Staps
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
228 pages

p. 79 à 97
doi: 10.3917/sta.066.0079

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Rapport de recherche

no 66 2004/4

2004 STAPS Rapport de recherche

Dynamiques différentielles des interactions didactiques selon le genre en EPS. Le cas de l’attaque en volley-ball en seconde.

Ingrid Verscheure Chantal Amade-Escot ID2 – LEMME, Université de Toulouse III
Notre recherche exploratoire s’intéresse aux différences filles et garçons dans l’enseignement-apprentissage du volley-ball au lycée. Elle s’inscrit dans le cadre scientifique de la didactique à laquelle elle emprunte les principaux concepts afin de décrire et d’éclairer les processus en jeu lors des interactions didactiques effectives entre un professeur, des élèves et un enjeu de savoir : la construction d’attaque.
La méthodologie, qualitative, a consisté à observer les interactions didactiques d’un professeur et de trois filles et cinq garçons de niveau homogène en seconde. Les séquences étudiées ont été réduites aux tâches concernant l’objet d’enseignement « attaque » en volley-ball. La catégorisation des corpus nous a permis d’identifier l’intentionnalité tactique en attaque de ces 8 élèves. Les résultats montrent que les positions de genre s’actualisent en classe, par des effets du contexte (partenaires ; adversaires) et par des arrière-plans tels que les représentations de l’activité, l’attitude scolaire, l’expérience ou non d’une activité physique. Mots-clés : EPS, Filles-Garçons, contrat didactique, volley-ball, interactions didactiques.
Our exploratory research focuses on the gender differences in learning to play volleyball between girls and boys at high school. The central research focus of didactics is to bring to the forefront processes involved during the didactic interactions between a teacher, students and the knowledge to be taught (in this case study: learning to attack in volleyball).
A qualitative methodology was used for observing the didactic interactions between a teacher and three girls and five boys of similar ability (10th grade at high school). The observation data was limited to tasks related to a teaching unit of attacking techniques used in volleyball. The data categorisation enabled us to identify the tactical intentions of the attacks used by the eight students. Results show that gender positions taken up during the lessons are effected by both the context of the lesson (playing in partnership or in opposition) as well as the students’ different backgrounds ; attitude to schooling, représentations of the game, and participation in physical activity. Keywords : Physical Éducation, Girls – Boys, Didactic Contract, Volleyball, Didactic Interactions.
Dieser Artikel berichtet über eine explorative Studie zu didaktischen Interaktionen zwischen Mädchen und Jungen beim Volleyball im Gymnasium. Er versteht sich als Forschung innerhalb der Didaktik, deren wesentliche Konzepte er übernimmt, um die differentiellen Modalitäten zu beschreiben und zu verstehen, nach denen sich Mädchen und Jungen bei Lernsituationen zum Volleyballangriff verhalten. In einem ersten Teil präsentieren wir den Forschungsstand über sexuelle Ungleichheiten im Sportunterricht. Dies erlaubt es uns, den Rückgriff auf den didaktischen Ansatz zu rechtfertigen, um eine Fallstudie durchzuführen, dessen Problematik wir präsentieren. In einer zweiten Sektion legen wir methodologische Aspekte dar. In einem dritten Teil stellen wir die Ergebnisse der Studie dar, die wir mit einer Oberstufenklasse durchgeführt haben, und diskutieren diese.Schlagwörter : Geschlecht, Sportunterricht, Didaktik, Volleyball, Interaktion, differentielle Dynamik. Quest’articolo è il resoconto di una ricerca esplorativa sulle interazioni didattiche delle ragazze e dei ragazzi nella pallavolo al liceo. Esso si inscrive nel quadro scientifico della didattica, dalla quale trae i principali concetti allo scopo di descrivere e comprendere le modalità differenziali secondo le quali, ragazze e ragazzi, si impegnano in situazioni d’apprendimento dell’attacco. Nella prima parte presentiamo il contesto scientifico delle ricerche sulle ineguaglianze del sesso in educazione fisica, e questo ci porta a giustificare il ricorso all’approccio didattico per condurci allo studio del caso di cui presentiamo la problematica. Nella seconda sezione sviluppiamo gli aspetti metodologici. Nella terza parte esponiamo e discutiamo i risultati dello studio del caso effettuato in una classe di seconda.Parole chiave : didattica, dinamica differenziale, educazione fisica, genere, interazione, pallavolo.. este artículo rinde cuenta de una investigación de exploración sobre las interacciones didácticas de las mujeres y hombres en volley-ball en el liceo. Se inscribe en el marco científico de la didáctica, desde el cual toma los conceptos principales con el fin de describir y de comprender las modalidades diferenciales según las cuales, mujeres y hombres, se implican en situaciones de aprendizaje del ataque. En una primera parte presentamos el contexto científico de la búsqueda sobre las desigualdades sexuadas en educación física. Aquello nos lleva a justificar el recurso a la didáctica para llevar a cabo el estudio de caso del cual presentamos la problemática. En una segunda sección desarrollamos los aspectos metodológicos. Exponemos en tercera parte los resultados del estudio de caso realizado en una clase de segundo medio, el cual debatimos.Palabras claves : Género, educación física, didáctica, volley-ball, interacción, dinámica diferencial..
Cet article rend compte d’une recherche exploratoire sur les interactions didactiques des filles et garçons en volley-ball au lycée. Il s’inscrit dans le cadre scientifique de la didactique auquel il emprunte les principaux concepts afin de décrire et de comprendre les modalités différentielles selon lesquelles, filles et garçons, s’engagent dans les situations d’apprentissage de l’attaque. Dans une première partie nous présentons le contexte scientifique des recherches sur les inégalités sexuées en éducation physique, ceci nous amène à justifier le recours à l’approche didactique pour mener l’étude de cas dont nous présentons la problématique. Dans une seconde section nous développons les aspects méthodologiques. Nous exposons en troisième partie les résultats de l’étude de cas menée dans une classe de seconde, que nous discutons.
 
CONTEXTE SCIENTIFIQUE DE L’ÉTUDE
 
 
La question de l’égalité des sexes dans l’école républicaine se pose depuis de nombreuses années en France comme dans différents pays. La littérature de recherche a montré que de fortes différenciations persistent en milieu scolaire dont les causes sont identifiées en terme de dynamiques sociologiques et familiales, puis en relation avec différents aspects de l’enseignement. Selon le sexe, les élèves se positionneront différemment dans la famille, dans la société, puis à l’école (Belotti, 1974). La mixité scolaire ne fait que poursuivre un long travail de socialisation, elle participe à la construction identitaire sexuée et prépare ainsi aux rapports entre les sexes (pour une revue, Duru-Bellat, 1995). Dans la classe, les élèves sont continuellement renseignés sur les comportements adéquats pour leur sexe par le biais des attentes de leur enseignant/e et leurs réactions à leurs propres comportements, par le jeu des contacts avec les pairs, par la confrontation aux contenus des programmes. Cette dynamique contribue à la reproduction des rapports sociaux de domination des sexes. Les choix pédagogiques des enseignant/e/s semblent être décisifs quant à la différence de réussite des filles et des garçons.
 
ÉDUCATION PHYSIQUE ET INÉGALITÉS DE SEXE
 
 
Dans ce contexte la problématique des inégalités scolaires selon les sexes en Éducation Physique et Sportive (EPS) fait l’objet depuis ces dernières années d’un regain d’intérêt. De nombreuses recherches en sociologie du sport (Louveau, 1986 ; Mennesson, 2000) ont révélé que les Activités Physiques et Sportives (APS) ne sont pas neutres. Elles véhiculent des images et symbolisent des modèles corporels appréhendés différemment selon les filles et les garçons. Dans la lignée de ces travaux, Davisse et Louveau (1991) mettent en évidence que la discipline EPS est un conservatoire des différences sexuées. De nombreux auteur/e/s montrent que l’existence de différences dans les rapports au corps et au sport des élèves filles et des élèves garçons pose problème dans la mesure où le système scolaire valorise plutôt le modèle sportif « masculin » (Davisse, 1999). Ces analyses se voient renforcées par les résultats d’un ensemble de recherches sur la certification en EPS au baccalauréat qui mettent en évidence un écart entre les notes des filles et des garçons (pour une présentation, David, 2000). Ainsi, Bergé, Croiset, Marion et Pézelier (2000) considèrent que pour réduire les difficultés des élèves filles en EPS, il faut réfléchir aux conditions d’enseignement, notamment dans le choix des programmes d’APS qui leur sont proposés.
La littérature anglo-saxonne (Scraton, 1986, 1992 ; Wright, 2000 ; Harris & Penney, 2000 ; Penney, 2002) affirme que l’éducation physique n’est pas une activité neutre. Son organisation opère une distinction permanente « fille/garçon », qui renforce les formes de pratiques scolaires et les représentations établies et stéréotypées qui sont associées aux APS. Pour Scraton (1986) l’éducation physique est un élément signifiant dans le processus de consolidation et de reproduction de l’idéologie de sexe à travers l’école. Cette auteure défend l’idée que l’enseignement en éducation physique conforte, de façon implicite, la différence des genres, en terme d’activités proposées, mais également par les attitudes et réactions qui en découlent (Scraton, 1987). Selon Wright (2000), les élèves et les enseignant/e/s reproduisent ensemble les inégalités sexuées dans leur pratique quotidienne de l’éducation physique. Pour conclure, il apparaît que l’éducation physique, en tant que matière d’enseignement, contribue à renforcer et légitimer d’importantes inégalités de sexe et de façon implicite, les attitudes et réactions qui en découlent (pour une revue, Penney, 2002).
Tous ces travaux qu’ils soient français ou anglo-saxons, montrent qu’on ne peut plus considérer les élèves comme un groupe constitué d’éléments « identiques ». Par ailleurs, à la différence des sexes « fille » ou « garçon », se rajoutent des différences de genre « féminin » ou « masculin » qui font que les élèves ne se positionneront pas de la même façon face aux apprentissages scolaires.
 
L’IDENTITÉ DE GENRE COMME VARIABLE EXPLICATIVE DES DIFFÉRENCES
 
 
Le genre se distingue du sexe biologique par définition, même s’il en dérive par construction (Héritier, 1996). L’identité de genre est, chez une personne donnée, le résultat plus ou moins stable d’un long processus qui traverse l’adolescence, en interaction permanente avec des normes socioculturelles qui sont elles-mêmes en évolution. Le concept d’identité de genre renvoie à la position singulière de chaque être sur un continuum allant des formes les plus masculines à celles les plus féminines, avec toute la variation possible sur cet axe. Le genre est articulé dans un champ représentationnel qui enserre l’enfant dès sa naissance (Duveen, 1999). En attribuant une identité à l’enfant, on l’incorpore dans un système qui lui donne une position sociale et régule en même temps l’action à son égard. Selon Laberge (1994), l’intégration du genre comme principe fondamental de construction de la réalité sociale permettrait d’apporter une contribution importante pour la compréhension du champ des APS.
Du point de vue de la psychologie sociale, des enquêtes basées sur le Bem Sex-Role Inventory [BSRI] (Bem, 1974) soulignent que les adolescent/e/s valorisent ou choisissent les activités physiques et les sports en fonction de leur connotation masculine ou féminine (Fontayne, Sarrazin, Famose, 2000, 2001). Ceci expliquerait, en éducation physique, le rejet des filles pour les activités connotées plutôt masculines : boxe, rugby (David, 1995), et réciproquement, le rejet (encore plus fort peut-être) des garçons pour les activités connotées féminines : gymnastique rythmique, danse… (Motta, 1999).
Informées de ces travaux, nous pensons nécessaire d’intégrer la dimension de genre pour analyser et comprendre les inégalités scolaires dans les apprentissages en EPS. Nous pensons, avec les anthropologues, que l’identité de genre est une construction dynamique, évolutive, qui ne peut être seulement appréhendée par le biais des stéréotypes sexués, même si nous savons ces derniers tenaces dans le domaine des APS (Davisse & Louveau, 1991 ; Laberge, 1994 ; Louveau, 1986, 2003). Pour prendre en considération cette dimension, nous utilisons la notion de « position de genre » et non celle d’identité de genre. Deux arguments fondent ce choix. Le premier marque le fait que l’identité de genre peut varier pour un/e même élève en fonction d’un ensemble de représentations sociales activées à tel ou tel moment, par telle ou telle APS, ou tel ou tel exercice. Ainsi, la position de genre d’un élève, à tel ou tel moment de son expérience scolaire, nous paraît être un indicateur de son identité de genre, sans toutefois préjuger de l’évolution possible de cette position. Le second argument consiste à penser que la construction de « l’identité de genre » est difficilement observable dans le temps court de la durée d’un cycle d’EPS, et que nous ne pourrons avoir accès qu’à des éléments de cette construction, susceptibles cependant d’éclairer la question des différences entre filles et garçons.
Pour résumer, les recherches sur les inégalités selon les sexes en éducation physique identifient des différences de résultats scolaires expliquées par les attentes, les stéréotypes, les différences de représentations des APS enseignées ainsi que par les effets des programmes et des modes d’intervention des enseignant/e/s. Cependant, elles ne nous informent pas précisément sur les processus qui, dans la vie quotidienne de la classe, sont susceptibles de les conforter ou au contraire de les moduler. Il nous a donc semblé intéressant d’étudier plus précisément les processus de transmission-appropriation des contenus de l’éducation physique selon les positions de genre des élèves à partir d’une analyse fine de l’activité du professeur et des élèves engagés et de leurs interactions. Ce questionnement relève d’une approche didactique.
 
INTÉRÊT D’UNE APPROCHE DIDACTIQUE DES DIFFÉRENCIATIONS SCOLAIRES SELON LES POSITIONS DE GENRE
 
 
La didactique postule que les phénomènes d’enseignement ne peuvent être étudiés ni compris sans une prise en compte spécifique des savoirs disciplinaires. Elle s’intéresse aux conditions et aux contraintes qui influencent la transmission et l’appropriation des contenus d’enseignement au cours des interactions. Cette orientation de recherche étudie le fonctionnement du système didactique, défini comme un système de relations entre le jeu de l’enseignant/e et le jeu de l’élève à propos du savoir à enseigner et à apprendre (Schubauer-Léoni, 1998). En éducation physique les recherches concernent quatre thèmes majeurs : les savoirs à enseigner, les conceptions didactiques des enseignant/e/s, les conceptions des élèves et les interactions didactiques en classe (Amade-Escot, 2003). L’étude que nous présentons relève du quatrième thème de recherche et s’intéresse aux interactions didactiques en classe et aux effets de ces dernières sur les processus de différenciation entre filles et garçons. Le concept central pour l’étude des interactions didactiques est celui de contrat didactique. On doit à Brousseau (1978) la mise en évidence de l’existence de ce contrat implicite qui sous-tend continuellement le fonctionnement du système didactique. Issu de la didactique des mathématiques, ce concept a une portée générique attestée dans plusieurs disciplines y compris en éducation physique (Amade-Escot, 1998). Il est défini comme le résultat de négociations des rapports établis explicitement ou implicitement entre un élève ou un groupe d’élèves, un certain milieu et un système éducatif aux fins de faire approprier aux élèves un savoir constitué (Brousseau, 1988). Nous retenons de cette définition la nécessité de prendre en considération les rapports explicites et surtout implicites entretenus par les acteurs, enseignant/e et élève(s) engagés dans la relation didactique vis-à-vis des savoirs enseignés.
Diverses études (Amade-Escot, 1998 ; Amade-Escot et Léziart, 1996 ; Marsenach, 1995 ; Thépaut, 2002) ont mis en évidence le rôle du contrat didactique comme moteur de l’avancée des savoirs dans la classe en éducation physique, tout en mettant l’accent sur le fait que ce sont les ruptures successives de ce contrat qui rendent possible la dynamique évolutive du système. En effet, ce contrat très local, est spécifique des tâches successivement proposées aux élèves, il évolue ainsi au cours de l’activité didactique en fonction de ce que les élèves, pour une part, et l’enseignant/e d’autre part, co-réalisent au cours d’interactions verbales et non verbales qui doivent être analysées. L’analyse de séquences d’enseignement ordinaire telle que menée dans les recherches précédemment citées souligne combien les processus de régulation mis en œuvre par les enseignant/e/s s’appuient sur différentes positions d’élèves (faibles vs forts) pour gérer le temps et le processus didactique. Ce constat, déjà établi dans d’autres disciplines scolaires a amené Schubauer-Léoni (1996) à spécifier le caractère différentiel du contrat didactique. Selon cette auteure, le « contrat n’est pas négocié uniquement entre l’instance du maître et celle que représente l’ensemble des élèves, mais entre le maître et des sous-groupes d’élèves correspondant à diverses positions relatives au sein de la classe. (…) Ces positions se rapportent aux diverses hiérarchies d’excellences en présence et sont partiellement tributaires de l’origine sociologique des élèves » (Schubauer-Léoni, 1996, 160). Elle observe notamment que les élèves n’interprètent pas de la même façon les tâches proposées et qu’ils ne sont pas sollicités de la même façon par l’enseignant/e. Le concept de « contrat didactique différentiel » est selon elle, de nature à saisir et expliquer les dynamiques différentielles à l’œuvre dans le système didactique. Ces considérations nous amènent à penser que ce concept, parce qu’il permet de saisir les mécanismes contractuels qui règlent les échanges dans le système et dont on peut penser qu’ils diffèrent selon les filles et les garçons, est susceptible de rendre compte des processus différenciateurs selon les positions de genres en éducation physique.
Au terme de cette brève présentation théorique nous considérons que la notion de contrat didactique différentiel permet d’analyser et de comprendre les modalités avec lesquelles les filles et les garçons agissent et interagissent en éducation physique. Nous faisons ainsi l’hypothèse que les filles et les garçons, ayant des positions de genre différentes (qui ne se résument pas à leur sexe), interpréteront les tâches d’apprentissage qui leur sont proposées, et de ce fait négocieront de façon différentielle, les attentes en partie implicites, de l’enseignant/e en cours d’interaction.
 
PROBLÉMATIQUE
 
 
La revue de question nous a permis de voir que l’école participe à la construction d’une « inégalité scolaire » entre les filles et les garçons et que cela est le plus souvent expliqué par les attentes de l’enseignant/e et le poids des stéréotypes véhiculés par l’ensemble des acteurs scolaires. Nous avons également pointé que les pratiques physiques sont sexuellement marquées et que différents stéréotypes sexués y sont à l’œuvre. La plupart des travaux cités relèvent d’approches relatives aux représentations des élèves (rejoignant ainsi les travaux de psychologie sociale). Aucun d’entre eux n’a étudié la façon dont se construisent les différenciations selon les genres en situation réelle d’interactions en EPS. Cette recherche, de type exploratoire, consiste à observer finement l’activité de quelques filles et garçons vis-à-vis d’un objet d’enseignement : l’attaque en volley-ball en seconde au lycée, pour tenter d’en comprendre les dynamiques différentielles.
 
JUSTIFICATION DE CET OBJET D’ENSEIGNEMENT
 
 
La littérature professionnelle met en évidence que les filles éprouvent davantage de difficultés que les garçons à s’exprimer dans les sports collectifs [en raison d’une peur du ballon, de l’appréhension d’un contact corporel, du refus de l’affrontement direct] (Davisse, 2000). Ces différences entre filles et garçons peuvent être accentuées par la connotation sexuée du sport collectif enseigné, comme l’a mis en évidence David (1995) à propos du rugby. Notre étude, a contrario, est centrée sur un sport collectif décrit par la littérature comme étant une discipline à faible connotation sexuée : le volley-ball (Fontayne, Sarrazin & Famose, 2001). Ce choix se fonde également sur d’autres arguments tels que la forte programmation de ce sport dans les collèges et lycées, son enseignement le plus souvent en mixité ; selon des groupes de niveaux (sexués ou non). Davisse et Louveau (1991) constatent que les garçons développent davantage des stratégies « d’attaque » du ballon, alors que les filles mettent plutôt en place des stratégies « d’évitement/déviation » du ballon. Tanguy (1992) souligne que les filles s’efforcent simplement de se passer la balle par-dessus le filet : elles jouent « avec » les adversaires, et non pas « contre ». Selon cet auteur, l’important pour les garçons, « c’est de faire le point, c’est le plaisir à court terme, c’est arrêter l’échange, la rupture de l’échange » alors que « pour les filles, c’est de ne pas laisser tomber la balle, c’est le plaisir dans la durée, dans la continuité de l’échange » (Tanguy, 1992, 10). Une des difficultés de l’enseignement consiste, selon les dires des enseignant/e/s eux-mêmes, à confronter les filles à des situations d’opposition et non plus seulement de coopération. Dans ce cadre, l’attaque en volley-ball [qui est tout ce qui englobe le fait d’avoir une intentionnalité consistant à marquer le point (Amans-Passaga, 1997) que ce soit sur le plan collectif ou individuel (Selinger & Ackerman-Blount (1992)] nous est apparu comme un objet d’enseignement susceptible d’activer de façon différentielle les positions de genre des élèves vis à vis du rapport d’opposition qui caractérise le volley-ball.
 
QUESTIONS DE RECHERCHES
 
 
Pour éclairer les processus à l’origine des différenciations scolaires des filles et des garçons, nous avons étudié les interactions didactiques lors d’un cycle de volley-ball en seconde, dans des situations qui visent une construction d’attaque. Au cours de cette étude de cas, nous avons analysé les interactions didactiques du professeur et des élèves. Les questions de recherche qui nous intéressaient étaient les suivantes : Existe-t-il des contrats didactiques différentiels entre les filles et les garçons confrontés à un même objet d’enseignement ? Comment se construisent-ils ? Quel en est l’impact sur l’activité déployée par les élèves dans les tâches d’apprentissage ?
 
MÉTHODOLOGIE DE L’ANALYSE DE CAS
 
 
Nous avons analysé le fonctionnement d’un système didactique ordinaire (trois séances d’un cycle de volley-ball en classe de seconde) examiné en tant que relation ternaire irréductible, liant professeur, élèves et savoir enseigner. Selon ce postulat, l’étude de n’importe laquelle des instances - professeur, savoir, élève(s) - ne prend un sens didactique que dans ses rapports avec les deux autres, condition nécessaire pour accéder aux processus dynamiques qui caractérisent le fonctionnement de ces systèmes. Précisons que nous nous situons dans une perspective de recherche qui s’intéresse à l’enseignement tel qu’il se fait et non tel qu’il pourrait se faire.
Le dispositif méthodologique utilisé s’inspire des études didactiques en classe (Amade-Escot, 1996 ; Brousseau, 1978 ; Loquet & Amade-Escot, 2000). Il a été spécifié dans un article récent, qui en précise les différentes étapes et principes (Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002, 240-244). Ce dispositif croise diverses données : des données d’observation, des données d’entretiens (avec les enseignant/e/s et les élèves) et des données d’interactions verbales.
 
TERRAIN DE L’ÉTUDE
 
 
L’étude s’est déroulée dans un lycée réputé « sportif », où nous avons observé un enseignant débutant (agrégé) et spécialiste volley-ball. Conformément aux méthodes d’analyse en didactique, nous avons choisi de retenir un groupe restreint d’élèves (cinq garçons et trois filles) d’une classe de seconde, désignés et déclarés de niveau équivalent dans cette APS par l’enseignant. Nous suivons en cela les recommandations de Schubauer-Léoni et Leutenegger à propos de l’étude du didactique ordinaire en effectuant, selon les termes de ces auteures, « une sorte de carottage du terrain que représente la séance » [1] (Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002, 243).
 
DISPOSITIF DE RECUEIL DES DONNÉES
 
 
Conformément aux principes méthodologiques en didactique, le dispositif de collecte des données comporte trois moments : entretiens semi-dirigés avec l’enseignant avant le cycle et avant chaque séance (pour récolter les dimensions principales de son projet didactique), puis observation de l’activité telle que réalisée en classe (enregistrement audio et vidéo), accompagné de « notes au vol » sur les comportements des élèves et leurs réactions. Dans un troisième temps, des entretiens a posteriori sont menés avec le professeur (bilan de sa part) à l’issue de chaque séance et à la fin du cycle ainsi que des entretiens individuels de fin de cycle avec les huit élèves observés [2].
Nous disposons donc de données sur les trois éléments indissociables du système didactique, c’est-à-dire relatives à l’action du professeur (ses intentions, ses régulations), aux savoirs en jeu dans les différentes tâches proposées aux élèves, et à l’action des élèves dans ces tâches (comportements moteurs, intentions d’attaques). L’analyse et l’interprétation des données sont menées à partir de la triangulation (Huberman & Miles, 1991) de ces différentes sources. (Nous y reviendrons dans la section 3.4).
IMGIMGIMGIMF

 
RÉDUCTION DES DONNÉES AUX SÉQUENCES PERTINENTES
 
 
Nous avons réduit le corpus de données aux séquences explicitement désignées par l’enseignant comme concourant à son projet d’enseignement. Pour cela, nous nous sommes appuyées sur l’entretien anté cycle, au cours duquel l’enseignant nous a précisé qu’il voulait travailler la « construction d’attaque en volley-ball », et plus particulièrement « l’attaque dans les espaces libres ». D’autres objets d’enseignement, plus périphériques, mais qui contribuent, selon lui à l’atteinte de cet objectif de cycle ont été travaillés à différents moments des séances ou du cycle. Ce dernier a été organisé par l’enseignant en trois grandes étapes progressives de la « construction d’attaque » : maîtrise de la passe haute, travail de l’alternative de coopération entre deux joueurs, travail de la construction d’une attaque efficace dans l’espace libre (condensation des données d’entretiens avec l’enseignant avant et pendant le cycle observé). Soulignons que la conception de l’attaque chez cet enseignant ne se résume pas aux actions conclusives (smashs ou balles placées) mais prend en compte le processus de construction d’attaque de la récupération de la balle jusqu’à sa conclusion. Cela rejoint la définition donnée par Selinger et Ackerman-Blount (1992, 99) qui précisent que « l’attaque est un terme générique qui englobe aussi bien les efforts offensifs collectifs que ceux de l’individu pour marquer un point ». Rappelons que l’enseignant a construit son cycle d’enseignement suivant son propre projet sur lequel le chercheur n’a jamais interféré. Les séquences étudiées concernent l’objet d’enseignement « construction d’une attaque », c’est-à-dire trois séquences d’enseignement portant sur ce thème lors des séances 3, 4 et 5 d’un cycle de sept séances. Le tableau 2 ci-après résume l’ensemble des séquences étudiées, sans porter de jugement sur les choix de l’enseignant.
L’analyse des séquences met en évidence que l’enseignement est centré sur des intentions tactiques (attaque placée dans les espaces libres) plus que sur des savoir-faire techniques (gagner en smashant) ce qui nous laisse penser que ses choix ne renforcent pas, a priori, les inégalités entre filles et garçons (rappelons que la littérature indique que l’attaque smashée est fortement valorisée par les garçons).
IMGIMGIMGIMF

 
TRAITEMENT DES DONNÉES
 
 
Le traitement des données relève des méthodes d’analyses qualitatives (Huberman & Miles, 1991). Un premier niveau de triangulation consiste à croiser les différentes informations récoltées lors des différents entretiens et observations. Un second niveau consiste à articuler deux plans d’analyses, celui de l’observateur (analyse extrinsèque) et ceux des acteurs (analyse intrinsèque). En effet, le dispositif de recueil des données comprend à la fois l’observation des activités du professeur et des élèves en relation avec les enjeux de savoirs (le système didactique en fonctionnement) et le point de vue des acteurs sur cette activité, collecté à partir des entretiens. Le croisement de ces différentes sources permet de reconstruire les différents moments de l’interaction didactique (Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002, 246) afin de saisir la dynamique différentielle qui préside à l’évolution du système. Le corpus principal est constitué des données d’observation et des interactions verbales enseignant/élève(s) ; et élève(s)/élève(s). Selon un principe de « rétroaction et de questionnement réciproque » (Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002, 246) nous avons utilisé les données d’entretiens pour dégager le sens que donnent les élèves et l’enseignant aux tâches à réaliser, et en particulier les écarts entre les attentes ou les significations des uns et des autres. Dans notre recherche, nous nous sommes plus particulièrement intéressées aux modalités selon lesquelles les filles et les garçons, suivant leur position de genre, tirent parti ou non des situations d’apprentissage qui leur sont proposées.
 
RÉSULTATS
 
 
Pour présenter les résultats nous nous attachons dans un premier temps à rendre compte des enjeux de savoirs proposés aux élèves à partir de l’analyse a priori des situations d’attaque des séances 3, 4 et 5 et de l’activité du professeur lors de ces séquences. Dans un second temps nous présentons une synthèse des résultats relatifs aux huit élèves observés. La condensation des différentes données les concernant nous permet de les situer sur un continuum de comportements et d’intentionnalités en attaque. Dans un dernier temps, nous illustrons nos analyses à partir de l’étude de deux élèves, une fille et un garçon qui nous semblent emblématiques des constats effectués lors de cette étude.
 
ANALYSE A PRIORI DES DISPOSITIFS ET ACTIVITÉ ENSEIGNANTE DURANT LES SÉQUENCES ÉTUDIÉES
 
 
Une première étape de présentation des résultats consiste à rendre compte des enjeux de savoirs tels qu’ils sont proposés aux élèves dans les tâches d’apprentissage (analyse dite a priori). Elle consiste à effectuer une analyse des contraintes et des ressources des dispositifs proposés aux élèves. Elle croise le point de vue du didacticien qui « décortique la tâche » pour en repérer les effets susceptibles de se produire sur les élèves, et le point de vue du professeur qui indique lors des entretiens ante quel est son projet d’enseignement et son intention didactique pour chaque tâche. Le travail d’interprétation, qui consiste à reconstruire les significations données par le professeur et par les élèves aux moments qui scellent la relation didactique, suppose, en effet, la confrontation entre les possibles d’un dispositif donné (possibles mis en évidence par le biais des analyses a priori) et les effets observés du dispositif tel que réalisé (analyse a posteriori).
 
LES ENJEUX DE SAVOIRS PROPOSÉS AUX ÉLÈVES
 
 
L’analyse des planifications et des entretiens ante-cycle et ante-séances avec l’enseignant, ainsi que l’analyse a priori des situations mettent en évidence que l’objet d’enseignement « attaque » renvoie à la construction de l’attaque placée, désignée par la littérature comme ne valorisant pas les stéréotypes masculins des sports collectifs. Le savoir à enseigner relatif à l’attaque privilégie l’idée de précision et non d’attaque en puissance.
L’organisation de la classe est la suivante : les élèves jouent en deux contre deux, sur un demi-terrain. Le déroulement des séquences est à peu près identique dans les trois séances observées : le professeur met en place une situation didactique de base introduisant les contenus visés, puis la fait évoluer en ajoutant une (ou des) consigne(s) (cf. tableau 2).
L’analyse a priori des situations didactiques et leur évolution mettent en évidence les enjeux de savoirs ci-après :
- Séance 3 : Le savoir visé dans cette séquence concerne la relation entre le réceptionneur et son partenaire en fonction de la difficulté du service. La consigne proposée à R1 est de sauvegarder le ballon si le service l’oblige à un déplacement hors du cercle, en imposant une coopération défensive. Dans le cas d’un service facile (dans le cercle) R1 a le choix d’attaquer directement ou d’utiliser son partenaire. Le tracé au sol du cercle a pour but de matérialiser ce qui, pour R1 et R2, pourrait être un « service facile », mais le professeur laisse aux élèves le soin d’interpréter le milieu didactique ainsi construit puisque, jamais dans ses régulations, il n’intervient ni pour définir ce qui est un service facile ou difficile, ni sur les conséquences tactiques qui en dépendent. L’idée d’alternative est donc à construire par les élèves sans que pour cela les régulations effectuées ne leur donnent les moyens de contrôler la pertinence de leur action. L’agencement du milieu [3] est insuffisant pour que les élèves réalisent l’enjeu de savoir visé, de nature tactique.
- Séance 4 : La situation initiale, tout comme son évolution est organisées autour d’une situation de match. La variable de score semble, pour l’enseignant, avoir des vertus didactiques. Elle doit permettre aux élèves de trouver des raisons d’agir pour battre leur adversaire. Ceci se confirme en cours de séquence, lorsque l’enseignant introduit la règle des « 3 points », afin que les élèves visent les espaces où les adversaires ne puissent pas « toucher » le ballon. Le savoir visé « attaquer les espaces laissés libres » reste très allusif. Il n’est en tout état de cause pas explicité par l’enseignant. L’interdiction de renvoyer directement lors de la première touche, contribue à valoriser un jeu de coopération, déjà travaillé lors de la séance précédente. L’idée de progression didactique est très forte chez l’enseignant (entretien post-cycle), mais reste peu explicite pour les élèves. La consigne « choix de trois ou cinq passes pour attaquer dans les meilleures conditions » indique que pour cet enseignant l’augmentation du nombre de touches de balle est une variable didactique facilitante pour aider à la construction d’attaque.
- Séance 5 : les consignes données aux défenseurs (occuper un demi-terrain, puis dans l’évolution « aller toucher une ligne latérale ») ont pour visée didactique d’accentuer la notion d’espace laissé libre, afin d’aider les élèves à prendre des informations sur l’adversaire. Mais la consigne libère un espace tellement important que le jeu risque de perdre tout enjeu (anticipation du didacticien).
Pour conclure, l’analyse a priori met en évidence que ce professeur organise la progression didactique d’une séance à l’autre. L’agencement des situations apparaît en première analyse comme étant globalement en cohérence avec l’intention didactique du cycle : « apprendre à attaquer en plaçant la balle ». L’objet d’enseignement focalise aussi sur des savoir-faire collectifs visant la coordination des actions lors de la construction d’attaque. Examinons maintenant la façon dont le professeur intervient dans la phase interactive.
 
L’ACTIVITÉ DU PROFESSEUR PENDANT LES SÉQUENCES
 
 
L’étude des interactions didactiques du point de vue de l’action du professeur révèle un style d’enseignement identique pour les différentes séquences étudiées. Le professeur se déplace dans le gymnase (huit demi-terrains sont installés). Il rappelle les consignes initiales aux élèves, observe successivement les différents groupes, mais n’intervient pas beaucoup pour réguler l’activité des élèves confrontés aux différentes tâches. Le professeur a un profil d’action qui tend à laisser les élèves chercher des solutions par eux-mêmes. Ceci est confirmé par les différents entretiens menés avec l’enseignant : « leur donner pleins de consignes… c’est pas du tout mon genre… j’aime bien quand c’est le bazar… quand les élèves cherchent une solution par eux-mêmes » (entretien de fin de cycle). Nous interprétons cette façon de faire en considérant que ce professeur tend à déléguer à l’aménagement du milieu la fonction enseignante, ce qui relève de la « magie de la tâche » (Marsenach, 1991). Les tâches proposées aux élèves, dont l’analyse a priori souligne leur cohérence avec le projet du professeur, restent toutefois peu exploitées, car l’enseignant n’intervient pas beaucoup. Parmi les quelques interventions relevées, l’extrait présenté ci-après met bien en évidence le type de régulation de ce professeur qui se contente de renvoyer aux élèves certaines caractéristiques de l’organisation matérielle tout en les laissant autonomes. Lors de cet extrait, le professeur a un échange avec un groupe (G1) constitué de deux filles et deux garçons (parmi les huit observés) jouant en équipe non-mixte. Dans cette situation, les filles se trouvent en difficulté et pensent être incapables de viser la zone libre.
Discussion du professeur avec G1 : Situation 1 de la séance 5 (cf. tableau 2).
Le professeur explique à quoi sert la feuille de score. Les élèves disent qu’ils n’ont pas compris à quoi ça servait.
Laurent : mais y’aura 99 à 2 !
PROF : ouais, peut-être… mais pourquoi à 2 ?…elles aussi, elles sont capables de mettre dans la zone où vous êtes pas !
Rires de Anne-Cécile et Yolène : non
PROF : ah bon ?
Anne-Cécile : ben, on a pas encore compris
PROF : pourquoi vous n’avez pas fait un garçon / une fille ? Ça aurait été mieux
Groupe… ben…
Le professeur change alors de groupe
L’enseignant refuse de considérer que les filles soient plus faibles, mais suggère que les élèves auraient dû mixer leurs équipes. Cette interaction relève d’une tentative de régulation qui n’aboutit pas vraiment, alors qu’elle aurait sans doute modifié l’équilibre du rapport de force entre les deux équipes.
 
L’ÉTUDE DES COMPORTEMENTS DES HUIT ÉLÈVES OBSERVÉS
 
 
L’analyse croisée de leur activité dans les tâches (analyse vidéo de leurs comportements) et des entretiens (au vol et post-cycle) nous a permis de catégoriser leurs actions, selon trois catégories elles-mêmes rapportées aux enjeux de savoir. Nous avons ainsi pu identifier quelles étaient leurs intentions de conservation de la balle pour jouer collectif (continuité), leurs intentions tactiques d’attaque, et la façon dont ils prenaient en considération le fait de compter les points. Les résultats montrent des différences entre les élèves du point de vue comportemental (intention/action d’attaque), dans le discours (importance de gagner ou non), et dans les modalités de transformation des contraintes initiales de la tâche. Le tableau ci-après condense l’ensemble des données. Il nous permet de situer les huit élèves selon leur intentionnalité d’attaque. (voir tableau 3)
IMGIMGIMGIMF

D’une manière générale l’analyse met en évidence que les élèves n’attribuent pas le sens donné par le professeur à l’aménagement du milieu. Une première explication réside dans le fait que ce professeur débutant délègue aux situations didactiques la fonction enseignante. De ce fait le contrat didactique repose sur un malentendu, d’autant que les variables de situation dont l’enseignant pense (entretien ante) qu’elles sont suffisantes à produire les apprentissages visés sont inégalement interprétées par les élèves. En première appréciation, il apparaît que les filles (et plus particulièrement Anne-Cécile) semblent s’inscrire le plus souvent dans une optique de renvoi du ballon, s’engagent plutôt dans un jeu de continuité et non de rupture de l’échange, privilégiant ainsi certaines consignes de tâches impliquant la coopération. Cependant, il faut nuancer cette affirmation à partir de l’observation de leurs comportements en jeu, car les filles jouent différemment selon le sexe de leur partenaire. Lorsqu’elles jouent avec un garçon, elles essaient de jouer davantage dans une logique d’attaque, ou tout du moins, dans une logique de balle placée, ce qui était le but du professeur. Les garçons ont en général des actions plus offensives, sont plus mobiles, font des smashs, détournent davantage les consignes initiales (exemple dans la situation 2 de la séance 5, R2 doit commencer dehors, mais les garçons ne ressortent jamais du terrain). Ils semblent s’inscrire dans une optique de rapport de force et cherchent la plupart du temps la rupture de l’échange, même s’ils sont mal placés (à des degrés variables selon les élèves). Globalement ces observations sembleraient confirmer les résultats des travaux précédemment cités (Davisse & Louveau, 1991 ; Tanguy, 1992).
Cependant l’étude fine des différents élèves dans les trois séances nous permet d’avancer l’idée que leur engagement dans le contrat didactique se fait différentiellement, évolue au fil des interactions et se joue en situation, en fonction des partenaires et des adversaires rencontrés. Nous pensons que ces constats ne sont pas sans liens avec la notion de « réseau de compétence » et de distribution tacite de rôles et de fonctions au sein d’une équipe d’élèves (Gréhaigne, Billard & Laroche, 1999, 94). Ainsi, au fil des séquences, Bastien et Fabien développent parfois des attaques placées plutôt que des attaques smashées (ce qui est conforme aux attentes du professeur). Nos observations montrent aussi que les élèves, qu’ils soient filles ou garçons, ne décodent pas de la même façon les tâches qui leur sont proposées. Ils en valorisent, en fonction de leur position de genre, telle ou telle dimension, confortés en cela par le fait que le professeur n’intervient jamais pour préciser ce qu’il attend d’eux/elles. Le traitement des différents corpus a permis d’identifier trois profils d’élèves se différenciant progressivement vis-à-vis des enjeux de savoirs visés : Anne-Cécile organise son activité dans une logique de jeu de renvoi ; Yolène, Laurent, Mathilde, et Olivier, sont capables de choisir entre sauvegarder le ballon ou attaquer efficacement le camp adverse en fonction de ce qui se passe en jeu ; enfin à des degrés divers Fabien, Bastien puis Clément semblent s’inscrire dans une logique de gestion en puissance du rapport de force en attaque. Ils se distribuent sur un continuum opposant les stéréotypes sexués des sports collectifs, marquant ainsi leur position de genre.
IMGIMGIMGIMF

L’activité intentionnelle à l’attaque des huit élèves observés se différencie donc en fonction de leur vécu tout au long du cycle et ne recoupe pas les comportements stéréotypés habituellement décrits (les deux extrêmes du continuum). On a cependant remarqué que les garçons paraissent arriver à une plus grande maîtrise de la logique de l’attaque - reliée à une plus grande maîtrise technique - par rapport aux filles. Ainsi, Anne-Cécile organise son activité dans une logique de jeu de renvoi, logique qui s’apparente plutôt aux stéréotypes féminins des sports collectifs. À l’opposé sur ce continuum, Bastien, Fabien et plus encore Clément [4] sont dans une logique de gestion du rapport de force en attaque. Ce qui nous paraît intéressant, c’est le groupe mixte de quatre élèves [Laurent, Yolène, Olivier et Mathilde] qui se rapprochent le plus de l’intention didactique du professeur. Ces quatre élèves sont dans une logique « d’alternative » d’attaque. C’est-à-dire qu’en fonction de ce qui se passe en jeu, ils sont capables de choisir entre la sauvegarde du ballon ou l’attaque « efficace » du camp adverse. Nous pensons que ce groupe d’élèves mérite qu’on s’y attache, car l’analyse de leurs comportements d’un point de vue didactique permet d’affiner les processus différenciateurs à l’œuvre en EPS. En nous appuyant sur les travaux de Sarrazy (1996), nous pensons que ces processus s’étayent à des arrière-plans susceptibles d’activer certains modes d’entrée dans les situations et donc de soutenir les dynamiques différentielles qui président aux négociations du contrat didactique (Schubauer-Léoni, 1996, 2002). Nous faisons l’hypothèse que ces trois profils d’élèves renvoient à des positions de genre différentes, ce qui les amènent à activer plus ou moins telle ou telle dimension des tâches d’attaque. Ne pouvant développer plus longuement ces huit cas compte tenu de la taille de cet article, nous avons choisi de retenir deux cas particuliers illustrant, selon nous, les phénomènes différentiels d’engagement dans le contrat didactique.
 
ÉTUDE DE DEUX CAS D’ÉLÈVES
 
 
Pour illustrer les résultats esquissés ci-dessus, nous développons plus longuement les cas de Mathilde et Laurent qui se situent au même niveau de compréhension de la logique d’attaque : en fonction de ce qui se passe dans le jeu, ils sont capables de choisir entre sauvegarder le ballon et attaquer efficacement le camp adverse. L’intérêt de l’analyse réside dans le fait que les « dynamiques contractuelles » qui expliquent leurs positions sont susceptibles d’expliquer leur engagement différentiel :
- Ces deux élèves pratiquent un sport duel (Mathilde fait du tennis) ou collectif (Laurent fait du rugby) en dehors de l’école. Nous pensons que cela leur a permis de mieux s’approprier la logique d’attaque du volley-ball et de décoder le contrat didactique qui leur était proposé, notamment la notion de rupture de l’échange en balle placée. D’un point de vue comportemental, parmi les huit élèves observés, Mathilde est l’élève la plus mobile, et Laurent est le plus statique des garçons de ce groupe alors que lors de l’entretien post-cycle, il dit qu’en volley-ball « on bouge beaucoup, que ça défoule ».
- Nous avons observé que lorsqu’on demande ce qu’il faut faire dans les différentes situations (entretiens au vol), Mathilde répète consciencieusement les consignes données par le professeur, elle a une attitude assez scolaire. Par exemple lors de l’entretien de fin de cycle à la question « si tu devais raconter la séance 5 à une copine absente, que lui dirais-tu ? », elle énumère les consignes données par l’enseignant (service, les différents placements et déplacements, le comptage des points…). Concernant la consigne « obligation de remplir une feuille de score », l’analyse de la bande vidéo montre qu’elle est la seule élève des huit élèves observés qui a rempli cette fiche, comme le demandait l’enseignant en notant le nombre de points par équipes après chaque échange. En revanche, lors de l’entretien de fin de cycle, à la question « quelles étaient les consignes de la séance 5 », Laurent n’est capable d’évoquer que des généralités (« on a pas le droit de jouer au pied ») et quelques règles du jeu. Lors de la situation 2 de la séance 5, Laurent a joué avec une fille et a mis en place une stratégie de détournement des consignes : ils attendaient le dernier moment, gesticulaient pour perturber leurs adversaires. L’enregistrement audio nous révèle que Laurent intervient plusieurs fois en disant : « bon maintenant on va faire pleins de gestes, comme ça ils sauront pas où on va…(rires) ». Ces constats soulignent que cet élève détourne les consignes dans un but ludique et pour jouer le plus possible. Ils pointent une attitude bien moins « scolaire » que celle de Mathilde.
- Nous avons aussi noté l’influence du « sexe » du partenaire sur les comportements dans les tâches. Par exemple, Mathilde a tout le temps joué avec le même garçon, et contre des garçons. Laurent a surtout joué avec ou contre des filles. Il jouait différemment selon le sexe de son partenaire et ses adversaires. Lorsqu’il jouait contre des filles, il était plutôt dans un rôle de passeur pour son partenaire garçon, mais quand il a joué avec une fille, il était plutôt dans le rôle de l’attaquant (augmentation du nombre des renvois directs chez l’adversaire, même en position défavorable). Nous pensons que Laurent prenait de l’assurance lorsqu’il jouait avec une fille, jugeant qu’il devait prendre le jeu à son compte en choisissant le rôle d’attaquant (Gréhaigne, Billard & Laroche 1999).
L’observation sur la durée du cycle permet de prendre en compte les effets de ces comportements sur les apprentissages. Ainsi, le comportement de Mathilde qui, au début du cycle s’apparentait plutôt au stéréotype féminin du volley-ball (renvoyer le ballon) a évolué. En fin de cycle, même si elle endossait souvent le rôle de passeuse, elle saisissait les opportunités d’attaque du camp adverse dès que celles-ci se présentaient à elle [lors de l’entretien elle précise : « suivant comment je suis placée, soit je lui refais une passe pour qu’il tape, enfin, qu’il l’envoie de l’autre côté, soit, je l’envoie direct »]. En revanche, tout au long du cycle, Laurent renvoie la balle dès qu’il peut, sans se préoccuper de ce qui se passe chez l’adversaire, ni de son positionnement sur le terrain. Ainsi, Mathilde tire profit plus que ne le fait Laurent des situations d’apprentissage. Elle réussit à entrer dans une logique de l’attaque telle que visée par le professeur (logique d’opportunité de rupture de l’échange dans l’espace libre). Ses conduites ont évolué au cours du cycle, en rapport avec le contexte de jeu.
Au terme de cette analyse, Laurent rend compte des comportements des garçons du groupe tout au long du cycle : il cherchait à marquer le plus de points rapidement… mais pas toujours dans les meilleures conditions. Comme la plupart des garçons, il développe une certaine indépendance vis-à-vis des attentes de l’enseignant. Les filles quant à elles semblent davantage respecter les consignes, sans toujours repérer le sens des savoirs d’attaque visés par le professeur.
 
DISCUSSION ET CONCLUSION
 
 
Notre étude suggère que les positions de genre s’actualisent dans l’activité en classe, par des effets du contexte (ici les partenaires et les adversaires), par des effets d’arrière-plans tels que les représentations de l’attaque efficace, l’attitude scolaire, l’expérience ou non d’une activité physique. Ces arrière-plans sont des médiateurs importants de la dynamique contractuelle à l’œuvre dans le système didactique (Schubauer-Léoni, 1996, Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002). Ils s’expriment au travers d’une plus ou moins grande sensibilité au contrat didactique formel tel qu’initié par le professeur (Sarrazy, 1996).
Ainsi, dans cet enseignement sous forme de tâches ouvertes, une certaine différenciation des élèves du point de vue de leur position de genre apparaît. Tous n’exploitent pas les opportunités des tâches de la même façon, alors même que ces élèves étaient jugés de niveau équivalent par le professeur au début du cycle. Il convient cependant de noter que les constats effectués ne peuvent être réduits à une différenciation stricte entre filles et garçons, puisque quatre élèves (deux filles et deux garçons) réussissent à des degrés divers à rejoindre les intentions didactiques du professeur, au fil du cycle. Les conduites observées chez les élèves, relatives aux savoirs enseignés et à l’action du professeur nous permettent d’avancer l’idée d’arrière-plans explicatifs de l’engagement des élèves dans les situations didactiques. Nous empruntons cette notion d’arrière-plan à Sarrazy (1996) qui met en évidence que c’est sur l’arrière-plan que s’élabore, se modifie ou se « colore » l’activité d’apprentissage de l’élève. Au-delà de la différence de sexe notre étude suggère que l’activité intentionnelle d’attaque des huit élèves observés dans les interactions didactiques se différencie en fonction de leur vécu tout au long du cycle ; selon leur attitude (très ou faiblement) scolaire ; en fonction des coopérations filles/garçons en contexte de jeu, mais aussi en fonction d’arrière-plans, qui selon leur position de genre et leurs expériences extrascolaires les amènent à négocier de façon différentielle les exigences (supposées ou réelles) des situations qui leur sont proposées. Ceci nuance les explications habituellement développées quant aux inégalités de sexes en EPS, en introduisant l’idée que tout ne peut être résumé à des effets de discrimination, fussent-elles inconscientes chez les enseignant/e/s. L’analyse micro didactique suggère en outre que, dans ce type d’enseignement, certaines filles tirent profit de l’enseignement de l’éducation physique en mixité. Au terme de cette étude, nous pensons que la compréhension en profondeur des inégalités scolaires selon les sexes en EPS, nécessite de ne pas réduire l’analyse à une opposition caricaturale des filles et des garçons selon des interprétations en terme de stéréotypes sexués. En effet, nous avons montré qu’en situation effective, les élèves entrent dans les dispositifs didactiques selon des modalités variables qui sont à l’origine du sens donné aux situations didactiques, et se cristallisent sous forme de contrats didactiques différentiels (Schubauer-Léoni, 1987).
Ceci nous amène à reconsidérer la question de la construction des inégalités de sexe en EPS. Les différences observées ne sont pas seulement influencées par les habitudes scolaires, ou les stéréotypes dominants, elles sont liées aux interactions didactiques, au cours desquelles des phénomènes de co-construction entre professeurs et élèves vis-à-vis des savoirs enseignés, sont susceptibles d’apporter des informations sur les processus à l’origine des réussites contrastées des filles et des garçons. La contribution de notre recherche à la problématique des inégalités scolaires selon les sexes s’inscrit dans les perspectives ouvertes par Mosconi (2001), qui indique « que, si l’on veut analyser la manière dont les enseignant/e/s traitent les filles et les garçons dans les classes, il faut entrer dans des analyses très fines de la vie quotidienne des classes et des interactions didactiques. Les différences, voire les inégalités de traitement des élèves selon leur sexe (mais aussi leur origine sociale et leur position scolaire), passent par des éléments extrêmement ténus et invisibles en dehors d’une analyse très précise, incluant le point de vue didactique ».
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Amade-Escot, C. (1996). L’observation des activités didactiques en éducation physique et sportive : aspects méthodologiques. Impulsions, 2, 75-98.
·  Amade-Escot, C. (1998). Apport des recherches en didactique à l’analyse de l’enseignement de l’EPS. Une étude de cas : le contrat, in C. Amade-Escot, J.P. Barrué, J.C. Bos, F. Dufor, M. Dugrand, & A. Terrisse (Eds.). Recherches en Éducation Physique et Sportive : Bilan et perspectives. Paris, Revue EPS, 253-266.
·  Amade-Escot, C. (Ed.) (2003). Didactique de l’éducation physique – État des recherches. Paris, Éditions de la revue EPS.
·  Amade-Escot, C., et Léziart, Y. (1996). Contribution à l’étude de la diffusion de propositions d’ingénierie didactique auprès de praticiens. Analyse de cas d’enseignants d’éducation physique et sportive volontaires. Rapport scientifique. Recherche INRP, N° 30506, Mai.
·  Amans-Passaga, C. (1997). Prise en compte de l’adversité en volley-ball : Essai-évaluation d’un objet d’entraînement. Thèse de Doctorat non publiée, LEMME, Toulouse.
·  Artigue, M. (1988). Ingénierie didactique. Recherches en didactique des mathématiques, 9/3, 283-307.
·  Belotti, E. (1974). Du côté des petites filles. Paris, Édition des femmes.
·  Bem, S.L. (1974). The measurement of psychological androgyny. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 42/2, 155-162.
·  Bergé F., Croiset P., Marion M. & Pézelier P. (2000). Les filles et les garçons, c’est différent ? (Construction d’outils didactiques en EPS visant à réduire l’écart de notation entre filles et garçons). INRP, Programme National d’Innovation n° 3, 1999/20001.
·  Brousseau, G. (1978). L’observation des activités didactiques. Revue Française de Pédagogie, 45, 30-139.
·  Brousseau, G. (1988). Le contrat didactique : le milieu. Recherches en Didactique des Mathématiques, 9/3,309-336.
·  David, B. (1995). Rugby mixte en milieu scolaire. Revue Française de Pédagogie, 110, 51-61.
·  David, B. (2000). EPS : la certification au baccalauréat. Paris, INRP.
·  Davisse, A (1999). « Elles papotent, ils gigotent ». L’indésirable différence des sexes… Ville, École Intégration, 116, 185-198.
·  Davisse, A. (2000). EPS : réussite des filles et mixité, in F. Vouillot. Filles et garçons à l’école : une égalité à construire. Autrement dit. CNDP.
·  Davisse, A. & Louveau, C. (1991). Sports, école, société : la part des femmes. Paris, Actio.
·  Duru-Bellat, M. (1995). Filles et garçons à l’école : approches sociologiques et psycho-sociales. Revue Française de Pédagogie, 109 [111-147], 110 [75-109].
·  Duveen, G. (1999). Le développement des représentations sociales chez les jeunes enfants : un exemple, le genre, in M-L Rouquette, & C. Garnier (Eds.). La genèse des représentations sociales. Montréal, Éditions nouvelles. 114-241.
·  Evans, J. & Clarke, G. (1988). Changing the Face of Physical Éducation. J. Evans (Ed.) Teachers, Teaching and Control in Physical Éducation. Lewes, Falmer Press. 125-143.
·  Flintoff, A. (1990). ‘Equal Opportunities and Assessment of the National Curriculum in Physical Éducation: Part One’. British Journal f Physical Éducation 21(4), 408-411.
·  Flintoff, A. (1993). ‘Gender, Physical Éducation and Initial Teacher Éducation’, in J. Evans (Ed.) Equality, Éducation and Physical Éducation, London, Falmer Press. 184-204.
·  Fontayne, P., Sarrazin, P. & Famose, J-P. (2000). The Bem Sex-Role Inventory : validation of a short-version for French Teenagers. European Review of Applied Psychology, 50/4, 405-416.
·  Fontayne, P., Sarrazin, P., & Famose, J-P. (2001). Les pratiques sportives des adolescents : une différenciation selon le genre. STAPS, 55, 23-27.
·  Gréhaigne, J-F., Billard, M., & Laroche, J-Y. (1999). L’enseignement des sports collectifs à l’école. Paris : De Boeck.
·  Harris, J. & Penney, D. (2000). Gender issues in health-related exercise. European Physical Éducation Review. 6/3, 249-273.
·  Héritier, F. (1996). Masculin / Féminin. La pensée de la différence. Paris, Odile Jacob.
·  Huberman, M. & Miles, M.B. (1991). Analyse des données qualitatives : recueil de nouvelles méthodes. Bruxelles, De Boeck.
·  Laberge, S. (1994). Pour une convergence de l’approche féministe et du modèle conceptuel de Bourdieu. STAPS, 35, 51-63.
·  Loquet, M., Amade-Escot, C. (2000). Méthodologie de recherche en didactique. Communication orale au colloque ARIS. 14 au 16 décembre 2000, Grenoble.
·  Louveau, C. (1986). Talons aiguilles et crampons alu. Les femmes dans les sports de tradition masculine. Paris, INSEP-SFSS.
·  Louveau, C. (2003). Sportives sous conditions. Le Monde diplomatique. Manière de Voir, 68, 12-15.
·  Marsenach, J. (1991). EPS : quel enseignement ? Paris, INRP.
·  Marsenach, J. (1995). EPS au collège et volley-ball. Paris, INRP.
·  Mennesson, C. (2000). Des femmes au monde des hommes : la construction de l’identité des femmes investies dans des sports « masculin ». Thèse de Doctorat non publiée. Université de Paris V, Paris.
·  MEN. (1989). Loi d’orientation sur l’éducation. 10 juillet 1989.
·  MEN. (2000). « Programmes des enseignements de la classe de seconde générale et technologique : Éducation Physique et Sportive ». BO HS 6 du 31 août.
·  Mosconi, N (2003). Rapport au savoir et division socio-sexuée des savoirs à l’école, La Lettre du GRAPE, 51,31-38.
·  Motta, D. (1999). Enseigner le masculin-féminin : la part du corps. Revue Agora, 18, 59-68.
·  Penney, D. (2002). Gender and Physical Éducation. London, Routledge.
·  Sarrazy, B. (1996). La sensibilité au contrat didactique. Rôle des arrière-plans dans la résolution de problèmes d’arithmétiques au cycle 3. Thèse de doctorat non publiée, Université de Bordeaux II, Bordeaux.
·  Schubauer-Léoni, M.L. (1987). Le contrat didactique dans une approche psychosociale des situations d’enseignement. in R. Amigues, Y. Chevallard, S. Johsua, J-L. Paour & M-L. Schubauer-Léoni (Eds.). Le contrat didactique : différentes approches. Interactions didactiques, 8, 63-77.
·  Schubauer-Léoni, M.L. (1996). Étude du contrat didactique pour des élèves en difficulté en mathématiques. Problématique didactique et/ou psychosociale, in C. Raisky & M. Caillot (Eds.), Au-delà des didactiques la didactique : débats autour de concepts fédérateurs. Bruxelles, De Boeck, 159-189.
·  Schubauer-Léoni, M.L. (1998). Les sciences didactiques parmi les sciences de l’éducation : L’étude du projet scientifique de la didactique des mathématiques. Raisons Éducatives, 1/2, 329-352.
·  Schubauer-Léoni, M-L. (2002). Didactique comparée et représentations sociales, in J-C. Sallabery, & G. Sensevy (Eds), L’année de la recherche en sciences de l’éducation : des représentations. Paris : AFIRSE. 127-149.
·  Schubauer-Léoni, M.L. & Leutenegger, F. (2002). Expliquer et comprendre dans une approche clinique/expérimentale du didactique ordinaire, in F. Leutenegger, & M. Saada-Robert, (Eds). Expliquer et comprendre en sciences de l’éducation. Bruxelles, De Boeck. 227-251.
·  Scraton, S. (1986). Images of Femininity and the teaching of Girls Physical Éducation, in J., Evans, (Ed.) Physical Éducation, Sport and Schooling: Studies in the Sociology of Physical Éducation, Lewe, Falmer Press, 71-94.
·  Scraton, S. (1987). Boys muscle in Where Angels Fear to Tread: Girls’ Sub-cultures and Physical Activities, in J. Horne & A. Tomlinson, (Eds.). Sport, Leisure and Social Relations. London, Routledge & Kegan Paul, 160-186.
·  Scraton, S. (1992). Shaping Up to Womanhood : Gender and girl’s physical education. Milton Keynes, Open University Press.
·  Selinger, A. & Ackerman-Blount, J. (1992). Power volleyball. Paris: Vigot
·  Tanguy, G. (1992). Le volley : un exemple de mise en œuvre didactique. Échanges et controverses, 4, 7-20.
·  Thépaut, A. (2002). Échec scolaire et éducation physique et sportive à l’école élémentaire. Étude des interactions maître-élèves dans la construction des savoirs. L’exemple de l’apprentissage de la passe en basket-ball. Thèse de Doctorat non publiée. Université de Rennes 2, Rennes.
·  Verscheure, I. (2001). Analyse exploratoire des contrats didactiques en relation avec la différence des genres : le cas de l’attaque en volley-ball. Mémoire de DEA en Sciences de l’Éducation non publié, Université Toulouse Le Mirail, Toulouse.
·  Wright, J. (2000). Revisiting gender equity in physical education. AERA Annual Meeting, April, New Orleans, LA.
 
NOTES
 
[1](p. 8). La notion de « carottage » chez ces auteures renvoie à une métaphore géologique et non statistique. Elle considère que seul l’enseignant/e est habilité/e, du fait de sa connaissance de la classe, à désigner les élèves « censés suivre, comme attendu, le travail demandé à la classe » (Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002, 243).
[2](p. 8) Dans le cadre de cet article, il est difficile de développer davantage ces aspects, nous renvoyons le lecteur à Verscheure (2001).
[3](p. 12) Rappelons le principe méthodologique qui consiste à suspendre le jugement de valeur sur l’enseignement en terme de bons ou mauvais enseignements pour ne s’intéresser dans l’analyse a priori qu’à l’exploration du modèle sous-jacent à l’activité qui sera observée (Schubauer-Léoni & Leutenegger, 2002, 242).
[4](p. 15). Clément, élève situé le plus à gauche sur le continuum, pratique le volley-ball à l’extérieur. Tout laisse penser qu’une élève fille ayant la même expérience extrascolaire pourrait se situer sur le même segment de continuum.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
(p. 8). La notion de « carottage » chez ces auteures renvoi...
[suite] Suite de la note...
[2]
(p. 8) Dans le cadre de cet article, il est difficile de dé...
[suite] Suite de la note...
[3]
(p. 12) Rappelons le principe méthodologique qui consiste à...
[suite] Suite de la note...
[4]
(p. 15). Clément, élève situé le plus à gauche sur le conti...
[suite] Suite de la note...