Je dirai l’ivresse mortifère… et renaissante
de la chasse aux mots, biches fuyantes,
oiseaux
lièvres immobiles oreilles dressées
sauterelles sonores
– longues et brèves – Mouvances blessées papillonnant
fleurs laissant traces étendues
corps allongés, traits raides
froids au ras du sol
sur un tissu côtelé de sang frais
Pourpre et or
entre les doigts comptables
brisant chaînes, images colorées
agrippées au néant qui passe
l’empreinte déplacée
sur des fades écrits
guirlandes festives, glissantes
rivières
maintenant et toujours, encore
convulsionnaires, ombres ondulantes
des espaces enchevêtrés, poussières dévoilées, arrachées aux fibres d’aile
de papillon dénudés, mots
alignés au pied du mur
à la lisière des forêts
habitées jadis, folles courses des fées
ou des sorcières hantées défaillantes
à l’aube, des marécages
Mots au pied des saules pleureurs,
couronnes de fleurs, disant
lettres d’adieu et de souvenirs
rabaissés au concret des rêves à lire au pied de la lettre
d’alouette ; transparences embrumées
de novembre
tantôt trompettes, allocutions dressées
des tours de guet
du soleil stridentes, incisives, cris balafrés
tantôt
prières digestives assourdies
silences, tombés au champ d’honneur
étendards pourfendus
d’haut en bas, déchirés
au couteau du temps
esquisses d’hommes, dénudés
par l’épée du regard
percés aux dards meurtriers
Arc : ressort tendu des yeux
qui miroitent vols, rayons
de soleil qui percent miroir et ailes. Haut vol des alouettes !
Sur la terre : de la coupe aux lèvres
les urgences assourdies
des chapelets murmurant absences
au cimetière. Au bord des tombeaux soulignés
bouquets de chrysanthèmes en rang
tentacules dorés des fleurs
recroquevillées, font chemin aux cœurs
déambulatoires de la tout saint. Carnaval défilé statique de
pompiers tournants, contournant
la veuve détournée par suite des hasards avares
du non-sens. Les regrets éternels à l’indécise
indécence présence des sens, l’absence des Disparus
L’absence des innocents, l’irréparable manque
de sein, le Saint Saëns des danses macabres invisibles à l’œil nu.
Recouvertes blessures, galeries catacombes
fentes oratoires, pelure d’oignon
durillons oligarchiques. Prosodies processionnaires
d’Officiants oints par tout de rôle : Fonctionnaires royaux, éclairs
tourbillons veloutés, leurrant des feuilles
d’automne bon marché ;
machines d’oubli pour les arbres décoiffés
au vent cocu décodés.
Les chutes des voyelles
muettes hors port
qui battent l’aile sous les cieux
à la recherche des consonnes : l’Arête des mots poissons émondés.
Barques sans voyageur
Rondes blêmes, de noir et blanc – mauves
travesties, loin des haies d’épines
la couronne de clôture, transcendée
au vol, ou au pas à pas, les trépas
des césures, garanties légendaires
des mythèmes garde corps. Têtes
exotiques, gardénias à doubles feuilles
repliées à chaque faux pas du livre
d’heures
les gorges, illusoires chartreuses
tranchées à l’embrasure
des épiphanies enroulées
autour des entrecôtes sonnantes
des chanteurs d’opéra. Tréteaux vides
Falaises, Rochers têtus, Foutaises crânent. Rieuses cimes
crinières au vent
les crêpes de soie qui crépitent
aux crépuscules des Dieux – Chênes
culbutés
bâtisseurs d’arcs-boutants
ardents brasiers de l’enfer des hommes
Arlequins d’une nuit d’été
Arcs en tête
les chicanes arithmétiques
qui pondent les noms
coquilles d’œuf
Les nobles ascendants réunis dans
les sociétés anonymes des poules aseptiques
toujours chauves
indéfrisables
têtes d’élite, les nombres à
l’élision de la terre promise. Abstraits
escargots, chimères tératologiques
aux carrefours des chiasmes optiques, doigts déliés des paumes
Cœurs antiques Troupeaux, crèches transhumantes sous fenêtre
damassée à la fête
vacances en voyage de l’avant et de l’après
fuyantes et fascinantes promotions diluviennes
rassemblées à l’archipel
concerts des dilemmes
à la quête et requête des confidentielles
réassurances
à l’offre et à la demande
des textes évalués
au pile ou face
du vrai et du faux
découpé à la faucille argentée servante
des clairs de lune romantique
lèche-cul des Pierrots avec ses
démarches blanches
poussière synthétique qui en a vu d’autres
à pâte d’amandes
tartines de fables caviardées
au beurre souffre douleurs fêlures, arlequinades coloriées. Contestation
de
Colombiers célestes
ivres du même au même
à l’appel des constellations étoilées
compositions cosmiques
consubstantielles souffrances
accablés messages des balançoires
paradisiaques.
Déjugés par les nonces résidents. Serpentins
dindons de la farce
aux plateaux des théâtres
Monèmes démonétisés
prétendants prête-nom
prétextes et
redites réponses
oiseaux mythiques des naissances latentes
l’impossible rencontre à la portée
de la main – malaises envoûtés
piédestaux envolés
portés aux nues.
Attrape nigaud des énigmes de soi-même
Elfes élidés
Elixir des pas de deux
Nectar des vaporeuses nuitées
dénudées corbeaux des ébats, cloacales
naissances blanchies
à la chaux vive des façades
L’un et l’autre, les deux indivis
dans un prénuptial arpège de scribe
voués aux mots cache-sexe
où s’épure le purin puritain
Passe droit des torsades. Passementeries
inertes ; passions de Bon Pasteur, nourris
aux pastiches de pathétiques symphonies
des hauts héros, à l’Hurle vent mis en boîte
Patriarches indigents insolvables locuteurs, discours
ventriloques
logés dans une baignoire
avec une libellule horizontale au plafond
la gracieuse dispense des motions
libératrices des charges
relaxation corporelle à grand renfort
de coups d’épingles, mots du même rivage
flotteurs du liège « requiem in pace »
désormais maintenus par les eaux hydrothérapiques
la cohorte de fourmis queue leu leu
des impasses formulées haut l’esprit éclairé
gloire du peuple savant, ceux qui pensent
et proclament certitudes à l’enseigne du
« voile echo sum » des
Cartésiens dévidages évacuateurs dévergondés
de l’Être et du Monde dévitalisés. Ronronnantes chattes des
chastes conceptions, doublets des Marie-Anne. Léchés
douillets refuges consacrés Crèches des princes consorts convives des
Mantes religieuses universitaires
dégonflés Pilate et
Constantin avec leur pile d’assiettes desservies. À la Romaine Pax
Gestes délavés à la
Gloria à soi-même. L’image
grandeur d’échelle de Jacob suspendue à la
bêtise humaine du maître
ex-sciences Portraits
à la galerie des Glaces. Surveillants des
Armoires à linge
propre et repassé
linéaires linéatures
essorées, cabales synoviales
aux draps de lit parfumés
aux pommes, hors paradis
retrouvé
les feuilles noircies
au jeu des chiffres et des lettres
apprivoisés oiseaux.
Apprêtés défilés mécaniques
danses aux voiles
et aux chandelles.
Scarabées dorés
Suites en ré
les esclaves délivrés et aussitôt enchaînés
à la phrase suivante.
Toutes les feuilles sont reliées
aux livres de comptes
dès maintenant et toujours numérotées.
Le zéro capitaine inscrit des abords
fermés ronds des arènes
où le trois joue et gagne toujours
puisque comme on dit
jamais deux sans trois
et pour quiconque tient aux enjeux
dans son assiette familiale.
C’est le trois qui est premier
à table
et il s’ensuit, le plus
ou le « moins un », chaque fois,
ce qui fait quatre
ou deux.
Et cela suffit pour déterminer
les différences et les places
plates-formes de départ
de chacun qui compte les autres
jusqu’à pas plus de quatre.
Il n’est jamais dit d’avance
si l’on joue à qui perd gagne
lorsque le moment vient et revient
de répartir les cartes
et les absences en jeu
chiffrés
suspendues, au va tout et aux atouts à deviner
à dire ou à se taire.
Qu’il n’y a pas que les bourgeois
autour du pot
pour chanter les fastes capitales
à nom donné à la
berceuse, claironnante des
vaudevillardes percées au récital traditionnel
du
papa maman la bonne et moi. Que même ici cela
fait quatre, encore une fois
et notamment
– ce qui ne va pas de soi – l’avenante
surprenante variable pronominale
des bonnes à tout faire, celles
des bonnes et des pas mauvaises
à capital variable. Véritables placements et déplacements
indéterminés, prêtes au service d’un chacun des autres trois.
Aléatoires incarnations occasionnelles, rôles tenant lieu, la carte variable
des tantes Jeanne des pisseurs
celle des vieilles grand-mères
ou des cousines Berthe
actrice des couvre-lits
et des opérations de porte ouverte
à la rencontre des positions
qui souvent portent lettres qui viennent
d’ailleurs.
Maîtresses du faux dilemme des portes fermées
ou ouvertes à la cour parsemée
des jupons des entremetteuses en balade
des voisins à mi-dites porte-parole.
Les cendrillons des foyers
Étalent
Plénitudes des vacuoles
plages ou montagnes
dépliants des voyages
directions des carrefours
les quadrilles dansants des jours premiers
qui par addition occasionnelle
d’autres « plus-un », agglutinent
richesses accueillantes
d’un quelconque l’un d’eux parmi
les quatre, va vers
l’illusion comptable d’un cinquième
larron tout neuf.
Et ainsi de suite, si le cas en donne
encore d’autres unités avides
additives, énième fois, nombreux infinis, nombres
possibles – répétitions transférentielles
identificatoires méprises qui viennent
ou reviennent au tas
comme des revenants resurgis
rattrapés, retardataires, des tombeaux
voués à la démesure répétitive
publiés à la une des journaux
mesurés à l’aune
rayonnante du trou du cul.
À la quête de la quadrature
du cercle :
Aristocratique Pi R2
nanti de la relation égocentrique
des circonférences évidées
Déconnateurs des décomptes infinis
affairés à s’acquitter par acomptes
du parcours circulaire des jours et des nuits
qui font d’eux leur compte
juste le temps d’un relevé des virements
imputés à la succession et à la dette.
Les voilà aux écritures soudés, chichement avares, un à un accrochés
aux pans de leurs chemises
un à un
sacrifiés aux marchés
éternels bienveillants bourgeois de Calais
et d’ailleurs
sourds et aveugles vivant de leur mort
hors guichet
mal nourris des restes polyphoniques
des mots fétiches pendeloques
Majeurs de cheveux en quatre
prépuces ombilicaux, délivres, livrés à l’étrangère commande
corde au cou
aux oreilles par assiette
ses fondements postérieurs
rapportés de colonne en colonne chaque fois soumises
aux racontars soupçonneux
condamnés
malveillants
surveillants
enkystés aux amniotiques lambeaux imaginaires
englués jusqu’au trognon, dans le meilleur des cas
à la racine carré du moins un
qui dit le chiffre des coffres-forts
cadenassés, des ports frauduleux
la menace, l’absence de ponts
et de chemins, melon en tête
parapluie imperméable aux sauts et aux
envolées des mots et des autres. Danseurs
lorgnant par ci, par là, les miettes
la contrainte,
la faute. Rêveurs asséchés au désert
charretiers sur la tranche des
mirages riverains. Horizons fascinants gonflés
de la solitude à un, à deux, à trois
et à quatre. Peintes de dimanche
champ écrans, l’apparence de tours
Citadelles, tournois, sournois, sur-moi
des fins de mois, la fade fête des appointements
prisonnière.
Services, services secrets, escrimes
et chevauchées
Aventures imaginaires, mousquetaires
à la recherche
éperdue
du trèfle à quatre feuilles
de la chance
Colliers de la reine, des mots
qui manquent, aux soirées dansantes
du palais
mots mort-nés, épluchures de mots au pif et à la pelle
ramassés, penchés pendus pendables
sans peine ni gloire penchés
sur le néant, Éperviers étrons masqués
au bal des maudits, dits en balade
réhabillés de consignes et de politesses
échos coulés, échus des choux
aux colimaçons auriculaires.
Rats des cales des bateaux, la chasse aux mots
lorsque les chattes – muses
comptables, d’art s’approchent
des îles, se sauvent
dans leurs mouchoirs de poches
percées, préposés aux colmatages
puantes brèches du nez
Noyées bestioles portées aux nues
le bavardage, la morve morfondue des discours
fusées ; la platitude calme des
retraites, planeurs aplatis
gros sur la patate.
Patate…
pied de marmite
en matière plastique
Nez ! toujours le Nez
fourré dans les papiers qui leur passent sous les pieds de leurs chevaux de carton en parade. Les minables niaiseries balivernes, spéculatives manœuvres des mal en pire de toute sorte, les soldats bagnards, conards, canards, constipés constitutionnels aux chartes octroyées aux peuples asservis. Édictés conciliabules enduits de cirage, bottés de certitudes adhésives aux ronds points de la défense. Monnaies de singe, au plat des légumes et au dessert omelettes, avides des lentilles du Jeudi saint. Oliviers au clair de lune neuve. Mots à solde rampants colporteurs de messages dits et redits, anonymes émetteurs et récipiendaires, claires formulations que quiconque comprend – hélas – et juge par convenances. Manèges de mots démunis d’entrailles vivantes qui ne travaillent point corps à corps.
La polarité de l’un et de l’autre. Tandis qu’ailleurs, aux retrouvailles des deux, et des autres, les sémantiques suintent par génériques accouchements du sens, à la Sainte Face des signes des époux épouillés des parasites, la peau des mots au vif à l’abri des grivoises festivités symbiotiques des mots entiers pleins de sève et de branches, la présence et le geste de Nonces présentifiés au dur labeur des inventions poétiques.
Semis ventilés de vieux mots collectés, de vieux mots transportés au ponton des héritiers, mots qui convoquent appels émergences de rives le peu et le plus de sens remis aux ateliers, refondus, pétris, reconduits, interprétés au fil rouge du sang qui bat aux tempes avec les mythes oubliés, qui pointent blés ou ivraies ondulantes aux vents. Vieux mots repêchés aux eaux obscures où glanent têtards adipeux, coursent esquisses et rêves de cocons de soie, vers à soie, papillons, feuilles de mûrier, arbres astronomes languissants dans leurs linges au vent, lanternes et lucioles, pignons à la croisée des chemins, engrangement du temps, inadverties conjugaisons des verbes du petit narcisse, navigateur sur sa feuille de vigne endormi aux calmes tempêtes marinières, brasseur des îles distillées goutte à goutte qui réveillent perles, pleurs, raisins de serments d’amoureuses vicariantes, sarmenteux plants retordus, treilles, pampres grimpantes. Apothéose des grappes :
Vin nouveau, transmutation des claires fontaines à la source et aux ressources démultipliées coupe de la sardane des mots et des dires vendangés. Raisins mûrs de Terpsichore, d’Euterpe et de Calliope parties à la rencontre de Clio. L’écho s’éteint aux tournants de la nuit entre deux mères lointaines.
La danse repart au pas et au contre-pas de l’un eux : courts qui comptent sons, démarches et les autres temps, figures qui sautent ou non, séquences pas plus que quatre comptés à droite, et à gauche décomptés. Courts et longs en opposition de phase. Périodes successives ponctuées d’un seul arc de traits, à tous points et virgules tambourinées à venir ténors – réparties cadences – espace des pieds effleurés à peine chacun comptable des pas des autres, la roue sereine, récurrences discernées des voix d’une terre – à l’occasion, la mienne. Relais ouvert, pauses. Réjouissances ponctuelles, reconnaissance de l’autre qui s’avance, chez chacun et pousse la construction de l’espace par intégrales : quadrature.
Qui dira à la danse et au mot les paradoxales aventures des triangles sphériques qui supportent la couple ?
L’un, les deux mains tendues à l’une des mains de l’autre – ce qui fait toujours trois – d’un chacun et du tout, toujours ouvert, une ronde. Mouvances des corps à l’humaine construction des coupoles à pendentif le vieux miracle architectonique des triangles sphériques de pierre qui permettent de passer du plan carré au plan circulaire. Maintenant, nouveau miracle de la grâce et de la métrique mesure en jeu dans la danse la puissance délimitative convenue harmoniques coutures, raccords des champs en tête, vecteurs de sang, quatre sources et parcours des traces mythiques de quatre doigts trempés à la blessure, imprimés au même champ doré des blés, soulevés à l’emblème et à l’épitaphe des comptes qui comptant ont rendu l’âme en allant à la chasse des mots autres qui font l’histoire. Fils rouges à repriser les accrocs, les restes polyphoniques des récits, repris vierges lignes de la main, destin et sémaphores qui entament l’ordre narcissique des nuits et ouvrent les chemins de la gnose séance tenante.
À chaque danse, la grappe nouvelle, sculptures mobiles, sécateurs collégiales de la sardane du temps et des latences sur l’étoffe du monde. Relevés cartographiques. Alchimies conjecturales, sautillement des mots, mutations par disjonction du sens, rebondissements et retournements, élancements à l’arraché. Acrobaties du verbe syncopé. Synergies, syntaxes négligées. Tractations renouvelées. Moratoires…
Grues métaphysiques à quai où chaque mot débarqué à ses mots à dire et à suggérer, une adresse visée et portée en lui-même les eaux lumineuses ou éteintes des fontaines de l’envoyeur.
Chaque mot débarqué à quai, qui a ses mots à dire, n’est jamais le mot de la fin. Tandis qu’aux entrepôts et aux académiques étalages, tous les jours vous pouvez passer commande, lorsque vous avez faim du gibier des mots passés à l’as les lundis. Des mots racornis, vendus à bas prix, des mots des messes du dimanche desservies, des mots sans âge, des mots sauvages hors des forêts. Au cirque des mots en cage.
Les mardis, au carreau des halles, vous trouverez des tas de mots gris-gris, des mots grimaces asséchés au soleil, des mots résine en boîte, des mots charnière métallique, des mots d’oubli – ce qui permet aux commerçants d’attendre sans trop se fatiguer les clients de passage, et le cas échéant, de proposer à la surenchère les mots des autres jours de la semaine à venir du jeudi au dimanche, puisque le mercredi, c’est jour réservé aux mots mototracteurs allant des mots laitue, aux mots caillés, jusqu’aux mots d’épargne.
Parfois, si vous êtes un peu distrait, votre sac pourra s’enrichir de mots voleurs, des mots d’ouïe dire, des mots obturateurs et j’en passe sur les mots saupoudreurs et les mots à pâte de velours, les mots pour appâter, les mots obligés, les mots pour luire et reluire, des mots millefeuille, des mots d’évangile, des mots plateaux d’haute forme trempés à la sauce tomate, des mots pouponnière, effrités à l’huile d’arachide, conservés au bain-marie des mots entre parenthèses moulinés au pressoir et au dépressoir, des mots concombre, des mots de départ, des mots de faire-part, des mots boulette, minables, piteux, étriqués, des mots qui s’éloignent sans rien dire, des mots ora pro nobis, des mots à farcir, des mots à effacer, des mots à enrubanner la queue des chats, des mots pour, des mots poutre, contre les jeudis, les vendredis ou les samedis, jours de repos, jours pour faire le mort – comme l’autre qui attendit Pâques – puisque le dimanche on bénit des mots de passe, tous les mots voyageurs, échangeurs d’espoir, tous les mots rageurs, jour de traducteurs, jour des mots nus qui peuvent se manger à toutes les sauces sur un morceau de pain frais tandis que les mots cerfs-volants volent… et l’enfant tient le fil à la main…