2007
THÉRAPIE FAMILIALE
Le numéro
Vous serez peut-être surpris que ce numéro ne soit pas consacré aux actes des
10èmes Journées, comme cela avait été le cas en 2004.
De fait, malgré nos efforts conjugués, auteurs-orateurs et comités de la revue, il
ne nous a pas été possible d’être dans les délais de la publication. Nous en sommes
désolés, les actes seront publiés dans les numéros 4-2007 et 1-2008. Nous espérons
que l’attente vous en fera apprécier encore plus la lecture...
D’abord Muriel Meynckens et Marie-Cécile Henriquet ont tenu à rendre
hommage à Etienne Dessoy décédé récemment, et le comité de rédaction tient à
s’associer à leur tristesse et celle de leurs proches.
Et c’est le dernier article dont Etienne Dessoy est coauteur avec Nicole Lernout,
Louis-Marie Wibrin, Martine Decroyer, Anouk Rogier, Françoise Lechien,
Anne-Marie Malburny et Mathilde Fernandez, que le lecteur trouvera en premier.
Il se réjouissait de voir que le concept de rite de passage qui lui était cher, trouvait
écho parmi ses collaborateurs.
Il s’agit là d’une étude sur l’utilisation du sculpting familio-institutionnel – dans
des structures qui accueillent des enfants – en tant qu’outil de repérage de l’isomorphisme qui existe entre les mouvements familiaux et institutionnels qui s’opèrent
autour de l’enfant en difficulté.
A travers l’histoire de Johan, le petit garçon qui ne voulait pas s’installer, et celle
de Michel et sa fratrie qui refusaient la présence de la déléguée du service de protection de la jeunesse, les auteurs montrent comment le sculpting peut mobiliser une
équipe, en modifiant son regard sur la situation difficile de ces jeunes qui ont besoin
de rite de passage, que la famille ne peut transitoirement pas leur donner.
Le temps a passé depuis la Deuxième Guerre mondiale; mais l’onde de choc continue d’atteindre les familles victimes de la Shoah. Du fait de l’augmentation de la longévité humaine, il est possible de voir maintenant quatre générations successives, qui
font face à leur passé. Dans la lignée de l’approche de Siegi Hirsch, Pierre Fossion
et Mari-Carmen Rejas se sont penchés sur les mécanismes de transmission transgénérationnelle (et intergénérationnelle) qu’ils définissent.
Ils proposent des pistes de réflexion pour la prise en charge des familles des survivants et en particulier de la troisième génération qui se trouve confrontée à l’absence
d’héritage diachronique, car le silence fut le mode de cicatrisation de la première
génération. A l’aide de deux exemples, ils montrent l’importance du rapprochement
entre grands-parents et petits-enfants.
Camille Labaki a ceci de particulier que le lecteur identifie très vite son style
très particulier qui allie poésie, allusion et raccourcis hardis. Aujourd’hui c’est dans
une variation sur le blason qu’elle l’entraîne.
Blason du bouclier du guerrier, blason symbole d’une famille, blason d’une ville.
Ou blason objet flottant en thérapie… Elle décline les nombreuses utilisations qu’elle
en fait : thérapie individuelle, de famille, formation ou supervision.
Et chose rare, elle nous donne à voir ces blasons assemblés lors de ses pérégri-nations.
C’est d’Etienne Dessoy pour le concept de rite de passage, et de Muriel Meynckens
pour les « ressources de la fratrie » que se disent inspirés Vincent Roosens et Francis
Ritz dans leur pratique psycho-éducative auprès d’adolescents, en institution d’éducation spécialisée en Suisse.
L’adolescent, à l’entrée dans la vie adulte, se trouve confronté à ses propres contradictions de souhait d’autonomie et de besoin d’appartenance. Tout se passe comme
si la famille et les intervenants demandaient à l’institution leur aide pour réaliser
un rite de passage qui aiderait le jeune à grandir. Et les auteurs montrent que, dans
cette étape fondamentale, la fratrie peut être une ressource… Deux études de cas
détaillées permettent de suivre pas à pas leur démarche.
Enfin d’Yvan Boszormenyi-Nagy avec le concept de loyauté aux parents biologiques, ou de Robert Neuburger pour les liens d’appartenance à la famille adoptive,
Claudio Carneiro se reconnaît dans son approche de l’adoption. Cette dualité,
explique-t-il, répond aux besoins des familles qu’il a rencontrées. Et de la possibilité que le thérapeute doit avoir d’augmenter le choix des possibles.
Ainsi Line la petite Sri Lankaise avait besoin d’entendre que sa mère biologique
serait sûrement heureuse de savoir qu’elle avait trouvé une chouette famille d’adoption. Et Pierre avait besoin de savoir qu’il était entré dans la famille par adoption –
soulignons l’intérêt de cette formulation qui recadre parfaitement la légitimité de la
place de l’enfant dans la famille, qu’il soit entré par naissance ou par adoption.