2003
THÉRAPIE FAMILIALE
L’ALLIANCE COPARENTALE
ET LE DÉVELOPPEMENT AFFECTIF DE L’ENFANT
DANS LE TRIANGLE PRIMAIRE
Elisabeth Fivaz-depeursinge
[*]
Centre d’Etude de la Famille
Site de Cery
CH-1008 Prilly
Le
jeu trilogique de Lausanne permet d’étudier le développement de la communication familiale dès la nais~sance et de créer des ponts entre l’approche systémique de la famille et la recherche développementale.
Cet article décrit comment se construit la communication familiale avant le langage verbal, soulignant
l’importance de l’intersubjectivité, de l’alliance coparentale et de la compétence du nourrisson à interagir
à trois dès le début. Il en esquisse les implications cliniques.Mots-clés :
Alliance coparentale, Intersubjectivité, Développement précoce, Communication familiale.
The Lausanne
trilogue play allows studying the development of family communication from its origins, thus building
bridges between family process and developmental research. This paper describes how family communi~cation is constructed before the appearance of verbal language. It stresses the importance of intersubjectiv~ity, coparental alliance and infant competence to interact in a threesome from the beginning and outlines
their clinical implications.Keywords :
Coparental alliance, Intersubjectivity, Early development, Family communication.
El juego tria~logicó de Lausana nos permite estudiar el desarrollo de la comunicación familiar desde el nacimiento y
crea así de esta manera puentes entre la percepción sistémica de la familia y la investigación desarrollista.
Este artículo describe cómo se construye la comunicación familiar antes de la aparición del lenguaje ver~bal, remarcando la importancia de la intérsubjetividad, de la alianza coparental y de la competencia del
bebé para interactuar a tres desde el comienzo, muestra en esquise las posibles implicaciones clínicas.Palabras claves :
Alianza coparental, Intérsubjetividad, Desarrollo precoz, Comunicación familiar.
Les travaux de recherche du Centre d’Etude de la Famille s’inscrivent dans un
courant de recherche qui se développe aussi bien outre-Atlantique qu’en Europe. Il
fait le pont entre les théories familiales inspirées de la pratique clinique, en particu~lier le modèle de Salvador Minuchin (Minuchin et al., 1975), et les recherches sur le
développement des interactions entre mère et bébé, en particulier le modèle de
Daniel Stern (1989). Ces études portent donc sur le développement de la communi~cation familiale dès ses débuts, avant l’apparition du langage verbal. Historique~ment, l’étude de la parentalité mère-bébé nous a appris beaucoup sur la relation à
deux; mais on sait bien que les enfants ont aussi un père et qu’ils naissent dans une
famille. Il est donc important d’étudier la parentalité père-bébé (Frascarolo, 1997),
et aussi la coparentalité entre père et mère, ce qui n’est pas la même chose. On parle
alors d’alliance coparentale, au sens de Minuchin, c’est-à-dire la mesure dans
laquelle les parents travaillent en équipe pour élever l’enfant, ou plus formellement
le degré de coordination qu’ils atteignent lorsqu’ils réalisent une tâche commune
(McHale et Cowan, 1996). Au-delà, on parle d’alliance familiale, c’est-à-dire com~ment parents et enfant travaillent ensemble pour réaliser les tâches qui leur incom~bent (Fivaz-Depeursinge et Corboz-Warnery, 2001). Ces notions sont formellement
très proches de celle de l’alliance thérapeutique.
Le jeu trilogique de Lausanne
Pour étudier les interactions dans le triangle primaire formé par le père, la mère
et leur premier enfant, nous avons donc créé le jeu trilogique de Lausanne. On
l’abrège LTP, pour Lausanne Trilogue Play en anglais (pour une revue approfondie
des travaux sur ce paradigme, voir Fivaz-Depeursinge et Corboz-Warnery, 1999).
Au cours de ce jeu, la famille va passer par quatre configurations différentes qui
correspondent aux quatre manières possibles d’être à trois : un « 2+1 » avec un
parent en interaction directe avec l’enfant, l’autre restant en périphérie; le deuxième
« 2+1 » avec inversion des rôles entre les parents; un « trois ensemble », et enfin le
dernier « 2+1 » où c’est au tour de l’enfant d’être en tiers.
Ainsi pouvons-nous observer comment une famille gère le système des quatre
configurations qui existent dans la relation à trois, que ce soit dans les moments de
plaisir où ils réalisent le but du jeu trilogique, mais aussi dans les inévitables
moments d’incertitude, où l’on ne se comprend pas, ou de conflit, où l’on est en
désaccord. Cette définition de la triangulation est différente des notions élaborées en
psychodynamique et en thérapie familiale. Si celles-ci se sont avérées très utiles en
clinique, elles restent néanmoins partielles, car elles ne reposent pas sur une théorie
normative, complète, des relations à trois.
Nous appliquons le paradigme du LTP aux moments charnière du développe~ment de la famille. Nous suivons des familles volontaires à partir de la grossesse, où
nous demandons aux parents de faire un jeu de rôle de leur première rencontre à
trois avec le nouveau-né, par anticipation. Puis nous les rencontrons à trois mois, le
moment faste où le bébé échange des sourires, vocalises et gestes avec ses parte~naires. Ensuite à neuf mois, lorsque le bébé découvre sa vie psychique et cherche à
la partager avec ses partenaires – sans paroles. Puis à 18 mois, lorsqu’il accède au
langage verbal, au symbole et donc à la culture et à la morale. Enfin, à 4 ans, l’âge
où l’enfant construit avec ses parents des narrations autobiographiques.
Il ne faut pas oublier que nous, humains, communiquons dans nos relations
intimes, familiales, non seulement pour agir ensemble, mais aussi pour partager
notre expérience vécue, intérieure, nos perceptions, nos intentions, nos sentiments,
nos pensées, les significations que nous attribuons aux événements – ce qu’on
appelle l’intersubjectivité (Stern, 1989; Fivaz-Depeursinge, 2001). Cet aspect avait
été oublié par les pionniers de la thérapie familiale dans leur prise de distance face à
la psychodynamique.
Cet article porte sur la première année de la vie familiale, pour examiner com~ment se développe l’intersubjectivité à trois sans langage verbal, en remontant de sa
forme secondaire à sa forme primaire.
L’intersubjectivité secondaire
L’intersubjectivité secondaire émerge vers la fin de la première année, un point
charnière où le bébé montre par ses signaux non-verbaux – car il pense en non-ver-bal – qu’il commence à comprendre l’intimité psychique : il a des états intérieurs,
des pensées, des sentiments; ces états psychiques sont distincts de ses actions; il
peut les partager ou ne pas les partager avec ses partenaires.
Imaginons la famille de Paul, neuf mois, dans le LTP, une famille volontaire pour
participer à nos recherches. Ils jouent les trois ensemble aux marionnettes. Le père
vient de retirer ses mains (les marionnettes sont parties). Paul les regarde d’un air
perplexe, lève les yeux sur son père d’un air interrogateur; le père lui sourit, rassu~rant; Paul se tourne alors vers sa mère, regarde son visage avec une grande attention,
comme pour comprendre ce qui s’est passé avec son père; elle commente : « les
petites marionnettes de papa sont parties »; autrement dit, elle lit sa pensée, comprend
son interrogation pourtant muette et y répond. Puis elle continue la chanson : « elles
vont faire une promenade... » en joignant le geste à la parole et en dirigeant ses mains
vers le père. Le plaisir a remplacé l’incertitude, Paul se réoriente vers le père avec un
grand sourire pour partager ce plaisir avec lui – encore une manière non-verbale de
partager son sentiment intérieur. Le père répond avec un “oui” prolongé dont l’into~nation s’accorde avec le sentiment de Paul; cet accordage affectif est l’une des
manières qu’ont les parents de faire savoir à leur enfant qu’ils comprennent son état
intérieur – un autre processus intersubjectif (Stern, 1999). Et la fête continue ! Ces
parents vont poursuivre le jeu par un duo sur le thème : « c’est papa, c’est maman,
c’est Paul !». Un peu plus tard, au moment où les parents passent à la partie où ils dia~loguent, Paul étant laissé dans la position du tiers, on observera encore sa réaction
effarée à ce changement, et sa manière de signaler son désaccord à l’un, puis à
l’autre, par un grognement et une mimique de colère !
Qu’en tirons-nous du point de vue du développement de la communication trian~gulaire de l’enfant ? L’enfant cherche activement à partager sa vie intérieure avec ses
parents, comme lorsqu’il se tourne vers l’un et l’autre pour partager son plaisir avec
eux deux; il montre sa perplexité lorsqu’il ne comprend pas ce qui se passe, comme
lors de la disparition des marionnettes du père lorsqu’il se tourne vers sa mère pour
lui « demander » d’éclaircir ce mystère. Enfin, il signale aux deux son désaccord à
les voir le laisser de côté, hors de leur champ d’attention – une préfiguration de la
situation œdipienne de 4 ans où l’enfant se sent exclu de leur champ d’intimité…
mais ici, c’est de leur champ d’attention directe qu’il est exclu. Il manie donc aisé~ment la communication intersubjective à trois, de sujet à sujet, d’esprit à esprit –
encore une fois tout cela sans mots.
Du côté coparentalité, les parents comprennent intuitivement ces offres de par~tage et les valident, s’accordant affectivement avec les sentiments intérieurs de leur
enfant, lisant ses pensées, clarifiant les significations et imposant le moment venu
de manière ferme mais ludique la limite entre leur couple et lui. Ils accomplissent ce
travail ensemble et de manière fluide. De même, ils s’ajustent avec précision et
flexibilité à la consigne qu’ils ont reçue. Cela dénote une grande coordination entre
eux, autrement dit une alliance coparentale solide aussi bien vis-à-vis de l’enfant
que de l’extérieur.
L’intersubjectivité primaire
Remontons maintenant plus près des origines des relations triangulaires du bébé
avec ses parents. La recherche sur les interactions précoces entre mère et bébé avait
déjà conduit, à partir des années huitantes
[1], à oublier le nouveau-né autiste ou sym~biotique. Le nouveau bébé, immédiatement capable de différenciation entre soi et
l’autre, pouvait partager son expérience vécue avec ses partenaires, dans une forme
primaire d’intersubjectivité qui passe directement par la perception et l’action
(Dornes, 2000; Rochat et Striano, 1999). Les études de la communication précoce à
trois nous conduisent en plus à dépasser la théorie selon laquelle le bébé construit
tout d’abord des relations à deux, surtout avec sa mère, puis grâce au rôle séparateur
du père, en vient à devoir affronter l’exclusion propre à l’Œdipe. Le bébé que nous
observons dans le triangle primaire se révèle au contraire être un partenaire à part
entière dans les relations à trois et ceci dès le début (Stern, 2000).
A trois mois, dans le LTP, Paul partageait déjà intérêt et plaisir avec ses deux
parents et leur signalait sa frustration, dans des formes qui préfiguraient ce que nous
avons vu à neuf mois. Ainsi, nos observations de la partie à trois ensemble du LTP
indiquent que le bébé de trois mois perçoit aisément que ses parents sont tous deux
ses partenaires à part égale – lorsque les parents sont bien coordonnés. Dans ce
contexte, on le voit alterner entre ses parents, les regardant tour à tour avec intérêt,
plaisir ou colère, selon les moments. On voit aussi les parents s’accorder affective~ment avec leur enfant. Mais qu’en sera-t-il dans le 2+1 où le bébé joue par exemple
avec sa mère, le père restant en périphérie ? Va-t-il continuer à le percevoir comme
faisant partie du triangle, malgré le fait que son partenaire principal est sa mère et
que le père ne va pas le solliciter ? La réponse est positive. Par exemple, à un
moment particulièrement fort du jeu, on le verra partager son plaisir avec sa mère, et
se tourner de son propre chef vers son père, comme pour partager son plaisir avec
lui aussi… puis reprendre le jeu avec sa mère. Enfin, dans le 2+1 avec le bébé lui-même en tiers, on le verra suivre le dialogue entre ses parents, en s’orientant alterna~tivement vers l’un et l’autre et en résonnant avec leurs affects – ou comment on
apprend les relations familiales, très tôt…
Autrement dit, le jeune bébé fait déjà des offres de partage de ses affects à ses
deux parents à la fois et les parents les comprennent comme telles. Ce tableau préfi~gure ce que nous voyons en plus différencié à neuf mois. Le développement des
relations triangulaires ou probablement polyadiques se fait donc en parallèle avec
celui des relations dyadiques. Toutes sont importantes. Et ces échanges fondent la
communion intersubjective familiale dès le début.
Les théories familiales basées sur la clinique génèrent donc des hypothèses qui
peuvent être testées par la recherche, qui en retour valide ces théories. Nos résultats
sur une quarantaine de familles volontaires suivies longitudinalement indiquent
d’ores et déjà que les alliances coparentales « suffisamment bonnes » favorisent la
différentiation de la triangulation chez le bébé. Au contraire, les alliances coparen~tales problématiques entravent son développement. Ces dernières ne sont pas
décrites dans cet article, mais leurs formes sont faciles à imaginer pour des théra~peutes de famille, par exemple compétition entre les parents, triangulation de
l’enfant, etc. Plus précisément, elles mènent principalement à la forme « détour~nante » de la triangulation dans la famille, qui recrute les capacités triangulaires de
l’enfant au profit de la régulation du conflit entre les parents. Ceci au détriment de
pouvoir gérer souplement le système des quatre configurations de la relation fami~liale et au détriment de partager du plaisir. Ce sont les communications négatives
qui dominent. Il y aurait beaucoup à dire sur les distorsions de la communion inter~subjective dans ce contexte. Nos résultats indiquent aussi que l’alliance familiale est
modérément stable au cours des deux premières années (Favez et al., 2002) et même
qu’elle est associée significativement à l’alliance coparentale mesurée pendant la
grossesse (Corboz-Warnery et Fivaz-Depeursinge, 2001).
Les résultats d’autres recherches menées en particulier par James McHale aux
USA montrent de plus des liens significatifs entre le climat familial de la première
année et le développement de l’enfant vers trois à cinq ans. Par exemple un climat
chaleureux dans la famille durant la première année de vie de l’enfant contribue de
manière significative à favoriser le développement de la sociabilité de l’enfant avec
ses pairs à l’école. En revanche, une alliance coparentale hostile pendant la première
année est liée au développement de troubles du comportement, au-delà des contri~butions d’autres variables comme l’attachement entre mère et enfant ou la parenta-lité du père ou de la mère étudiée séparément (voir pour une revue, McHale et
Cowan, 1996).
Cependant, on sait aussi que l’enfant contribue de manière significative à
l’alliance familiale et c’est l’une des différences entre l’alliance coparentale et
l’alliance familiale : le tempérament difficile de l’enfant peut troubler cette alliance.
Le temps où l’on considérait que les parents sculptent la personnalité et le dévelop~pement de l’enfant est révolu. Et n’oublions pas que les parents ne constituent pas à
eux seuls l’environnement social de l’enfant, il y a en particulier la fratrie et le
groupe de pairs qui jouent un grand rôle. L’équipe du Centre d’Etude de la Famille
s’apprête à étudier la famille à quatre.
Ces résultats de recherche confirment donc enfin le postulat systémique selon
lequel la famille joue un rôle-clé dans le développement précoce. Ils confirment
aussi la théorie selon laquelle on ne peut réduire la relation familiale à la somme des
relations dyadiques qui la composent – et réciproquement ! On ne peut réduire les
relations dyadiques aux relations triangulaires.
Bien entendu, les implications thérapeutiques de ces résultats sont considé~rables. Nous développons une méthode d’intervention qui s’appuie sur ces résultats,
appelée « évaluation thérapeutique brève » (voir Corboz-Warnery et Fivaz-Depeur-singe, 1994; Fivaz-Depeursinge et al., sous presse).
Ainsi, la coopération régulière entre les parents et leur ajustement à l’enfant res~tent primordiaux. S’il fallait faire une hypothèse sur les nouvelles parentalités, nous
ferions le pari d’un facteur non spécifique caractérisant la parentalité en général,
quelle que soit sa forme particulière (monoparentalité, procréation assistée, adop~tion, divorce, famille recomposée, coparents de même sexe). Comme il existe un
facteur non spécifique dans l’effet des psychothérapies, soit l’alliance thérapeu~tique. Et comme il existe un facteur non spécifique à l’encadrement du développe~ment en général, qu’il s’agisse de parentage, d’enseignement ou de thérapie, comme
nous l’avons montré précédemment (Fivaz, Fivaz, Kaufmann, 1982).
D’autre part, nous ferions le pari que le petit de l’espèce humaine naît avec un
équipement non spécifique aussi, qui lui permet de s’adapter à des formes diffé~rentes de (co)parentalité, à un, à deux, à trois ou à plusieurs. Il faut donc savoir com~ment on veut orienter le développement : vers l’adaptation au groupe élargi, à un
petit groupe, ou vers la relation à trois, à deux ?
·
1. Corboz-Warnery A., Fivaz-Depeursinge E. (1994): L’observation du « Jeu Triade Lausanne » et son
utilisation thérapeutique. Perspectives Psychiatriques, 43 (3), 142-147.
·
2. Corboz-Warnery A., Fivaz-Depeursinge E. (2001): Du couple à la famille : l’alliance parentale préna~tale annonce-t-elle le devenir de la famille ? Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de
réseaux, 27 (2), 17-34.
·
3. Dornes M. (2002): Psychanalyse et psychologie du premier âge. Presses universitaires de France,
Paris.
·
4. Favez N., Frascarolo F., Carneiro C., Monfort V. (2000): The nascent family alliance. Paper presented
at the World Association of Infant Mental Health, Amsterdam.
·
5. Fivaz-Depeursinge E. (2001): Corps et intersubjectivité. Psychothérapie, 21 (2), 63-69.
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6. Fivaz-Depeursinge E., Corboz-Warnery, A. (2001): Le triangle primaire. Le père, la mère et le bébé.
Odile Jacob, Paris.
·
7. Fivaz-Depeursinge E., Corboz-Warnery A., Keren M. (sous presse): Treating infants in their families
in Sameroff A.J., McDonough S.C., Rosenblum K. (Eds): Infants and Mothers Together : Treating
Early Relationship Problems. Guilford Press.
·
8. Fivaz-Depeursinge E., Fivaz R., Kaufmann L. (1982): Encadrement du développement, le point de
vue systémique. Fonctions pédagogique, parentale, thérapeutique. Cahiers Critiques de Thérapie
Familiale et de Pratiques de Réseaux, 4-5,63-74.
·
9. Frascarolo F. (1997): Les incidences de l’engagement paternel quotidien sur les modalités d’interac~tion ludique père-enfant et mère-enfant. Enfance, 3,381-387.
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10. McHale J., Cowan P. (Eds.). (1996): Understanding how family-level dynamics affect children’s deve~lopment : studies of two-parent families. (Vol. 74). Jossey-Bass, San Francisco.
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11. Minuchin S., Baker L., Roseman B.L., Milman L., Todd T.C. (1975): A conceptual model of psycho-somatic illness in children. Archives of General Psychiatry, 32,1031-1038.
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12. Rochat P., Striano T. (1999): Social-cognitive development in the first year. In Rochat P. (Ed.), Early
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13. Stern D. (1999): Vitality contours : the temporal contour of feelings as a basic unit for constructing the
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·
14. Stern D. (1989): Le monde interpersonnel du nourrisson. PUF, Paris.
·
15. Stern D. (2000): Introduction to the paperback edition, the interpersonal world of infant (pp. 11-39).
Basic Books, New-York.
[*]
Responsable de l’Unité de Recherche du Centre d’Etude de la Famille, Institut Universitaire de
Psychothérapie, Université de Lausanne.
[1]
Quatre-vingt, Ndlr.