2005
Staps
Éditorial
Jacques Gleyse
Castries, le 2 juillet 2005
Cette troisième livraison de la revue STAPS parue chez De Boeck Université va trouver une vitesse de croisière. La santé scientifique de la revue (une soixantaine d’articles reçus tous les ans hors numéros spéciaux) lui permet de s’affirmer à la fois comme plus sélective et d’un plus haut niveau encore en accroissant à la fois son cercle d’experts et ses exigences. Cela ne l’empêche pas pour autant d’ouvrir toujours plus de place à des articles sur l’intervention et à des « réponses à l’éditeur » (rubriques trop peu exploitées par nos lecteurs au goût du comité de rédaction).
Le numéro qui est soumis à la communauté des chercheurs et des enseignants en éducation physique en cet été 2005 contient huit articles de nature relativement différente, autrement dit il s’agit bien d’un numéro « STAPS ».
Les deux premiers articles présentés sont en effet consacrés à la publication des deux récents prix Jean-Claude Lyleire. Ce prix, comme je l’ai déjà évoqué plusieurs fois, récompense le meilleur DEA dans le domaine du sport et des activités physiques. Ce prix décerné annuellement par l’AFRAPS donne l’occasion de récompenser deux jeunes chercheurs particulièrement méritants. Les travaux primés le sont à la fois pour leur originalité dans le domaine et pour leur qualité scientifique. Dans le cas précis de ce numéro, les deux DEA sont effectivement très originaux. Le premier, de Renaud Legrand, pose en effet la question suivante : « L’hypoxémie d’exercice limite-t-elle l’oxygénation musculaire et donc la performance chez le sportif d’endurance ? ». Le deuxième, de Rémi Allemand, s’intéresse à la question de « l’apprentissage de la fé di bioù », c’est-à-dire de « la foi ou de la croyance dans le taureau » dans la course camarguaise, jeu traditionnel provençal et languedocien, devenu fédération sportive en 1976. Ces deux DEA ont été primés parmi vingt-trois reçus pour le prix 2003. Les lauréats du prix 2004 devraient, eux, être connus à la rentrée universitaire 2005 et être publiés dans le numéro d’hiver 2006.
Pour le reste, ce numéro est vraiment éclectique mais touchera sans doute les professeurs d’EPS puisque Jérôme Guérin nous fait part des « effets de l’aménagement des ‘situations-jeu’ en tennis de table sur l’activité d’un élève en cours d’éducation physique » et qu’Elisa Araya-Cortez & Ghislain Carlier nous permettent de comprendre le fonctionnement de « l’éducation physique chilienne entre la tradition et le changement ».
Cette livraison pourra également toucher les sociologues du sport puisque deux articles s’inscrivent dans cette logique : celui d’Olivier Bessy, « Sociologie des pratiquants de l’extrême. Le cas de figure des participants au grand raid de La Réunion », et celui de Fabrice Burlot intitulé : « Sport et identité d’entreprise. Vers une modification de l’imaginaire organisationnel ».
Les historiens du sport trouveront, eux aussi, leur compte dans ce numéro 69 avec l’article de Philippe Gastaud : « Les sports dans les mouvements de jeunesse guadeloupéens : des supports de lutte entre laïques et catholiques (1913-1939) ». La psychologie du sport sera également représentée grâce à Céline Perez, qui nous propose une « Validation française du Questionnaire de Présélection de l’Optimisme et du Pessimisme de Norem et Cantor ».
Autant dire que STAPS tient encore une fois le cap sur la mission qui lui a été assignée dès l’origine par les directeurs d’UFRSTAPS : promouvoir la recherche en STAPS (c’est le cas des deux prix Jean-Claude Lyleire) et valoriser toutes les formes de recherche dans le large domaine des activités physiques (des sciences de la vie et de la matière aux sciences de l’homme et de la société et à l’intervention dans ce domaine). Je remercie les auteurs et les lecteurs de leur intérêt renouvelé pour la revue que j’ai la charge d’animer.
Comme je l’ai déjà expliqué précédemment, le numéro de l’automne 2005 sera consacré au sport et au dopage et devrait donc avoir un large écho aussi bien dans la communauté scientifique des STAPS que dans un cercle bien plus large.