Thérapie Familiale
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
96 pages

p. 337 à 338
doi: en cours

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Volume 27 2006/4

2006 THÉRAPIE FAMILIALE

Le numéro

Brigitte Waternaux
Ce dernier numéro de l’année 2006 s’ouvre sur le programme des prochaines Journées de Lyon. Autonomie et dépendances vont être les fils conducteurs de l’année 2007 à venir…
Hasard ou préoccupations dans l’air du temps, ce numéro regroupe deux thèmes ayant à voir avec les modalités de la rencontre entre le systémicien et son « client »: les objets flottants et le recadrage.
D’abord un article de Florence Calicis, dont les lecteurs ont pu apprécier le texte sur les situations de deuil dans la famille. Aujourd’hui elle vient appeler les objets flottants dans l’approche des pans les plus douloureux de l’histoire des familles.
Elle reprend avec finesse l’histoire des objets flottants et de leurs avatars. Et exemple à l’appui, elle nous montre comment elle trace un chemin singulier avec une famille. Les temps forts de la thérapie sont en l’occurrence des temps de ralentissement du processus plutôt que d’accélération d’un changement impensable.
Elle souligne les vertus des objets flottants dans les situations de douleurs trop vives pour être abordées frontalement (notons au passage qu’elle vient plaider pour les vertus de la résistance tant honnie par les thérapeutes), moins menaçants, ils autorisent les zones d’ombre. Leur dimension ludique rassure. Pour autant il ne faut les utiliser que lorsque la famille se sent suffisamment en confiance.
Dans la continuité de son travail avec les familles monoparentales, qu’il a exposé dans le précédent numéro, Jean-Pierre Le Goff pour sa part utilise la construction d’un « Totem ». Libre adaptation des poteaux sculptés par les Amérindiens de la côte nord-ouest de l’Amérique du nord – qui représentent les ancêtres sous des formes animales auxquelles sont attribuées des qualités, c’est la représentation graphique de trois ou quatre générations de sa famille, par l’enfant ou les enfants de la famille.
Après une mise en perspective des totems dans l’imaginaire mondial et après l’histoire de Manu qui induisit la production de ce premier totem, Jean-Pierre Le Goff fait une analyse critique de cette modalité de rencontre créative en thérapie familiale. Et comme il s’interroge sur la possibilité de considérer un totem comme un objet flottant, nous avons posé la question à Philippe Caillé qui a bien voulu nous répondre, le lecteur trouvera sa réponse après l’article.
Thérapeute recevant des familles ou clinicien du travail et intervenant en organisation, Daniel Faulx est amené à traiter des conflits dans les systèmes. Sa démarche est particulièrement intéressante en ce sens qu’au lieu d’étudier le conflit il se penche sur les moyens de le traiter (sur la solution…). Le recadrage, ainsi qu’il est utilisé par Michel Monroy, est le support de cette solution : il s’élabore progressivement au fil des rencontres plutôt que ponctuer la fin d’une séance.
Divers sont les modes d’entrée du recadrage : la relation figée dans le temps peut avoir connu des jours meilleurs; les protagonistes peuvent être les « ambassadeurs » de leurs systèmes d’appartenance; ou de leurs légitimités; comprendre les vulnérabilités de « l’ennemi » le réhumanise; questionner la fonction du conflit ou prendre la mesure des coûts investis permet de s’en distancier…
A l’aide d’exemples qui laissent entrevoir la complexité des relations, l’auteur fait un tableau fort intéressant de la richesse des motifs de conflits…
Recadrage et humour, c’est un peu drôle, non ? Oui et non ! Humour ne veut pas dire manque de sérieux, de la même façon que le ludique de l’objet flottant ne veut pas dire manque de sérieux. Christophe Panichelli n’hésite pas à dire recadrôle
C’est un article fort bien documenté qu’il nous donne à lire. Il tisse pas à pas les définitions et les caractéristiques de l’humour et du recadrage : c’est une façon nouvelle de présenter la réalité, ou de modifier le point de vue selon lequel une situation est vécue…
Il expose les liens qui les unissent : la position d’observation, l’étonnement, la réinterprétation, pour finalement faire l’éloge du « rire ensemble » vecteur de joining et ingrédient de la relation thérapeutique.
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