Thérapie Familiale
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
210 pages

p. 413 à 415
doi: en cours

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Volume 25 2004/4

2004 THÉRAPIE FAMILIALE

Les articles

Voici donc le second numéro consacré aux actes des Journées de Lyon.
Tout d’abord le texte de la plénière d’Edith Timans, qui nous a « enchantés » au sens fort du terme. Que dit-elle ? Ecouter, écouter l’enfant, l’enfant emmené par ses parents, l’enfant dans ces adultes que sont ses parents, l’enfant qui est en nous, thérapeutes. Cette position d’écoute et le respect des « bonnes raisons » de se taire, ouvrent vers la construction d’hypothèses, la mise en perspective du contexte, la reconnaissance d’une souffrance non résolue. De beaux exemples illustrent cette approche porteuse d’ouverture.
De sa place de philosophe et de son rôle dans la recherche en France, Isabelle Orgogozo nous livre ici une réflexion passionnante sur l’évolution des cadres de référence de la pensée et ses conséquences dans notre société, avec l’avènement du postmodernisme en mai 1968. Faisant le constat du délitement des liens sociaux et le remplacement d’une logique verticale par une logique transversale, elle propose « l’invention dialogique des récits métissés » – depuis les samouraïs berbères jusqu’aux ménagères compétentes – qui permettent l’émergence d’une compétence citoyenne et morale. La déconstruction, dit-elle, a aussi des avantages.
Regards croisés « côté Cour » « côté Psy » sur les séparations conjugales Maggy Siméon et Geneviève Herinckx remarquent tout ce que l’articulation entre le juridique et la thérapeutique peut avoir de maltraitant alors même que « les justiciables ne demandent plus le Droit mais sollicitent la Justice » et attendent réponse à l’ensemble de la situation… A l’aide d’exemples elles montrent le chemin vers une certaine bientraitance qui passe par l’explicitation des contextes et des logiques d’intervention du « psy », du médiateur et de l’avocat.
La prise en charge de la violence s’avère toujours difficile en raison du risque de prendre la partie pour le tout, c’est-à-dire de se limiter à un ou quelques-uns des différents niveaux qui sont intriqués, qu’ils soient physique, psychologique ou social. Dans leur texte Jacques Girard, Isabelle Rinaldi Baud, Hélène Rey Hanson et Marie-Christine Poujouly viennent ici donner des repères simples et efficaces pour permettre au lecteur de prendre en compte la réalité et rester ainsi dans une approche thérapeutique et éthique.
S’approcher du comment le thérapeute est thérapeutique, c’est cerner l’incernable, mettre des mots sur l’impalpable. Anne-Marie Garnier et Francesca Mosca se sont donné ce défi. Et le lecteur se laissera sûrement entraîner à leur suite, car elles le font avec finesse et humour. Louvoyant entre savoir-être et savoir-faire, elles construisent des ponts entre la compétence du thérapeute celle des familles… et celle des bébés.
Pour sa part Jean-Paul Gaillard, après avoir bien différencié recherche en psychothérapie et recherche sur les psychothérapies, nous livre quelques chiffres décoiffants qui donnent à penser sur la nécessaire humilité des thérapeutes, mais aussi la largeur du spectre de la marge de manœuvre qui reste à ces mêmes thérapeutes.
La compétence des professionnels est bien sûr en lien étroit avec la supervision de leur travail. C’est donc une réflexion sur la supervision centrée sur les solutions que Pascal Soubeyrand vient nous proposer. Partant de l’isomorphisme qui existe naturellement entre les systèmes familiaux, soignants et de supervision, il reprend les quatre axes qui sous-tendent sa pratique de supervision et en donnent des illustrations concrètes.
S’interrogeant sur les relations entre guidance parentale et psychothérapie, Vincent Laupies prend le temps d’interroger les notions de praxis (agir) et de poïesis (faire) issues de la philosophie grecque – Aristote – et sur les rapports entre « faire le parent » et « vivre comme parent », le second contenant le premier. Revenant ensuite sur la norme, il souligne combien il est nécessaire de ne pas limiter la guidance au « faire », par trop réducteur.
La prise en charge des patients alcooliques est tout autant marquée par l’urgence que par la chronicité. L’urgence est en fait un scénario où chaque protagoniste a un rôle parfaitement déterminé et prévisible. Vanghélis Anastassiou, pourtant, y voit là une occasion pour le métasystème d’intervention d’accéder à de l’imprévisible pour peu que l’urgentiste et la famille soient dans une disposition d’esprit favorable ! Sortir ainsi du cercle vicieux, et trouver de nouveaux possibles. Il en donne une illustration.
C’est un point de vue tout à fait original que nous propose Jean-François Croissant: celui des enfants de parent(s) alcoolique(s). Ils font partie du paysage, alors ils ne sont pas très visibles, remarque-t-il Il fait un tableau à la fois riche, subtil et extrêmement vivant de leurs nombreuses facettes, des règles qu’ils ont intériorisées, des rôles qu’ils peuvent endosser pour venir en aide à leur famille et donne des pistes pour les aider. Le tout avec d’intéressants exemples tirés de sa pratique de clinicien et de formateur.
Dans un but de prévention précoce de la délinquance des mineurs, et à partir de leur expérience de travail dans les « situations extrêmes », Catherine Guitton, Christel Fadeur-Benkébil et Anne Parachout ont imaginé de proposer aux jeunes et à leur famille un lieu de rencontre au commissariat de police de leur cité, et ce n’est pas dans une démarche paradoxale mais pragmatique. Elles expliquent ici l’organisation et le fonctionnement de cette expérience nouvelle.
De leur longue pratique en milieu scolaire, Chiara Curonici et Patricia Mc Culloch ont tiré une riche expérience dont elles nous font profiter. En articulant les bases théoriques de leur travail et leur réflexion sur la place des psychologues à l’école tant au niveau clinique qu’au niveau subversif du questionnement de l’école en tant qu’institution, elles dressent un tableau vivant de la vie scolaire des enfants de notre société… Et pour ma part, j’aime beaucoup les histoires de pantoufles…
Le vieillissement, en ce sens qu’il est synonyme de déclin physique et psychique, et même s’il est porteur d’autres possibilités, est une période critique pour les personnes handicapées. Margherita Merucci, qui les accompagne dans les différentes structures où elle travaille, est témoin de ce que cela représente de négociations entre le voulu, le nécessaire et le possible. Elle insiste sur le fait que c’est bien dans cette négociation que peut se construire un cadre qui leur garantisse une qualité de vie optimale.
Le second numéro des actes des journées s’achève avec le texte d’Eric Henrard, Laurence Kremeer et Fred Muller; ils ont pris le risque de présenter un ate-lier-théâtre puis celui de mettre des mots écrits sur ce qui est une rencontre entre des comédiens et des spect-acteurs au sens défini par Augusto Boal, créateur du théâtre de l’opprimé.
Bonne lecture à tous !
Brigitte Waternaux
 
Erratum
 
 
Une erreur s'est glissée dans le numéro de Thérapie Familiale, XXV, 3, en page 397 de l'article « Femmes et alcoolisme ». En effet, dans l'adresse de correspondance de l'auteur, il faut lire Claudia Carnino-Ilutovich (et non Carmino), son adresse e-mail rectifiée étant : claudia. carnino@ ge-ariane. ch
Nous présentons toutes nos excuses à l'auteur pour cette coquille.
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