2002
Revue de l’OCDE sur le droit et la politique de la concurrence
Concurrence sur les marchés de produits et performance économique
Secrétariat de l’OCDE
Une concurrence accrue sur les marchés de produits n'est
pas seulement favorable au consommateur mais peut aussi stimuler la
productivité et l'emploi, telle est la conclusion de l’étude de l'OCDE
Concurrence sur les marchés de produits et performance
économique.
La concurrence stimule la productivité en encourageant une utilisation plus
efficiente des ressources. Elle peut en outre encourager l'innovation et
favoriser la diffusion rapide des nouvelles technologies. Les réformes
destinées à rendre les marchés de produits plus dynamiques ont aussi un
effet positif sur les salaires réels, les prix baissant du fait de l'intensification
de la concurrence. L'OCDE observe dans son étude que les réformes
entreprises entre la fin des années 70 et la fin des années 90 avec, par
exemple, la libéralisation du secteur des télécommunications, ont augmenté
les taux d'emploi dans les pays de l'OCDE dans la proportion, en moyenne,
de 1.5 point de pourcentage, la progression allant jusqu'à 2.5 points de
pourcentage dans les économies où des politiques favorables à la concurrence
ont été menées avec le plus de vigueur.
Cette étude constitue un chapitre des Perspectives économiques nËš 72
de l'OCDE, publiées en décembre 2002.
Dans tous les pays de l’OCDE, la concurrence qui règne sur les marchés de
produits joue un rôle fondamental dans l’organisation de la production. De
fait, la supériorité des marchés concurrentiels sur les dispositifs autoritaires
est largement reconnue. Il est néanmoins souvent difficile de démontrer
empiriquement l’effet de modifications marginales de l’intensité de la
concurrence sur la performance économique d’ensemble. Cela tient en partie
au fait que la concurrence sur les marchés de produits n’est qu’un des
nombreux facteurs qui influent sur les grands indicateurs de la performance
globale, comme la productivité et l’emploi. Les travaux de l’OCDE
[1] ont,
toutefois, mis en évidence des liens empiriques entre une concurrence
dynamique sur les marchés de biens et services et une amélioration des
résultats en matière de productivité et d’emploi.
Le présent chapitre examine les principaux mécanismes par lesquels la
concurrence influe sur la performance économique globale. Sans perdre de
vue les difficultés méthodologiques, il indique aussi sommairement les gains
de performance pouvant résulter des réformes visant à accroître la
concurrence sur les marchés de produits. Les données empiriques montrent
que les différences des pressions concurrentielles expliquent dans une large
mesure la dispersion des résultats économiques des pays de l’OCDE. Elles font
aussi apparaître que les réformes des marchés de produits qui renforcent la
concurrence ont des effets positifs sur les résultats en matière d’emploi.
2. Les pressions concurrentielles sont importantes
pour la productivité et l’innovation
Une concurrence plus vive peut se traduire par une amélioration
ponctuelle et continue de la productivité multifactorielle (PMF), c’est-à-dire la
productivité conjuguée du travail et du capital. Les améliorations ponctuelles
de l’efficience (appelées aussi « gains statiques ») découlent à la fois d’une
meilleure allocation des ressources et d’une utilisation plus rationnelle des
facteurs de production dans une situation où l’obligation de performance
devient plus impérieuse
[2]. Les gains continus (ou « dynamiques ») tiennent à
un plus grand effort de création et à une diffusion plus rapide de l’innovation
[3].
Il y a consensus quant aux gains d’efficience statiques d’une intensification de
la concurrence, mais le lien entre la concurrence et les gains dynamiques est
quelque peu controversé. On examinera brièvement les principaux aspects de
cette question avant de donner des illustrations globales chiffrées.
2.1. Favoriser une allocation et une utilisation plus efficientes
des ressources – les gains statiques
Les entreprises opérant en situation de concurrence imparfaite peuvent
chercher à limiter la production dans certaines activités pour créer des rentes
de rareté, forçant ainsi des ressources à se déplacer vers d’autres activités où
elles ne sont pas utilisées de façon aussi productive. Cependant, les pertes de
bien-être liées à cette mauvaise allocation statique des ressources ne sont
probablement pas en elles-mêmes très importantes, même si la concurrence
imparfaite est largement répandue (Harberger, 1954 ; Scherer et Ross, 1990)
[4].
Un autre mécanisme par lequel la concurrence imparfaite peut aussi nuire à
la performance est l’affaiblissement des incitations à l’efficience de la
production. De fait, on a souvent observé que la productivité s’améliorait
nettement après une réforme de la réglementation dans des activités
auparavant protégées
[5], ce qui montre que la concurrence imparfaite
caractéristique des secteurs réglementés a tendance à s’accompagner d’une
utilisation excessive de main-d’œuvre et d’autres formes de sous-emploi des
ressources.
Ces inefficiences semblent être liées à la faiblesse des structures de
gouvernance, car il n’y a aucune autre raison apparente pour que les
propriétaires d’entreprises en situation de monopole soient davantage prêts à
accepter un moindre effort de la part de la direction ou du personnel que les
propriétaires d’entreprises opérant dans des conditions de pleine concurrence
(Nickell, 1996). De fait, il peut être difficile pour les propriétaires d’entreprises
monopolistiques d’obtenir un « effort maximal » même s’ils en ont l’intention,
parce que sur les marchés peu concurrentiels il n’y a pas d’autres entreprises
pouvant servir de référence et le risque de faillite sera sans doute limité.
Les effets de distorsion dus à un monopole s’amplifient si les rentes
dégagées sur les marchés de produits sont partagées avec les travailleurs sous
la forme de salaires supérieurs à la normale. Les données empiriques
montrant que les salaires diffèrent entre les secteurs même après la prise en
compte des caractéristiques des salariés et des employeurs donnent à penser
que ce partage des rentes est généralisé, d’autant que les avantages de salaire
sont corrélés aux mesures de l’intensité de la concurrence. Ces retombées des
distorsions des marchés des produits sur les marchés du travail conduisent à
une utilisation faible et inefficiente de la main-d’œuvre dans les secteurs
générateurs de rentes et, plus généralement, nuisent au fonctionnement du
marché du travail (voir ci-après).
2.2. Dégager des gains dynamiques d’efficience
L’efficience de l’utilisation et de l’allocation des ressources est bien
entendu importante à tout moment, mais à moyen et à long terme, c’est
l’efficience dynamique qui est essentielle pour l’amélioration du niveau de
vie. De fait, la plus forte utilisation du capital et du travail (heures travaillées)
a bien moins contribué à la croissance du PIB par habitant dans les pays
industrialisés que le « changement technologique » résiduel, par
l’amélioration des pratiques et équipements de production (OCDE, à paraître).
Si le rôle de l’innovation et de la diffusion des nouvelles technologies
comme moteurs de la croissance est empiriquement bien établi par les études
réalisées au niveau des entreprises ou des secteurs (voir, par exemple, Ahn,
2002 ; Nadiri, 1993), on dispose de moins d’éléments quant à l’ampleur de la
croissance globale pour les différents pays. Toutefois, les travaux empiriques
réalisés récemment à l’OCDE font apparaître un effet clairement positif sur la
production de l’activité d’innovation, représentée par l’intensité globale de
R-D
[6]. Ainsi, les résultats des estimations de Bassanini et Scarpetta ( 2001)
donnent à penser qu’une augmentation de 0.1 point de pourcentage de la
proportion des dépenses de R-D des entreprises dans le PIB fait grimper le
niveau du PIB par habitant d'au moins 1¼ pour cent à long terme. Sachant que
la variation de l’intensité de R-D du secteur des entreprises entre les pays est
importante (écart type de 0.6), c’est là un effet substantiel
[7].
Il faut néanmoins interpréter ces résultats avec prudence. Les dépenses
de R-D ont certes l’avantage d’être quantifiables, mais il s’agit d’un indicateur
imparfait de l’innovation, ne serait-ce que parce qu’elles mesurent les apports
au processus d’innovation et non les produits. En outre, des aspects
importants du processus d’innovation ne sont pas saisis par les dépenses de
R-D. Par exemple, le changement organisationnel peut aussi jouer un très
grand rôle. Il y a également des effets essentiels de complémentarité entre
l’innovation et la mise en valeur du capital humain et ces effets échappent à
un indicateur sommaire comme les dépenses de R-D. Ainsi, bien que les
études empiriques s’appuient souvent sur les dépenses de R-D, il faut
interpréter leurs résultats dans ce contexte plus large, en gardant à l’esprit
l’interdépendance avec d’autres facteurs qui ont été omis.
Le lien entre la concurrence et l’innovation fait l’objet d’intenses débats,
les vues s’opposant sur le point de savoir si la création de nouveaux produits
et procédés est davantage favorisée par une situation de monopole ou par une
vive concurrence dans des structures de marché atomistiques
[8]. Si l’on
représente la vigueur de la concurrence sur les marchés de produits par la
réglementation anticoncurrentielle de ces marchés, les intensités de R-D des
différents pays et la concurrence effective sur les marchés de produits font
penser à une relation inverse (graphique 1)
[9]. Cela correspond aux conclusions
des travaux récents de l’OCDE qui prennent en considération d’autres
déterminants de l’intensité de R-D, notamment la protection résultant des
droits de propriété intellectuelle (Nicoletti
et al. 2001, Bassanini et Ernst, 2002).
Il ressort également de ces travaux que les obstacles commerciaux non
tarifaires ont une incidence négative sur la R-D. Toutefois, d’autres recherches
récentes ont mis en évidence une relation sous la forme d’une courbe en
cloche, indiquant que ni les monopoles ni les structures de marché
atomistiques très concurrentielles sont les situations les plus avantageuses
pour l’innovation (Aghion
et al., 2002). Ces données donnent à penser qu’au-delà d’un certain point, le pouvoir de marché tend à réduire l’incitation à
adopter et à développer de nouvelles technologies et de meilleures méthodes
de production, mais qu’une échelle minimale est sans doute requise pour que
des ressources puissent être consacrées à la R-D.
Graphique 1.
Intensité de R-D et réglementation des marchés
OCDE.
2.3. Effet global du renforcement de la concurrence sur les marchés
de produits
Il ressort des analyses récentes de l’OCDE qu’un cadre réglementaire plus
favorable à la concurrence a un effet sensiblement positif sur le niveau de la
PMF à long terme (Scarpetta et Tressel, 2002). Ces analyses montrent que, dans
les différents secteurs, la réglementation des marchés de produits peut
déterminer la contribution de la croissance de la productivité à la résorption
du retard technologique, c’est-à-dire la distance par rapport à la frontière
technologique. Selon les estimations, si les pays de l’OCDE alignaient leur
cadre réglementaire sur celui des pays les plus favorables à la concurrence, le
retard technologique pourrait diminuer de moitié en Grèce et d’un quart en
Norvège et au Portugal, pays où la réglementation est relativement stricte
[10].
La réduction du retard technologique serait néanmoins relativement faible au
Canada, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suède, en raison pour partie de
l’orientation un peu plus concurrentielle de ces pays au départ.
L’augmentation correspondante du niveau de la PMF dépendra du niveau
en valeur absolue du retard technologique. Dans la plupart des pays,
notamment le Japon et les grands pays d’Europe continentale, cette
augmentation pourrait aller de 2 à 6 pour cent. En Grèce et au Portugal, le
niveau de la PMF pourrait s’accroître de 10 pour cent ou plus, du fait de la
réglementation relativement stricte des marchés de produits et d’un
éloignement relativement important de la frontière technologique. Pour
placer ces résultats en perspective, les gains potentiels estimés de PMF
représenteraient en moyenne plusieurs années de croissance au taux moyen
de progression de la PMF enregistré sur la période 1981-2000 (tableau 1).
Tableau 1.
Évolution de la croissance de la productivité
Tableau 1. Évolution de la croissance de la productivité
multifactorielle, 1981-2000
1991-1990 1991-2000 1981-2000
Croissance moyenne de la PMF 1.4 1.4 1.4
Faible1 0.3 0.5 0.6
Forte2 1.8 1.9 1.7
Note : Par manque de disponibilité des données, il n'a pas été possible de calculer la PMF pour huit
pays de l'OCDE: République tchèque, Hongrie, Luxem bourg, Mexique, Pologne, Portugal, République
slovaque et Turquie.
1. Moyenne des 5 pays dont la croissance de la PMF a été la plus faible entre 1981 et 2000.
2. Moyenne des 5 pays dont la croissance de la PMF a été la plus forte entre 1981 et 2000. A l'exception
de la Corée et de l’Irlande.
Source : OCDE.
OCDE.
Utilisant les estimations des marges bénéficiaires comme variables
représentatives de l’intensité de la concurrence, d’autres études concluent que
la concurrence sur les marchés de produits a un effet positif et important à long
terme sur la progression de la PMF. Par exemple, Nickell ( 1996) fait état d’une
relation négative entre l’ampleur des marges bénéficiaires et la croissance de la
productivité. A partir d’un panel d’entreprises manufacturières du Royaume-Uni, cet auteur a constaté que lorsque la marge augmente de 10 points de
pourcentage, la croissance de la PMF diminue de 1.3 à 1.6 point
[11]. Ces résultats
amènent à penser que la concurrence sur les marchés de produits pourrait avoir
des effets importants sur la croissance, notamment au regard des différences de
croissance de la productivité multifactorielle entre les pays observées ces deux
dernières décennies.
3. Les réformes des marchés de produits ont des retombées
positives sur les résultats du marché du travail
Les réformes visant à améliorer les marchés de produits dopent les
salaires réels du fait de la baisse des prix découlant d’une plus grande
concurrence. Cependant, l’incidence sur les salaires réels globaux pourrait
être quelque peu atténuée si les avantages de salaire sont généralisés avant les
réformes, car un renforcement de la concurrence diminuera les rentes
dégagées sur les marchés de produits et réduira ainsi les possibilités de
partage de ces rentes. L’effet d’une plus grande concurrence sur les marchés
de produits sur les niveaux d’emploi n’est pas aussi évident et, suivant les
caractéristiques du marché du travail, peut se traduire par des gains d’emploi
modérés ou plus importants. Dans le cas théorique de marchés du travail
totalement flexibles, l’emploi n’augmentera que dans la mesure où la hausse
des salaires réels stimule l’offre de main-d’œuvre. Dans la pratique, les
marchés du travail des pays de l’OCDE se caractérisent par l’existence de
rigidités à des degrés divers
[12] et, dans ces conditions, une plus forte
concurrence sur les marchés de produits peut avoir une incidence significative
sur l’emploi, en particulier si elle induit des modifications dans le
fonctionnement du marché du travail.
De fait, il y a des raisons de croire que l’interaction des institutions du
marché du travail et d’une plus grande concurrence sur les marchés de
produits peut susciter une diminution du chômage structurel. Cette
interaction peut revêtir plusieurs formes. Un renforcement de la concurrence
sur les marchés de produits peut durcir la position de négociation des
employeurs et accroître la prise de conscience des conséquences pour
l’emploi des revendications de hausse des salaires réels, conduisant ainsi à
une diminution du chômage. Si le partage des rentes a une incidence moins
importante et est moins répandu, il devient moins attrayant pour les
travailleurs de rechercher activement des possibilités d’emploi dans les
secteurs à « hauts salaires » et ils accepteront plus facilement les emplois
disponibles, diminuant ainsi le chômage « d’attente ». Les indemnités de
chômage étant souvent liées au salaire antérieur, y compris tous les éléments
représentant les rentes, une plus grande concurrence sur les marchés de
produits pourrait aussi réduire les indemnités de chômage pour les
travailleurs déplacés venant de secteurs jusque-là moins concurrentiels,
renforçant ainsi aussi les incitations à la recherche d’un emploi.
Si ces effets tendent à réduire le chômage et à favoriser l’emploi en
longue période, il pourrait y avoir d’importants problèmes d’adaptation à
court terme. L’absence de concurrence sur les marchés de produits se
répercute fréquemment non seulement sur les salaires mais aussi sur les
niveaux de productivité et l’augmentation de la concurrence est parfois
associée à des délestages de main-d’œuvre dans le secteur en question. Étant
donné que ces effets sont souvent un obstacle politique important aux
réformes des marchés de produits, il est indispensable de susciter une large
prise de conscience du fait que ces réformes peuvent aussi être à l’origine de
gains de bien-être. Pour faciliter l’acceptation de l’ajustement correspondant,
il importe que la main-d’œuvre libérée comme suite à un renforcement de la
concurrence soit réemployée aussi rapidement que possible. Il est donc
préoccupant de constater que les pays où la réglementation des marchés de
produits est restrictive et où il est nécessaire, par conséquent, de mettre en
œuvre des réformes pour stimuler la concurrence, tendent aussi à avoir des
marchés du travail assez fortement réglementés (Nicoletti
et al., 1999)
[13].
Graphique 2.
Libéralisation des marchés des produits
Nicoletti et al. ( 2001).
Une étude récente de Nicoletti
et al. ( 2001) conclut à un effet significatif
des réformes de la réglementation sur le taux d’emploi dans le secteur des
entreprises (à l’exclusion de l’agriculture), même lorsqu’on tient compte de
l’impact des différents indicateurs du marché du travail et du taux d’emploi
dans le secteur public. Cette étude utilise un indicateur variable dans le temps
de l’orientation réglementaire dans sept industries de réseau entre 1978 et
1998 pour rendre compte de l’évolution du cadre réglementaire général dans
les différents pays
[14]. A un rythme variable, de profondes réformes de la
réglementation ont été mises en oeuvre dans tous les pays de l’OCDE au cours
de cette période, la progression des taux d’emploi dans les différents pays se
chiffrant en moyenne à 1 ½ point et pouvant aller jusqu’à 2 ½ points de
pourcentage environ lorsque les réformes ont été particulièrement
vigoureuses (graphique 2).
Néanmoins, il reste de nombreuses possibilités de progression de
l’emploi au moyen de réformes des marchés de produits. De fait, les
estimations de Nicoletti
et al. ( 2001 ) montrent que si les pays où la
réglementation est la plus restrictive évoluaient dans le sens des pays les
moins restrictifs, ils pourraient envisager une hausse moyenne de leur taux
d’emploi de 1½ à 2 pour cent
[15]. Une progression moins importante, mais
néanmoins notable, pourrait aussi être obtenue dans les pays où les
réglementations des marchés de produits sont plus favorables à la
concurrence
[16].
·
Aghion, P., N. Bloom, R. Blundell, R. Griffith et P. Howitt ( 2002),
« Competition and innovation : An Inverted U Relationship », The Institute for Fiscal
Studies, Working Paper, 02/04.
·
Ahn, S. ( 2002),
« Competition, innovation and productivity growth : A review of theory and
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n° 317.
·
Bassanini, A. et E. Ernst ( 2002),
« Labour market institutions, product market regulation and innovation : Cross-country evidence », Documents de travail du Département des affaires économiques de
l’OCDE, n° 316.
·
Bassanini, A. et S. Scarpetta ( 2001),
« Les moteurs de la croissance économique dans les pays de l’OCDE : Analyse
empirique sur des données de panel », Revue économique de l’OCDE, n° 33.
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Gönenç, R., M. Maher et G. Nicoletti ( 2001),
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« Competition and corporate performance », Journal of Political Economy, vol. 104.
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Nicoletti, G., A. Bassani, E. Ernst, S. Jean, P. Santiago et P. Swaim ( 2001),
« Product and labour market interactions in OECD Countries », Documents de travail
du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 312.
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Nicoletti, G., S. Scarpetta et O. Boylaud ( 1999),
« Summary indicators of product market regulation with an extension to
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affaires économiques de l’OCDE, n° 226.
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·
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·
OCDE ( 2000),
Perspectives économiques de l’OCDE, n° 67, Paris.
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Revue économique de l’OCDE : Numéro spécial : Réforme de la réglementation, n° 32,
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·
OCDE (à paraître),
Sources de la croissance économique, Paris.
·
Oliveira Martins, J., S. Scarpetta et D. Pilat ( 1996),
« Mark-up ratios in manufacturing industries : Estimates for 14 OECD countries »,
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Scarpetta, S. et T. Tressel ( 2002),
« Productivity and convergence in a panel of OECD industries : do regulations and
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l’OCDE, n° 342.
·
Scherer, F.M. et D. Ross ( 1990),
Industrial Market Structure and Economic Performance, Houghton Mifflin Company,
Boston, Massachusetts.
[1]
Voir OCDE ( 1997), chapitre IV dans OCDE ( 2000) et les documents sectoriels
contenus dans OCDE ( 2001).
[2]
Une plus grande rationalité dans l’utilisation des facteurs de production est
souvent assimilée à une moindre « inefficience X ».
[3]
La distinction entre les gains statiques et dynamiques vise principalement à
faciliter l’exposé. Les facteurs qui impliquent logiquement une modification du
niveau de production sont par définition statiques, mais lorsque le processus de
transition se prolonge, cela peut agir sur le taux de croissance en plus longues
périodes. Par conséquent, cette distinction n’est pas sans rapport avec l’horizon
temporel de l’analyse
[4]
Ce résultat repose sur l’hypothèse que le niveau d’efficience de la production et les
marchés des facteurs ne subissent pas l’influence de situations de monopole.
Browning ( 1997) constate, cependant, que la perte de bien-être découlant d’une
concurrence imparfaite imputable à des distorsions de l’offre de main-d’œuvre est
environ dix fois plus élevée que celle pouvant être attribuée aux coûts types d’une
mauvaise allocation des ressources estimés par Harberger ( 1954).
[5]
Voir, par exemple, OCDE ( 1997) et Gönenç
et al. ( 2001).
[6]
Cela n’exclut pas la possibilité que des niveaux élevés de PIB par habitant se
traduisent par de fortes dépenses de R-D.
[7]
Les résultats de Bassanini et Scarpetta peuvent être interprétés différemment :
une augmentation de 0.1 point de pourcentage de la proportion des dépenses de
R-D du secteur des entreprises dans le PIB conduit à une progression de la
croissance de la production par habitant de 0.3 à 0.4 point de pourcentage. Un effet
aussi soutenu sur la croissance semble peu réaliste. La différence entre le point
haut et le point bas de la croissance moyenne de la PMF dans les différents pays
au cours des deux dernières décennies est de l’ordre de 1 ¼ de point de
pourcentage. A première vue, un effet de cette ampleur voudrait dire que ces
différences de croissance correspondraient entièrement à des différences
d’intensité de R-D bien plus faibles que l’écart type effectif de 0.6 pour cent du PIB.
[8]
Voir Ahn ( 2002) pour une vue d’ensemble.
[9]
Une réglementation plus stricte des marchés de produits implique un
affaiblissement de la concurrence sur ces marchés. On trouvera des informations
détaillées sur la construction de l’indicateur de la réglementation des marchés de
produits dans Nicoletti
et al. ( 1999). Il suffira ici de rappeler qu’elle tient compte
des cadres réglementaires de 1998 et est fondée sur une agrégation pondérée d’un
grand nombre de sous-indicateurs correspondant à des aspects particuliers de la
réglementation.
[10]
Le tableau 8 de Scarpetta et Tressel ( 2002) montre comment une modification de
la réglementation des marchés de produits d’un écart type influe sur le retard
technologique. Les ordres de grandeur indiqués dans le texte sont obtenus en
multipliant cet effet par la différence des réglementations des marchés de
produits par rapport aux pays les moins restrictifs, exprimée en multiple de l’écart
type.
[11]
Il n’est pas certain que ces résultats soient transposables aux activités non
manufacturières, et donc à l’économie dans son ensemble. D’une part, les services
font moins l’objet d’échanges internationaux et sont donc moins exposés à la
concurrence étrangère. Cela peut favoriser des marges bénéficiaires moyennes
plus fortes dans ces activités et se traduire peut-être par des différences plus
marquées d’un pays à l’autre. D’autre part, le lien entre les marges bénéficiaires et
la croissance de la PMF est sans doute plus faible dans les activités de services, car
les possibilités de gains de PMF induits par la technologie sont moindres.
[12]
Voir OCDE ( 1999).
[13]
Des politiques actives du marché du travail, comme l’aide à la recherche d’un
emploi et la formation, peuvent aussi accélérer l’adaptation à un environnement
plus concurrentiel.
[14]
Voir Nicoletti
etal. ( 2001) pour plus de précisions sur la construction de
l’indicateur.
[15]
Ce chiffre est obtenu en appliquant l’estimation de Nicoletti
et al. ( 2001)
(tableau 13, colonne 3) à la variation observée en 1998 de l’indicateur variable dans
le temps de la réglementation des marchés de produits (graphique 1, partie A).
[16]
Ces chiffres tendent à sous-estimer le gain potentiel d’emploi des réformes des
marchés de produits car ils ne tiennent pas compte des effets indirects possibles
sur les dispositifs du marché du travail (par exemple l’incidence de la plus forte
concurrence sur les marchés de produits sur le pouvoir de négociation des
travailleurs en place).