Sud/Nord
érès

I.S.B.N.2865868818
208 pages

p. 193 à 196
doi: en cours

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no 15 2001/2

 
Algérie, débats pour une issue
 
 
Malgré leur caractère politiquement orienté et leur style assez intellectuel, les « Assises pour un nouveau partenariat Algérie-France-Europe » qui se sont tenues à Marseille les 27 et 28 novembre 1998 furent un succès, comme en témoignent le nombre (170) et la qualité des participants. Mise en forme par Hamid Aït Amara, Jean Gallot, Benamar Mediene et Paul Sindic, une synthèse de ces assises est disponible. Il s’agit d’un ouvrage de 143 pages édité par « Publisud » et intitulé Algérie, débats pour une issue. Ne cachant pas son ancrage dans une mouvance communiste, ce livre contient une préface des quatre corédacteurs cités plus haut, la liste des membres du comité de parrainage et des participants aux assises, les allocutions d’ouverture et de clôture et une synthèse des débats organisée en trois parties : problèmes économiques et sociaux et relations économiques avec la France et l’Europe ; problèmes du système éducatif et potentialités de coopération dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la culture, problèmes liés aux relations humaines et exemples de coopérations sociales et d’actions de solidarité décentralisées. Malgré une publication tardive, il constitue une contribution utile au débat.
Algérie, débats pour une issue est disponible en librairie. Il peut aussi être commandé par courrier électronique à claude.seureau@free.fr. Il intéressera ceux des lecteurs de Sud/Nord qui ont trouvé le numéro sur les « Algéries » trop tourné vers le passé et insuffisamment porteur, si ce n’est de propositions, du moins de réflexions d’actualité. Il risque de décevoir ceux qui sont amateurs de solutions toutes faites ou de bons sentiments.
 
Agora débats-jeunesses
 
 
Agora débats-jeunesses est une revue trimestrielle qui s’intéresse de manière ouverte et transdisciplinaire à tous les problèmes de société construisant la trame problématique des questions de jeunesse.
Travailleurs sociaux, animateurs, enseignants, responsables administratifs des services déconcentrés de l’État ou des collectivités territoriales, chercheurs, élus, tous les acteurs impliqués dans la conception et la mise en œuvre des politiques « jeunesse » peuvent y trouver matière à enrichir la pensée et l’action.
En choisissant de se situer à la croisée des questionnements professionnels et de la recherche, Agora débats-jeunesses se propose en effet de « créer du débat » et de devenir un véritable outil de réflexion praxéologique pour ses lecteurs.
Dans la même collection
n° 1 Lieux de jeunes – n° 2 Les jeunes, acteurs du politique – n° 3 Autonomie et dépendance financière des jeunes – n° 4 Pédagogie, illusion de la technicité – n° 5 Les rapports entre générations en Europe – n° 6 Pourquoi étudier ? – n° 7 Les jeunes et les fêtes – n° 8 Grandes vacances, petits boulots – n° 9 Que croient-ils aujourd’hui ? – n° 10 Se faire de l’argent – n° 11 L’aventure n’est-elle qu’une mode ? – n° 12 Jeunes en Europe : politique et citoyenneté – n° 13 Jeunes et mobilités urbaines – n° 14 Nouvelles modalités d’accès à l’emploi des jeunes – n° 15 Illettrisme : les conditions d’une seconde chance – n° 16 La passion du sport – n° 17 Relations, réseaux, passages – Vient de paraître : n° 18 Du corps à l’identité sexuée.
Collection Débats Jeunesses
Des jeunes et des associations, sous la direction de Bernard Roudet – Les Enfants de la liberté, Pierre Mayol – La Cité des lycéens, Patrick Rayou – Filles et garçons jusqu’à l’adolescence, coordonné par Yannick Lemel et Bernard Roudet – L’Animation professionnelle, Jean-Pierre Augustin et Jean-Claude Gillet.
 
Passerelles
 
 
Après dix années d’existence, la revue Passerelles prend un nouveau départ. Elle est depuis sa création implantée à Thionville, en Lorraine nord, dans cette région qui fut longtemps le poumon industriel de la France et la terre d’accueil de plus de cinquante migrations. Passerelles s’est fait connaître de vous, au fil des numéros, par la qualité de ses articles et de ses dossiers. Nous avons publié plus de vingt numéros et accompagné pendant ces années des projets culturels liés aux questions de migrations, de cultures et de métissages, en Lorraine et en France. « La Lorraine est aussi méditerranéenne » aura été une des idées défendues, dans notre région, pendant toutes ces années.
Nous venons de constituer l’association Passerelles qui est une organisation non gouvernementale, de solidarité et d’échanges culturels et artistiques, à vocation internationale, dans le domaine interculturel. Elle a pour objectif de continuer à publier la revue Passerelles mais aussi de développer des projets d’échanges culturels et artistiques auprès des populations du Sud ou d’autres régions du monde.
Passerelles, ong culturelle, a aussi pour objectif de créer et d’animer un centre de ressources documentaires, d’archives et de formation sur les questions de migrations, d’exil, de citoyenneté, et plus largement sur les phénomènes de métissages culturels C’est un projet que nous souhaitons mener à terme si nous réussissons, avec votre soutien, à convertir en dynamique les expériences déjà menées dans l’action interculturelle et à développer une praxis, largement inspirée des analyses développées dans les pages de cette revue. Nous aurons sans doute l’occasion de vous en reparler.
Ce numéro 20 de Passerelles vous invite à une réflexion sur la notion de culture comme ensemble de normes, de comportements, mais aussi de croyances, de mythes et de valeurs, présente dans toutes les cultures, traversant et structurant chaque individu, qui se transmet de génération en génération. En ce sens, particularité et universalité des cultures coexistent, les aléas de l’histoire privilégient tantôt l’une, tantôt l’autre. Cette double référence à la particularité et à l’universalité des cultures explique la possibilité des messages culturels à travers la circulation des savoirs, des techniques et des idées.
Un certain nombre d’articles, dans ce numéro, rendent compte de cette rencontre des cultures Dans son article consacré à l’astronomie arabe, Régis Morelon insiste sur l’importance des échanges culturels dans l’élaboration de cette science qu’est l’astronomie. À l’intérieur d’une même zone géographique et culturelle, le bassin méditerranéen, se sont échangés, des siècles durant, des savoirs que l’histoire officielle en Europe a occultés. Ce déni rend incompréhensible les découvertes ultérieures de Copernic. Cette posture orgueilleuse d’une Europe alors dominante se retrouve dans l’œuvre d’un auteur bien oublié aujourd’hui, Louis Bertrand, que nous fait découvrir Nedjma Benachour. On voit dans l’œuvre de cet auteur, enseignant en Algérie après la défaite de 1870, se déployer un imaginaire colonial tout nourri d’une vision magnifiée de la romanité.
Deux textes, l’un d’Éric Julien sur les Indiens Kogis, l’autre de Jean-Patrick Costa sur les médecines chamaniques, nous présentent deux images radicalisées de l’altérité à travers des cultures dont la survie requiert un équilibre du monde, seul garant de la cohésion et du fonctionnement de ces groupes. La médecine chamanique, si universellement répandue dans l’ensemble des cultures traditionnelles, peut-elle réellement concerner aujourd’hui nos sociétés post-modernes ?
La rencontre des cultures si radicalement autres nous invite à un renouvellement conceptuel global. Il consisterait à remplacer la notion de « maîtrise et de domination de la nature » héritée du cartésianisme, rêve délirant d’une ingénierie universelle, par la notion de responsabilité de l’homme vis-à-vis de l’harmonie d’un Cosmos. Cette même nécessité d’un changement de cap, nous la trouvons dans le texte de Pierre Rabhi où une compréhension des lois de la nature et d’une économie à visage humain s’oppose radicalement à la logique marchande.
À Beyrouth, la reconstruction de la ville estompe peu à peu le souvenir de la ligne de front. Elle débouchera sans doute sur une réunification des quartiers Est et Ouest de la capitale libanaise. Mais un refus de l’enfermement dans les logiques d’isolement communautaire aurait sans doute nécessité une réflexion plus approfondie de la part des urbanistes.
Ainsi dans ce numéro court en filigrane le problème du lien que l’individu entretient avec sa culture. Mais en est-il de même lorsque nous nous livrons à l’approche des cultures propres à chaque classe (terme peu usité aujourd’hui mais bien utile) qui coexistent et s’affrontent simultanément au sein d’une même société ?
Pour Fabrice Montebello, dans un article intitulé « Joseph Staline et Humphrey Bogart », l’hommage des ouvriers montre le décalage entre une culture officielle et l’appropriation des mythes du cinéma américain. Derrière l’univers symbolique supposé unifié et dépositaire d’une légitimité politique coexistaient des formes d’adhésion et de croyances marginales. Le cahier photos de François Kuhnel nous présente de manière sensible un autre aspect de cette culture ouvrière. Une mélancolie nous saisit devant l’humanité des scènes photographiées.
Ici, en Lorraine, existait cette solidarité, cette chaleur et cette convivialité. Elle structurait la vie de dizaines et de dizaines de milliers d’ouvriers. Nous savons comment s’est effondrée une telle classe ouvrière qui, en Lorraine, était façonnée par de multiples immigrations. Une telle culture supposait des acquis sociaux gagnés au fil du temps à travers des luttes. Ces acquis sont-ils transmissibles ? Le seront-ils à cette nouvelle classe ouvrière qui ne dit pas son nom et que génère le secteur tertiaire ? L’impulsion donnée par atd Quart-Monde à la rencontre entre des universitaires et des militants de cette association a permis l’élaboration de ce savoir. La rencontre entre deux types de savoirs suscite une double prise de conscience : il n’y a de fait ni isolement ni responsabilité des personnes en état de misère face à une situation générée par une profonde injustice sociale. Louis Cassiers, professeur de psychiatrie à l’université de Louvain, salue ce nouveau « savoir d’engagement » qui permet, à travers la mise en place d’actions collectives, la naissance d’une solidarité.
C’est aussi le sens dans lequel souhaite s’inscrire la revue Passerelles : participer à la transmission de savoirs et contribuer à l’émergence de nouvelles formes de solidarités.
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