Sud/Nord
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I.S.B.N.2865868818
208 pages

p. 127 à 134
doi: en cours

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no 15 2001/2

2001 Sud/Nord

via voltaire : une voie dans la brume

Patricia Carette
Parce qu’il faut bien, le moment venu, accompagner sa pensée de faits et gestes, endiguer les velléités, ancrer son discours et créer du possible dans un contexte qui ne s’y prête pas, « nous » – un groupe d’amis composé de médecins, de psychologues, d’artistes, d’un mécène [1] et de personnes venues de champs divers, tous animés d’une même volonté de s’associer, de s’unir, de lutter contre la morosité ambiante, habités par la même nécessité intérieure et par la même urgence de « ne plus laisser faire » – nous en sommes venus, donc, à créer un nouvel outil, à organiser une nouvelle forme de communauté active dans la cité.
Il s’agissait, s’autorisant d’une forme d’insolence, de mise en danger, de prise de risque, de créer ensemble un espace autre, une structure souple, ouverte, où l’accueil, l’écoute, le soutien seraient assurés par des professionnels, où se développeraient également d’autres disciplines, notamment les disciplines artistiques. Pourquoi l’art ? Parce qu’offrant une lecture où se construit une forme d’échanges sociaux, il occupe une place toute singulière dans la production collective ; parce que la pratique artistique enrichit la relation, le dialogue, la réflexion, l’imaginaire, interrogeant notre rapport à l’autre, dans ce qu’elle renvoie au monde sur ses représentations ; parce qu’elle engage dans cette forme de négociation interhumaine et interdisciplinaire que Marcel Duchamp appelait « le coefficient d’art » et qui est processus temporel se jouant « ici et maintenant » et révélant « un être là », une présence à soi, pour le sujet engagé dans son expression.
Nous avons longuement cheminé dans les aléas des mots, cherchant les formules justes, les définitions, évoquant succinctement et avec prudence les concepts ; restait alors à montrer et à démontrer ce que nous savions faire et pouvions faire ensemble. À l’heure où les mots solidarité et exclusion alimentaient tous les discours, nous pensions qu’ils représentaient pour nous un espace à inventer, une place à occuper, que nous devions nous impliquer, nous engager pour construire cet outil différent.
Il m’apparaît aujourd’hui que c’est dans cet élan que le projet de via voltaire est né il y a quatre ans à Montpellier. Il ne s’agit surtout pas ici de présenter via voltaire comme un modèle, mais plutôt de profiler une expérience en mouvement, en cours de réalisation, en devenir… Aucune certitude, nul élément formel dans ma réflexion : je souhaite décrire un processus qui laisse une large place à l’expérimentation, à la recherche, au questionnement.
Avant de développer une analyse personnelle des missions réalisées à via voltaire, je me suis contrainte à une présentation globale, généraliste et mécaniste, du paysage social, du contexte socio-économique, qui permette de comprendre et de mieux appréhender d’où s’origine le malaise.
Dans l’histoire de via voltaire, il faut souligner l’importance du mécène, que je cite dans le « nous » constitutif au départ du projet, car il est clair que, sans son engagement, l’association n’aurait jamais vu le jour. L’attribution d’un local mis gracieusement à disposition au cœur de la ville, un soutien financier permettant la rémunération d’un poste pendant une année, et le support logistique de la mutuelle, nous ont apporté l’aide indispensable pour démarrer l’activité.
Le projet ne trouvait pas ou peu d’écho auprès des financeurs publics malgré nos nombreuses sollicitations à leur égard. Un principe d’aller-retour s’organisait de façon systématique entre les financeurs ayant de sérieuses difficultés à identifier si via voltaire entrait dans leur ligne budgétaire. La réponse des financeurs publics reproduisait la même confusion de dialogue que nous avons observée entre les professionnels du secteur sanitaire et social, se renvoyant leur difficulté dans la gestion des situations.
En même temps qu’un travail de définition et de sensibilisation du projet devait s’élaborer avec les financeurs, il m’est apparu qu’une tâche encore bien plus complexe nous attendait du côté des partenaires de terrain susceptibles d’orienter des personnes vers via voltaire. En effet, lors d’une innovation, la capacité de se situer dans le paysage déjà existant est primordiale ; elle requiert de bien définir nos missions et de préciser notre discours sur celles-ci. De ma place de directrice, lorsque j’ai eu à présenter le projet à différentes équipes sociales et médicales, j’ai ressenti une très forte atmosphère de scepticisme, de méfiance, voire parfois d’hostilité. Pourtant, la consultation préalable à la création de via voltaire auprès des mêmes équipes avait fait ressortir clairement le besoin d’un espace de soutien psychologique et de pratiques innovantes, comme les ateliers d’expression artistique. Une forme d’adhésion tacite paraissait acquise et malgré ce, je percevais de plus en plus de crainte et de méfiance de la part des professionnels.
J’ai vite compris que pour faire valider les missions de via voltaire et instaurer un climat de confiance, il me faudrait en passer par une forme de contrainte, imposée par les structures déjà en place. Comme nous nous situions dans le champ de compétence des mêmes partenaires, il allait falloir apprendre à jongler entre notre souhait d’innover, d’accélérer un processus de prise en charge, en prenant bien en compte des rythmes et des pratiques déjà établis. Nous prônions un savoir-faire spécifique, mais d’une certaine manière, nous venions bousculer des habitudes. Il était beaucoup question, dans les rencontres avec les professionnels, de responsabilité, de précaution dans les orientations et de prise de risque face aux personnes suivies. En même temps qu’ils exprimaient leur impuissance à gérer certaines situations et à trouver des réponses, ils disaient leur difficulté à se séparer des personnes et à les orienter ailleurs.
Je découvrais que, dans les pratiques sociales, la notion de responsabilité individuelle était très lourdement portée par l’intervenant. Cela s’exprimait par une tentative de limiter les risques, ce qui rendait tout projet innovant très difficile à investir. Il a donc fallu trouver un équilibre et inventer des formes de liens et d’interfaces souples qui modifieraient et feraient évoluer progressivement les pratiques.
La description de toutes ces étapes de travail de sensibilisation, de médiation et de communication a son importance, car elle peut éclairer la réelle difficulté qu’il y a à démarrer dans la cohérence un dispositif innovant.
Nous souhaitions que la création de via voltaire offre un espace possible, permettant la prise en charge, en dehors des circuits traditionnels de soin, de personnes en situation précaire, très vulnérables et présentant des troubles psychiques accompagnés de problèmes d’intégration sociale.
Les consultations et les rencontres avec les structures associatives et institutionnelles ayant en charge l’accompagnement de public en situation précaire ont révélé clairement que, d’une part, face à la crise économique, à une société dépressive qui prône la transparence, où l’intérêt de la communauté, du groupe, des classes, tend à effacer toute subjectivité, qu’un grand nombre de personnes vivent une existence quotidienne très difficile – logement précaire, alimentation en quantité et qualité déplorables, ressources financières généralement insuffisantes – à quoi s’ajoute un mode de vie solitaire avec un réseau social très limité, où viennent se greffer des problèmes de santé et de fragilité psychologique. D’autre part, des soignants, des travailleurs sociaux et des professionnels du secteur de l’insertion professionnelle sont venus confirmer le constat de ce que nous pressentions : à savoir la réalité d’une demande de la part de personnes en situation précaire, de parler, d’être écoutées et de s’adresser à un lieu où peut se déposer une souffrance.
Ces mêmes professionnels sont nombreux à exprimer une lassitude et une impuissance à répondre à des situations de plus en plus lourdes, se traduisant par des changements de comportement chez la personne, avec l’expression d’une désocialisation, d’une marginalité, pouvant aller jusqu’à l’exclusion. Souhaitant s’appuyer sur le secteur psychiatrique, ils sont confrontés à une réelle difficulté à travailler les orientations ; faute de moyens (délais trop longs, consultations surchargées, urgences mal gérées avec les partenaires), les réponses sont inadaptées à la prise en charge très spécifique des personnes en situation précaire. En même temps que semble s’opérer une forme de démission de la psychiatrie, on assiste à une confusion dans le dialogue entre professionnels des secteurs sanitaire et social, où chacun semble renvoyer à l’autre les responsabilités de l’impuissance à travailler ensemble les situations et à définir des tâches respectives.
Mis en œuvre à partir de tous ces éléments d’analyse, le dispositif de via voltaire, proposant un soutien psychologique gratuit et des ateliers d’insertion sociale, offre, dans sa logique de création d’un espace ouvert avec un cadre bien défini, une réponse à de nombreuses attentes émergeant des personnes elles-mêmes, mais aussi des professionnels des secteurs précités qui ne trouvaient pas d’interlocuteur pour les orientations.
Enfin, nous nous devons, dans la dynamique du projet, d’impulser de façon forte et affirmée, une réflexion politique dans l’espace de décision de la santé publique : l’objectif étant de faire évoluer les mentalités des financeurs et des décideurs mais aussi des professionnels de terrain, afin que les psychologues et les artistes soient reconnus comme des partenaires engagés pouvant être des personnes-ressources dans les réponses apportées aux situations de précarité et de détresse. Il s’agit aussi de poser le cadre d’une réflexion plus élargie sur l’état de la santé mentale en France aujourd’hui, avec son corollaire indispensable de prise en compte des difficultés des soignants et des travailleurs sociaux et des limites de la prise en charge. Il me semble dans l’après-coup, qu’il faut se forger une attitude de résistance forte pour pouvoir continuer.
En dépit de ce climat difficile, ce qui m’a, par contre, paru beaucoup plus simple, c’est la réalisation et la mise en place de nos missions auprès des personnes. Les orientations ont commencé et progressivement, l’équipe s’est mise au travail. Les psychologues qui assuraient un après-midi d’entretien ont accueilli bénévolement les personnes pendant huit mois, dans le cadre d’une consultation gratuite, en attendant les financements. J’analyse aujourd’hui combien leur engagement et leur implication ont été déterminants dans la pérennité du projet.
Ainsi sont adressées à via voltaire des personnes qui expriment généralement une totale perte de confiance en elles assortie à des troubles de l’identité. Majoritairement, elles évoquent un état de solitude intolérable. J’observe que la plupart ont du mal à parler d’elles-mêmes dans l’entretien d’accueil. En revanche, elles éprouvent un très vif plaisir à décrire leur relation souvent compliquée, voire conflictuelle, avec les services sociaux, et parfois, avec un travailleur social en particulier.
Ces personnes confrontées à une identité sociale en crise semblent s’être détachées de leur histoire et de leur vie personnelles. L’exclusion vécue joue comme fait traumatique tendant à les « victimiser » à travers l’image qu’elles transmettent. Elles sont comme « enchaînées » à un statut qui en devient aliénant.
Ne travaillant plus depuis longtemps, elles viennent généralement consulter dans le cadre du renouvellement de leur contrat d’insertion qui leur offre la possibilité d’être bénéficiaires du revenu minimum d’insertion. Je m’interroge sur la place qu’occupe ce contrat et sur ce qu’il induit dans le discours tenu. Au cours de l’entretien, le terme d’insertion est central et récurrent, sans qu’elles puissent vraiment m’exprimer ce qu’elles entendent par là. J’observe que le mot travail n’est presque jamais employé. Reviennent seulement « insertion » et « demandeur d’emploi » : que peuvent signifier « s’insérer », « demander un emploi » ? À qui s’adresse cette demande ? Toutes me paraissent tellement semblables, atteintes du même mal : absentes, étrangères à elles-mêmes. J’observe que le mot « il » revient toujours dans le discours. Si je leur demande ce qu’elles entendent par « il », elles me répondent « les autres ». Je leur demande si nous allons faire partie des « autres » très prochainement. À cela elles répondent que nous, « ça n’est pas pareil ». Je m’interroge alors sur la nature de cette différence avec les autres.
Lorsque j’en réfère en équipe, il m’est renvoyé que nous ne monnayons rien avec les personnes, elles viennent si elles le souhaitent, si elles le peuvent, et surtout si elles le désirent ; c’est peut-être l’ébauche d’une réponse.
Il est vrai que le désir occupe sans aucun doute une place importante dans la prise en charge proposée à via voltaire ; de fait, la capacité de la personne à formuler sa demande de suivi va être déterminante. Pour autant, nous sommes très conscients que celle-ci ne peut être abordée à via voltaire de la même manière que dans la pratique analytique en cabinet. Car, à la demande personnelle, s’associe la « demande sociale », voire la demande du travailleur social en souffrance dans sa propre pratique.
Il nous a fallu également réfléchir sur la situation souvent très précaire des personnes. Quel sens ont l’aide et le soutien que nous proposons lorsque les personnes vivent dans l’urgence d’autres besoins ? Ces constats nous ont contraints à penser une « clinique de la précarité » ; en effet, dans le champ social, la prise en charge psychologique des personnes amène souvent à des interrogations, des espaces autres à explorer, voire à des impasses…
Les psychologues, dans leur pratique, ont dû faire preuve d’une ouverture, d’une fluidité et d’une souplesse auxquelles ils n’étaient pas forcément préparés. Par ailleurs, la question de la gratuité est souvent évoquée. Certaines personnes sont gênées d’être suivies gratuitement, elles souhaiteraient pouvoir payer. Il me semble que la question de la honte revient souvent dans la plainte des personnes. Nous avons quelques cas (principalement des hommes) qui arrivent à via voltaire avec un attaché-case, cravatés comme s’ils sortaient de leur bureau, et qui vont mettre dix minutes à reprendre un rendez-vous en évoquant un agenda très chargé, qui se révèle vierge lorsqu’il est ouvert.
On parle souvent du mal-être, de l’image de soi, mais très peu de la honte ; or il me semble que la honte est un facteur primordial impliquant cette difficulté à se « découvrir », à s’adresser à un autre. Ces réflexions mettent en évidence combien, face à un public marginalisé, en situation d’isolement, et ayant déjà vécu l’échec et l’épuisement de la répétition, la prise en charge de la souffrance psychique doit être constamment requestionnée, d’autant que se pose à nous la réalité d’une situation économique où il est difficile de projeter ou de fantasmer des réponses optimistes.
Nous devons éviter de tomber dans l’illusion ; il est en effet essentiel de garder présent le contexte social dans lequel évoluent les personnes que nous accueillons. Ne pas coller à la jouissance du « bienfait » ou du « bien-être », que l’on observe parfois chez les travailleurs sociaux, mais sans cesse repenser la place à laquelle nous agissons et dans quelles limites. Avec le temps, nous avons, chacun de notre place, enrichi la pratique commune, n’hésitant pas à construire ou à déconstruire, lorsque nos réponses ne semblaient pas adaptées.
Il est important de rappeler que, dans le projet, la présence de l’art et, de façon dynamique, celle des artistes interviennent à part entière dans le processus d’accompagnement. L’artiste, de sa place, doit s’intégrer dans le dispositif comme créateur d’espace relationnel avec les personnes, mais aussi avec les partenaires. Il peut également contribuer à modifier les représentations de l’institution sur les personnes en situation de précarité.
Quant à la pratique artistique, des critères très précis avaient été posés dès le départ : nous ne souhaitions pas avoir une démarche d’art-thérapie, l’absence délibérée de volonté d’exploration intrapsychique nous paraissait fondamentale. Il s’agissait de travailler sous forme d’ateliers avec des artistes professionnels, cherchant l’effet d’une resocialisation, plaçant le sujet dans un effort de compréhension et de présence au monde qui l’entoure.
L’orientation de la pratique artistique allait de préférence vers des disciplines corporelles. Dans ce sens, l’adhésion au projet de l’équipe du centre chorégraphique national de Montpellier, dirigé par Mathilde Monnier, a été d’une importance majeure. Les danseurs ont pu très vite mettre en évidence en quoi la danse contemporaine pouvait être un outil précieux dans notre démarche, insistant sur l’aspect stimulant de l’activité corporelle, sur l’image mentale comme moyen de renforcement des liens du sujet à autrui et de la relation narcissique. Par ailleurs, elle introduit d’autres façons de se déplacer dans le temps et dans l’espace ; elle ouvre d’autres champs, d’autres approches, d’autres espaces.
C’est dans cet esprit, avec ces postulats définis, que l’atelier ema (expression mouvement atelier) a débuté en partenariat avec le centre chorégraphique national de Montpellier. Il existe actuellement quatre ateliers d’expression artistique à via voltaire (danse contemporaine, chant, théâtre, pour les adultes ; marionnettes pour les enfants).
Dès le début de l’action auprès des personnes, une concertation a été mise en place entre les différents intervenants, toutes disciplines confondues. L’objectif de ce travail était de bien coordonner nos modes de prise en charge, et surtout d’échanger nos impressions dans le but d’élaborer un discours commun. IL a été renforcé par une régulation dirigée par Roger Gentis. À cet égard, cela nous a permis de nombreuses avancées, grâce à des propositions, des espaces de réflexion qui viennent sans arrêt requestionner nos postures respectives avec les personnes dans le projet.
À cela s’ajoute la place de l’autre, le respect de son discours et de sa pratique. Roger Gentis tenait à ce que chacun de nous exprime son état (y compris son état de corps) quand nous travaillions avec les personnes. Lorsque nous évoquions une situation, les avis pouvaient être très différents. En effet, les artistes n’étant pas en position de soignants, ils avaient très peu d’information, cela venait créer une forme de déséquilibre dans les échanges.
Il est demandé à l’artiste de se tenir strictement à sa place d’animateur dans l’atelier. Cela a souvent posé des problèmes, car si la personne l’investit de ses souffrances et de ses difficultés, que peut-il en faire et comment peut-il gérer cette demande sans remettre en question le cadre dans lequel le groupe évolue ? Il est également important de signaler que le travail de l’atelier n’est pas conduit dans le but d’une représentation auprès d’un public ; de fait, cela implique une approche spécifique de la part de l’artiste, qui doit transmettre une pratique dans l’espace singulier et collectif de la rencontre.
Ces séances ont sans aucun doute participé à renforcer l’outil, à lui donner une verticalité. Elles nous ont permis de nous rassembler sans confusion dans une action commune, en plaçant la personne au cœur de nos réflexions. Elles ont apporté également une mise à distance des inévitables effets de narcissisme, mais aussi de rejet ou d’exclusion, qui peuvent émerger dans un groupe ; car il faut bien comprendre qu’entre les artistes et les psychologues, trouver des espaces communs n’est pas si simple, même si une forme de fascination réciproque s’exerce.
Après quatre ans d’expérience et avec cette forme de lien et d’éthique nécessaires entre les partenaires et les intervenants, force est de constater que des personnes ont montré des signes qui nous ont permis d’évaluer l’impact de nos propositions : amélioration de la qualité relationnelle, reprise de vie sociale allant jusqu’à un retour à l’emploi. Sans que nous puissions observer dans la prise en charge le bénéfice de chaque intervention proposée, il nous reste à penser que c’est l’alchimie des deux axes de travail qui a permis cette autonomie.
En conclusion, je souhaite exprimer le plaisir que j’éprouve à « donner corps » à ce projet et à participer de sa dynamique. Il me semble que le temps n’a pas eu prise sur ce qui nous anime et qu’une forme de fraîcheur est encore très prégnante dans nos missions. À l’avenir, il me paraît important de préserver cette dimension de « petit électron libre », « d’espace en marge » dans le vaste réseau des dispositifs du secteur sanitaire et social : à mon sens, la qualité de nos actions dépend aussi de la forme et du cadre donnés à la structure. Nous ne pouvons et ne pourrons pas occuper toutes les places ; en revanche, nous devrons rester à la nôtre d’une manière affirmée et volontaire. Enfin, il m’apparaît que le combat mené pour ancrer via voltaire dans le réseau a induit une réflexion interdisciplinaire qui se mesure aujourd’hui dans la reconnaissance institutionnelle et partenariale de nos missions.
 
NOTES
 
[1]Languedoc-Mutualité.
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