2006
THÉRAPIE FAMILIALE
Les articles
B. W.
Poursuivant sa réflexion sur les interventions dans les cas de maltraitances
[1] à partir du travail de l’équipe de SOS enfants à Bruxelles, et s’appuyant sur les apports
des praticiens du champ de la maltraitance et les concepts de la thérapie contextuelle,
Emmanuel de Becker propose ici une modélisation de la prise en charge des
familles où un enfant a été maltraité. Il réaffirme la nécessité de préserver le secret
entre les différents professionnels intervenants, et précise les différentes étapes de
l’évaluation. L’intervention, toujours faite à de multiples niveaux, doit permettre un
échange entre les co-intervenants, pour une meilleure régulation des affects des
intervenants, confrontés parfois à l’insoutenable.
Dans la conscience populaire, la maternité reste un lieu où l’on accueille les
femmes qui viennent mettre au monde la chose la plus belle au monde, et en sortent
heureuses avec une chose merveilleuse : un enfant. Exerçant dans une maternité de
Genève, Thomas Will et Francesco Bianchi-Demicheli ont pu constater que cette
image idyllique est loin d’être la réalité et que l’arrivée d’un enfant n’est pas
qu’une source de plaisir et de joie.
Utilisant la technique de diffraction du langage, ils aident les mères à reformuler
leur narration de la maternité, leur permettant de découvrir de nouvelles narrations
plus fonctionnelles, ainsi que le montrent leurs deux vignettes cliniques.
Fondateur d’un service d’aide aux victimes de sectes en Belgique,
Jean-Claude Maes, que les lecteurs connaissent déjà, revient sur l’article concernant le
phénomène sectaire paru l’an dernier
[2], il en fait une analyse critique et développe
l’état de sa réflexion sur le sujet. Dans un texte dense, car très précis, il revient sur
des notions fondamentales telles que la définition du terme secte, des concepts de
pré-adeptes, ou encore le jeu des appartenances… Il aborde enfin ses propres
hypothèses systémiques concernant le phénomène sectaire,
hypothèses susceptibles d’expliquer l’important développement du phénomène sectaire depuis une
trentaine d’années.
C’est le journal de bord d’une apprentie systémicienne que nous invite à suivre
Anne Latteur. Depuis les débuts, où le thérapeute peine à se reconnaître lui-même
comme thérapeute, jusqu’à l’expérience de la nécessité de trouver sa place dans une
équipe, elle choisit comme fil rouge la question de la co-intervention : Comment
travailler avec mes collègues ? Elle interroge les institutions où elle travaille, le rôle
et la place d’un soignant en formation. Elle interroge aussi les parents des enfants
suivis, à l’aide d’un questionnaire. Toutes ces interrogations et ces réponses permettront aux lecteurs de se pencher à leur tour sur ce que produisent les dispositifs
institutionnels qui se mettent en place au fil du temps.
Dans la lignée du constructivisme et de l’attention qu’il porte au processus,
Fabienne Kuenzli-Monnard s’est intéressée à la façon dont le psychothérapeute
met sa pensée en mots, ce qu’elle nomme réflexion-en-action. Soulignant combien
la recherche (même qualitative) est difficile dans le domaine de la psychothérapie,
elle propose néanmoins une étude de la pensée pratique et de ses différences entre
celle d’un novice et celle d’un expert. Et la différence qu’elle trouve entre les deux
est, au-delà de la plus grande distance d’avec les théories qui sous-tendent sa pratique, la capacité plus grande de la réflexivité chez le psychothérapeute expert.
Pour sa part Nicole Lernout nous propose des illustrations de l’utilisation du
cycle de l’ambiance (en tant que manière d’être au monde qui nous environne et
avec qui nous rentrons en contact). Le schéma de l’alternance entre fusion/proximité et rupture/autonomie permet à ses patients en individuel ou en couple de réfléchir sur la cause du blocage qu’ils ressentent dans une situation ou dans une autre.
Ainsi Mademoiselle Chantal qui ne savait si elle devait se marier ou non….
[1]
De Becker E., Hayez J.-Y., Cabillau E. (2000): Modèles d’interventions sociothérapeutiques dans les
situations d’abus sexuels sur mineurs d’âge,
Thérapie familiale, 21,3, pp. 305-321.
[2]
De Kernier, N. (2005): L’expérience sectaire, rupture ou réparation,
Thérapie Familiale, 26,2, pp. 155-174.