Thérapie Familiale
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
96 pages

p. 323 à 324
doi: en cours

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Volume 23 2002/4

2002 THÉRAPIE FAMILIALE

Les articles

A l’époque où, en France, le primat est donné à l’enfermement des jeunes délinquants et à la « punition » de leur famille [1], Roland Coenen vient prôner une attitude diamétralement opposée. Eduquer sans punir dit-il, car le modèle sanctionnel n’a pas fait la preuve de son efficacité, bien au contraire. En raison de l’effondrement des valeurs traditionnelles, les adolescents ont des besoins qui sont plutôt du côté de la transmission de la notion d’humanité comme valeur stable. Il propose donc éducation et autorité bienveillante, plutôt que punition. Il donne comme exemple l’histoire de Steven qui inquiétait.. par son manque de symptômes. Ses mots d’ordre sont : ordre éducationnel, thérapeutique et humaniste.
Dans un précédent éditorial Véronique Regamey nous proposait de réfléchir sur notre engagement auprès de nos patients. Aujourd’hui Camille Labaki vient nous interroger sur notre supposé-savoir et sur la façon dont nous l’utilisons. Le savoir peut être un alibi pour éviter l’accueil de l’autre et un bouclier contre la rencontre. Jugements a priori, conclusions hâtives sous couvert de savoir, sont des dérives qui nous mènent vers une position qui n’est plus thérapeutique. Elle nous « livre » un conte clinique, qui en dit plus que de longs discours savants.
La crise psychiatrique aboutit souvent à une hospitalisation, mais pas toujours. L’équipe ERIC utilise un modèle original de réponse à l’urgence : une prise en charge à domicile. Un précédent article présentait la structure de ce modèle d’intervention, aujourd’hui L. Zeltner, J.F. Ampelas, V. Mallat, F. Mauriac, A. Waddington, M. Bronchard, et M. Robin réfléchissent sur les fondements théoriques de leur pratique. A partir de la comparaison avec le bébé qui, par ses hurlements, sollicite l’entourage qui intervient et, par son action, le réconforte, ils remarquent que leur intervention permet de restaurer la fonction de « pare-excitation » que la famille peut exercer sur un patient. La famille se trouve ainsi requalifiée dans sa capacité de trouver des solutions à la crise. Un exemple clinique vient illustrer leur propos.
Les liens entre alimentation et relation à la mère sont nombreux, particulièrement chez le petit enfant. Les liens entre alimentation et relations familiales sont aussi très étroits aux autres âges de la vie : anorexie, boulimie ou obésité peuvent jalonner la vie de la famille au cours de son cycle. C’est donc tout naturellement que Martine et Benameyer Naili Douaouda utilisent les techniques systémiques dans la rencontre avec la famille de patients ayant des troubles nutritionnels. Ils nous rapportent ici leur expérience et à l’aide de vignettes cliniques ils nous montrent comment ils ont su tirer partie de la rencontre entre diététique et systémique.
Dans la suite de la prestigieuse Ecole de Palo Alto, les études de la communication se sont poursuivies. Si l’accent est moins mis sur cet aspect de la prise en charge des familles de schizophrènes en raison de son caractère potentiellement réducteur et culpabilisant, Stéphan Hendrick se propose de familiariser le lecteur francophone au concept de « Communication Déviante » qu’il souhaiterait renommer « Communication Divergente ». Avec cet article très documenté il réintroduit les différents paramètres de la communication : relationnel et environnemental, dans ce qu’il appelle le continent que sont les schizophrénies et les psychoses.
B.W.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  1. Regamey V. : Editorial « A être le suivant de celui qu’on suivait, Au suivant, au suivant ». Thérapie Familiale, 23,1-3.
·  2. Robin M., Pochard F., Ampelas J.F., Kannas S., Bronchard M., Mauriac F., Bisson F., Meppen S., Pastour N. : Les dispositifs d’urgence psychiatrique et de crise en France. Thérapie Familiale, 23,153-168.
 
NOTES
 
[1]Cf. la loi du 29 août 2002 autorisant la mise en détention provisoire des mineurs de moins de 13 ans pour des délits alors qu’elle n’était autorisée auparavant que dans le cas de crime. Dans cette même loi il est prévu que les familles de ces mineurs soient privées de la part d’allocations familiales dévolue au mineur placé en centre fermé.
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Cf. la loi du 29 août 2002 autorisant la mise en détention ...
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