BASSIN
Tel que
(voilé encore
dés-
altérant la brume
son secret :
un murmure
dans l’aride
clappement vers l’entre-bâillée
soif.
Encore rien
de visible
à peine
(supposition)
: déduit
l’épanchement sourd et entravé
du vert.
Aussi
ce calme
au dépourvu
une pause
dans la fabrique
du temps.
Mais là où
d’un effondrement imminent l’air
s’émeut
une margelle
interpose son appui
qui diffère.
Qu’à cela
ne tienne
: étale
et par-delà le fond
(la vague chevelure ophidienne du fond modulant silencieuse sous le frôlement des ombres)
illimité
l’espace revers
du ciel.
Au lieu
de l’évidence acquise
le regard
égaré tente sur soi
un retour
; voyeur
soudainement
vu
d’un seul trait
il démasque
le reflet.
Alors d’une orbe à l’autre
courant
des centres
imperceptibles
se distendent et s’étreignent.
La ligne droite
surtout
l’immuable la rigide
d’un rire spiroïdal soudain paraît
secouée
qui la vrille l’écartèle
entre échos opposés
jusqu’à répercuter dans le chanfrein obscur
imperturbable
du bord.
Sans raison apparente
parfois
comme sous le coup
d’une réminiscence
l’horizontale se trouble
indécise se partage
suivant d’une face changeante le furtif déploiement en cascade
d’une onde muette.
Jusqu’au bord
du débord
là-bas où
une flottille de jonques enchevêtrées attend
d’on ne sait quelle ressource
(intercession d’ailleurs)
le sursaut improbable qui la ferait
franchir
Aheurtées
et butant
têtues
contre l’étrille…
De plus haut
une averse
prochainement les prendra
-eau régale
pour dissoudre
leur or
vieux-
ainsi que lie commune
vers le pays perdu
des fonds
les mènera.
(Pour
coulés
ses vaisseaux
il n’est pas sans recours
celui qui
immobile
est descendu en lui pour mûrir
son objet.
À sa place
il se tient
-en réserve
(quand
dans l’ombre creuse des marges
transpire
l’indiscerné.
Un chant
à mots couverts
-traversée l’onde noire de part en part-
sourcille
au plus secret.
D’une veine battante impulse
la tempe fluide
qui frissonne
s’égoutte à l’opposé par une faille
du bordage
: hasardeux épanchoir
auquel la terre s’abouche
à dessein
et ravie
de se laisser sonder jusqu’au tréfonds
d’une âme
aride et désolée.
Bassin
– gardant à vue qui jamais
ne recèle…
D’une onde articulée
inouïe
entre deux eaux il
transgresse cela même
qui le fonde :
retenue
pudiquement libère la source
inaltérée
restituant à la terre
la soif
pour qu’elle s’élève marchant
à la rencontre
de l’air.