Thérapie Familiale
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
106 pages

p. 209 à 212
doi: en cours

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Volume 22 2001/3

2001 THÉRAPIE FAMILIALE

Éditorial

Marie-Christine Cabié Muriel Meynckens Véronique Regamey Brigitte Waternaux
Difficile de prendre la relève d’un comité de rédaction tel que celui que formaient Guy Ausloos, Jean-Claude Benoit, Yves Colas, Daniel Masson, Maggy Siméon ! Mais puisque nous avons décidé de prolonger cette aventure systémique commencée en 1980, nous souhaitons aujourd’hui nous présenter à vous lecteurs, en tant que nouveau comité de rédaction. Voici donc un bref aperçu de notre comité tant institutionnnellement qu’individuellement.
Notre objectif est que la Revue Thérapie Familiale puisse continuer à être le reflet des évolutions du mouvement systémique aussi bien sur les plans théorique que pratique.
Le parti pris de rester au plus près des pratiques constitue donc l’une des lignes de base de notre politique éditoriale, qu’il s’agisse de thérapie familiale, de thérapie individuelle systémique, de thérapie de couple ou avec la fratrie, de travail systémique dans un contexte particulier, de questions institutionnelles, de pratique de réseau, etc.
La différenciation entre les registres épistémologiques et philosophiques et les niveaux techniques doit permettre d’illustrer l’articulation entre pratique et théorie. Grâce aux articles qui nous sont adressés, la revue se veut être une « vitrine » des pratiques et des initiatives qui relèvent du champ de la systémique et qui se fondent sur les théories systémiques. Un questionnement plus théorique ou plus sociologique est également le bienvenu.
Nous définissons notre orientation théorique comme une orientation systémique humaniste, non managériale. Sans nullement rejeter tout ce qui a précédé, nous souhaitons que les évolutions de ce courant apparaissent, comme par exemple l’apport des théories postmodernes ou encore le débat autour de la question posée de plus en plus fréquemment : « est-il possible d’être athéorique ?». Désirant rester en contact avec les modifications survenant dans nos contextes professionnels (par exemple la définition du statut de psychothérapeute), nous voulons faire part des réactions des lecteurs devant ces changements qui affecteront profondément nos pratiques, et créer éventuellement des forums de discussion.
Les consultants internationaux dans divers pays comme l’Italie, le Maroc, le Sénégal, le Canada, les USA, l’Argentine et par ce biais, l’Amérique latine, nous permettent de « rester au parfum » de ce qui se passe en dehors de la Francophonie.
Enfin, si le comité de rédaction se réserve le droit de publier ou non les textes reçus, avec le comité de lecture, il se met un point d’honneur à soutenir les auteurs pour leur permettre éventuellement d’approfondir ou d’étayer un article. Un des souhaits de la rédaction est de davantage encore retransmettre l’expérience et la créativité de jeunes professionnels « du terrain ».
Soutenus par le nouveau comité scientifique, les rédacteurs s’efforceront de remplir au mieux leurs missions afin que cette revue reste une carte de visite de la systémique et offre des pages vivantes aux lecteurs.
Marie-Christine Cabié, psychiatre, Chef de Service à l’Hôpital de Melun, a fait ses premiers pas en thérapie familiale systémique en 1978 au début de ses études de psychiatrie dans un service pour adolescents à l’Hôpital International Universitaire de Paris chez le Pr Flavigny.
Après avoir bénéficié de stages à la Child Guidance Clinic de Philadelphie, avec Salvador Minuchin puis avec Carl Whitaker, elle a poursuivi formation et supervision en France avec d’une part Carol Gammer et d’autre part Théo Compernolle et surtout Luc Isebaert. S’intéressant à l’hypnose ericksonienne dès 1985, elle a complété sa formation par un mastercourse avec J. Zeig, S.Gilligan, Y. Dolan, G.Schmidt, E.Rossi et Ch. Johnson de 95 à 97. Enfin, elle s’est investie dans les thérapies systémiques brèves avec Steve de Shazer et Insoo Kim Berg depuis plus de dix ans.
Dès le début de sa formation aux thérapies systémiques, elle a eu la chance de pouvoir les mettre en pratique dans différentes consultations de thérapie familiale et surtout dans le service du Dr Wajeman. Elle a pu y découvrir tout l’intérêt du modèle systémique pour l’institution et la constitution de réseaux, notamment dans le cadre des secteurs psychiatriques français. L’apport des thérapies brèves lui a été particulièrement utile pour la mise en place d’un Centre d’Accueil et de Crise.
Elle s’emploie actuellement à développer le secteur de psychiatrie dont elle a la charge en s’appuyant sur son expérience en thérapie systémique.
Elle intervient en tant que thérapeute au Centre Monceau. Elle est également formatrice en thérapie familiale, en thérapie systémique brève et à l’hypnose ericksonienne dans différents centres (Institut Korzybski, Pégase Processus, Centre Monceau, La Durance, Cerfasy..) et assure des supervisions d’équipes de thérapie familiale.
Muriel Meynckens, neuropsychiatre spécialisée en pédopsychiatrie et en réadaptation pour les troubles psychiques et mentaux a été marquée par l’empreinte de la systémique en 1976, à la fin de ses études de médecine.
Tombée dans la « potion magique », dès 1979, elle s’est formée à la thérapie familiale au Centre Chapelle-aux-Champs de l’Université Catholique de Louvain (UCL) à Bruxelles, avec Bella Borwick, Maggy Siméon et Edith Tilmans. Engagée dans cette équipe, avec les formateurs, elle a très vite senti l’importance du contexte, la place que peuvent prendre l’institutionnel et les relations au sein d’un service, ainsi que tous les enjeux qui dépassent la relation au « patient » et à sa famille. C’est pourquoi, depuis 1985, en fin du parcours d’apprentissage, l’équipe des formateurs opère la distinction entre la formation à la thérapie familiale proprement dite et la formation aux interventions thérapeutiques systémiques dans les familles, institutions, réseaux et communautés en fonction du mandat. Muriel Meynckens a également eu la chance de bénéficier de post-formations et notamment en juin 1989, à Rome, avec Paolo Menghi, Anna-Maria Nicolo et Carmine Saccu.
Concrètement, depuis sa spécialisation, fidèle à ses employeurs, elle travaille dans les mêmes services, tout en modulant différemment son temps professionnel. Directrice médicale dans un hôpital pédopsychiatrique (Feux-Follets), elle a également des activités professionnelles au Centre Chapelle-aux-Champs de l’UCL. Depuis 1985, elle y est responsable du groupe « Institutions » chargé de « supervisions » d’équipes en crise ou d’équipes souhaitant un éclairage clinique et depuis 1983, elle est formatrice à l’approche systémique et à la thérapie familiale dans l’équipe dirigée par Edith Tilmans. C’est dans ce cadre qu’elle a connu Maggy Siméon à qui elle succède dans le comité de rédaction de la revue. Enfin, elle a une pratique de psycho-thérapeute systémique.
C’est au cours de sa formation d’assistante sociale que Véronique Regamey a été confrontée à l’étendue des systèmes et s’est intéressée à ces mécanismes.
D’abord dans les soins palliatifs en pédiatrie, où elle a rencontré ses premières familles emplies de souffrance, de culpabilité, de rage, de solitude aussi...
Par la suite, c’est dans le milieu de la prostitution qu’elle s’est vue confrontée à l’ampleur de l’Institution où, notamment, une des difficulté était de maintenir la cohérence des interventions face à plusieurs instances remplissant des missions forts différentes.
Son travail auprès des sans-abri fût marqué par une douloureuse rencontre avec les pouvoirs publics où tant les usagers que les intervenants ont été utilisés pour satisfaire enjeux et intérêts politiques.
Au cours de ces expériences, elle a vécu une myriades d’émotions et reçu un patchwork d’informations – parmi lesquelles l’interférence des systèmes, la responsabilité de l’intervenant, les représentations sociales, la confrontation aux incertitudes – qu’il s’agissait d’organiser, de contextualiser.
Elle s’est formée à la thérapie familiale systémique, d’abord à l’Association Parisienne de Recherche et de Travail avec la Famille (APRTF), puis dans le groupe francophone du Centro di Terapia Familiare Sistemica e di Ricerca à Milan, sous la direction de la Doctoresse G. Prata. Elle a pu intégrer la théorie à la clinique dans le cadre de son activité au Centre de Traitement Psychiatrique de Jour à Lausanne, sous la direction de Daniel Masson. Leur collaboration l’a conduite à s’intéresser plus particulièrement aux crises liées aux phases du cycle de vie ainsi qu’aux... violences socio-institutionnelles.
Etudiante en médecine, Brigitte Waternaux a découvert la systémique par hasard. Ayant choisi de se confronter au « monstre asilaire » que représentaient les grands hôpitaux psychiatriques de la région parisienne, elle fit un stage en 1974 dans un service où le Médecin-Chef était, depuis peu, Jean-Claude Benoit. Le choc de la confrontation à l’asile fut atténué par l’humanité de celui-ci. La systémique se construirait, se construisait, peu à peu dans ce service. Pour elle ce sera la pierre d’angle de la construction.
Allers-retours de formations, de stages, de pratiques. D’autres modèles théoriques : analyse, psychiatrie sociale … d’autres pratiques : pédopsychiatrie …
Un séjour aux USA à San Antonio, Texas, lui permet de travailler avec Alberto Serrano, et de vivre l’expérience d’un centre de guidance infantile systémique. Elle se confronte à la souffrance des familles qui ont un enfant gravement malade ou handicapé : souffrance d’avoir « fait » un enfant « différent », difficultés à trouver les réponses adaptées, confrontation au regard de l’entourage…
De sa rencontre marquante avec des formateurs : Guy Ausloos, Giuliana Prata, Jacques Beaujean, elle garde l’idée de la transmission du savoir : rendre à la génération suivante ce que la génération précédente a donné. En l’enrichissant de ses propres expériences personnelle et professionnelle qui sont si intimement liées qu’elles ne peuvent être disjointes. Le grand livre du savoir à transmettre fut naturellement celui commencé par Jean-Claude Benoit et Denis Roume.
Pratique de thérapie familiale systémique à la MGEN, de supervision d’équipe au CESAP, la richesse du travail en équipe l’a naturellement poussée là où ses pas l’avaient menée au début de sa trajectoire, elle est responsable d’un Centre Médicopsychologique en banlieue parisienne.
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