2004
THÉRAPIE FAMILIALE
ÉDITORIAL
IXèmes « Journées de Lyon »
12-15 mai 2004
Marie-Christine Cabié
Muriel Meynckens
Véronique Regamey
Brigitte Waternaux
Un défi à relever pour les éditions Médecine et Hygiène, en la personne de
Jacqueline Monnier, directrice, et pour le nouveau Comité de Rédaction de la revue,
heureusement généreusement assisté des Anciens, tout particulièrement, par Yves
Colas et Daniel Masson. Sans compter, ces derniers ont mis leur longue expérience
à notre profit pour contribuer à la réussite de cette entreprise. Pour nous trouver du
côté des coulisses, nous mesurons les mille et une choses auxquelles il faut penser.
Merci donc à Yves Colas pour ses compétences organisationnelles et ses connais~sances lyonnaises. Merci à Daniel Masson pour son « Bourgeonnement systémique »,
ébauche déjà bien complète qui reprend, sous forme d’arbre, les différents courants
systémiques. Il trônait en grand sur les murs du hall d’accueil et a été reproduit en
poster pour chaque participant. Et si Carl Whitaker s’est envolé lors de l’impression
sur le poster, il ne tient qu’à vous de l’ajouter, comme d’autres auteurs qui vous
inspirent particulièrement.
Merci aussi à tous les membres du Comité Scientifique, qui ont prêté main-forte
et soutenu le congrès dès ses premiers balbutiements et qui ont terminé en apo~théose, l’un au travers d’une conférence, l’autre dans un atelier ou par sa présence
chaleureuse.
Nous avons eu à cœur de trier les photos prises par Yves Colas lors des journées
précédentes. Cette touche nostalgique pour retourner au présent et apprécier la qua~lité des orateurs des plénières et des ateliers à qui nous adressons toute notre recon~naissance. Tous n’auront pas l’occasion de donner leur texte pour les Actes… peut-être ultérieurement. Le lecteur pourra cependant se plonger ou se replonger dans le
congrès avec ce numéro-ci et le suivant.
Et le futur ?
Comment allons-nous le construire ? Beaucoup nous encouragent à récidiver.
D’aucuns découvrant la systémique souhaiteraient un approfondissement de thè~mes classiques, certains trouveraient le mouvement quelque peu déprimé : trop de
questions, trop d’incertitudes, trop peu de soutien. Est-ce dû à une poussée d’indivi~dualisme – et non d’individualisation – (Bernard Fourez), à la nécessité de découvrir
avec les familles leurs compétences (Guy Ausloos), à toute l’intuition du thérapeute
pour découvrir « l’enfant dans l’adulte » (Edith Tilmans), au post-modernisme (Isa~belle Orgogozo), à la difficulté de changer les habitudes en tenant compte du logos,
du pathos et de l’ethos (Luc Isebaert), à la nécessité de contacter avant tout les per~sonnes qui nous semblent entraver notre prise en charge (Suzanne Lamarre), à la dif~ficulté d’étendre au-delà de quelques secondes, le seul moment d’interaction positive
entre une mère et son enfant (Carole Gammer), à un déficit d’ocytocine (Jorge
Barudy), à la pragmatique de l’espoir (Yvonne Dolan) auquel on ne croit plus, à
l’abus de thérapies inefficaces (Odette Masson) ou à la multiplicité des courants ?
Le bourgeonnement systémique va-t-il geler ou, au contraire, s’épanouir ? Peut-être les théories de la complexité donneront-elles une clef qui ouvrira la porte de
l’agencement des choses.
Comme l’évoquait Jean Paul Gaillard dans un atelier, Gregory Bateson, notre
grand-père à tous, « n’a jamais eu l’ambition de faire école de psychothérapie. Grâce
à ce mythe fondateur fait d’une insatiable curiosité iconoclaste, la thérapie systé~mique contemporaine se compose d’une multiplicité, non pas d’écoles, mais de styles
qui vivent dans une relative bonne intelligence, avec de nombreux thérapeutes
n’hésitant pas à naviguer d’un style à l’autre pour, progressivement, en construire
un qui soit le leur. Et cela n’est probablement possible que grâce à l’ouverture maxi~male du mythe fondateur qui permet à chacun d’entre nous de recourir autant qu’il
le veut, sans que cela soit conçu comme une trahison, à une activité de modélisation
s’appuyant sur les modèles physiques, biologiques, logiques, philosophiques, socio-logiques, les plus récents, subvertissant ainsi sans cesse concepts et habitudes ».
Pour conclure, à en croire les commentaires, l’esprit des Journées de Lyon était
bien présent : convivialité, travail, respect et enthousiasme étaient au rendez-vous.
Ceci nous encourage pour une prochaine fois.