du club et se greffant sur
l’une ou l’autre tendance en fonction non seulement de leurs valeurs
idéologiques mais aussi des profits qu’ils peuvent tirer de la
professionnalisation.
4.3.2. Les acteurs externes
• Les instances fédérales locales (Ligue d’Alsace de
Volley-Ball [LAVB])
Elles prétendent tirer un bénéfice symbolique
(reconnaissance, « vitrine médiatique
» [G.M., président de la LAVB]) et structurel (augmentation du nombre de
licenciés) de la professionnalisation de l’activité. Loin de faire l’unanimité,
cette vision officielle n’est pas partagée par tous les élus de la LAVB car
certains s’élèvent contre la mise en place de pratiques financières, au nom de
« l’éthique du sport ».
• La presse
A travers son soutien à la professionnalisation du
volley-ball, la presse quotidienne régionale perçoit la rentabilité économique
de l’opération : la professionnalisation d’un sport entraîne un intérêt pour
les médias en général et pour la presse en particulier. Ainsi, le journal
L’Alsace est beaucoup plus lu dans le
Haut-Rhin (et donc à Mulhouse) que dans le Bas-Rhin. L’existence d’un club de
haut niveau ayant une notoriété nationale intéresse évidemment le journaliste
du service des sports qui traite habituellement les activités collectives peu
médiatisées (handball, volley-ball, sports collectifs féminins). L’accès de
l’USM au haut niveau ouvrait ainsi un espace d’expression journalistique
toujours susceptible d’être reconverti en capital de reconnaissance symbolique
(Dargelos & Marchetti, 2000), ce qui peut expliquer le parti pris du
journal en faveur de la professionnalisation de l’équipe de volley-ball de
l’USM. Ainsi, peut-on lire dans les pages sportives de l’édition du 14 mai 1987
: « Aussi légitime et défendable soit-elle, la
conception du sport amateur ne doit pas entraver un désir d’ambition, but avoué
et recherché dans toute compétition ».
• Les instances municipales
Conscientes de la répercussion des résultats sportifs sur
la renommée de la ville, celles-ci s’engagent dans un premier temps ouvertement
en faveur du développement de la professionnalisation : «
Il est(…) du devoir [du maire et de
son Conseil Municipal] d’aider et de conforter
l’assise du sport de haut-niveau. Tout simplement parce que le sport de masse
(…) a besoin pour s’exprimer du sport de haut-niveau » (Maire de Mulhouse, Plaquette de l’ASBF, 1983).
Reproduisant les stratégies d’engagement financier en faveur du sport de
haut-niveau de nombreuses municipalités de droite (Dulac, Chifflet &
Raspaud, 1995), la mairie (majorité UDF) devient le principal pourvoyeur de
subventions du club. Cependant, la concurrence locale d’autres pratiques plus
médiatisées (football et basket-ball entre les première et deuxième divisions
nationales) et la levée de bouclier de certains conseillers municipaux de
l’opposition contre l’injection incontrôlée d’argent dans les caisses des clubs
de haut niveau entraînent un contrôle plus strict et une réduction des
subventions (Freyburger, 1988).
4.3.3. Des logiques de pouvoir
En infériorité numérique au Comité Directeur, le groupe
constitué par les membres « historiques » de l’USM est obligé d’agir en marge
des directives associatives. Ils ne cherchent pas cependant à faire éclater les
querelles au grand jour, conformément à leur attitude de retenue et leur
volonté de « favoriser les intérêts du
club » (P.K, op. cit.).
Entretenant des rapports privilégiés avec certains joueurs, ils engagent des
discussions informelles avec ces derniers pour obtenir des compromis « éthiques
» afin que les relations ne deviennent pas uniquement marchandes. Leurs liens
privilégiés avec la « base du club » leur donnent également un certain poids
lorsqu’il s’agit de négocier les orientations du club au sein du Comité
Directeur. En contrôlant les postes clés de l’association et de la section de
haut-niveau, le second groupe s’assure, lui, un pouvoir d’action interne et
externe qui se traduit, par exemple, par le libre investissement financier pour
l’achat de joueurs. Cette situation favorise les bons résultats de l’équipe
mais conduit aussi le club à solliciter régulièrement la municipalité pour des
« rallonges » financières, contractant de fait des dettes de plus en plus
conséquentes. Par ailleurs, des réunions de Comité se déroulent «
sans que les dirigeants « adverses » aient été
prévenus » (P.B., op.
cit.). Ces pratiques de centralisation des pouvoirs et de «
court-circuitage » des informations vont susciter des réactions de la part des
autres camps. Jusque là larvés, les conflits éclatent au grand jour. Les
dirigeants « historiques » de l’USM s’en prennent alors directement aux
dirigeants majoritaires et prônent une nouvelle politique associative, faite de
modération et de « retour à la raison
» (M.F, op. cit.) pour ne pas aggraver
le déficit contracté. L’étape ultime de cette évolution est leur désengagement
total en 1987 car ils ne vont plus cautionner les agissements du Comité en
place.
Le départ des anciens dirigeants de l’USM consacre le
renversement définitif du modèle associatif implanté depuis le début des années
1970. Il met également en relief les incompatibilités idéologiques et
d’intérêts des différents groupes d’individus entrant dans le « jeu » de la
professionnalisation sauvage du volley-ball de haut-niveau à l’échelle locale.
En cela, l’évolution de l’organisation du volley-ball ne peut se penser de
manière linéaire. La « grande famille du volley-ball » n’a jamais existé :
l’émergence de la professionnalisation de la discipline en est un exemple
paradigmatique. En adéquation avec son environnement national (pratiques de
rémunérations sauvages, volonté de « spectaculariser »…), l’USM pérennise
malgré tout des formes de sociabilité emblématiques de la singularité de son
passé associatif. Une analyse en termes de spécificités locales de la
professionnalisation d’une pratique sportive amateur contribue ainsi à enrichir
la production en sciences sociales centrée sur les phénomènes macroscopiques.
En s’attachant à saisir les enjeux locaux, l’analyse permet de reconstituer
l’ensemble de l’espace pertinent au sein duquel se joue le changement des
orientations de l’USM. C’est au sein de cet espace que sont définies, sur la
base des antagonismes ou des proximités d’intérêts mais aussi des antipathies
ou des affinités sociales, les procédures régissant le fonctionnement du
volley-ball local. Cependant, loin d’être complètement autonome, l’espace local
du volley-ball se transforme aussi sous l’influence d’une conjoncture
socio-économique particulière. Dès lors, la prise en compte de son hétéronomie
accrue (et en particulier l’influence croissante du champ économique qui tend à
investir dès la fin des années 1970, quoique de façon diversifiée, la plupart
des sports collectifs) permet aussi d’appréhender la professionnalisation du
volley-ball comme un effet de contexte.
Archives de la Ligue d’Alsace de Volley-Ball
Archives de l’Union Sportive Mulhousienne :
- Bulletins mensuels (1923-1934), Bibliothèque Nationale
Universitaire de Strasbourg, cote M.500.255
- Documents officiels (compte-rendus de réunions et
d’assemblées générales, lettres…)
- Plaquettes
Journal L’Alsace
Plaquettes éditées par l’Association Sportive Banque de France
Mulhouse
Plaquette « International Players Promotion »
Revue Volley-Ball,
organe officiel de la Fédération Française de Volley-Ball
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Les nouvelles approches sociologiques des
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protestante et l’esprit du capitalisme. Paris : Plon.
[*]
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gasparini@ umb. u-strasbg. fr
[1]
A titre d’exemple, en 2000, 10 des 12 clubs que comptaient la
Pro A masculine, possédaient encore le statut d’association sportive (Bayle,
2002). Par ailleurs, seuls 81 joueurs, tous championnats professionnels
confondus (Pro A, Pro B, Pro Féminine), sont considérés statutairement comme
professionnels (titulaires d’un contrat à temps plein) contre 173
semi-professionnels (contrats à temps partiel) et 61 amateurs (Lettre de
l’économie du sport, 6/04/2002). Cette stratégie de systématisation du
semi-professionnalisme a pour objectif d’alléger les charges fiscales des
clubs.
[2]
Concernant les sports collectifs, nous renvoyons aux travaux
initiés sur le football (Faure & Suaud, 1999 ; Wahl, 1989 ; Wahl &
Lanfranchi, 1995), le rugby (Augustin & Garrigou, 1985 ; Escot, 1996 ;
Fleuriel, 1999 ; Nier, 2001 ; Sheard, 2001) et le basket-ball (Robert,
1999).
[3]
Ainsi, l’abondance des communications portant sur le thème de
la « professionnalisation des sports » au récent Congrès de la Société de
Sociologie du Sport de Langue Française à Toulouse (octobre 2002) tranche avec
le caractère plus anecdotique de ce sujet au congrès de Bordeaux en 1993
(Augustin & Callède, 1993).
[4]
Les citations des dirigeants fédéraux contenues dans ce
paragraphe sont issues des procès verbaux des congrès de la Fédération
Française de Volley-Ball de 1967, 1970, 1971, 1974, 1978 et 1979 (sources :
archives de la Ligue d’Alsace de Volley-Ball).
[5]
Comparaison effectuée sur la base de l’état des mutations et
des budgets des équipes évoluant au sein du championnat de Nationale IA
masculine de 1977 à 1987.