2005
STAPS
Activité musculaire des membres inférieurs en course à pied sur le
plat
Christine Hanon
Laboratoire de biomécanique et de physiologie, DSS,
INSEP
11 avenue du Tremblay
75012 Paris
Tél. : 01 41 74 41 65
Fax : 01 41 74 45 35
Courriel :
christine.hanon@insep.fr
Cet article a pour objectif principal de décrire l’activité des
principaux muscles des membres inférieurs dans la course à pied sur le plat.
L’examen de la littérature à ce sujet permet de mettre en avant le fait que les
muscles mono-articulaires sont activés une seule fois au cours du cycle de la
foulée (vastus lateralis, gluteus maximus). Les muscles bi-articulaires sont
activés deux fois : quelle que soit la vitesse pour le biceps femoris et une ou
deux fois selon la vitesse pour le rectus femoris et le gastrocnemius. De ce
fait, certains muscles sont activés fortement mais brièvement (gastrocnemius,
vastus lateralis), d’autres sont activés faiblement mais longtemps (tibialis
anterior) et d’autres encore tels que le rectus femoris et le biceps femoris
sont activés assez longuement et assez fortement.
L’élévation de la vitesse influe très largement sur ces données
en augmentant les niveaux d’activation et en modifiant peu ou prou les patterns
d’activation. Les conséquences liées à la fatigue se traduisent par une
augmentation du rapport temps de travail / temps de relaxation, et à une
augmentation du rapport EMGi / force. Enfin, les conséquences du niveau
d’expertise sur les patterns et niveaux d’activité, quoique peu abordées dans
la littérature, sont présentées dans leur lien avec le coût énergétique et dans
l’évolution de ces patterns avec la fatigue.
Mots-clés :
course, activité musculaire, membres inférieurs, vitesse, fatigue, expertise.
The primary objective of this article is to describe the main
muscle activity of the lower limbs during flat running. The examination of the
literature on this subject emphasizes the fact that the mono-articular muscles
are only once activated during the stride cycle (vastus lateralis, gluteus
maximus). The bi-articular muscles are activated twice: whatever the speed for
the biceps femoris and once or twice depending on the speed for the rectus
femoris and the gastrocnemius. From this, certain muscles are activated
strongly but briefly (gastrocnemius, vastus lateralis), while others are
activated weakly but for a long time (tibialis anterior) and others still, such
as the rectus femoris and the biceps femoris are activated long and strongly.
Raising the speed has a significant impact on these data by increasing the
levels of activation and by modifying more or less the activations patterns.
The consequences of fatigue result in an increase in the ratio period of work /
period of relaxation, as well as in an increase in the relationship EMGi /
Force. Finally, the consequences of the level of expertise on patterns and
levels of activity, although discussed only infrequently in the literature, are
presented in relation to their role with regard to both the energetic cost and
the evolution of these patterns with fatigue.
Keywords :
running, muscular activity, lower limbs, speed, fatigue, expertise.
Dieser Überblicksartikel hat zum Hauptziel, die Aktivität der
wesentlichen Muskeln der unteren Extremitäten beim Laufen auf flachem
Untergrund zu beschreiben. Ein diesbezügliches Literaturstudium erlaubt es
hervorzuheben, dass die über nur ein Gelenk führenden Muskeln nur einmal
während des Schritt-Zyklus aktiviert werden (vastus lateralis, gluteus
maximus). Die über zwei Gelenke führenden Muskeln werden zweimal aktiviert:
unabhängig von der Geschwindigkeit für den biceps femoris und ein- oder
zweimal, je nach Geschwindigkeit für den rectus femoris und den gastrocnemius.
Deshalb werden einige Muskeln kräftig aber kurz aktiviert (gastrocnemius,
vastus lateralis), andere schwach aber lange (tibialis anterior) und andere,
wie der rectus femoris und der biceps femoris, werden ziemlich lange und
ziemlich stark aktiviert. Die Erhöhung der Geschwindigkeit beeinflusst stark
diese Gegebenheiten, indem sie das Niveau der Aktivierung erhöht und mehr oder
weniger die Aktivierungsmuster modifiziert. Folgen der Ermüdung zeigen sich
durch eine Erhöhung des Verhältnisses von Arbeitszeit zur Entspannungszeit und
des Verhältnisses EMGi zur Kraft. Schließlich werden die Konsequenzen
hinsichtlich des Fertigkeitsniveaus auf die Muster und des Leistungsniveaus auf
die energetischen Kosten sowie die Entwicklung dieser Muster während der
Ermüdung dargestellt, obwohl diese in der Literatur kaum angesprochen
werden.
Schlagwörter :
Laufen, Muskelaktivität, untere Gliedmaßen, Schnelligkeit, Ermüdung, Fertigkeitsniveau.
Questa rassegna ha l’obiettivo principale di descrivere
l’attività dei principali muscoli degli arti inferiori nella corsa a piedi sul
piano. L’esame della letteratura su questo argomento permette di mettere in
avanti il fatto che i muscoli mono-articolari sono attivati una sola volta nel
corso del ciclo della falcata (vasto laterale, grande gluteo). I muscoli
bi-articolari sono attivati due volte: quale che sia la velocità per i bicipiti
femorali e una o due volte secondo la velocità per il retto femorale e per il
gastrocnemio. Da questo fatto certi muscoli sono attivati fortemente ma
brevemente (gastrocnemio, vasto laterale), altri sono debolmente attivati ma
lungamente (tibiale anteriore) ed altri ancora come il retto femorale e il
bicipite femorale sono attivati abbastanza lungamente e fortemente.
L’aumento della velocità influisce molto largamente su questi
dati aumentandone i livelli di attivazione e modificandone più o meno i pattern
d’attivazione. Le conseguenze legate alla fatica si traducono in un aumento del
rapporto tempo di lavoro / tempo di rilassamento, e con un aumento del rapporto
EMGi/forza. Infine, le conseguenze del livello di expertise sui pattern e
livelli d’attività, sebbene poco affrontate nella letteratura, sono presentate
nel loro legame con il costo energetico e nell’evoluzione di questi pattern con
la fatica.
Parole chiave :
arti inferiori, attività muscolare, corsa, expertise, fatica, velocità.
Esta revisión de pregunta tiene por objetivo principal describir
la actividad de los principales músculos de los miembros inferiores en la
carrera a pie sobre plano. Respecto de este tema, el examen de la literatura
permite de adelantar el hecho que los músculos mono-articulares son activados
una sola vez en el curso del ciclo de la zancada (vastus lateralis, gluteus
maximus). Los músculos bi-articulares son activados 2 veces: cualquiera que sea
la velocidad para el biceps femoris y una o dos veces según la velocidad por el
rectus femoris y el gastrocnemius. De ese hecho ciertos músculos son activados
fuertemente pero brevemente (gastrocnemius, vastus lateralis), otros son
activados débilmente pero largo tiempo (tibialis anterior) y otros tal como el
rectus femoris y el biceps femoris son activados bastante larga y
fuertemente.
La elevación de la velocidad influye largamente sobre esos datos
aumentando los niveles de activación y modificando poco o parte los patrones de
activación. Las consecuencias ligadas al cansancio se traducen por un aumento
de la relación tiempo de trabajo/tiempo de relajación y a un aumento de la
relación EMGi/fuerza. Finalmente, las consecuencias del nivel del peritaje
sobre los patrones y niveles de actividad aunque poco abordados en la
literatura son presentados en su relación con el costo energético y en la
evolución de esos patrones con el cansancio.
Palabras claves :
carrera, actividad muscular, miembros inferiors, rapidez, cansancio, peritaje.
L’objet de cette présentation est de décrire les activités
musculaires des principaux muscles des membres inférieurs au cours de la course
sur le plat en centrant les informations sur 4 points :
- période d’activité (situer l’activité musculaire dans le
cycle de la foulée) ;
- durée d’activité (en valeur absolue soit en msec et/ou en
valeur relative, soit en % de la durée du cycle de la foulée) ;
- le niveau d’activité (exprimé en % d’un niveau d’activité
musculaire maximale) ;
- modes de contraction musculaire mis en évidence au cours
des différentes phases de la foulée.
Dans un second temps, l’influence de la vitesse, de la fatigue
et de l’expertise sur les 3 premiers points sera examinée.
Ces données ont pu être établies par l’examen de la littérature
sur ce sujet. Exception faite de l’analyse des modes de contraction musculaire,
toutes sont basées sur la technique de recueil des données électromyographiques
(EMG).
1.1. Différentes phases de la foulée
Avant de procéder à l’analyse des activités musculaires, il
paraît nécessaire de préciser les différentes phases de la foulée, qui
permettront de les situer dans le temps (figure 1).
Figure 1
Description des différentes phases de la foulée
1.2. Caractéristiques générales des muscles étudiés
Afin de préciser les différentes phases articulaires de la
foulée (flexion plantaire et dorsale de la cheville, flexion et extension du
genou, flexion et extension de la hanche), cette présentation est basée sur une
synthèse de l’activité des muscles des compartiments antérieurs et postérieurs
aussi bien distaux que proximaux. La proportion de fibres de type II relevée
dans la littérature (Bouisset & Maton, 1995 ; Johnson
et al., 1973) est précisée ci-dessous
:
- le gastrocnemius (Ga) : 49 à 56 %
- le tibialis anterior (TA) : 27 à 40 %
- le biceps femoris (BF) : 33 %
- le vastus lateralis (VL) : 67 %
- le rectus femoris (RF) : 58 à 70 %
- le gluteus maximus (GM) : 48 %
On peut noter que certains de ces muscles (TA, VL, GM) sont
mono-articulaires et sont sollicités dans le cadre d’une seule fonction (ex. :
TA est un fléchisseur dorsal de la cheville), d’autres (Ga, BF, RF) sont
bi-articulaires et sont donc activés dans le cadre de la flexion d’une
articulation et de l’extension d’une autre (ex. : BF est activé au cours de la
flexion du genou et de l’extension de la hanche).
1.3. Périodes d’activité des différents muscles
La figure 2 résume à partir d’enregistrements
électromyographiques les caractéristiques temporelles d’activité de différents
groupes musculaires des membres inférieurs au cours d’un cycle de la foulée
(pose talon droit à pose talon droit suivante). Ces enregistrements ont été
analysés à 15 km.h-1. Il est
possible à partir de ces enregistrements d’observer un nombre variable de
bouffées d’activité au cours d’un cycle de foulée selon les muscles considérés.
En effet, il est repéré :
- 1 bouffée (Ga, VL, GM qui sont considérés comme des
muscles monophasiques)
- 2 bouffées (RF, BF qui sont donc des muscles bi-phasiques
en course)
- 2 à 3 bouffées (TA)
Il est à noter (figure 2 et figure 3) que tous ces muscles
sont activés fin PO3 et début PA, que PO1 est une phase de relaxation
musculaire sauf pour TA et RF. Enfin, on peut remarquer que les bouffées EMG
enregistrées en phase d’appui commencent toutes entre 70 et 180 millisecondes
avant la pose du talon au sol.
Figure 2
Enregistrement électromyographique des activités musculaires
en course sur tapis roulant
Ces enregistrements (Hanon et
al., soumis à publication) correspondent à 3 phases d’appui et 2
phases d’oscillation complètes à 15 km.h-1 déterminées par le signal on/off de
deux contacteurs placés sous le gros orteil et sous le talon droit des sujets.
Le signal « on » signifie qu’il y a contact au sol.
Figure 3
Activité musculaire de Ga, TA, VL, RF, BF au cours d’un
cycle de foulée réalisée à vitesse moyenne (15 km.h-1)
Les zones grisées représentent une activité plus ou moins
importante selon la couleur, gris clair = activité comprise entre 10 et 40 % du
niveau d’activation maximale recueilli en course pour le muscle considéré ( %
FVM), gris foncé = activité comprise entre 40 et 80 % FVM, noir = activité
comprise entre 80 et 100 % FVM).
1.4. Rôle, durée et niveau d’activité des muscles étudiés
Le rôle (R), la durée (DA), le niveau d’activité (NA) ainsi
que le mode d’activité (MA) seront précisés et quantifiés pour chaque muscle.
La présentation distingue les résultats obtenus pour des vitesses submaximales
inférieures à 25 km.h-1. Les
données issues d’études réalisées sur le sprint sont présentées dans le point
2.1. Les durées d’activités sont exprimées ici en % de la durée totale du cycle
de la foulée. Les degrés d’activité sont exprimés relativement à un niveau
d’activité considéré comme maximal et enregistré à l’occasion d’un effort
isométrique maximal.
La résistance isométrique est généralement proposée, soit par
opposition manuelle dont les conditions sont peu précisées dans la littérature,
soit sur des ergomètres spécifiques (Hanon et
al., sous presse). Le degré d’activité sera alors exprimé en % FVM
sous-entendu en % du niveau d’activité recueilli en situation isométrique
maximale.
Le mode d’activation est, quant à lui, déterminé par analyse
cinématographique à image rapide (Mann et
al., 1986) associée éventuellement à un passage sur plate-forme de
force (Méro & Komi, 1987) ou par électrogoniomètre (McClay
et al., 1990).
Gastrocnemius
R : Ga agit sur la
flexion du genou et sur la flexion plantaire (appelées parfois extension de la
cheville). Nummela et al. (1992)
soulignent le rôle majeur joué par ce muscle au cours de la propulsion dans la
course où il est actif dès la fin de la phase d’oscillation (PO3). Associé à
TA, il a pour rôle de stabiliser le pied dans une position adaptée à la prise
d’appui (McClay et al., 1990). Il
intervient aussi pour décélérer le tibia dans son mouvement vers
l’avant.
DA : D'après Reber
et al. (1993), Ga est activé à plus de
25 % de FVM, pendant 30 à 35 % de la durée du cycle de la foulée. Ceci est
confirmé par Mann et al. (1986). Sur
tapis roulant à 21 km.h-1,
cette durée correspond en moyenne à 233 + 48 msec et à 38 % du cycle de la foulée (Hanon
et al., sous presse).
NA : À 21 km.h-1, il correspond à 56 % de FVM (Hanon
et al., sous presse)
MA : Avant la pose du
pied (PO3), Ga intervient sur le mode isométrique pour stabiliser le pied puis
sur le mode excentrique pour décélérer le mouvement vers l’avant du pied. Une
contraction concentrique de Ga n’est observée en fin de phase d’appui qu’aux
vitesses les plus élevées (Elliot & Blanksby, 1979).
Tibialis
anterior
R : Sa fonction est de
relever le pied et de participer à la supination et adduction de la cheville.
Il est actif une grande partie du cycle de la foulée.
DA : Il semble selon
Reber et al. (1993) que le pattern du
TA soit particulier : en effet, ce muscle serait actif pendant 85 %. Hanon
et al. (sous presse) note même qu’à 21
km.h-1, ce muscle est activé
jusqu’à 90 % du cycle de la foulée soit pendant plus de 400 msec. Pour Reber
et al. (1993), les autres muscles
responsables du contrôle de la cheville ne seraient actifs que pendant 50 % du
cycle de la foulée.
Un temps de silence a été observé brièvement après la pose du
pied (Nilsson et al., 1985) et au
cours de la seconde moitié de l’appui (Mann & Hagy, 1980).
NA : Le pic d’activité
est mesuré au poser du talon. À partir de vitesses supérieures au jogging (et
non précisées par les auteurs), le TA n'est jamais activé à moins de 10 % de
son activité en situation de FVM. Aux vitesses supérieures au jogging, le TA
semble sollicité entre 20 et 50 % de FVM, avec des pics à 60 % aux vitesses les
plus rapides (Reber et al., 1993) ce
que confirme Hanon (Hanon et al., sous
presse) avec une valeur de 42 % à 21 km.h-1. La moyenne du niveau de l’activité à
des allures définies comme des allures d’entraînement est de 30 % de FVM (Reber
et al., 1993).
MA : Au moment du poser
du talon, TA est activé sur le mode excentrique pendant que l’avant-pied
descend vers le sol (selon Elliot & Blanksby, 1979). Quand le pied est à
plat sur le sol, TA semble activé sur le mode concentrique pour participer à
amener la jambe vers l’avant (McClay et
al, 1990). Pendant les phases d’oscillation, l’activité de TA semble
réalisée sur le mode excentrique puis, pour certains sujets, sur le mode
concentrique (Simonsen et al.,
1985).
Biceps Femoris
R : La longue portion de
ce muscle est classiquement définie comme un extenseur de la hanche et un
fléchisseur du genou par Simonsen et
al. (1985), Méro & Komi (1987), Bober & Mularez (1990),
McLay et al. (1987). Une fois le pied
posé au sol et le centre de gravité placé au-dessus du genou, les
ischios-jambiers étendent la hanche, tirant en même temps la cuisse vers
l’arrière (Steindler, 1964). À la pose du pied, les mises en jeu associées de
BF et de GM ont pour conséquence de minimiser la composante horizontale
freinatrice de la réaction du sol. Dans l’exemple proposé figure 4, l’activité
de BF au cours de la phase d’appui semble très limitée.
Figure 4
Durée et niveau d’activité des muscles étudiés
Les données représentées sont issues de résultats obtenus à
15 km.h-1. Les périodes
d’activation correspondent à la détection d’un signal électromyographique pris
en compte lorsqu’il est supérieur ou égal à 10 % du pic de l’enveloppe de la
bouffée considérée.
Au moment où le pied quitte le sol, la contraction des
ischios-jambiers provoque la flexion du genou (PO2). Le rôle de BF sera ensuite
de contrôler la flexion de la hanche (Montgomery, 1994), alors que le chef
court de BF contrôlera l’extension du genou.
DA : L’activité du BF au
cours du cycle de la foulée est, selon Mann et
al. (1986), deux fois plus longue que celle du quadriceps. Elle
correspond sur l’ensemble des deux bouffées à 75 % du cycle de la foulée soit
plus de 400 msec à 21 km.h-1
(Hanon et al., sous presse).
NA : À 15 km.h-1, la longue portion du BF est, en
effet, activée à plus de 25 % de FVM pendant environ 60 % du cycle de la
foulée. La portion courte étant activée également à environ 50 % de
FVM.
MA : Les données
concernant le mode de contraction pendant l’appui diffèrent selon les auteurs
et surtout selon la vitesse. Pour Mann & Haggy (1980), elle serait
isométrique en phase d’appui pour maintenir une longueur constante pendant
l’extension du genou et de la hanche. Au début de la phase d’oscillation (PO1),
il semble que la flexion du genou soit le résultat de la rapide accélération
vers l’avant de la cuisse et soit donc réalisée sans participation active du
BF. Pendant PO2, BF est activé sur le mode excentrique afin de décélérer la
flexion de la hanche, puis de contrôler l’extension du genou. Ensuite (PO3), BF
se contracte sur le mode concentrique pour étendre la hanche et fléchir le
genou.
Vastus
lateralis
R : Les fonctions
principales sont l’extension du genou (fin PO3) et le contrôle de la flexion du
genou (PA). Selon Montgomery et al.
(1994), VL joue un rôle important dans la stabilisation du genou pendant
l’appui. Pour Mann et al. (1986),
l’extension du genou dans la deuxième partie de l’appui est le résultat du
mouvement du corps vers l’avant, sur tibia et pied fixés. La fin de l’activité
des vastii serait contemporaine de la fin d’activité du GM (PA).
DA : La durée d’activité
de VL est estimée sur tapis roulant à 152 msec soit 30 % du cycle de la foulée
(à 21 km.h-1) (Hanon
et al., sous presse) ce qui semble
cohérent par rapport aux données de Montgomery et
al., 1994 : 25 % de la durée du cycle de la foulée à 15
km.h-1.
NA : Au cours de
l’appui, VL est activé au maximum jusqu'à 78 % FVM et en moyenne à 53 % de FVM
(Montgomery et al., 1994). Pour Hanon
et al., sous presse), les valeurs
recueillies sur tapis roulant sont de 60 % de FVM à 21 km.h-1.
MA : Selon Nilsson
et al. (1985) et Mann (1986), VL se
contracte sur le mode excentrique au début de l’appui alors que la flexion du
genou continue pour passer vraisemblablement à un mode de contraction
isométrique puis concentrique. En phase d’oscillation, à vitesse élevée, VL se
contracte sur le mode concentrique pour étendre le genou au cours de la
descente du pied.
Rectus Femoris
R : Selon Kapandji
(1965), RF ne représente que le cinquième de la force totale du quadriceps,
mais, bi-articulaire, il agit à la fois comme un fléchisseur de la hanche et
comme un extenseur du genou. Son action sur la hanche dépend du degré de
flexion du genou et inversement son efficacité comme extenseur du genou dépend
de la position de la hanche. Pendant l’appui, RF participe comme les vastii à
la stabilisation du genou. Il intervient ensuite dans les mouvements associant
l’extension du genou et la flexion de la hanche (comme dans l’avancée du membre
oscillant) (PO1). Son rôle essentiel semblerait toutefois celui de fléchisseur
de la hanche (Méro & Komi 1987).
Aussi bien à vitesses basses qu’à vitesses élevées, les
auteurs tels que Elliott & Blanksby (1979) et Montgomery
et al. (1994) trouvent toujours deux
périodes d’activité : une première en phase d’appui et une seconde en phase
d’oscillation du pied controlatéral. Ceci semble contredit par Hanon
et al. (sous presse) et Wank (1998)
qui ne détectent qu’une bouffée aux vitesses les plus basses mais ces résultats
sont acquis sur tapis roulant avec des sujets plus experts.
DA : À 21 km.h-1, RF est activé durant 270 msec
(réparties en 2 fois) soit 56 % du cycle de la foulée (Hanon
et al., sous presse).
NA : À 15 km.h-1, RF est
activé pendant seulement 20 % du cycle de la foulée à plus de 25 % de FVM. Il
semble être activé à moins de 10 % de FVM, pendant 70 % du cycle de la foulée
(Montgomery et al., 1994). Sur tapis
roulant à 21 km.h-1, RF est
activé en moyenne à 36 % de FVM, la bouffée enregistrée au cours de l’appui
correspondant à l’activité la plus intense.
MA : Selon Nilsson
et al., 1985, RF est contracté sur le
mode excentrique au début de l’appui alors que le genou se fléchit et que la
hanche s’étend. Une phase de sollicitation du muscle sur le mode isométrique et
concentrique est ensuite observée. La phase d’oscillation (PO2) sollicite RF
sur le mode concentrique ce qui aboutira à la flexion de la hanche. Ces
informations peuvent être assez largement nuancées pour ce qui concerne la
course à grande vitesse (cf. point 2.1).
Gluteus maximus
R : GM contribue avec
les ichios jambiers à minimiser la perte de vitesse horizontale au moment du
contact au sol (fin PO3 et PA) (Simonsen et
al., 1985). En effet, pour Waser (1985), Lemaire & Robertson
(1987) et Ae et al. (1992), GM
apparaît comme le principal muscle responsable de l’accélération vers l’avant.
Wieman & Tidow (1995) le qualifient également de muscle
antigravitaire.
Néanmoins, ces mêmes auteurs soulignent qu'outre le fait
d’être un extenseur de la hanche, GM est également un abducteur ce qui
nécessite une intervention compensatrice pour soutenir et neutraliser GM dans
son effet d’abduction. L’adductor magnus (AM) semble jouer un rôle fondamental
dans ce sens (Wieman & Tidow, 1995).
DA : À 15 km.h-1, GM est activé pendant 20 % du cycle
de la foulée à plus de 25 % de FVM (Montgomery et
al., 1994).
NA : Il est intéressant
de noter que le GM est activé au maximum à 40 % de FVM (à 15 km.h-1), mais qu'il manifeste peu de
périodes de réelle inactivité, étant sollicité pour cette même vitesse à 10 %
de FVM au minimum tout au long du cycle de la foulée (Montgomery
et al., 1994).
À 15 km.h-1,
GM est activé à plus de 25 % de FVM pendant 20 % du cycle de la foulée
(Montgomery et al., 1994).
MA : Pendant la phase
PO3, GM se contracte sur le mode excentrique pour décélérer la cuisse dans son
mouvement vers l’avant. Ce rôle se trouve réduit aux vitesses les plus faibles.
Au début de l’appui, GM participe à la stabilisation de la cuisse et du
bassin.
Le tableau 1, récapitulatif des données précédentes, présente
les données de la littérature relatant les niveaux et durées d’activité. Le
niveau d’activité est présenté à deux vitesses : 15 km.h-1 et 21 km.h-1.
L’examen du tableau 1 nous permet de remarquer trois profils
différents :
- les muscles fortement activés (en % du niveau d’activité
enregistré à FVM) tel que Ga notamment ;
- les muscles longuement activés (en % du cycle de la
foulée) tel que TA ;
- les muscles à la fois fortement et longuement sollicités
tel que BF.
Il est à noter que les muscles les plus longuement activés
(TA et BF) sont également les muscles les plus richement dotés en fibres
I.
Tableau 1
Évolution des niveaux et durées d’activité avec la
vitesse
FVM = Force Volontaire Maximale : niveau d’activation
maximal recueilli en mode isométrique.
Tous résultats : Hanon et
al. (sous presse), à l’exception de GM (Montgomery
et al., 1994) pour des enregistrements
à 15 km.h-1.
Niveau d'activité (NA) (en % de FVM) Durée d'activité
(DA) (en % de la durée totale du cycle) Muscle 13 km.h-1 21 km.h-1 13 km.h-1 21
km.h-1 BF 44 62 66 75 Ga 46 56 42 38 RF 21 36 40 56 VL 40 60 33 30 TA 37 42 85
90 GM 20 (15 km.h-1) - 25 (15 km.h-1) -
2. Variabilité du niveau d’activité musculaire
L’examen de la littérature indique que les valeurs qui
témoignent du niveau d’activité musculaire varient selon le contexte de la
tâche effectuée à savoir : la vitesse, la fatigue, la technique de
réalisation.
2.1. Influence de la vitesse sur les caractéristiques de l’activité
musculaire
Quelques auteurs ont observé l’évolution parallèle et
croissante de l’EMG avec l’augmentation de la vitesse de course : Oshikawa
et al. (1973), Elliot & Blanksby
(1979), Nilsson et al. (1985), Mann
et al. (1986), Montgomery
et al. (1994) (Hanon
et al., sous presse). Il semble que
l’activation soit multipliée par un facteur qui varie de 1,1 à 1,7 entre 13 et
21 km.h-1 selon les muscles
(Hanon et al., sous presse). Pour
Andersson et al. (1997) qui comparent
une gamme de vitesse plus étendue, le niveau d’activité peut être multiplié par
4 ou 5 pour certains fléchisseurs de hanche. Dans le cas de Ga, seule
l’intensité de la préactivation serait accrue avec la vitesse (Komi
et al., 1987), l’activation restant
stable.
Il apparaît que la durée du signal est inversement
proportionnelle à la vitesse de course. Ainsi, Ga est-il activé 268 mec à 13
km.h-1 et 178 msec à 22 km.h-1
(Hanon et al., sous presse). Ceci est
vérifié pour TA et VL.
Toutefois, il apparaît que les muscles bi-phasiques ne
suivent pas cette règle. En effet, pour BF et RF, la durée totale d’activité
exprimée en valeur absolue augmentent avec la vitesse ce qui est imputable
notamment à l’augmentation de l’activité enregistrée au cours de la phase
d’oscillation.
Si l’on considère les données exprimées relativement au cycle
de la foulée et étant donné que la durée du cycle de la foulée diminue avec la
vitesse (cf. figure 4), les muscles sont actifs pendant un pourcentage plus
grand du cycle de la foulée. De ce fait, les muscles ont un temps de repos qui
diminue avec la vitesse.
Selon Montgomery et
al. (1994), en fonction de la vitesse, les muscles augmentent leur
niveau d’activité surtout dans la séquence excentrique de leur mise en jeu, ce
que ne confirment pas Méro & Komi (1986) qui mesurent des niveaux
d’activité multipliés par 2 entre la vitesse lente et le sprint à la fois en
phase excentrique et en phase concentrique. La tension musculaire est donc
produite de façon plus brève et plus intense.
Par ailleurs, les muscles tendent à être actifs plus tôt dans
le cycle de la foulée (McClay et al.,
1987). D'après les données de Reber et
al. (1993), la préactivité du Ga serait plus précoce d’environ 5 %
aux vitesses élevées. Pour McClay et
al. (1987), l’activité des ischios jambiers intervient plus tôt dans
le cycle de la foulée.
Avec l’augmentation de la vitesse, des bouffées d’activité
peuvent apparaître au cours du cycle de foulée : la contrainte apportée par
l’oscillation du membre inférieur libre augmente dans le freinage. De ce fait,
l’activité des ischios jambiers engagés dans ce freinage est plus précoce et
plus intense. Ce phénomène correspond à une bouffée supplémentaire qui n'existe
pas aux vitesses très basses selon ces auteurs. Il en est de même pour VM
(Vastus Medialis) et VL qui témoignent d’une bouffée d’activité supplémentaire
aux vitesses plus élevées pendant PO2 (Simonsen et al., 1985), VM et VL étant responsables de
l’extension du genou. De même Elliott & Blanksby (1979), Méro & Komi
(1987), Mann & Sprague (1980) observent une action concentrique de Ga en
fin de phase de poussée d’une course de sprint.
Par ailleurs, il apparaît que l’augmentation de la vitesse
joue également un rôle sur la répartition de l’activité musculaire au cours du
cycle : l’augmentation de la vitesse par exemple modifie l’activité de RF qui,
pendant l’oscillation du pied, devient supérieure à l’activité observée pendant
l’appui. On parle alors pour RF de déplacement de l’activité du RF de
l’extension du genou vers la flexion de la hanche (Nilsson
et al., 1985 ; Hanon
et al., sous presse). De même pour BF,
il semble que l’activité la plus forte soit enregistrée pendant la phase
d’appui aux vitesses basses mais pendant la phase d’oscillation aux vitesses
plus élevées.
Par contre, le pattern d’activation de certains muscles comme
TA, subissent peu l’influence de la vitesse (Komi et al., 1987).
Il est possible de conclure que l’augmentation de la vitesse
aboutit :
- à une augmentation plus ou moins prononcée du niveau
d’activité musculaire ;
- à une augmentation de la durée d’activité exprimée en %
de la durée totale du cycle de la foulée et donc à une diminution du temps de
relâchement ;
- à une intervention musculaire plus précoce dans le cycle
de la foulée ;
- à l’apparition d’une bouffée supplémentaire au cours du
cycle de la foulée pour certains muscles (VM, VL et Ga).
2.2. Influence de la fatigue sur les niveaux d’activité
musculaire
La fatigue est un concept général qui se traduit par une
altération sévère de la performance et qui inclut une augmentation de la
sensation de l’effort nécessaire pour exercer cette force ou une éventuelle
inaptitude à générer ce niveau de force (Enoka & Stuart, 1992). À mesure
que l’activité musculaire est maintenue, on observe une diminution progressive
des possibilités de produire de la tension musculaire qui n'est pas sans
conséquence sur la foulée. Une augmentation du temps de contact et une
diminution de l’amplitude de la foulée de 5 à 8 % sont notées sur piste sur
400m (Nummela et al., 1992 ; Sprague
& Man, 1983), sur 800m (Gajer et
al., 1996) comme sur 10000 m (Elliot & Ackland, 1981). Sur tapis
roulant, cette chute d’amplitude est également observée (Hanon
et al., sous presse ; Hausswirth
et al., 2000 ; Kyrölainen
et al., 2000), même si ces données
sont contredites par d’autres études (Williams et
al., 1991 ; Candau et al.,
1998) qui concluent à l’augmentation de l’amplitude avec la fatigue. Il est à
noter que sur les distances inférieures, ce n’est pas l’amplitude qui est
réduite sur la fin de course, mais la fréquence des foulées (Bruggeman
et al., 1999 entre autres
auteurs).
Selon Chapman & Fraser (1982), les modifications du
pattern de la foulée dans la fatigue ne sont pas généralisables et seuls des
profils individuels peuvent être déterminés.
Néanmoins, la durée de la contraction musculaire augmente
avec l’apparition de la fatigue, ce qui se traduit en course par une
augmentation du temps de contact (Chapman & Fraser, 1982 ; Sprague &
Mann, 1983 ; Nummela et al., 1992 ;
Gager et al., 1996).
La durée prolongée de la bouffée musculaire aboutit
principalement à une augmentation du rapport temps de travail/temps de
relaxation (Bigland-Ritchie et al.,
1983). De la même manière, le rapport EMGi/force, fréquemment utilisé pour
décrire la fatigue en condition isométrique (Bigland-Ritchie, 1981) et en
condition dynamique (Gollhofer et al.,
1987), augmente au cours de l’effort de course, indiquant une diminution de
l’efficacité de l’activité myoélectrique. Il faut noter aussi l’augmentation du
rapport EMGi/force au cours de la deuxième partie du 400 mètres analysé par
Nummela et al., 1992. Horita &
Ishiko (1987) interprètent cette baisse du rendement neuromusculaire comme un
témoin de l’apparition de la fatigue périphérique.
Selon Nummela et al.
(1992), les niveaux d’activité musculaire (Ga, VL) au cours d’un 400m alors que
la vitesse diminue, s’élèvent dans toutes les phases du cycle de la foulée.
Cette augmentation vaut pour le pic d’activité musculaire (MAXA) déterminé sur
une séquence de 50 ms, alors qu'elle n'est pas sensible pour l’activité
minimale (MINA) toujours repérée pour une séquence de 50 ms. Ces résultats sont
confirmés par ceux de Méro & Peltola (1989). Cette augmentation du niveau
d’activité musculaire est particulièrement notable dans les 50 premières ms de
la phase de contact. Le facteur de relaxation défini comme la durée du cycle de
la foulée pendant laquelle le niveau d’activité musculaire est inférieur à 10 %
de MAXA diminue aussi bien pour GA que pour VL de 67 à 58 % du cycle de la
foulée.
Par ailleurs, selon Sprague & Mann (1983), dans la
fatigue, l’athlète perd la capacité à produire les niveaux de force
adéquats.
Les principales conséquences de la fatigue observées au
niveau des activités musculaires résident dans une augmentation du rapport
temps de travail/temps de relaxation, due à la diminution du temps de
relaxation musculaire et à une augmentation du rapport EMGi / force qui indique
une diminution de l’efficacité de l’activité myoélectrique.
2.3. Influence de l’expertise sur le niveau d’activité
musculaire
Les études qui traitent du niveau d’activité musculaire et de
l’expertise du coureur sont assez peu nombreuses. Elles permettent néanmoins de
poser l’hypothèse d’une relation entre l’expertise du sujet dans l’activité
évaluée et le niveau d’activité musculaire. Il semble, en effet, selon
Hoshikawa et al. (1973), qu'à vitesse
donnée, le niveau d’activité musculaire dépende du niveau d’expertise, les
sujets les plus experts se caractérisant par un moindre niveau « général »
d’activité musculaire. Une durée d’activité significativement supérieure
pendant la phase d’oscillation et plus faible pendant l’appui a pu être
observée chez des coureurs experts comparés à des sportifs non coureurs
(données personnelles non publiées). Ces résultats semblent confirmer le fait
mis en évidence par Paavolainen et al.
(1999), qu’en phase de propulsion, VL et Ga semblent moins activés chez des
coureurs de 10 000 mètres experts que chez des coureurs de moindre niveau. De
la même manière, selon cette même étude, la préactivité de Ga est apparu plus
longue chez les experts. Ces deux résultats pouvant être expliqués par une
action de « griffé » préalable à la phase d’appui chez les coureurs entraînés à
la course.
Dans un autre domaine, Heise et
al. (1995) ont centré leurs investigations sur les relations entre
le coût énergétique de l’athlète et le niveau d’activité musculaire de certains
muscles. En course, cette notion de coût énergétique exprime le rapport entre
la dépense énergétique (en mlO2.mn-1.kg-1) et la vitesse de déplacement (en
m.s-1 ou en km.h-1). Plus ce rapport est faible, plus le
sujet est économique. Heise et al.
(1995) mentionnent que les durées de coactivité entre les muscles
bi-articulaires pendant les phases d’appui et d’oscillation ont une influence
sur le coût énergétique. Kyrölaïnen et
al. (2001), observent également une augmentation de coactivité entre
agoniste/antagoniste (VL et BF d’une part, Ga et TA de l’autre) qui aboutirait
à l’augmentation de la raideur du genou et de la cheville au début de la phase
de contact. Selon ces différents auteurs, cette activité synchrone des muscles
bi-articulaires pourrait aboutir à la restitution d’une plus grande quantité
d’énergie au cours de la phase de propulsion et ainsi à l’épargne de l’énergie
métabolique.
Par ailleurs, il a été démontré par Sprague & Mann (1983)
que le pattern de course se dégradait dans de moindre proportion dans la
fatigue chez les coureurs experts comparés aux coureurs novices. Chez ces
derniers, avec la fatigue, il est noté :
- une moindre flexion de la hanche avant l’appui ;
- une augmentation de l’extension du genou avant l’appui
;
- une moindre extension de hanche pendant l’appui
;
- une flexion plantaire de la cheville accrue en fin
d’appui ;
- une extension de la hanche accrue en fin
d’appui.
Néanmoins, ces résultats ne sont pas étayés par des
enregistrements électromyographiques.
Le niveau d’expertise semble influencer les activités
musculaires enregistrées au cours de la course.
Les principales modifications concernent notamment les
patterns d’activité des muscles bi-articulaires ainsi que le rapport
pré-activité/activité des muscles mono-articulaires. Néanmoins, ces résultats
sont très parcellaires et mériteraient une étude plus approfondie.
Concernant les patterns, les niveaux et les durées d’activité
des muscles des membres inférieurs enregistrées lors de la course, il semble
que la littérature soit relativement consensuelle. Les quelques variations
observées sont inévitablement liées aux vitesses et conditions de course (piste
ou tapis roulant) et au niveau d’expertise des sujets.
Par contre, les données relatives aux modalités de contractions
musculaires, que ne permet pas d’approcher la seule analyse
électromyographique, apparaissent plus contradictoires et plus discutables. La
difficulté matérielle liée à la précision de l’analyse rend la détermination de
ces modes d’activité peu accessible. En effet, s’il est nécessaire de
déterminer avec précision les mouvements articulaires par analyse
cinématographique, il est ensuite indispensable de maîtriser un modèle
anatomique qui permet de proposer l’hypothèse d’un mode d’activité
concentrique, isométrique ou excentrique pour un muscle donné au cours d’une
mobilisation articulaire.
Sur un plan plus pratique, l’analyse électromyographique
objectivant la détermination des chefs musculaires les plus précocement
fatigués pour une vitesse donnée devrait permettre une meilleure adaptation des
contenus d’entraînement, notamment des programmes de renforcement
musculaire.
Merci à Christian Miller
(responsable du laboratoire de biomécanique et de physiologie de l’INSEP) et à
Jacques Quièvre (enseignant-chercheur, laboratoire de biomécanique et
physiologie) pour leurs conseils avisés.
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