2006
THÉRAPIE FAMILIALE
Le numéro
Le comité de rédaction
Tout d’abord l’éditorial. Il s’agit d’un texte, que nous avons lu récemment, présenté par Serge Kannas, il y a déjà plus de trois ans, lors de la journée du secteur
psychiatrique de Bondy (Seine-Saint-Denis). Il parle de la situation en France, mais
il est possible de penser qu’il y ait des similitudes ailleurs. La pertinence de l’analyse qu’il y fait des phénomènes de violence auxquels nous sommes de plus en plus
confrontés, nous a amenés à lui demander d’en publier une partie en éditorial. Nous
le remercions vivement de nous avoir donné son accord.
Les 10èmes Journées de Lyon se profilent, vous pouvez d’ores et déjà en noter les
dates (qui touchent le week-end de la Pentecôte, en 2007), lire l’argument et connaître la composition des comités scientifique et d’organisation.
Quant aux articles, le premier concerne des outils. A l’heure actuelle, le temps
n’est plus vraiment à la confection des outils, comme ce fut le cas dans le passé,
dans la jeunesse de la thérapie familiale, qui construisait ses assises.
Pourtant, ceux-là intéresseront sûrement le lecteur, car ils sont utiles dans le processus d’affiliation. Ce ne sont pas des objets flottants qui sont « aspécifiques » d’un
contexte, ce sont des objets-miroir. Jean-Paul Gaillard, au-delà de la métaphore et
de la séquence homomorphe (qu’il décrit) introduit les objets-miroir, outils analogiques construits autour du concept de réducteur de variété: courbe utilisée par les
soignants de personnes en fin de vie, schéma décrivant la boucle mère-enfant handicapé, ou tout simplement « les pompes rouges », (il en donne des illustrations).
L’hospitalisation d’un enfant placé en famille d’accueil nécessite-t-elle des ajustements lors des rencontres avec la famille ?
C’est la question que se posent Claire Van Daele et Muriel Meynckens.
S’appuyant sur la notion de traumatisme et d’abandon lors d’un placement en famille
d’accueil, et sur l’idée que la loyauté de l’enfant à ses parents biologiques risque
d’être une difficulté pour lui, les auteurs préconisent d’utiliser un setting fondé sur le
concept de double lien scindé thérapeutique : une rencontre en deux temps, le premier avec l’enfant et le second avec l’enfant et la famille d’accueil, ce qui présente
l’intérêt de permettre à l’enfant de se construire au sein de sa famille et aussi dans
son histoire personnelle globale. Elles donnent quelques exemples à l’appui.
Née dans l’immédiat après-guerre, la psychothérapie institutionnelle a acquis un
statut mythique, avec les noms prestigieux de Tosquelles, Bonnafé, Sivadon ou
Daumézon…
Philippe Kinoo s’essaie aujourd’hui à croiser psychothérapie institutionnelle et
systémique. Pour aussitôt prévenir que les niveaux sont de deux ordres différents, le
tout et la partie étant de niveau logique différent. La systémique doit donc renoncer
à un statut « méta ».
Il propose le paradigme multifonctionnel interactif, où, au-delà de la multidisciplinarité qui peut se faire dans le travail les uns à côté des autres, il est nécessaire
que chacun puisse se sentir investi d’un pouvoir de parole; pour autant cela
n’exclut pas la fonction d’Autorité, pour éviter l’absence de décision ou encore les
luttes de pouvoir…
La systémique trouve tout naturellement sa place dans le travail social, en raison
de sa capacité à rendre compte des phénomènes interagissant entre l’individu, son
groupe familial, et les intervenants du champ social. Michel Hanot vient présenter
ici une modélisation possible de l’intervention en travail social. C’est un processus
qu’il décrit en sept étapes. Il donne l’exemple de plusieurs entretiens et reprend les
principes théoriques qui ont présidé à ses interventions : la lecture positive du reproche,
l’aide à demander à l’usager, ou encore la redondance et le changement.
Enfin Margherita Merucci vient apporter un éclairage sur le vécu des pères
confrontés au handicap d’un enfant. Partant du rôle du père dans l’organisation
familiale dans les familles des sociétés industrialisées occidentales, elle décrit étape
par étape les difficultés auxquelles ils ont à faire face depuis l’annonce du handicap
jusqu’à la réorganisation de la famille, en passant par les différents stades de l’autonomisation - possible ou impossible - de l’enfant. Elle illustre ces étapes par des
exemples tirés de sa pratique. Le lecteur en retirera des idées utiles sur l’aide à
apporter aux pères de ces enfants si différents.
Une erreur s’est glissée dans le numéro de Thérapie familiale, 26,4, p. 339. En
effet, dans notre introduction nous y citions une lectrice : Aline Vecchiali-Roux, mais
nous l’avons appelée Anne, nous lui présentons toutes nos excuses pour cette coquille.
Son adresse électronique est : vecchialine@ club-internet. fr