Thérapie Familiale
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
110 pages

p. 335 à 336
doi: en cours

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Volume 24 2003/4

2003 THÉRAPIE FAMILIALE

LES ARTICLES

Actuellement, en Europe de nombreux débats ont lieu autour de la psychothéra~pie. Dans son éditorial, Serge Kannas propose au lecteur une réflexion sur les psy~chothérapies et fait le point sur les changements qui se profilent en France.
La violence est en chacun de nous, force de vie qui nous projette en avant mais aussi force de mort avec laquelle nous devons composer. Chaque société, chaque époque fabrique ses propres modalités de violences. Intervenant en tant que supervi~seur Christine Vander Borght constate ainsi que chaque groupe constitué secrète ses propres configurations et que la violence s’inscrit dans la logique de ces confi~gurations; il faut donc l’analyser dans son micro-contexte. De ses différentes ren~contres institutionnelles elle brosse un tableau des pathologies qui peuvent émerger. Elle utilise un modèle de description du travail institutionnel en sept « polarités » à partir duquel elle cadre le dispositif et le contenu de ses interventions. C’est un voyage illustré dans nos institutions qui trouve tout son sens actuellement.
La vertu du témoignage réside en ce qu’il permet de sortir du sentiment de solitude ceux qui, confrontés à des situations similaires, peuvent ainsi entrevoir qu’un « autre~ment » est possible; et permet à ceux qui les ont en charge de « traverser le miroir ».
Aujourd’hui c’est avec subtilité et retenue qu’une patiente nous raconte son long cheminement accompagné pour un temps par Marie-Odile Goubier Boula. Elle a parcouru les difficiles étapes de la reconstruction de son passé conscient puis du passé enfoui et enfin de sa vie. Mon histoire, même si elle est très personnelle et à nulle autre semblable s’inscrit dans la longue chaîne de la vie, et ça, il faut le dire.
Yvonne Dolan a une longue expérience de la prise en charge de personnes ayant subi un traumatisme grave, elle utilise, entre autres, la thérapie centrée sur les solu~tions. A travers une anecdote, brève mais riche de sens, et de nombreux autres exemples, elle vient nous montrer que, façon surprenante, amener un client à se cen~trer sur les prochains petits actes de la vie quotidienne à accomplir, est une méthode simple et efficace pour l’aider à continuer à vivre et à créer un contexte où il agira l’espoir avant de le ressentir. Il pourra ensuite retrouver un sens à sa vie.
L’œuvre de Mara Selvini Palazzoli n’est plus à présenter, elle a fait date dans l’histoire de la thérapie familiale.
Mais quel lecteur ne rêve-t-il pas de savoir ce que sont devenues les anorexiques qu’elle a suivies avec ses équipes ? Matteo Selvini et l’équipe actuelle du Nuevo Centro per la studio della Famiglia, Giuliana Allegra, Renza Babando, Pino Basile, Laura Bedarida, Anna Gogliani, Aurelio Mancini, Danilo Panico, Emanuela Pasin, Teresa Serra, viennent ici ouvrir ces archives. Ils retranscrivent briè~vement l’histoire de la recherche depuis la fondation du premier groupe. Puis à tra~vers une étude du follow-up, ils font le point sur l’évolution en trois temps des techniques thérapeutiques qui ont été utilisées entre 1971 et 1987, et les résultats observés. Avec le recul du temps ils préconisent d’intégrer travail individuel et tra~vail familial et ce sur un temps suffisamment long.
Les travailleuses familiales ont un rôle spécifique dans le dispositif social fran~çais. Elles ont pour vocation l’aide aux familles en difficultés (accident, maladie, naissances multiples...). Malgré cette vocation a priori positive, elles trouvent par~fois des obstacles dans la mise en œuvre de cette mission dans la famille. Jean Pierre Minary et Philippe Perrin ont conduit une réflexion tout à fait originale à partir de la lecture de ces situations bloquées dans une perspective systémique. Ils en tirent la proposition constructive d’une définition claire des rôles des interve~nants sociaux… afin de mieux reconnaître la compétence des familles.
Dans un précédent article Michel Delage avait développé les moyens d’aide à la résilience des familles ayant subi un traumatisme. Présentement il revient sur la notion de traumatismes : il en reprécise la définition, la classification, et rappelle l’importance du contexte. S’appuyant sur la théorie de l’attachement il envisage les fondements des interventions thérapeutiques. Retenons au passage que dans le débrie~fing familial, il souligne que l’important est dans ce que dit et fait l’intervenant qui communique ainsi aux familles « Vous êtes là avec nous, vous revenez de la mort, mais vous êtes en vie et vous faites toujours partie de la communauté des vivants. ». Enfin il présente au lecteur l’exemple d’une famille confrontée à un deuil traumatique.
B.W.
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