Culpabilité et intimité : des survivants de la shoah aux couples en difficulté
S. Hirsch
Pierre Fossion
Mari Carmen Rejas
M.-th. Kastl
L. Servais
R. Neuburger
I. Pelc
J.-cl. Benoit
Si l’attachement
d’un individu à sa famille d’origine est grevé d’un important sentiment de culpabilité, alors cet attachement peut se révéler pathogène en bloquant le processus d’autonomisation de l’individu et en l’empêchant
de développer son propre espace d’intimité.
Dans cet article, Hirsch nous expose comment il a pu développer ce constat tout au long de son expérience institutionnelle, de son travail de thérapeute de couple et de formateur. Il aborde les difficultés
d’autonomisation de jeunes adultes dont les parents furent victimes de la Shoah, le manque d’intimité
dans certains couples qui ne sont séparés de leurs familles d’origine que par des « barrières poreuses», et
le risque, pour tout thérapeute, de se retrouver, face à une situation clinique donnée, piégé dans les éléments mortifères de sa propre histoire.Mots-clés :
Shoah, Holocauste, Culpabilité, Intimité, Cicatrices.
Should culpability
predominate over the ties existing between one individual and his/her parental family, the autonomy process of this individual and the development of his/her own space of intimacy may be impeded. In this
paper, Hirsch illustrates the relevance of this statement by examples taken from his experience in institutions and his practice as a family therapist and family therapy supervisor. First, Hirsch outlines the autonomy problems encountered by young adults whose parents where victims of the Shoah. Second, based
on a case illustration, he describes the lack of intimacy among couples only separated from their parental
families by “ porous boundaries ”. Finally, referring to a situation examined during a session he supervised, Hirsch highlights the risk for any psychotherapist, faced to a given clinical situation, to be stuck in
death-dealing aspects of his/her personal history.Keywords :
Shoah, Holocaust, Culpability, Intimacy, Scars.
Si el lazo afectivo de un individuo a su familia de origen es acompañado de un sentimiento de
culpabilidad latente, ese sentimiento puede revelarse patógeno si se activa, bloqueando el proceso de
autonomisación de la persona; impidiéndole así, que desarrolle su propio espacio íntimo. En este artículo,
S. Hirsch expone como pudo elaborar la tesis de esta constatación hecha a lo largo de su experiencia
profesional, sea ésta, institucional, o como terapeuta de la pareja, o como formador. Aborda las dificultades de autonomisación de los jóvenes adultos cuyos padres fueron víctimas de la Shoa. El cómo, ciertas
parejas poséen una evidente falta de intimidad por estar separadas de sus familias de origen, por sólo
porosas barreras. Nos habla del riesgo que corre el terapeuta de encontrarse atrapado en una situación clínica dada, por los elementos mortíferos de su propia historia. Palabras claves :
Shoa, Holocausto, Culpabilidad, Intimidad, Cicatrices.
• Avant-propos
• Introduction
• Survivre à un traumatisme majeur
• L’émergence de la culpabilité
• Culpabilité et intimité dans le couple
• Le théâtre de la mort dans le travail de supervision clinique
• Conclusion
• BIBLIOGRAPHIE