2007
THÉRAPIE FAMILIALE
Hommage à Étienne Dessoy
(30 avril 1941 - 9 juin 2007)
Muriel Meynckens-Fourez
[1]
Marie-Cécile Henriquet
[2]
Après une longue maladie, Etienne Dessoy est décédé ce 9 juin 2007, chez lui,
entouré des siens. Ceux qui l’ont connu de près peuvent témoigner de son humanité,
de sa chaleur, de son infinie tendresse et de sa grande générosité derrière l’humour,
les petites phrases caustiques… et beaucoup d’humilité !
Son parcours est quelque peu inédit. Renonçant à une carrière d’organiste, il fut
d’abord instituteur. Rapidement, les enfants en difficulté l’interrogent et, pour mieux
les guider, il étudie la psychologie et s’intéresse bientôt à la systémique pour finir par
l’enseigner à l’université. Dès les années soixante-dix, il introduit la thérapie familiale
dans la prise en charge institutionnelle à « La ferme du soleil » (Soumagne-Belgique),
accueillant des enfants psychotiques et autistes. Dans ce centre, avec ses collègues, il
contribue à la traduction française de nombreux textes systémiques, à titre privé et à
usage interne. Ces outils ont permis la transmission d’un savoir. Par la suite, dans sa
recherche, aux dimensions mythiques et rituelles, il a ajouté celle de l’ambiance.
Beaucoup d’étudiants belges l’ont connu comme professeur à l’université catholique de Louvain et à l’université de Liège, où il venait d’être émérite. Beaucoup de
professionnels en formation l’ont apprécié au CEFORES (Centre de formation à la
thérapie familiale et à l’approche systémique au centre Chapelle-aux-Champs-UCL à
Bruxelles) et à l’IFISAM (Institut de Formation à l’Intervention en Santé Mentale à
Bruxelles). Ses compagnons de recherche, cités comme coauteurs des nombreux articles qu’il avait à cÅ“ur de publier dans la revue Thérapie familiale lui sont également
reconnaissants. Le premier article date de 1980, les trois derniers de 2005. Bon nombre d’écrits témoignent du traitement en institution qu’il voyait comme « un rite de
passage » à accomplir avec la famille et les professionnels. Ses apports plus récents
concernent le récit de vie. Dans son dernier article paru fin 2005, il portait un regard
systémique sur notre monde « Terrorisme et démocratie : la mondialisation d’un processus pathogène. Quand le monde se comporte comme une famille malade… »
Tout au long de sa maladie, il a amplifié sagesse et volonté de transmettre pour
ainsi synthétiser sa recherche, sa clinique, rappelant tout simplement comment
« penser » pour mieux « panser », théoriser pour mieux soigner…, comment être un
humain engagé auprès d’autres humains en souffrance, enfants, adultes, en mal de
liens, en mal de vie…
Cet enseignement restera et, en particulier, la pratique du récit de vie. Rappelons
ses paroles aux collègues formateurs : « Je suis fier que vous continuiez tout cela :
vous ferez à votre mode et je vous fais confiance. »
Puissent sa chaleur et sa sagesse réconforter son épouse Marilène, ses enfants
Stéphane et Sophie et ses proches…
Au professeur, au collègue, à l’ami,
Merci.
[1]
Responsable du CEFORES.
[2]
Formatrice au CEFORES.