2002
THÉRAPIE FAMILIALE
Risques majeurs et fonctions d’autorité
Catherine Guitton
[*]
127 avenue Jean Baptiste Clément F-92100 Boulogne Billancourt Tél : +33 (0)1 46 03 45 09 Télécopie : +33 (0)1 46 03 80 32 Site internet : http ://pro.wanadoo.fr/ef92/
L’auteur propose à la lumière des « sciences du
risque» une analyse systémique de la spirale Risque – Danger – Catastrophe. Elle montre comment les
situations à risques familiaux se chronicisent pour devenir des situations chaotiques qui engendrent la
détresse sociale et s’appuient sur la faillite des fonctions d’autorité. Elle développe son analyse sur la
reconstruction des fonctions d’autorité.Mots-clés :
Risque, Danger, Catastrophe, Menace, Aveuglement, Déni, Réseaux, Décision, Fonctions d’autorité.
The author proposes in the light of the « risk
sciences» a systemic analysis of the Risks – Danger – Disaster spiral. She shows how familiar risk situations get worse and become chaotic and cause social distress and the collapse of authority functions. She
develops her analysis on the reconstruction of authority functions.Keywords :
Risk, Danger, Disaster, Threat, Blindness, Denial, Network, Decision, Functions of authority.
El autor propone a la luz de « las ciencias del
riesgo» una analisis sistémica de la espiral riesgo-peligro catástrofe. Ella demuestra como las situaciones
a riesgos familiares se cronicisan para transformarse en situaciones caoticas que generan desamparo
social y se apoyan sobre la quiebra de las funciones de autoridad. Ella desarolla su analisis sobre la
reconstrucción de las funciones de autoridad.Palabras claves :
Riesgo, Peligro, Catástrofe, Amenaza, Ceguera, Denegación, Red, Decisión, Funciones de autoridad.
Créée en 1995, la Fédération de Services « Espace Famille 92 » s’est investie
dans la création de consultations familiales sur trois sites éclatés :
- Le SMPR de la prison de Fresnes, dans le service du Dr Baron Laforêt spécialisé
dans le traitement des abuseurs sexuels, à la Maison d’Arrêt des Femmes et au
Quartier Intermédiaire des Sortants.
- La Clinique Liberté à Bagneux, service du Docteur Touzeau, qui a été un des premiers lieux à effectuer la distribution de méthadone pour les polytoxicomanes.
- Le Centre de Boulogne (Hauts de Seine) qui reçoit une clientèle plus « banale »
et où l’équipe peut poursuivre des processus thérapeutiques au long cours. Ce
Centre existe depuis 1986 et il est notre base administrative.
Le travail en « situation extrême » avec les familles de détenus et les familles de
poly-toxicomanes nous a interpellés sur ce qu’on pourrait appeler les « situations
familiales post-catastrophiques» et le travail de terrain avec les intervenants
sociaux nous a renvoyés aussi un questionnement sur les situations à risques, leur
construction, leur chronicisation et leurs aspects universels. De plus, le démarrage
en 1998 d’un partenariat avec l’Hôpital Foch – service de neurologie du Professeur
Truelle – nous a donné l’occasion de travailler avec des familles de cérébrolésés,
c’est-à-dire des familles où un membre est gravement blessé suite à une catastrophe
routière, par exemple. Ici encore, notre intérêt pour les situations familiales post-catastrophiques se trouvait relancé...
Nous avons approfondi alors une recherche théorique sur les notions de Risque –
Danger – Catastrophe et leur dynamique évolutive et interactive. C’est dans les
années 1994 que j’ai rencontré des chercheurs des Sciences du risque de l’Institut
Européen des Cindyniques, et en 1996 est sorti un ouvrage en collaboration « Le
Risque Psychologique Majeur ».
Nous avons poursuivi notre questionnement à travers le travail clinique et en
2000, j’ai eu la chance de recevoir du Québec les livres de Jean Bédard sur la
détresse sociale. Ils correspondaient à la suite logique de notre recherche et ils en
décrivaient le tragique.
En effet, il faut bien voir que les situations à risques qui se développent dans une
famille peuvent aboutir à une vraie catastrophe familiale qui devient aussitôt une
catastrophe sociale en s’amplifiant spontanément. L’achèvement irrémédiable peut
en être le développement de cette « détresse sociale » en tant qu’état durable, transmissible de façon intergénérationnelle, et reproductible à l’infini.
Enfin, cette détresse sociale est en résonance hélas avec les soubresauts de l’Histoire, brutalement issue des déplacements, migrations, exils pour certains. C’est
pourquoi il m’est apparu important d’inclure une réflexion sur ce thème
[1].
La construction des situations à risques ou l’approche systémique
du danger
Définition d’une situation à risque
Une situation à risques est une situation qui se construit dans le temps, de façon
insidieuse et subreptice. Tandis qu’elle semble échapper à tous les contrôles et à
toutes les tentatives de redressement créatif, elle impose l’idée obsédante d’un destin fatal contre lequel personne ne peut rien si ce n’est attendre passivement et tristement « la catastrophe annoncée ».
Elle est constituée par :
- un contexte avec un acteur et des observateurs;
- une menace inclue dans le contexte;
- une extension des risques qui s’agencent autour de l’acteur et détruisent son
réseau humain habituel (donc isolement – retrait...);
- une temporalité particulière et une durée visible;
- une altération progressive dans le contexte (le cadre de vie, les relations, le
corps) qui rappelle le danger réel et génère des défenses en retour, de la part de
l’entourage, qui aggravent le processus de chronicisation et de rigidification des
symptômes;
- une habitude à la situation, un aveuglement, un déni peut-être du danger réel
encouru par tous qui finit par dégrader les fonctionnements psychiques de chacun;
- enfin, une conclusion catastrophique, qui surgit à l’improviste, bien qu’ayant pu
être prévue, et qui détruit de façon définitive, une partie du contexte : des liens,
des personnes, des mémoires et des univers de vie ou de sens.
C’est la catastrophe au sens commun du terme, c’est-à-dire, c’est une destruction irréversible. Il y a un avant et un après, c’est encore une problématique avec le
temps…
Prenons ici un moment pour préciser ce que nous mettons sous tous ces mots
déjà mille fois entendus et utilisés.
Risque – Menace – Danger
Le risque est une probabilité entre la survenue d’un événement et sa gravité.
Mais il existe une différence entre les perceptions du risque pour l’acteur et les perceptions du risque pour les observateurs. L’acteur calcule ses risques et pense les
maîtriser, il en est même certain. L’observateur n’analyse pas les enjeux et les paramètres selon les mêmes échelles. Le risque s’intègre aussi dans un contexte, dans un
système de références complexes dont certaines ne sont pas maîtrisables par la pensée. Nous sommes dans le domaine de l’imprévisible réduits à faire des paris...
Par ailleurs, le risque reste inscrit dans une certaine culture : culture de l’exploit
pour les jeunes sportifs, culture de la vitesse, culture de la violence, culture de
l’abus sexuel...
Au risque donc se juxtapose la notion de menace : elle plane, invisible et présente... La menace se subit et on en parle peu...
La notion de danger est liée plus directement au réel. Il est une donnée concrète
qu’il faut affronter : on sait comment il se présente, on sait comment il va survenir. Il
demande de faire face.
On voit donc comment ici plusieurs dynamiques se conjuguent chez le sujet pour
essayer d’apprécier la notion du risque encouru: on est dans la problématique du passage de la perception (sensorielle, mémorielle, expérientielle, émotionnelle) à la
représentation symbolique verbale et partageable = évaluer le risque, penser le danger,
imaginer la prévention et l’action.
On voit bien comment plusieurs logiques sont impliquées : de façon même
contradictoire on est en pleine « complexité » au sens de J.L. Le Moigne et au cœur
des paradoxes.
Dans le cadre de notre clinique, il est fréquent de voir s’installer petit à petit, des
situations à risques pour toute une famille autour d’un « patient désigné » qui cristallise sur lui toutes les angoisses de chacun. Ceci dit, tous les membres de la famille
commencent à être atteints chacun par les dysfonctionnements psychiques consécutifs à la chronicisation de la crise : ainsi se créent des situations de risque psychologique majeur sous nos yeux, avec sa cascade de symptômes individuels.
Car, il faut dire que la non-résolution de la crise familiale, entraîne des réactions
systémiques et individuelles qui ont l’air de solutions mais ne sont que des complications. Chacun essaie de se protéger personnellement et commence des comportements de fuite, d’évitement, d’indifférence, de désengagement, de colère, etc.
Réduction de la pensée, discours linéaire de la souffrance, abandon aux experts,
troubles de la communication, déni du danger, amnésies, rigidification des règles
intra-familiales, repli et inertie... Les dégradations du contexte se font plus importantes et le silence, vide d’affects, s’étend dans la famille soumise et douloureuse.
On peut dire dans ces cas-là que la folie est contagieuse...
Nous préciserons ici ce que nous mettons sous le terme « catastrophe ».
Une catastrophe amène une destruction irréversible, sans aucune réparation possible ni restauration ad integrum, de certaines parties du système en jeu, c’est-à-dire
des sujets dans leur réalité physique ou psychique, et de leur environnement. On ne
pourra plus jamais retrouver l’équilibre antérieur et la perte est définitive. Le cadre
même de la situation est attaqué, les constantes écologiques aussi, ainsi que les
espaces, les territoires. La catastrophe remanie aussi pour chacun et pour tous, les
notions de temps : il y a un avant et un après. Tout a changé.
Par ailleurs, la catastrophe détruit le problème posé, les personnes qui portent le
problème et le cadre dans lequel l’ensemble se développe. C’est donc comme dit
Watzlawick une « ultra » solution.
Le système qui produisait une certaine forme de vie (ou de survie) a littéralement
explosé. C’est l’instant de l’explosion de la bombe atomique... (« l’instant »: cf. (2)).
Nous allons maintenant préciser les concepts nouveaux issus des Cindyniques et
nous renvoyons le lecteur à notre article « Crise et catastrophe, le Concept d’Hyper
Espace du Danger selon G.Y Kervern » (4).
L’apport des Cindyniques : une définition interactive du risque
Pour présenter brièvement les Cindyniques ou « sciences du risque », on pourrait
dire qu’un groupe européen de chercheurs est né dans les années 90, en provenance
du monde de la technologie, de l’assurance et de l’entreprise, sollicité par une série
de catastrophes majeures (Seveso, Tchernobyl, Amococadix, Three miles Island,
etc...). Ils se sont rencontrés autour de Georges Yves Kervern pour conceptualiser
les éléments enchevêtrés dans la construction de ces événements et réfléchir sur les
processus de prévention.
Il en est ressorti une élaboration théorique poussée, dont le concept de l’Hyper
Espace du Danger de G.Y Kervern présenté ci-dessous, et une grande ligne directrice de travail à savoir : les erreurs dites « humaines » correspondent à des troubles
de communication entre acteurs et nécessitent de se pencher plus avant sur les
« sciences molles » (sociologie, psychologie, communication) et leurs applications.
Ma rencontre avec G.Y Kervern et ces chercheurs s’est développée sur cet axe.
Mes recherches, n’ont fait que s’amplifier à la lumière de la pratique systémique car
la thérapie familiale travaille au niveau micro (famille) et les cindyniques au niveau
macro (entreprises – pays...). L’outil logique de « raisonnement par analogie » permet de saisir les processus à l’œuvre dans les différentes situations malgré les différentes échelles.
Pour les chercheurs de l’Institut Européen des Cindyniques une situation à
risques s’analyse selon 5 niveaux logiques différents interactifs entre eux. La multiplication d’incidents, d’accidents, d’erreurs etc. sur chacun de ces axes et de façon
simultanée amène une irruption de la catastrophe. Ils sont représentés sur un même
schéma et constituent ce que G.Y Kervern appelle « l’Hyper Espace du Danger»:
Il distingue :
- l’axe déontologique: c’est-à-dire l’axe de ce qui concerne les règles du métier,
mises en forme par les professionnels eux-mêmes;
- l’axe des valeurs culturelles de l’entreprise;
- l’axe des modèles de fonctionnement, des savoir-faire et des méthodes;
- l’axe des retours d’expériences, des mémoires, des archives.
Ces quatre axes doivent s’unir pour créer le cinquième, synergie de l’ensemble
qui est celui des finalités du système: production, résultats, objectifs, priorités... La
réalisation et le succès de cet axe justifie et légitime le bon fonctionnement des
quatre autres.
A partir de cette classification, G.Y. Kervern invente toute une nouvelle séméiologie des catastrophes dans leur ordre de survenue et démontre comment les dissonances se multiplient sur l’ensemble de ces axes, organisant, par une causalité plurielle, les conditions de l’émergence des catastrophes : manque de valeurs,
confusion des finalités, absence de déontologie, vides et dissonances entre les différents axes peuvent se relier dans une même situation et, par multiplication des
symptômes, créer de véritables syndromes de danger et de risques, hautement prédictibles et cependant encore maîtrisables...
Nous voyons là combien l’analogie avec une famille est porteuse de sens. En
effet un système familial peut s’analyser en référence avec ces 5 axes. Chaque
famille possède des codes de déontologie, des savoir-faire singuliers; des valeurs
culturelles, des modèles transmis ou acquis, des mémoires, archives, héritages, délégations du passé...
Nous renvoyons donc le lecteur aux travaux des auteurs de l’Institut Européen
des Cindyniques. Rapidement nous résumerons en quelques mots les principales
idées. La conclusion pour les cindyniciens est que finalement les principales causes
des catastrophes sont plus liées aux troubles de la communication entre les acteurs
de la situation qu’au fonctionnement lui-même des machines. Ils s’interrogent beaucoup sur la question de l’aveuglement devant le danger: comment se fait-il que,
même si les signaux d’alarme s’allument, il n’y ait personne pour en tenir compte et
les utiliser ? Manque-t-il des acteurs à qui les transmettre ?
Qu’on le nomme refoulement, amnésie, déni ou autre encore, le résultat pragmatique de cet aveuglement est le même : au trouble de la perception s’adjoignent le
trouble de la communication, la perte des repères, l’impuissance, la dilution des responsabilités et l’inertie fatale.
La parade est alors la reconstruction de nouveaux réseaux d’acteurs pour penser
ensemble et prévoir les issues avec leurs conséquences.
La chronicisation des situations à risques
L’enchaînement logique est la chronicisation de la situation à risque et la dégradation de l’environnement : peu à peu les réseaux de soutien s’épuisent et les ressources naturelles s’altèrent. Pour une famille, une situation à risque qui dure crée
des nouveaux patients et de nouvelles implications : apparition d’échecs professionnels, refus scolaires, alcoolisme, toxicomanie, chômage, etc.
Les évolutions d’une situation à risques
- le risque entraîne le danger;
- le danger, en cas favorable, provoque des actions de perception puis de représentation; puis de circulation d’informations et la création de réseaux de décision. Donc la maîtrise du risque et des actions adaptées;
- le danger, qui passe inaperçu et dure, provoque une aggravation des incidents
jusqu’à organiser une véritable situation chaotique et la ruine des fonctions
d’autorité de référence;
-
l’irruption de la catastrophe redéfinit l’urgence comme seule fonction d’autorité
efficiente et détruit une partie de l’écosystème.
des responsabilités
La reconstruction de nouveaux espaces de pensée
Il est clair pour les cindyniciens que la parade pour maîtriser l’emballement de
ces processus est la reconstruction de nouveaux réseaux d’acteurs où la pensée du
risque et du danger sera possible. Ils ont mis en évidence la fragilité fonctionnelle
des réseaux humains qui peuvent parfois se trouver « contaminés» par les preneurs
de risques et leurs propres réseaux dysfonctionnels.
La question est de savoir « qui » peut mobiliser et recréer des « nouveaux réseaux
d’acteurs », plus transversaux et plus interdisciplinaires que les systèmes d’origine
ayant permis par leur dysfonctionnement l’irruption des catastrophes.
Nous arrivons là alors à la question des « fonction d’autorité » et de leur redéfinition dans une situation chaotique.
En effet, qu’est-ce que l’autorité ? Qu’est-ce-qu’une fonction d’autorité ? Qu’est
ce qui « fait autorité » dans une situation donnée ?
Les fonctions d’autorité
Je vais résumer ici brièvement mon article paru dans Défense (7) sous le titre
« L’Autorité est-elle encore un argument ?». L’autorité c’est du symbolique, c’est du
lien et comme dit le dicton « l’autorité ne vaut rien devant les faits : c’est le dernier
des arguments ». L’autorité se distingue dans ses applications selon des « fonctions »
qui ne sont pas toutes situées au même niveau logique mais se coordonnent en une
architecture symbolique. Elles peuvent être incarnées par des personnes. Elles ne
sont pas cumulables et remplaçables. La destruction d’un niveau condamne l’édifice
et réduit à néant la construction mentale ainsi que les choix comportementaux qui en
découlent.
Un exemple illustrera cette image. Il est dû à A. Bompard dans son séminaire
« l’Evénement psychique collectif » à Paris (1986-87).
Pour qu’un enfant apprenne à l’école et accepte de faire ses devoirs tout seul, il
faut qu’existent autour de lui 3 fonctions d’autorité distinctes :
- le niveau déontique (garant pour tous) de l’Etat et du Ministère (qui fait les programmes nationaux, qui organise les examens);
- le niveau professoral : des médiateurs qui transmettent le contenu;
- le niveau parental : un adulte impliqué qui signe le livret le soir, à la maison.
Si ces 3 niveaux sont en place l’enfant se fera une image mentale cohérente et se
motivera pour réussir son travail scolaire. S’il en manque un, il aura plus de difficultés...
Ainsi les situations chaotiques par définition sont les conséquences de la faillite
des fonctions d’autorité : il est nécessaire de les restaurer et de les redéfinir en réincluant les paramètres externes annulés par les dysfonctionnements systémiques
précédents. Faire appel à des tiers, Risk Managers, Conseillers en Sécurité, Thérapeutes Familiaux devient une évidence.
Pour restructurer un fonctionnement familial, il est nécessaire de remettre en
place l’architecture des différentes fonctions d’autorité qui président à son fonctionnement : autorité parentale, réaffiliations au système et à l’autorité scolaires, réaffiliations aux circuits de santé, aux institutions sociales etc.
Sinon l’urgence catastrophique sera le seul moteur de l’évolution de la situation
et la seule fonction d’autorité efficace – à la place des professionnels sociaux et des
acteurs de prévention mandatés pour maîtriser les processus destructifs.
Nous avons aussi mis en place sur le terrain plusieurs expériences pilotes dont
nous reparlerons plus tard (travail au commissariat de police par exemple).
Les prises en charge familiales apparaissent comme des issues adaptées pour prévenir l’aggravation des situations à risques. Elles ne suffisent pas parfois et il est
nécessaire de développer
une approche globale sur l’ensemble d’une situation à
risques chronicisée. Dans le cas de familles en détresse sociale, il faut encore voir
plus loin et
plus communautaire... Je renvoie sur ce sujet les lecteurs à mes autres
articles et à Jean Bédard
[2]. Il faut préciser que Monsieur Bédard a une double formation : dans un premier temps, il était professeur de philosophie dans les lycées, puis
dans un deuxième temps il était travailleur social. Actuellement, il vit en Gaspésie,
près du Saint Laurent, et il écrit. Il a écrit des livres qui sont des romans historiques
avec un contenu philosophique, « Maître Eckart » et « Nicolas de Cues » par exemple.
C’est-à-dire qu’il est bien placé pour nous aider à revisiter les valeurs culturelles,
philosophiques et éthiques qui influencent notre démarche professionnelle.
·
1. Fournier A., Monroy M., Kervern G.Y., Guitton C. (1996): Le Risque Psychologique Majeur, ESKA
Paris
·
2. Guitton C. (1988): Instant et Processus – ESF, Paris.
·
3. Guitton C. (1996): Les maternités socialement assistées Thérapie Familiale, 17,1,77-83.
·
4. Guitton C. (1996): Crises et Catastrophes : le concept d’Hyper Espace du Danger selon G.Y Kervern
Thérapie Familiale, 17,2,189-194.
·
5. Guitton C., Pasdeloup C., Mazillier I. (1997): Familles, Thérapeutes et Méthadone : vers une interaction systémique, in Les Traitements de substitution pour les usagers de drogue – par D. Touzeau et E.
Jacquot – Editions Arnette, Paris.
·
6. Guitton C. (1998): Risque, Danger, Catastrophe : la dynamique de la catastrophe, in Forensic 18, Editions NHA Communication.
·
7. Guitton C. (1998): l’Autorité est elle encore un argument ? Défense n° 79.
·
8. Guitton C. (2000): Dépression et Situation à Risques, Génération n° 19.
·
9. Guitton C. (2000): Existe t-il une Science du Risque en Travail Social ? THS la revue des addictions, 2
n° 7.
·
10. C. Guitton (2000): Violence dans la tête, violence en famille, violence à l’école, in Une école sans
violence de G. Fotinos et J. Fortin, Edition Hachette, Paris.
·
11. Kervern G.Y, Rubise P. (1991): L’archipel du danger, Edition Economica, Paris.
·
12. Kervern G.Y (1993): La Culture Réseau, ESKA, Paris.
·
13. Lagadec P. (1981): La Civilisation du Risque, Edition Le Seuil, Paris.
·
14. Lagadec P. (1994): La gestion des crises : outils de réflexion à l’usage des décideurs, Edition Edisciences international, Paris.
·
15. Lavaur M. (1997): Expérience systémique, en milieu carcéral, Génération, n° 11-12.
·
16. Poïvet D.V. (1996): Le Danger, cours du D.U. de Psychosomatique, Paris Université VII.
·
17. Tisseron S. (1992): La Honte, Dunod.
[*]
Praticien Hospitalier. Directrice du Centre Espace Famille 92. Membre de l’Institut de Cindyniques
de la Sorbonne Paris I.
[1]
Cf article « Le temps des migrants, les temps de l’exil » par E. Héron, p. 183.
[2]
Cf article « Familles en détresse sociale », J. Bédard, p. 157.