Sud/Nord
érès

I.S.B.N.2865868826
192 pages

p. 107 à 116
doi: 10.3917/sn.017.0107

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Humanitaire

no 17 2002/2

Handicap international est arrivé au Rwanda en 1994, après la guerre et le génocide qui ont mis à terre tout le pays, tuant et séparant plusieurs centaines de milliers de personnes, dont beaucoup d’enfants.
Le projet psychosocial a commencé à intervenir auprès de ces enfants placés dans des centres, au départ dans le soutien matériel direct et des activités de jeux, puis dans la réintégration familiale et dans l’accompagnement psychosocial.
Notre but aujourd’hui n’est pas de reprendre l’historique ou l’ensemble des activités de ce projet mais plutôt d’axer notre réflexion sur un aspect plus précis de notre travail, à partir de l’outil des médiations par le dessin.
Avant d’exposer notre problématique, il nous paraît important de repréciser quelque peu en quoi consistent les médiations mises en place par un bref résumé, cela ayant déjà été développé lors du précédent congrès dans la présentation sur « dessins et destins d’enfants ».
Pour revenir dans le vif du sujet, beaucoup d’enfants, en 1994, se sont retrouvés rassemblés dans des centres, les centres d’enfants non accompagnés, souvent dans l’espoir ou l’attente de retrouver leur famille. La plupart de ces enfants ont été très ébranlés par les événements de 1994 (violence subie ou vue, mort des proches, séparations, conditions de vie très difficiles…), et il est apparu nécessaire de leur permettre d’exprimer tout ce vécu douloureux, au demeurant peu « criant » dans leur comportement ou leurs dires.
C’est dans ce cadre que le dessin s’est avéré pertinent comme support et médiateur de l’expression, voire de l’élaboration de ce vécu. Le dessin, peu à peu, a pris place et forme dans le cadre d’ateliers de médiation par le dessin proposés aux enfants des centres. Cette activité se fait en groupe, généralement composés d’environ huit enfants et deux ou trois adultes. Quatre séances sont proposées avec des thèmes de dessin suggérés à chaque fois : se dessiner soi-même, la vie du centre, un bon et un mauvais souvenir, la famille, l’avenir et enfin un dessin au choix.
Cet atelier s’avère riche et multiple pour l’enfant lui-même, permettant l’expression d’un vécu douloureux, la décharge d’un ressenti affectif souvent sous contrôle, la reconnaissance de ce vécu et de cette souffrance par le groupe, la réalisation de quelque chose, autant d’effets et d’impacts positifs, voire thérapeutiques, que peut provoquer l’atelier de médiation. Il permet également de faciliter la relation enfant-adulte.
Ces ateliers, initiés par l’équipe psychosociale, ne sont pas restés dans les mains des dits spécialistes, mais au contraire les encadreurs des centres ont très vite participé à leur mise en place.
Par la suite, le projet a évolué. En effet, l’expérience initialement instaurée dans un centre ayant été très positive, il a été décidé de l’étendre aux autres centres du pays. hi a décidé d’appuyer ces structures par des actions de formation et de suivi. Cette décision a posé et peut encore poser des interrogations, mais c’est en tout cas l’orientation qu’a choisie hi, il y a presque trois ans maintenant.
C’est ainsi que l’équipe psychosociale a mené des actions de sensibilisation et de formation auprès des centres intéressés, plus ou moins vingt-cinq dans tout le pays, pour qu’ils puissent eux-mêmes s’approprier et mettre en place cette activité de médiation.
 
Problématique
 
 
Notre problématique de ce jour est précisément de voir comment s’est faite cette appropriation par les centres, comment « l’outil médiation » a été compris et utilisé et aussi quels sont les avantages, les difficultés et les limites que cela implique. Il ne s’agit pas là uniquement de dresser un tableau de la situation mais plutôt d’en faire le bilan, et de voir quels sont les effets des médiations chez ou sur les encadreurs. Nous ferons ce travail de bilan dans un premier temps, puis par la suite nous reprendrons un certain nombre de questions.
 
Comment s’est faite cette intégration/appropriation des ateliers de médiations par les encadreurs ? (Augustin Nziguheba)
 
 
Pour dresser ce bilan, nous nous appuyons sur le travail de suivi-évaluation réalisé auprès des encadreurs, soit lors des visites dans les centres, soit lors des sessions d’évaluation. Il est entendu que par « évaluation » nous n’avons pas l’idée de jugement ni de résultat objectif, puisque les médiations ne se posent pas en ces termes-là, mais plutôt le souci de voir comment les encadreurs ont pu faire leur et même enrichir cette approche de médiation.
Vingt-quatre centres ont participé au processus, le principe étant que deux encadreurs par centre soient formés et puissent devenir animateurs et personnes ressources dans leur propre centre.
Certains centres ont eu plus de difficultés, ne serait-ce que dans la mise en place très pratique des ateliers, d’autres ont très vite intégré l’activité, sans pour autant « appliquer à la lettre » l’approche proposée. Il est vrai que notre but premier n’est pas une « duplication » de l’atelier mais plutôt son appropriation.
Dans un premier temps, il est intéressant de repérer ce que les ateliers ont permis ou ont apporté aux encadreurs.
Nous partirons de leurs propres éléments de réponse :
  • l’amélioration de leur capacité d’écoute ;
  • le changement dans leur façon de voir les enfants, par davantage d’éléments sur leur histoire et les possibilités pour les orienter ;
  • de meilleures relations avec les enfants, sur la base d’une meilleure communication : « Ce qui nous a satisfaits après tous les dessins des enfants, c’est que nous avons remarqué qu’ils ont davantage confiance en nous, en les écoutant et en les soutenant dans leurs différentes situations » ;
  • la contribution à l’allégement de la souffrance des enfants : « déblocage de certains enfants » ;
  • la possibilité de donner une bonne éducation aux enfants ;
  • en définitive, un meilleur travail avec les enfants : « Être à l’approche des enfants, intervenir si possible pour qu’ils puissent s’exprimer, comprendre et être aidés pour affronter leurs difficultés. »
Dans un deuxième temps, on peut souligner les limites et les difficultés exprimées par les encadreurs eux-mêmes. Les encadreurs ont déclaré que l’animation des séances de médiation par le dessin est une activité exigeante en termes de temps, d’énergie, d’organisation, de discipline et d’intelligence !
Reprécisons qu’après les séances de dessin avec les enfants, l’atelier comprend un autre temps très important, celui de la synthèse. Les enfants ne participent pas à ce temps-là. Il s’agit de pouvoir reprendre les dessins des enfants et de les confronter à l’histoire connue et au comportement observé dans le but de mieux connaître la situation actuelle de l’enfant et de s’y adapter si besoin est. On peut par exemple recommander un suivi, une réorientation ou réfléchir en groupe aux difficultés éventuelles repérées. Il s’agit d’un réel temps pris pour chaque enfant, pour mieux connaître qui il est, d’où il vient, ce qu’il vit…
Une des difficultés de la diffusion des médiations est que la plupart des centres (ceux hors Kigali en fait) doivent gérer eux-mêmes ce temps de synthèse, l’équipe de hi ne pouvant y participer. Les encadreurs sentent pourtant qu’ils ont besoin d’être accompagnés dans ce travail, souvent complexe. Nous reparlerons de cette limite de notre travail plus tard.
Les encadreurs souhaiteraient reprendre le cas des enfants qui posent problème. Nous avons pu travailler dans ce sens lors des journées communes d’évaluation, mais cela ne peut se faire de façon systématique.
Les principales difficultés soulignées par les encadreurs dans le cadre des médiations, mais aussi de façon plus large en termes d’accompagnement psychologique des enfants, sont les suivantes :
  • le manque de temps ;
  • les connaissances insuffisantes ;
  • l’insuffisance de moyens matériels ;
  • le nombre important d’enfants à suivre ;
  • les difficultés, voire l’échec, à se faire comprendre et à échanger avec les enfants ;
  • la non-reconnaissance de leur travail ;
  • le travail avec les adolescents qui, en particulier, ont des difficultés scolaires.
Les difficultés sont donc aussi nombreuses que variées et nécessitent des solutions également variées, en termes d’organisation, et éventuellement d’analyse de leur travail de formation. Mais il est vrai que cela dépasse largement une approche uniquement psychologique, ce qui apparaît à la fois positif et négatif. Positif dans le sens où l’enfant (et la situation) est vu dans sa globalité, avec un certain nombre d’éléments interreliés. Négatif ou du moins limitatif, car les encadreurs doivent un peu remplir tous les rôles (éducatif, parental, psychologique…), sans qu’il n’y ait de spécialiste ni de fonction bien précise des uns et des autres. Cela fait écho à la façon dont nous-mêmes, équipe psychosociale, sommes parfois perçus et devons apporter des solutions à tous les problèmes rencontrés par les centres, quels qu’ils soient, du manque de savon aux difficultés psychologiques des enfants.
 
Discussion (Céline Lanaspre)
 
 
Les questions et les limites soulevées par cette diffusion des médiations et son appropriation sont multiples et variées.
Il ne s’agit certes pas de remettre en cause tout le travail effectué et bien sûr tous les aspects positifs engendrés, très nombreux au demeurant, comme nous l’avons souligné précédemment. Mais il importe plutôt de voir qu’effectivement cette situation comporte aussi des limites, et, au final, l’idéal serait de pouvoir réduire au maximum ces différentes limites repérées.
1. Un premier élément important à relever est que les encadreurs des centres ne sont pas des « spécialistes » de cette approche.
Ce sont souvent des gens qui ont peu de formation, en particulier dans le domaine éducatif. Effectivement, après 1994, dans certains centres, il a fallu engager beaucoup de personnel assez rapidement, souvent des femmes, ce qui leur permettait à la fois de travailler et de trouver un « lieu-refuge » pour elles-mêmes, souvent aussi fragilisées que les enfants.
Il existe une très grande variété de centres, concernant le nombre et le niveau des encadreurs, aussi est-il difficile de généraliser, mais le fait est que ce ne sont pas nécessairement des gens formés à un travail psychologique. Précisons bien entendu que le niveau de formation n’est pas une condition suffisante à ce travail, mais, quand il est faible, cela peut être un facteur « limitant ».
Il nous apparaît donc difficile de demander à des gens dont ce n’est pas toujours la formation de pouvoir intégrer une approche somme toute complexe, d’autant plus qu’eux-mêmes ont souvent eu besoin ou ont encore besoin d’un accompagnement ou d’un soutien. Leur demander d’être à l’écoute de la souffrance des enfants peut les mettre dans des situations difficiles à vivre, si pour le moins il n’y a pas un travail avec eux à ce niveau-là.
Ce faible niveau de formation « professionnelle » des encadreurs s’est particulièrement ressenti au niveau du travail de synthèse. Souvent les encadreurs sentent qu’ils ont des difficultés à réaliser ce travail, non pas qu’ils ne s’y investissent pas mais, de fait, la synthèse requiert des capacités d’analyse, d’élaboration, de questionnement qui n’entrent pas forcément dans leur domaine de compétences.
2. On propose une démarche, celle de la médiation par le dessin, et le risque est que celle-ci soit perçue comme l’application stricte d’un outil, c’est-à-dire que les encadreurs veuillent la suivre à la lettre, privilégiant la technique plutôt que le fond. Or nous savons que, dans ce domaine-là, il ne peut y avoir de « recette miracle », de procédure parfaite ni idéale et qu’un cadre trop rigide restreint beaucoup les possibilités et le travail psychique en cours au sein du groupe de médiation.
Les encadreurs, ce qui est compréhensible, ont souvent le souci de bien faire ou de beaucoup faire (un centre avait réalisé neuf groupes en un temps record), sans un recul minimum pour que, justement, s’élabore un réel travail psychique, au sein du groupe, à travers le dessin et même au-delà de l’atelier.
On ne peut qu’insister sur le fait que l’application stricte du cadre de l’atelier n’est pas suffisante en soi ; bien au contraire, ce n’est qu’un moyen pour parvenir à plus d’élaboration, d’expression, de relation, de sens en termes psychiques.
De plus, les encadreurs peuvent risquer de tomber dans une « routine » en perdant éventuellement l’idée que chaque enfant est spécifique ou en pensant que l’atelier est suffisant pour répondre à leurs difficultés.
L’équipe de hi doit être consciente de ces éléments et pouvoir sensibiliser les encadreurs sur le fait que l’outil médiation n’est qu’une technique dans le sens d’un moyen, d’un facilitateur, mais que la démarche va bien au-delà. hi doit être le garant de cette démarche et doit travailler avec les encadreurs dans ce sens, ce qui peut limiter les risques potentiels d’une application systématique et limiter des médiations. C’est pourquoi la grande partie de notre travail actuel consiste à suivre les centres dans leur démarche, travailler sur les cas qui leur posent question, reprendre avec eux les problématiques et les difficultés rencontrées au travers des groupes réalisés.
3. À un niveau plus immédiat, il existe déjà des limites plus conjoncturelles et opérationnelles à la mise en place des ateliers de médiations dans les centres. Dans certains centres, il y a beaucoup d’enfants (jusqu’à 400), dans d’autres, il y a peu d’encadreurs. La plupart des centres ont peu de temps à investir dans une démarche plutôt inhabituelle d’accompagnement psychologique des enfants, qui sort de leurs préoccupations éducatives courantes. Enfin, certains centres peuvent présenter certaines résistances ou être limités par une certaine lourdeur d’organisation.
Il faut en définitive que les centres investissent vraiment cette activité pour qu’elle puisse se mettre en place, à savoir qu’ils y consacrent du temps et de l’énergie.
4. La conception même de l’atelier peut poser question.
En effet, les quatre séances de dessin permettent d’amorcer un réel travail psychique qui ne peut pas forcément être repris par la suite, parce que, d’une part, ce n’est pas le rôle des encadreurs, et, d’autre part, ils n’en ont pas les compétences. Encore une fois, ne les met-on pas dans une situation, une place impossible d’accompagnement des enfants sans qu’ils en aient tous les moyens ?
Pour tenter de répondre à cette inquiétude, il est évident que l’on ne peut ni ne doit attendre des encadreurs qu’ils deviennent des spécialistes, voire des thérapeutes, mais on peut espérer qu’ils sont sensibilisés à l’aspect psychologique de leur travail auprès des enfants.
On a vu, en première partie, que les ateliers permettaient une meilleure connaissance de l’enfant, une meilleure qualité de relation entre enfants et adultes, mais n’appauvrit-on pas le but de la démarche qui est, avant tout, d’instituer un travail psychique, en tout cas de le permettre ? Pour reprendre cela de façon imagée, c’est un peu comme si les encadreurs, à travers l’atelier, ouvraient une porte aux enfants pour accéder à un réel travail psychique, mais qu’ils n’étaient pas en mesure de les accompagner plus loin que le seuil de cette porte.
Plusieurs ont pressenti cette limite centrale, voire cruciale, de la diffusion des ateliers de médiation, et se demandent si ce n’est pas risquer de « réouvrir une blessure de l’enfant », de « le faire pleurer pour rien ». Nous sommes bien convaincus que ce n’est pas pour rien et que ce n’est pas l’atelier lui-même qui fait pleurer l’enfant mais plutôt tout ce qu’il engendre en termes de réactivation psychique. Autrement dit, on sent la nécessité d’aller plus loin avec ces enfants qui commencent à s’ouvrir et à être prêts à faire un réel travail psychique et, dans le même temps, il n’est justement pas toujours possible d’aller plus loin !
Notre option a été de sensibiliser au maximum les encadreurs pour qu’ils puissent repérer les cas où, effectivement, il faudrait aller plus loin et pour qu’ils puissent les référer à des structures plus spécialisées. Les résultats montrent que cela se fait quelquefois, mais nous travaillons à ce que cela puisse être beaucoup plus systématique. Cela implique que les centres puissent accepter et reconnaître l’idée que les enfants ont des besoins et des souffrances en termes psychiques, ce qui nous paraît déjà une étape importante. Par ailleurs, ce travail de mise en réseau semble plus que nécessaire pour une politique de santé mentale efficace, combien même les ressources sont limitées et les besoins très grands.
5. Enfin, et là il s’agit plus de questions que de constats, nous ne savons pas vraiment quelle sera la suite, à savoir comment les encadreurs vont réussir ou non à pérenniser l’activité et continuer de s’y investir. Par ailleurs, quand Handicap international ne sera plus garant de la démarche et de son suivi, comment s’assurer de la qualité du travail ? En fait, la question de fond, indépendamment même de la présence de hi, est plutôt de savoir comment garantir que la démarche reste pertinente et qu’elle est faite dans de bonnes conditions.
En conclusion, nous souhaiterions relater une situation concrète illustrant bien toute la dynamique en jeu.
Dernièrement, nous sommes partis rendre visite à un centre dans le cadre du suivi des médiations. Nous avons échangé avec les encadreurs sur les derniers ateliers mis en place, sur les difficultés qu’ils ont rencontrées, sur ce qu’ils ont retenu, et sur ce que cela leur a apporté.
C’est alors qu’une maman (éducatrice) nous parle du cas d’un garçon qui l’a particulièrement intéressée. Sur le thème de la famille, il ne dessine que ses frères et sœurs, omettant ses parents tués pendant le génocide. Elle nous précise aussi qu’elle avait remarqué sur son dessin, comme sur les précédents d’ailleurs, un parapluie. (Pour les gens qui ne connaissent pas le Rwanda, il est bon de dire que l’on voit partout sur les collines de ces grands parapluies multicolores qui protègent aussi bien du soleil que de la pluie !) La maman demande donc à l’enfant pourquoi il a dessiné plusieurs fois un parapluie et l’enfant de lui répondre : « Ça me rappelle ma maman quand elle mettait le parapluie sur moi. »
Il est sûr que toutes les mamans/éducatrices n’auraient peut-être pas su « regarder » ce parapluie, somme toute objet anodin mais tellement significatif symboliquement… Il apparaît aussi qu’il faudrait pouvoir rebondir sur l’image de ce parapluie protecteur mais aussi image-écran d’un souvenir sans doute encore trop difficile à exprimer. Mais en tout cas, on voit ici qu’un réel travail psychique a pu être amorcé, à travers le dessin, à travers la médiation, à travers l’écoute et l’œil de la maman, et nous sentons que c’est déjà beaucoup…
Ce cas nous interpelle forcément en tant que psychologue ou spécialiste parce que l’on se sent finalement frustré de ne pas aller plus loin, en termes d’élaboration, de travail et d’accompagnement psychologique. Or nous savons, comme nous l’avons présenté, que ni le cadre ni la formation des mamans ne permettent une démarche psychothérapeutique et nous insistons encore une fois sur le fait que les encadreurs ne peuvent et ne savent être des thérapeutes. Mais au lieu de s’arrêter là, il nous semble plutôt important de souligner jusqu’où la maman a pu aller. Sans les médiations et tout le travail autour, cette maman ne se serait sans doute jamais penchée et questionnée sur ce que pouvait ressentir ce garçon privé de sa maman.
De façon générale, c’est d’ailleurs la conclusion que l’on tire de l’ensemble du processus : peut-être les encadreurs ne vont pas « jusqu’au bout » des ateliers de médiation et de ce qu’ils permettraient d’apporter, mais ils en intègrent beaucoup d’éléments. Que ce soit déjà, et tout simplement, écouter chaque enfant et communiquer avec lui, que ce soit être sensible à ce qu’il ressent, à ce qu’il vit, que ce soit chercher comment l’aider et changer sa façon d’être avec lui.
Les médiations apparaissent aussi comme un besoin exprimé par les centres qui pressentent toute la richesse du travail entrepris. Cela les aide précisément à « médiatiser » ce qui reste un domaine difficile à atteindre, à comprendre, à intégrer, celui de la vie psychique des enfants.
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