Staps
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
139 pages

p. 79 à 86
doi: 10.3917/sta.065.0079

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Rapports de recherche

no 65 2004/3

2004 STAPS Rapports de recherche

« Perception de l’orientation visuelle chez des experts en taekwondo »

Rousseu Christelle Crémieux Jacques UFR-STAPS, Université Toulon-Var, BP 132, 83 957 La Garde Cedex ; 04 94 14 27 18 : rousseu@univ-tln.fr – 04 94 14 26 14 : cremieux@univ-tln.fr
L’éducation posturale en sport pourrait favoriser l’utilisation d’informations posturo-gravitaires pour coder l’orientation du corps dans l’espace, et influencer la gestion des référentiels spatiaux servant à la perception de la verticale et au maintien de l’équilibre. Des athlètes soumis à des contraintes posturales et spatiales importantes (taekwondo) devraient donc faire moins d’erreur d’appréciation de la verticale que d’autres.
De nombreuses études sur l’orientation spatiale utilisent un test de dépendance à un champ visuel incliné, celui du Cadre et de la Baguette (Rod and Frame Test, RFT), et en sport la plupart utilisent une seule valeur d’inclinaison du cadre. S’il existe bien un lien entre l’expertise posturale des sujets et leur dépendance à l’égard du champ visuelle, les experts au niveau de l’équilibration devraient être moins influencés par d’importantes inclinaisons du cadre, trop éloignées de conditions posturales réalisables.
Nous avons utilisé des inclinaisons de 0Ëš, 8Ëš, 18Ëš et 28Ëš pour comparer des experts en Taekwondo à d’autres sportifs. Une seule valeur d’inclinaison semble insuffisante pour caractériser un individu ou un groupe. Les experts en taekwondo ont globalement une plus grande indépendance à l’égard du champ visuel que les autres sportifs étudiés, et les hommes experts en taekwondo sont moins influencés par de fortes inclinaisons du cadre. Mots-clés : Taekwondo, Test du cadre et de la baguette, Dépendance visuelle, Orientation spatiale, Verticalité.
Postural education in sport could favour the use of posturo-gravitational information to code body orientation in space. Moreover, sport postural education could have consequences for the use and the selection of spatial frame reference. High level sports activities, like taekwondo training, submit athletes to difficult postural and spatial constraints. Therefore, they should made less error of verticality appreciation than other physically active subjects.
Many studies of spatial orientation used the Rod and Frame Test (RFT): test of dependence in a roll tilted visual field. In sports studies, only a single value of tilted frame was typically used. If a link exists between postural subjects expertise and their visual field-independence, experts in equilibration should be less influenced by a large frame tilt, too much taken away from practicable postural conditions.
We used tilted frame of 0 Ëš, 8 Ëš, 18 Ëš and 28 Ëš to compare Taekwondo experts to other physically active subjects. A single value of tilted frame seems insufficient to characterize an individual or a group. Taekwondo experts have globally a greater visual field-dependence than the other physically active subjects, and male taekwondo expert were less influenced by important tilted frame. Keywords : Taekwondo, Rod and frame test, Visual dependence, Spatial orientation, Verticality..
Die Haltungserziehung im Sport könnte helfen, Informationen über Haltung und Schwerkraft zu nutzen, um die Orientierung des Körpers im Raum zu kodieren und räumliche Indikatoren zu verwalten, die der Perzeption der Vertikalen und der Gleichgewichtserhaltung dienen. Athleten, die bedeutsamen posturalen und räumlichen Zwängen unterworfen sind (Taekwondo) dürften also weniger Fehler beim Schätzen der Vertikalen machen als andere.
Zahlreiche Studien zur räumlichen Orientierung benutzen einen Test der Abhängigkeit von einem schrägen Gesichtsfeld, den Rod and Frame Test ( RTF). Im Sport benutzen die meisten einen einzigen Neigungswert des Rahmens. Wenn ein Zusammenhang besteht zwischen dem posturalen Können der Probanden und ihrer Abhängigkeit vom Gesichtsfeld, dürften die Gleichgewichtskönner weniger durch bedeutende Neigungen des Rahmens von realisierbaren posturalen Bedingungen beeinflusst werden.
Wir haben Neigungen von 0Ëš, 8Ëš, 18Ëš und 28Ëš benutzt, um Taekwondo-Experten mit anderen Sportlern zu vergleichen. Ein einziger Neigungswinkel scheint nicht ausreichend zu sein, um ein Individuum oder eine Gruppe zu charakterisieren. Die Taekwondo-Experten haben allgemein eine größere Unabhängigkeit hinsichtlich des Gesichtfeldes als die untersuchten Sportler; sie werden weniger durch starke Neigungen des Rahmens beeinflusst. Schlagwörter : Teakwondo, Rod and Frame Test, visuelle Abhängigkeit, räumliche Orientierung, Vertikalität..
L’educazione posturale nello sport potrà favorire l’utilizzazione di informazioni posturo-gravitarie per codificare l’orientamento del corpo nello spazio, e influenzare la gestione dei referenziali spaziali che servono alla percezione della verticale e al mantenimento dell’equilibrio. Atleti sottoposti ad obblighi posturali e spaziali importanti (taekwondo) dovrebbero quindi fare meno errori di valutazione della verticale rispetto ad altri.Numerosi studi sull’orientamento spaziale utilizzano un test di dipendenza ad un campo visivo inclinato, quello del Quadrato e della Bacchetta (Rod and Frame Test, RFT), e nello sport la maggior parte utilizza un solo valore d’inclinazione del quadrato. Se esiste ben un legame tra l’expertise posturale dei soggetti e la loro dipendenza nei riguardi del campo visivo, gli esperti a livello dell’equilibrio dovrebbero essere meno influenzati da importanti inclinazioni del quadrato, troppo lontani dalle condizioni posturali realizzabili.Abbiamo utilizzato delle inclinazioni di 0Ëš, 8Ëš, 18Ëš e 28Ëš per confrontare degli esperti di taekwondo con altri sportivi. Un solo valore d’inclinazione sembra insufficiente per caratterizzare un individuo o un gruppo. Gli esperti nel taekwondo hanno globalmente una maggiore indipendenza nei riguardi del campo visivo rispetto agli altri sportivi studiati e sono meno influenzati da forti inclinazioni del quadro. Parole chiave : dipendenza visiva, orientamento spaziale, taekwondo, test del quadrato e della bacchetta, verticalità.. La educación de la postura en el deporte podría favorecer la utilización de informaciones de las posturas gravitacionales para codificar la orientación del cuerpo en el espacio e influenciar la gestión de referencias espaciales que sirven para la percepción de la vertical y del mantenimiento del equilibrio. Por lo tanto, atletas sometidos a importantes tensiones de postura y espaciales (Taekwondo) deberían realizar menos errores de apreciación de la vertical que otros.
Numerosos estudios sobre la orientación espacial utilizan un test de dependencia a un campo visual inclinado, aquel del Cuadro y el de la Baguette (Rod and Frame Test, RFT), y en deporte la mayoría utiliza un solo valor de inclinación del cuadro. si existiera un lazo entre el peritaje de la postura de los sujetos y su dependencia respecto al campo visual, en el nivel del equilibrio, los expertos deberían encontrarse menos influenciados por inclinaciones importantes del cuadro, muy alejado de condiciones de postura realizables.
Hemos utilizado inclinaciones de 0º, 8º, 18º y 28º para comparar expertos en Taekwondo con otros deportistas. Un solo valor de inclinación parece insuficiente para caracterizar un individuo o grupo. Globalmente, los expertos en taekwondo tienen una mayor independencia con relación al campo visual, respecto de otros deportistas estudiados, y los hombres expertos en Taekwondo se encuentran menos influenciados por inclinaciones fuertes del cuadro. Palabras claves : Taekwondo, Test del cuadro y de la baguette, dependencia visual, orientación espacial, verticalidad..
 
1. Introduction
 
 
Dans la vie de tous les jours, mais de façon encore plus précise dans la pratique d’un sport, il est important de connaître la position et l’orientation des objets, des partenaires ou des adversaires, mais aussi et surtout de son corps dans l’espace. Cette orientation spatiale des individus (la faculté qu’ils ont à se situer dans l’espace) agit à deux niveaux : un niveau perceptif, permettant le jugement de l’orientation spatiale, de la verticalité ; et un niveau moteur, permettant la réalisation de l’équilibre postural vertical. Dans la littérature, il est classique de trouver un effet du niveau perceptif sur le niveau moteur, que ce soit de façon empirique (instabilité perçue quand on ferme les yeux en se tenant sur un pied par exemple) ou expérimentale (face à un environnement incliné ou mouvant ; soumis à un éclairage stroboscopique à basse fréquence supprimant la vision du mouvement, Amblard et Crémieux, 1976 ; Berthoz, Lacour, Soechting & Vidal, 1979).
La position corporelle la plus naturelle de l’être humain adulte, qui va notamment lui servir de repère pour s’orienter dans l’espace, est la station bipédique debout, verticale, que Paillard a nommé en 1971 la « posture érigée fondamentale » (ou espace postural de référence). Les principaux repères que peut utiliser l’individu pour maintenir cette position sont la direction des objets de l’environnement orientés par la gravité (arbres), ainsi que les lignes horizontales et verticales présentes quotidiennement dans notre environnement (angles droits des murs, des fenêtres,…). En « biaisant » ces informations visuelles (scène visuelle inclinée), Ebenholtz & Benzschawel (1977) ont notamment montré, en utilisant un test d’ajustement du corps entier à la verticale (Body ajustement test, BAT : participant assis dans un fauteuil inclinable en présence d’un cadre incliné ici à 28°) que les ajustements de la tête étaient effectués en direction de l’inclinaison du cadre, avec une variabilité interindividuelle importante. De nombreux travaux étudient aussi le rôle de la perception visuelle de la verticalité sur le maintien de l’équilibre postural (Amblard, Crémieux, Marchand & Carblanc, 1985 ; Crémieux, Isableu et Ohlmann, 1995 ; Isableu, Ohlmann, Crémieux & Amblard, 1997, 2003 ; Isableu, Amblard, Ohlmann et Crémieux, 1997). Ainsi, bien qu’il existe un effet certain du niveau perceptif sur le niveau moteur, l’effet inverse, du niveau moteur sur le niveau perceptif est très mal connu et très peu étudié (Isableu, Amblard, Ohlmann et Crémieux, 1998).
C’est pourquoi, dans cette étude, nous allons nous intéresser, à travers la perception de la verticalité, aux effets possibles de la pratique intensive et précise de l’équilibre postural vertical, pendant un entraînement sportif, sur le jugement visuel de la verticalité, car tous deux utilisent les mêmes systèmes sensoriels, dont l’un nous intéresse plus particulièrement : la vision.
Les trois principaux systèmes utilisés pour la perception de la verticalité (Ohlmann, 1988) sont le système visuel, le système vestibulaire qui fait intervenir canaux semi-circulaires et otolithes (respectivement sensibles aux accélérations angulaires et linéaires de la tête) et le système proprioceptif (les fuseaux neuro-musculaires, sollicités par l’étirement des muscles antigravitaires ; les organes neuro-tendineux de Golgi, sensibles à une tension exercée par l’étirement passif ou l’activation du muscle ; les récepteurs articulaires, sensibles à la position de l’articulation). A partir des informations sensorielles issues de ces différents systèmes, l’homme va pouvoir se construire des référentiels (standards internes, bases de références internes, issues de la mise en relation des différentes informations sensorielles au cours du développement du sujet). Ces référentiels visuel, gravitaire et égocentré (axe Z, correspondant à l’axe tête-tronc) servent à coder l’orientation du corps dans l’espace. En situation d’équilibre postural facile (debout normalement sur deux pieds et sur sol stable, par exemple) ces trois référentiels sont redondants et chaque personne peut en choisir un préférentiellement pour réaliser cette tâche motrice qui semble si simple : tenir debout et effectuer des gestes dans cette posture.
A ce sujet, Reuchlin (1978, 133) a introduit la notion de « processus vicariants ». Il s’agit de « stratégies, de séquences d’opérations, de processus par lesquels un organisme, placé dans une situation exigeant de lui une certaine réponse adaptative, élabore cette réponse ». Ce type de processus serait notamment impliqué dans la perception de la verticale et permettrait au sujet de s’adapter aux situations rencontrées. En effet, certains de ces processus sont plus ou moins facilement évocables, utilisables, que d’autres selon les individus. Ces processus sont donc substituables les uns aux autres pour résoudre une tâche de niveau donné. Pour Reuchlin (1978, 135) « les individus les plus favorisés dans une certaine situation seraient ceux pour lesquels les processus les plus facilement évocables jouiraient de la plus grande efficacité dans cette situation ». Il suppose que ces processus n’ont pas la même efficacité, et c’est pourquoi la réponse des sujets est plus ou moins coûteuse en fonction du processus utilisé.
De plus, la dominance implicite d’un de ces processus vicariants, dans une situation donnée, pourrait résulter selon Reuchlin, de la constitution génétique de l’individu considéré (phylogenèse), de ses expériences antérieures (ontogenèse), voire des deux à la fois. Pour Ohlmann (1990), cette dominance pourrait résulter plus précisément d’automatismes pilotés par la régulation posturale, développés pendant la vie de tous les jours durant l’ontogenèse, et donc où intervient l’expérience vécue par le sujet, dont l’expérience posturale y compris en sport.
On peut donc partir d’une première hypothèse, générale, selon laquelle des expériences posturales nombreuses et variées permettraient un meilleur jugement de la verticalité. Parmi ces expériences, l’éducation posturale plus particulièrement développée dans certains sports constitue selon nous un élément privilégié, puisqu’il existe un entraînement spécifique à ce contrôle postural. Par conséquent, on peut penser que la pratique d’un sport de ce type doit favoriser l’utilisation d’informations posturo-gravitaires pour coder l’orientation du corps dans l’espace, et influencer ainsi la gestion des référentiels spatiaux, visuel, gravitaire et égocentré servant à la perception de la verticale et au maintien de l’équilibre (Golomer, Crémieux, Dupui, Isableu & Ohlmann, 1999 ; Isableu, et al., 1997). On peut ainsi, en généralisant, supposer que les sportifs devraient avoir en moyenne un meilleur jugement de la verticalité que des sujets novices.
Parmi les sports, la pratique à un haut niveau d’un sport de combat comme le taekwondo (art de combat coréen de percussion pieds/poings, proche du karaté et de la Boxe Française) soumet les athlètes à des contraintes posturales et spatiales importantes (en particulier lors des nombreux coups de pied sautés et en pivot). Cette discipline sportive nécessite donc de maîtriser l’équilibre postural statique, mais surtout dynamique du corps, pour une efficacité optimale de la majorité des techniques utilisées. On parle ici d’équilibre statique lorsque les oscillations du corps d’un sujet debout ne s’accompagnent pas d’une déformation du polygone de sustentation, et que les déplacements de la projection du centre de gravité restent à l’intérieur de celui-ci. Un équilibre dynamique est lui réalisé lorsque la forme ou la taille du polygone de sustentation se modifie. De plus, la pratique du taekwondo nécessite d’avoir un contrôle précis de l’orientation pour effectuer ces nombreuses rotations du corps (notamment lors des coups de pieds) en déplacement. Grâce à cet entraînement physique très particulier, les pratiquants de taekwondo devraient faire moins d’erreur d’appréciation de la verticale que d’autres sportifs soumis, dans leur sport respectif, à des contraintes posturales plus faibles (Rousseu & Crémieux, 1999), s’il n’y avait que le contrôle de l’équilibration posturale qui intervient dans la perception de l’orientation, sachant que d’autres facteurs interviennent (âge, sexe,…). Toutefois, dans la littérature, on retrouve bien au niveau postural un contrôle plus fin des sportifs par rapport aux novices, en condition d’équilibre postural clément, normal (Crémieux et Mesure, 1992 ; Golomer, Monod & Dupui, 1997 ; Mesure, Bonnet et Crémieux, 1994 ; Mesure et Crémieux, 1998 ; Mesure, Crémieux et Amblard, 1995 ; Perrin, 2002). De plus, on sait que cette séparation entre sportifs et novices s’accroît avec l’augmentation de la difficulté de la tâche posturale (Crémieux, Mesure & Amblard, 1994). Il est donc acquis que l’entraînement sportif permet un meilleur contrôle postural. Cependant, en ce qui concerne la Dépendance / Indépendance à l’égard du champ visuel, on ne trouve pas, classiquement, de différence entre sportifs et novices, leur performance perceptive étant équivalente (Bard, 1972 ; Barrell & Trippe, 1975 ; Deshaies & Pargman, 1976 ; Lee, Fant, Life, Lipe & Carter, 1978 ; Lindquist, 1978 ; Loader, Edwards & Henschen, 1982). Ces deux résultats semblent aller à l’encontre de notre supposition de départ, mais deux explications restent possibles. Soit, l’entraînement sportif pourrait ne pas avoir d’effet sur la perception de l’orientation spatiale, et l’hypothèse générale que nous soutenons serait à rejeter. Soit, et c’est l’hypothèse alternative que nous proposons, ce sont les outils et les méthodes d’analyse des résultats qui sont inadaptés pour faire ressortir de telles différences. C’est pourquoi, nous allons utiliser et développer ici de « nouvelles » méthodes d’analyse, qui jusqu’ici, à notre connaissance, n’ont pas été proposées par d’autres auteurs.
Pour étudier la perception de l’orientation spatiale, de nombreuses études ont utilisé un test de dépendance à un champ visuel incliné, celui du Cadre et de la Baguette, en anglais Rod and Frame Test, ou RFT de Witkin & Asch (1948). Ce test peut créer un « conflit perceptif » entre informations visuelles et informations posturales, en perturbant une entrée sensorielle visuelle, dans une tâche de jugement de la verticalité.
A partir de la médiane des erreurs absolues de jugement de la verticalité de la population étudiée, on peut séparer cette population suivant une typologie concernant deux styles perceptifs : des personnes dites dépendantes à l’égard du champ visuel (DC), qui utilisent préférentiellement les informations visuelles pour juger de la verticalité au RFT, qui font donc de plus fortes erreurs d’ajustement que les personnes dites indépendantes à l’égard du champ (IC), qui utilisent plutôt les informations posturo-gravitaires pour réaliser cette l’épreuve, et arrivent à faire abstraction du cadre pour replacer la baguette à la verticale.
Witkin & Asch, en 1948, utilisaient trois valeurs d’inclinaison du cadre (15°, 30° et 60°). A partir de leurs résultats et pour des raisons de rapidité du test, la plupart des recherches utilisant le RFT en sport se sont intéressées à une seule valeur d’inclinaison du cadre : soit, et c’est le plus souvent 28° (Apitzsch & Liu, 1997 ; Barrel & Trippe, 1975 ; Brady, 1995 ; Goldberg, 1979 ; Raviv & Nabel, 1990 ; Rotella & Bunker, 1978) où une telle valeur d’inclinaison du cadre permet de mieux séparer les styles ou les populations de sujets étudiés, ce qui a été vérifié par Brenet & Luyat (1995) entre IC et DC, soit plus rarement 18°, où l’erreur d’appréciation de la verticale est maximale (Crémieux, et al., 1995 ; Rousseu & Crémieux, 1999).
Les résultats des recherches de Brenet & Luyat (1995), Cian (1992), Goodenough, Cox, Sigman & Strawderman (1985), Luyat (1996), sur les effets de l’inclinaison du cadre de référence montrent, de façon générale, que l’erreur d’appréciation de la verticalité augmente jusqu’à une valeur optimale d’inclinaison du cadre comprise entre 15° et 20° (d'où le choix de 18°). Après cette valeur critique, l’erreur d’ajustement décroît, et Brenet & Luyat (1995) ont proposé un résumé des différents résultats classiquement obtenus au RFT (voir représentation schématique figure 1).
Figure 1
Verticale subjective (Vs en °) en fonction des différentes valeurs d’inclinaisons du cadre.
IMGIMGVerticale subjective (Vs en °) en
				fonction des...IMGIMFD’après les travaux de Brenet & Luyat (1995).
Or, s’il existe bien un lien entre l’expertise posturale des sujets et leur dépendance à l’égard du champ visuel, on peut formuler l’hypothèse supplémentaire que des sujets sportifs experts au niveau de l’équilibration seront moins influencés que d’autres par des inclinaisons importantes de l’environnement visuel, trop éloignées de conditions posturales réalisables pour qu’ils continuent à prendre comme référence de la verticalité ces informations visuelles, au détriment des informations posturales (Isableu et al., 1998). Il est donc intéressant de tester plusieurs valeurs d’inclinaison du cadre (Rousseu, Isableu et Crémieux, 2000), car les sujets experts en sport d’équilibre (pratiquant ici le taekwondo à haut-niveau) devraient faire leur première erreur maximale d’appréciation de la verticale pour une valeur d’inclinaison du cadre plus faible que les autres sujets sportifs (étant un nouveau paramètre, cette « première erreur maximale » sera expliquée en détail en méthodologie).
Ces experts au niveau équilibration devraient aussi faire, de façon générale, de moins fortes erreurs de jugement que des sujets non experts ou moins experts à ce niveau (les autres sportifs).
De plus, l’analyse des résultats classiquement utilisée au RFT nous semble incomplète, c’est pourquoi nous souhaitons mettre au point différentes méthodes d’analyse des résultats. Dans un premier temps, nous voulons vérifier leur intérêt par rapport à une étude classique en sport se limitant à une seule valeur d’inclinaison du cadre, et dans un second temps, par rapport à une étude faisant intervenir plusieurs valeurs d’inclinaisons.
 
2. Méthodologie
 
 
2.1. Participants
Pour le test à une valeur unique d’inclinaison du cadre de 18°, notre population était composée de 17 experts en taekwondo (9 femmes et 8 hommes, jeunes et en bonne santé). Nous les avons comparés par la suite à différents groupes d’individus (sportifs ou non) testés antérieurement par Crémieux, Isableu, Golomer, Mesure & Ohlmann (1997), avec 118 femmes et 174 hommes. Ces participants étaient répartis comme tel : un groupe de danseurs professionnels de l’opéra de Paris (3 femmes et 10 hommes), un groupe composé d’étudiants en architecture (16 femmes et 25 hommes), puis un groupe issu d’une une école supérieure de commerce (ESCAE), avec 22 femmes et 21 hommes, un groupe de grimpeurs (5 femmes et 29 hommes), un groupe contrôle de non sportifs (avec 27 femmes et 36 hommes) et un groupe de judokas (20 femmes et 25 hommes ceinture noire).
Pour le test à différentes valeurs d’inclinaison du cadre 0° 8° 18° et 28°, nous avons comparé une population d’experts en taekwondo à un groupe d’autres sportifs, différents de ceux de la première étude (tableau 1), d’âge, de poids et de taille relativement homogène (hormis les effets dus aux différences de sexe) pour que cela ne puisse jouer sur la perception ou sur le contrôle postural :


Caractéristiques des sujets testés (moyenne ± écart type).
Âge Poids Taille Effectif
Femme Sportive 23,4 ± 2,6 54,9 ± 6,5 165,9 ± 4,9 20
Taekwondo 19,3 ± 2,1 58,3 ± 8,2 169,4 ± 6,1 9
Homme Sportif 24,9 ± 2,8 71,5 ± 8,4 177,2 ± 6,4 19
Taekwondo 20,6 ± 2,8 75,6 ± 10,9 184,4 ± 4,4 8

Parmi les experts en taekwondo, 3 hommes de niveau de pratique national et 5 de niveau international ont été testés, ainsi que 4 femmes de niveau national et 5 de niveau international, tous s’entraînant au Pôle France (CREPS d’Aix en Provence).
Les autres sportifs pratiquent divers sports en compétition, mais où l’implication au niveau contrôle de l’équilibre serait moins importante, que ce soit en milieu ouvert (comme les experts en taekwondo) où l’incertitude, notamment temporelle et spatiale, est forte (incertitude liée aux fréquences d’arrivée des coups, à leur rapidité, au moment de déclenchement, la hauteur du corps, le côté,…), ou en milieu fermé où cette incertitude est faible (Brady, 1995 ; Liu, 1996 ; McLeod, 1985). Le niveau sportif est au minimum régional, et peut aller jusqu’à international.
2.2. Description du matériel
Pour étudier la typologie perceptive des participants nous avons utilisé le RFT portable de Oltman de 1968 (figure 2a).
Figure 2a
IMGIMGIMGIMFTest du cadre et de la baguette (RFT) : Les DC (dépendants au champ) ont tendance à aligner la baguette sur le cadre (schéma de gauche) alors que les IC (indépendants au champ) ont tendance à aligner la baguette sur la verticale gravitaire (schéma de droite).
Dans cette épreuve d’estimation de la verticale (verticale subjective), le participant est assis, la tête placée à l’intérieur d’un champ visuel central incliné en roulis, et il doit ajuster manuellement à la verticale physique une baguette préalablement inclinée.
Le dispositif est constitué d’un tunnel à section carrée en plastique translucide, qui mesure 60 cm de profondeur, et 30 cm de côtés (soit 28° de taille angulaire), éclairé au-dessus. Dans ce tunnel, les seules références visuelles d’orientation représentées sont constituées par les arêtes du tunnel, de 1 cm de large, et par le cadre situé au fond de celui-ci (de 30 cm de côté pour 1 cm de large), représentant la base du tunnel, et de couleur noire. A l’extrémité de ce tunnel, une baguette noire est placée coaxialement au centre de ce cadre, et mesure 26 cm de long pour 1 cm de large. Cette baguette peut effectuer mécaniquement une rotation autour de l’axe central, indépendamment des rotations du cadre, et elle est reliée à une manette, à droite et à l’extérieur du dispositif pour le participant. C’est par l’intermédiaire de cette manette que celui-ci peut replacer la baguette à ce qu’il pense être la verticale. Les inclinaisons du cadre et de la baguette sont repérées sur un disque gradué à l’opposé du sujet, permettant à l’expérimentateur de lire les angles (en degrés) du cadre et de la baguette par rapport à la verticale. Côté participant, se trouve un support de tête, avec une mentonnière et des taquets.
2.3. Procédure expérimentale
Le participant est assis sur un tabouret, réglable en hauteur, pour éviter qu’il utilise les informations provenant du contact dos/dossier dans la tâche. Les jambes de celui-ci doivent être semi-allongées, reposant sur les talons, de manière à diminuer l’appui plantaire et supprimer toutes les informations d’angle droit, et ses mains doivent reposer sur les cuisses.
La tête est placée sur une mentonnière réglable, qui permet de centrer les yeux du participant « juste en face » du centre du cadre. La tête est aussi immobilisée verticalement, dans le prolongement du tronc, par l’intermédiaire de deux taquets placés au niveau des tempes pour éviter la parallaxe de mouvement et le flux vestibulaire dus aux mouvements de la tête. Cela permet aussi de garder des conditions expérimentales égales entre les sujets. De plus, un tissu noir recouvre la tête du sujet pour éliminer d’éventuelles informations périphériques de direction visuelle ou de mouvement.
A l’extérieur de ce dispositif, la baguette et le cadre sont inclinés par rapport à la verticale par l’expérimentateur. Après chaque réponse, on demande au participant de fermer les yeux pendant que l’on change ou non l’inclinaison du cadre et/ou de la baguette.
Les participants ont pour consigne de remettre une baguette, préalablement inclinée, à la verticale physique, sans contrainte temporelle et si possible, sans tenir compte du cadre. La verticale mesurée est alors l’estimation par l’individu de la direction gravitaire, dans cette condition d’environnement visuel incliné.
Avant le début du test, trois exemples de verticale sont donnés aux sujets : une verticale gravitaire (la direction d’un fil à plomb), une verticale visuelle (la direction formée par l’angle des murs), et une verticale posturale (attitude que prend un sujet lorsqu’il est debout, droit). Le but de ces exemples est de s’assurer que les participants ont compris la consigne de positionnement de la baguette à la verticale. Ils permettent en même temps à l’expérimentateur d’éviter d’induire chez les participants un comportement particulier de référentiation spatiale pour résoudre l’épreuve.
Dans la première expérience, nous avons utilisé un protocole de « test unique » au RFT, avec une seule valeur d’inclinaison du cadre de 18° (à gauche et à droite). Nous avons alors réalisé 4 mesures différentes correspondant aux 4 combinaisons possibles d’associations du cadre et de la baguette, de façon conjointe (inclinaison dans le même sens) ou dissociée (en sens contraire). Cette opération est répétée 3 fois, pour obtenir au final 12 mesures par participant (6 à gauche, 6 à droite), excepté pour notre population d’experts en taekwondo, où nous avons seulement 4 mesures. Malgré ce nombre d’essais différent, il est tout à fait possible de comparer ces groupes de participants. En effet, 16 personnes (hommes et femmes) ayant servi de sujets au test à 18°, avec 12 mesures, ont été retestés avec un test combinant plusieurs valeurs d’inclinaison du cadre, dont 18°, avec 4 mesures pour chaque valeur d’inclinaison du cadre. Nous avons ainsi comparé les résultats obtenus aux 2 tests en utilisant uniquement les données recueillies cadre incliné à 18. Les erreurs moyennes absolues d’ajustement n’étant pas significativement différentes d’un test à l’autre (6,5° avec un intervalle de confiance de 1,6 pour le test à 12 mesures, et 5,5°± 1,6 pour l’autre test), et avec une corrélation entre les 2 tests de r = 0,91, nous n’avons pas trouvé d’effet significatif du nombre d’essais (4 ou 12) sur les erreurs moyennes absolues.
Dans la seconde expérience, « test combiné », nous avons utilisé un protocole légèrement différent, avec plusieurs valeurs d’inclinaisons du cadre de référence : 0°, 8°, 18° et 28°, (figure 2b). Nous n’avons là réalisé que 4 mesures différentes pour chaque valeur d’inclinaison de l’environnement visuel (16 mesures par participant ; 6 à gauche, 6 à droite et 4 avec les parois verticales).
Figure 2b
Inclinaisons du cadre utilisées dans le seconde expérience : 0°, 8°, 18° et 28°
IMGIMGInclinaisons du cadre utilisées
				  dans le seco...IMGIMF
Remarque : l’ordre dans lequel sont présentées les différentes inclinaisons du cadre, au test combiné, est pseudo-aléatoire. Le cadre est tout d’abord orienté à 0°, avec 2 essais, puis 4 essais à 18° (dans le but de pouvoir comparer ces essais à ceux du test unique à 18°), 4 essais à 8°, 4 essais à 28° puis à nouveau 2 essais à 0°. Cependant, il n’existe pas de post-effet des conditions inclinées sur la condition normale (parois verticales), puisque en comparant les 2 essais à 0° en début de test et les 2 essais à 0° en fin de test, nous n’avons pas trouvé de différence significative.
Après chaque ajustement par le participant nous avons relevé l’écart (en degrés) mesuré entre la position finale de la baguette et la verticale gravitaire (au demi-degré prés).
Un travail précédent, avec 12 mesures différentes effectuées pour une seule valeur d’inclinaison du cadre (18°), a montré qu’il existait une grande stabilité du type des participants (DC et IC) intra-expérience (entre les 4 premiers essais et les 4 derniers) mais aussi inter-expériences lors d’un test-retest (Rousseu, Richaud, Isableu et Crémieux, 1999). Ainsi, quatre mesures par valeur d’inclinaison du cadre sont suffisantes pour obtenir une valeur moyenne représentative par participant, et permettent aussi de ne pas trop fatiguer celui-ci au cours de l’expérience. Ce qui confirme d’autres travaux montrant une assez grande stabilité du score au RFT (Applebaum, 1978).
2.4. Variables de traitement utilisées
2.4.1. Erreur moyenne absolue (°) et erreur moyenne absolue à gauche et à droite (°GD)
L’utilisation de « l’effet cadre » est couramment employé dans la littérature pour analyser les résultats au RFT. Cet effet prend en compte le sens de l’erreur, et plus les estimations du sujet dévient dans le sens du cadre plus la valeur de l’effet cadre augmente. Cependant, ce calcul part d’une généralisation de la notion de « Perceptual Shift » développée par Witkin et Asch, en 1948 (baguette ajustée dans le sens de l’inclinaison du cadre). Or, dans un travail précédent portant sur une population de plus de 300 personnes (Rousseu, 2000), nous avons constaté que ce principe n’était pas respecté par 21,3 % des personnes testées. Donc, l’effet cadre est à son tour inadapté pour ces sujets ! C’est pourquoi, nous préférons utiliser l’erreur moyenne absolue de jugement de la verticalité.
Cette erreur est exprimée en degrés et traduit la sensibilité des participants à l’égard du champ visuel, sans tenir compte du sens d’inclinaison du cadre, donc du signe de l’erreur. Cette erreur correspond à la moyenne absolue des ajustements. Elle est souvent calculée sur 4 essais, parfois 8, et jusqu’à 12 dans une partie de notre travail, pour nous permettre une étude statistique participant par participant (Goldberg, 1979 ; Rousseu et al., 1999).
2.4.1° = Somme des valeurs absolues / N (nombre d’essais)
L’erreur moyenne absolue à gauche (°G) est calculée à partir des erreurs de jugement faites lorsque le cadre est incliné sur la gauche, mais ne tient pas compte du signe de l’erreur. Le même calcul est utilisé pour °D, lorsque le cadre est incliné sur la droite.
Pour étudier l’évolution des erreurs de jugement des participants, deux types de courbes vont être utilisés : l’une ne tenant pas compte du sens de l’inclinaison du cadre (°), et l’autre y tenant compte (°GD).
2.4.2. Première erreur maximale
Selon Brenet & Luyat (1995), la valeur de l’inclinaison du cadre qui influence le plus les réponses des sujets est comprise entre 15° et 20°. Après cette valeur critique, l’erreur d’ajustement diminue en moyenne sur la population totale. Or, il se pourrait que certains individus n’aient pas une valeur maximale pour cette inclinaison proche de 18°. Ce maximum pourrait être obtenu pour une valeur d’inclinaison supérieure ou inférieure.
Il faut cependant noter que l’erreur d’ajustement du participant ne diminue pas toujours directement après cette valeur critique d’inclinaison. Elle peut aussi se maintenir pour des inclinaisons plus fortes, ou diminuer directement pour ensuite revenir à une erreur de jugement aussi importante, sans toutefois la dépasser. Nous allons ici nous intéresser uniquement à la valeur d’inclinaison du cadre où le participant fait pour la première fois une erreur maximale de jugement, et nous parlerons alors de première erreur maximale (figure 3).
Figure 3
IMGIMGIMGIMFExemples de courbes, montrant les évolutions possibles des erreurs moyenne absolue des sujets, en fonction de l’inclinaison du cadre de référence. Ces courbes permettent de définir la première erreur maximale des sujets : valeur de l’inclinaison du cadre où les sujets font un maximum d’erreur de jugement de la verticalité, et ce pour la première fois comme à 8° par exemple pour les sujets 1 et 2.
Nous étudierons donc le pourcentage de participants pour qui la première erreur maximale se fait pour une valeur d’inclinaison du cadre de 8°, de 18° ou de 28°.
Les résultats ont été soumis à des tests paramétriques (moyenne, intervalle de confiance, analyse de variance) et non paramétriques (c2, test des signes), à l’aide du logiciel Statistica. Un seuil de signification à p < 0,05 a été retenu, et une tendance signalée entre p < 0,05 et p < 0,1, avec correction de Bonferroni, si nécessaire, pour les tests multiples. Nous avons aussi calculé la taille de l’effet :
Te = [2 (a-b)] / (sa - sb)
Avec a et b = moyenne ; et s = écart type
Une Te inférieure à 0,2 indique qu’il n’y a pas d’effet, si elle est comprise entre 0,2 et 0,4 l’effet obtenu est faible, entre 0,5 et 0,7 l’effet est moyen et si elle est supérieur ou égale à 0,8 l’effet est important.
 
3. Résultats
 
 
3.1. Test unique
L’erreur moyenne absolue trouvée pour les hommes experts en taekwondo (exprimée en degrés) est de 3,5° ± 1,0 (intervalle de confiance), et pour les femmes de 5,1° ± 1,7 cadre incliné à 18°. On retrouve chez ces experts une différence classique et significative entre les hommes et les femmes au t de Student, avec t = 1,78 ; p = 0,049, avec une taille de l’effet (Te) égale à 0,8.
A partir des résultats obtenus avec différents groupes de participants testés antérieurement, à une valeur unique d’inclinaison du cadre de 18° (Crémieux et al., 1997), nous avons pu comparer les experts en taekwondo à ces différents groupes, en utilisant l’erreur moyenne absolue (tableau 2), et calculé la taille de l’effet liée à la pratique du taekwondo versus la pratique d’autres activités sportives ou d’une population contrôle (tableau 3).


Tableau récapitulatif des résultats obtenus antérieurement (Crémieux et al., 1997), avec erreur moyenne absolue et intervalle de confiance obtenus à une inclinaison du cadre de 18°, pour les hommes et les femmes, et résultats obtenus avec les experts en taekwondo.
Hommes Femmes
Erreur absolue (en degrés) Intervalle de confiance Erreur absolue (en degrés) Intervalle de confiance Source
Taekwondo 3,5° 1,0 5,1° 1,7
Danseurs Pro. 3,5° 1,2 5,9° 2,9 Crémieux et al., 1997
Architectes 3,8° 0,8 6,2° 0,9
ESCAE 3,9° 0,7 5,9° 1,2
Autres sportifs 4,2° 1,1 6,8° 1,2
Grimpeurs 4,6° 0,8 7,0° 2,4
Contrôles 4,8° 0,7 6,9° 1,3
Judokas 5,1° 1,1 6,0° 1,3



Taille de l’effet liée à la pratique du taekwondo vs. autres pratiques sportives ou groupe contrôle (groupes testés antérieurement par Crémieux et al., 1997).
Hommes Femmes
Danseurs Pro. 0,0 -0,3
Architectes -0,1 -0,5
ESCAE -0,3 -0,3
Autres sportifs -0,3 -0,6
Grimpeurs -0,6 -0,7
Contrôles -0,7 -0,6
Judokas -0,8 -0,3

Lorsque l’on regroupe les données des hommes grimpeurs, des judokas ou du groupe contrôle, ces participants obtiennent une erreur moyenne absolue égale à 4,8° ± 0,5. Elle est donc supérieure (bien que non significativement différente) à celle des hommes experts en taekwondo, qui est, rappelons le, égale à 3,5° ± 1,0. L’erreur moyenne absolue des danseurs hommes professionnels est de 3,5° ± 1,2 ; très proche et non différente statistiquement de celle des experts en taekwondo hommes. En ce qui concerne les femmes, pour les grimpeuses, judokas, danseuses ou contrôles, l’erreur moyenne absolue est de 6,6° ± 0,8, mais non différente statistiquement de celle des femmes expertes en taekwondo, pour qui celle-ci est de 5,1° ± 1,7.
Avec ce test unique à 18°, nous pouvons seulement dire que l’effet de l’entraînement des hommes experts en taekwondo semble très proche de celui des danseurs professionnels de l’opéra de Paris (Te = 0,0). Pour les femmes qui ont un haut-niveau en taekwondo, il ne semble pas non plus y avoir d’effet spécifique de ce type d’entraînement. Bien qu’en moyenne elles fassent de moins fortes erreurs de jugement de la verticalité, nous n’avons pas trouvé de différence statistique significative avec les autres groupes de femmes testés (escalade, judo, danse et contrôle).
3.2. Test combiné
Comme nous venons de le voir avec le test à valeur unique d’inclinaison, le calcul de l’erreur moyenne absolue s’est fait sur tous les essais, qu’ils soient réalisés cadre incliné à droite ou à gauche. Au test combinant plusieurs valeurs d’inclinaisons, un tel calcul est possible pour chaque inclinaison du cadre (0°, 8°, 18° et 28°), et on obtient une courbe avec 4 points.
Concernant les erreurs de jugement de la verticalité des experts en taekwondo, l’analyse de variance montre l’effet classique, significatif et souhaité, de l’inclinaison du cadre sur la performance des sujets (F (6,90) = 6,66 ; p < 0,000), mais aucune différence significative liée au sexe des participants (figure 4) n’a été constaté (F (1,15) = 2,52 ; p = 0,14). Cependant, la taille de l’effet liée au sexe des participants varie de 0,1 cadre incliné à 8° jusqu’à 1,0 cadre incliné à 28°.
Figure 4
IMGIMGIMGIMFÉvolution de l’erreur moyenne absolue (avec intervalles de confiance) des hommes et des femmes experts en taekwondo, en fonction de l’inclinaison du cadre de référence.
Nous avons par la suite utilisé le test des signes (test non paramétrique, qui compare la position point par point des hommes par rapport aux femmes) et constaté une tendance des hommes à être plus indépendants que les femmes, (Z = 1,50 ; p = 0,065), ce qui va bien dans le sens des différences classiquement liées au sexe.
Si maintenant on sépare les données recueillies cadre incliné à gauche de celles recueillies cadre incliné à droite, cette différence entre hommes et femmes experts en taekwondo devient significative (figure 5) à partir des erreurs moyennes absolues à gauche et à droite (test des signes : Z = 2,27 ; p = 0,02). Or, en utilisant l’analyse de variance, cette différence n’apparaît pas (F (15) = 2,42 ; p = 0,14), et seul un effet de l’inclinaison du cadre apparaît significatif (F (90) = 6,66 ; p < 0,000).
Figure 5
IMGIMGIMGIMFÉvolution de l’erreur moyenne absolue à gauche et à droite (avec intervalles de confiance) des hommes et des femmes experts en taekwondo, en fonction de l’inclinaison du cadre de référence.
Une comparaison entre sportifs divers et experts en taekwondo montre, à partir de l’erreur moyenne absolue, que les hommes pratiquants le taekwondo à haut niveau ne se différencient pas statistiquement des hommes sportifs (test des signes : Z = 0,5 ; p < 0,35). La taille de l’effet, calculée pour chaque inclinaison du cadre, est de - 0,5 à 8° et 28°, et seulement de - 0,3 à 18°. Pour les femmes (figure 6), la différence entre experts en taekwondo et sportives tend à être significative (Z = 1,5 ; p < 0,065). Cependant, la taille de l’effet est de - 0,5 à 8°; - 0,2 à 18° et de -0,3 à 18°.
Figure 6
IMGIMGIMGIMFValeurs moyennes (en degrés) et intervalles de confiance des erreurs absolues, selon l’inclinaison du cadre de référence, chez les femmes expertes en taekwondo et chez les sportives diverses.
A partir des erreurs absolues d’ajustement à droite et à gauche (figure 7), on constate que les femmes expertes en taekwondo sont globalement plus indépendantes que les autres sportives étudiées, (test des signes : Z = 2,27 ; p = 0,001). Cependant, les tailles de l’effet calculées pour chaque inclinaison du cadre restent faibles (de 0,0 cadre incliné à 28° sur la droite à 0,6 cadre incliné à 8° sur la gauche). Quant aux hommes pratiquant le taekwondo à haut niveau, ils tendent à être plus indépendants que les hommes sportifs (Z = 1,51 ; p = 0,065), mais là encore, les tailles de l’effet restent faibles (comprises entre 0,2 et 0,5).
Figure 7
IMGIMGIMGIMFÉvolution de l’erreur moyenne absolue à Gauche et à Droite (avec intervalles de confiance), chez les femmes expertes en taekwondo et chez les sportives diverses, en fonction de l’inclinaison du cadre de référence.
De plus, on trouve pour les hommes sportifs ou pratiquant le taekwondo à haut niveau, une erreur absolue moyenne maximale pour une inclinaison du cadre de 18°. Pour les femmes (taekwondo ou autres sportives), elle est à 28°. Cependant, en s’intéressant au comportement individuel des participants, on trouve de fortes différences interindividuelles à l’intérieur d’un même groupe. On a remarqué que les erreurs maximales ne se faisaient pas pour tous les hommes à 18°, ni à 28° pour toutes les femmes (figure 8). Cette différence de proportion de participants, suivant l’inclinaison du cadre, pourrait signer une différence de comportement concernant la dépendance/indépendance à l’égard du champ visuel entre les groupes.
Figure 8
IMGIMGIMGIMFProportions de femmes et d’hommes, experts en taekwondo et autres sportifs, qui font une première erreur maximale à une valeur critique d’inclinaison du cadre de référence de 8°, 18° ou 28°.
On a analysé le pourcentage de personne ayant une première erreur maximale pour une valeur critique d’inclinaison de 8°, 18° ou 28°, dans chaque groupe, (taekwondo ou autres sportifs, homme ou femmes) sans tenir compte du côté d’inclinaison du cadre, à partir des erreurs moyennes de jugement.
La majorité des hommes et des femmes (sportifs ou experts en taekwondo) fait une première erreur maximale pour une inclinaison du cadre de 18°. Les hommes experts en taekwondo sont cependant plus nombreux à faire leur première erreur maximale à 8°, bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative avec le groupe d’hommes sportifs (c2 (1) = 2,72 ; p < 0,26). Il existe cependant une différence de proportion de participants, suivant l’inclinaison du cadre de référence, entre les hommes experts en taekwondo et les femmes pratiquant aussi le taekwondo à haut-niveau (c2 (1) = 42,92 ; p < 0,001), les hommes faisant leurs premières erreurs maximales en moyenne plus tôt que les femmes. Ces femmes expertes en taekwondo se différencient aussi des femmes sportives (c2 (1) = 16,39 ; p < 0,001), et font leurs premières erreurs maximales pour des inclinaisons du cadre qui sont en moyenne plus importantes.
 
4. Discussion
 
 
Quelles que soient les méthodes de calcul utilisées, on retrouve une différence classique entre les hommes et les femmes, avec une taille de l’effet de 0,8. Les hommes experts en taekwondo montrent une plus grande indépendance à l’égard du champ visuel que les femmes pratiquant elles aussi le taekwondo.
Cependant, au vu des différents résultats, il semble plus avantageux d’utiliser le test combinant plusieurs valeurs d’inclinaison du cadre de référence au RFT car, en permettant de calculer plusieurs indices dérivés, il fait d’avantage ressortir les différences existant entre divers groupes de participants. Une seule valeur d’inclinaison du cadre semble en effet insuffisante, puisque avec le test unique à 18°, un effet de l’entraînement des hommes et des femmes experts en taekwondo semble ressortir, mais ne peut être mis en évidence de façon significative. De plus, et de façon générale, il est assez rare d’obtenir une différence significative entre différents groupes de femmes, lorsqu’elles sont testées à une seule valeur d’inclinaison du cadre. Or, avec le test combiné, une telle différence apparaît plus facilement, et un effet de l’entraînement des femmes expertes en taekwondo a été trouvé. Cette différence ressort encore plus lorsqu’on différencie les données recueillies cadre incliné à gauche de celles recueillies cadre incliné à droite.
On peut considérer aussi, de façon générale, que les pratiquants de taekwondo de haut-niveau (hommes et femmes) se différencient des autres sportifs en ce qui concerne les erreurs moyennes absolues d’ajustement, où ces experts en taekwondo ont globalement tendance à faire de moins fortes erreurs d’ajustement que les autres sportifs analysés. Cependant, cet effet lié à la pratique du taekwondo semble faible (Te ne dépassant jamais 0,6). Ces résultats sont bien en accord avec une étude précédente (Rousseu & Crémieux, 2001) ayant mis en évidence, sur une population de 124 personnes, que parmi trois variables étiquettes testées (IC/DC ; sexe et pratiques sportives) la variable influençant le plus la perception de la verticalité était celles liée à la séparation entre IC et DC (Te = 2,5), suivie par l’effet lié au sexe des sujets (Te = 0,9) et enfin par l’effet lié à la pratique sportive (Te = 0,2). Concernant l’inclinaison du cadre à laquelle les sujets font leur première erreur maximale, les experts en taekwondo se différencient des autres participants testés. Pour les hommes experts en taekwondo, cette première erreur maximale se fait plus fréquemment pour de plus faibles inclinaisons du cadre (8°) que les autres groupes de participants testés, ce qui semble bien confirmer notre hypothèse de départ. Cependant, pour les femmes pratiquant le taekwondo à haut-niveau, l’erreur maximale ne se fait pas plus tôt que pour les autres femmes sportives (au contraire).
De façon générale, les performances sportives de pratiquants dépendants à l’égard du champ visuel peuvent être perturbées par des variations de leur environnement visuel. Il devient donc intéressant pour un entraîneur de connaître la DIC de tous ses sportifs, pour essayer de rendre les sportifs dépendants à l’égard de ce champ visuel un peu plus indépendants. Pour cela, il lui suffirait de proposer un entraînement spécifique pour ses participants. Par exemple, cet entraînement pourrait être basé sur des exercices posturaux ou locomoteur réalisés les yeux fermés, ce qui permettrait aux participants de mieux prendre en compte les informations.
L’outil développé ici, pour pouvoir comparer des experts en taekwondo à d’autres sportifs, étant valide, il nous reste maintenant non seulement à compléter, d’un point de vue numérique, le groupe bien spécifique d’experts en taekwondo, mais nous devons aussi étudier plus précisément d’autres groupes de sportifs. D’une part, d’autres arts de combats (lutte/boxe ;…) et d’autres part des groupes bien spécifiques de sportifs (sujets experts au niveau de l’équilibre / sujets non experts, avec mesure de l’équilibre postural de ces sujets ; sujets pratiquant en milieu ouvert / milieu fermé ; personnes pratiquant un sport individuel / sport collectif…). Nous souhaitons ensuite les comparer à une population contrôle de personnes non sportives (où le type d’études suivies, le niveau scolaire ou universitaire et le métier pratiqué devront aussi être maîtrisés).
 
Remerciement
 
Nous tenons à remercier tout particulièrement le CREPS d’Aix en Provence pour nous avoir permis d’accéder à ces champions en taekwondo, et plus particulièrement Patrick Stanczak, 6e Dan, BE2 et entraîneur de l’équipe de France, qui nous a aidé et a accepté que l’on puisse accéder à ses champions.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Amblard, B., & Crémieux, J. (1976). Role of visual information concerning movement in the maintenance of postural equilibrium in man. Agressologie, 17, 25-36.
·  Amblard, B., Crémieux, J., Marchand, A.R., & Carblanc, A. (1985). Lateral orientation and stabilisation of human stance : static versus dynamic cues. Experimental Brain Research, 61, 21-37.
·  Apitzsch, E., & Liu, W.H. (1997). Correlation between field dependence-independence and handball shooting by Swedish national male handball players. Perceptual and Motor Skills, 84, 1395-1398.
·  Applebaum, H. (1978). Stability of portable Rod and Frame test scores. Perceptual and Motor Skills, 47, 1153-1154.
·  Bard, C. (1972). The relation between perceptual style and physical activities. Journal of Sport Psychology, 3, 107-113.
·  Barrell, G.V., & Trippe, H.R. (1975). Field dependence and physical ability. Perceptual and Motor Skills, 41, 216-218.
·  Berthoz, A., Lacour, M., Soechting, J.-F. & Vidal, P.P. (1979). The role of vision in the control of posture during linear motion. Progress in Brain Research, 50, 197-209.
·  Brady, F. (1995). Sports skill classification, gender, and perceptual style. Perceptual and Motor Skills, 81, 611-620.
·  Brenet, F., & Luyat, M. (1995). Frame anysotropy : a problem of individual validity. Communication au congrès : Posture and gait : From representation to control, Marseille.
·  Cian, C. (1992). Perception de la verticale visuelle : approche différentielle des mouvements oculaires. Grenoble. Thèse de doctorat.
·  Crémieux, J., & Mesure, S. (1992). Équilibre postural statique et pratique de la danse ou du judo. In : Recherche en APS 3. M. Laurent, J. F. Marini, R. Pfister et P. Therme (Eds), Paris, Actio/Aix-Marseille II, 275-291.
·  Crémieux, J., Isableu, B., & Ohlmann, T. (1995). Contrôle postural, et perception visuelle de la verticale : début d’approche. In Entrées du système postural fin. PM. Gagety & B. Weber (Eds). Masson. Paris. Milan. Barcelone. pp. 3-9.
·  Crémieux, J., Isableu, B., Golomer, E., Mesure, S., & Ohlmann, T. (1997). Effect of subject’s postural experiences upon visual perception of verticality. 13th International Symposium. Multisensory control of posture & gait, Paris.
·  Crémieux, J., Mesure, S., & Amblard, B. (1994). Does the role vision increase with the difficulty of the postural task ? In Vestibular and neural front, Tagushi, K., Igarashi, M., et Mori, S. (Eds), 267-270.
·  Deshaies, P., & Pargam, D. (1976). Selected visual abilities of college football players. Perceptual and Motor Skills, 43, 904-906.
·  Ebenholtz, S.M., & Benzschawel, T.M. (1977). The rod and frame effect and induced head tilt as a function of observation distance. Perception and Psychophysics, 22, 491-496.
·  Goldberg, L. R. (1979). A general scheme for the analytic decomposition of objective test scores : illustrative demonstration using the rod and frame test and the Müller-Lyer illusion. Journal of Research in Personality, 13, 245-265.
·  Golomer, E., Crémieux, J., Dupui, P., Isableu, B., & Ohlmann, T. (1999). Visual contribution to self-induced body sway frequencies and visual perception of male professional dancers. Neuroscience Letters, 267, 189-192.
·  Golomer, E., Monod, H., & Dupui, P. (1997). The effects of maturation on self-induced dynamic body sway frequencies of girls performing acrobatics or classical dance. European Journal of Applied Physiology, 76, 140-144.
·  Goodenough, D.R., Cox, P.W., Sigman, E., & Strawderman, W.E. (1985). A cognitive-style conception of the field-dependence dimension. Cahiers de Psychologie Cognitive, 5, 687-705.
·  Isableu, B., Amblard, B., Ohlmann, T., & Crémieux, J. (1997). La dépendance perceptive à l’égard des informations de verticalité fournies par le champ visuel est-elle prédictive du contrôle visuel de la posture ? In Posture et environnement, Lacour, M., Gagey, P.M., et Weber, B. (Eds), Sauramps Médical, Montpellier.
·  Isableu, B., Amblard, B., Ohlmann, T., & Crémieux, J. (1998). Approche différentielle des liens entre la perception spatiale et le contrôle sensoriel de la posture. Staps, 46-47, 125-145.
·  Isableu, B., Ohlmann, T., Crémieux, J., & Amblard, B. (1997). Selection of spatial frame of reference and postural control variability. Experimental Brain Research, 114, 584-589.
·  Isableu, B., Ohlmann, T., Crémieux, J., & Amblard, B. (2003). Differential approach to strategies of segmental stabilisation in postural control. Experimental Brain Research, 150, 208-221.
·  Lee, A., Fant, H., Life, M. L., Lipe, L. O., & Carter, J. O. (1978). Field dependence and performance on ball-handing tasks. Perceptual and Motor Skills, 46, 439-442.
·  Lindquist, E. L. (1978). Correlation between an Embedded Figures Test and tennis rank order at 3 levels of skill. Perceptual and Motor Skills, 47, 1143-1146.
·  Liu, W.H. (1996). Review of recent Chinese research on field dependence-independence in high-level athletes. Perceptual and Motor Skills, 83, 1187-1193.
·  Loader, E. C., Edwards, S. W., & Henschen, K. P. (1982). Field-dependent/field-independent characteristics of male and female basketball players. Perceptual and Motor Skills, 55, 883-890.
·  Luyat, M. (1996). La perception visuelle de la verticale : rôle de l’activité posturale et de l’orientation du corps. Thèse de doctorat non publié, Grenoble.
·  McLeod, B. (1985). Field dependence as a factor in sports with preponderance of open or closed skills. Perceptual and Motor Skills, 60, 369-370.
·  Mesure, S., & Crémieux, J. (1998). Entraînement sportif et équilibre postural : performances, contrôle sensoriel et stratégies sensorimotrices. Staps, numéro thématique « Sport, posture et équilibration », 46-47.
·  Mesure, S., Bonnet, M. & Crémieux, J. (1994). L’entraînement sportif peut-il influencer le contrôle postural statique ? Science et Motricité, 21, 39-47.
·  Mesure, S., Crémieux, J., & Amblard, B. (1995). Les stratégies et performances posturales sensori-motrices : effet de l’entraînement. Annales de Kinésithérapie, 4, 151-163.
·  Ohlmann, T. (1988). La perception de la verticale. Variabilité interindividuelle dans la dépendance à l’égard des référentiels spatiaux. Thèse de doctorat d’état non publié, Paris.
·  Ohlmann, T. (1990). Les systèmes perceptifs vicariants. In Reuchlin & coll. Cognition : l’individuel et l’universel PUF (pp. 21-58).
·  Oltman, P. (1968). A portable rod and frame apparatus. Perceptual and Motor Skills, 26, 503-506.
·  Paillard, J. (1971). Les déterminants moteurs de l’organisation de l’espace. Cahiers de Psychologie, 14, 261-316.
·  Perrin, P., Deviterne, D., Hugel, F., & Perrot, C. (2002). Judo, better than dance, develops sensorimotor adaptabilities involved in balance control. Gait & Posture, 15, 187-194.
·  Raviv, S., & Nabel, N. (1990). Relationship between two different measurements of field-dependence and athletic performance of adolescents. Perceptual and Motor Skills, 70, 75-81.
·  Reuchlin, M. (1978). Processus vicariants et différences interindividuelles. Journal de Psychologie, 2, 133-145.
·  Rotella, R.J., & Bunker, L.K. (1978). Field-dependence and reaction-time in senior tennis players (65 and over). Perceptual and Motor Skills, 46, 585-586.
·  Rousseu, C. (2000). Perception de la verticalité, environnement visuel et activité sportive. DEA Sciences du Mouvement Humain non publié, Université Aix-Marseille II.
·  Rousseu, C., & Crémieux, J. (1999). Perception of verticality in French elite taekwondo athletes. 2th International Conference on Martial Arts, Salford (United Kingdom).
·  Rousseu, C., & Crémieux, J. (2001). Pratique sportive ou sexe des sujets : quelle importance sur la dependence au champ visual ? Journées nationales d’études de la SFPS, Toulouse, France.
·  Rousseu, C., Isableu, B., & Crémieux, J. (2000). Dépendance au champ visuel et perception de la verticalité. Congrès de la Société Française de Psychologie du Sport, INSEP, Paris.
·  Rousseu, C., Richaud, M., Isableu, B., & Crémieux, J. (1999). Stabilité des données au test de jugement de la verticalité. Journée IFR Science du Cerveau, Marseille.
·  Witkin, H.A., & Asch, S.E. (1948). Studies in space orientation IV. Futher experiments on perception of the upright with displaced visual fields. Journal of Experimental Psychology, 38, 762-782.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
Verticale subjective (Vs en °) en fonction des différentes valeurs d’inclinaisons du cadre.
Inclinaisons du cadre utilisées dans le seconde expérience : 0°, 8°, 18° et 28°