Thérapie Familiale
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
192 pages

p. 207 à 208
doi: en cours

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Volume 29 2008/2

2008 THÉRAPIE FAMILIALE

Le numéro

Le comité de rédaction
Tout d’abord le comité de rédaction souhaite venir saluer Jacqueline Monnier, notre éditrice, qui prend sa retraite, après nous avoir accompagnés et soutenus depuis que, « jeune comité », nous avons pris la suite de Daniel Masson, Maggy Siméon, Guy Ausloos, Jean-Claude Benoit et Yves Colas. La saluer et la remercier pour sa compétence, son dynamisme et le lien qui s’est transformé entre nous en une solide amitié.
Ensemble nous avons repris la parution de la Revue, puis les Journées de Lyon 2004, puis 2007, la journée de « Recherche et Evaluation » en 2008 que Robert Pauzé introduit, avec sa pertinence habituelle, dans l’éditorial.
Alors nous venons tous te souhaiter une excellente retraite, puisqu’une page se tourne, pour toi comme pour nous, nous te disons que l’amitié reste intacte et nous espérons bien que tu viendras nous rendre visite à Lyon en 2010. A bientôt Jacqueline.
Et bonjour à Marina Casselyn puisque c’est elle qui fera le lien avec les Editions Médecine et Hygiène.
Le numéro s’ouvre avec l’hommage de Fabienne Kuenzli à Michael White, disparu récemment.
Vous trouverez en premier les textes de Mark Mertens et de Florence Calicis qui ont présenté ensemble un atelier à Lyon.
Mark Mertens introduit les groupes psychothérapiques systémiques avec des personnes condamnées pour abus sexuel; il en décrit les prémisses et le fonctionnement. Puis à l’aide de la théorie de Dawkins, il montre, exemples à l’appui, comment il conduit ces groupes : il a pris le parti de reprendre systématiquement toutes les phrases qui contiennent manifestement un abus de pouvoir dans la relation à l’autre. L’idée qui sous-tend cela est qu’il faut remettre en question la communication distordue pour pouvoir en changer le pattern.
Florence Calicis, ensuite, nous permet « d’entrer » un peu dans ces groupes grâce à une belle description des observations qui ont été faites au fil des rencontres. C’est ainsi qu’elle fait des hypothèses sur les trois générations nécessaires pour qu’un abus sexuel soit commis (imbroglio et instigation en sont les maîtres-mots) et partant de là elle expose comment la psychothérapie ne réside pas tant dans le fait de comprendre que dans celui de changer et comment les groupes sont le support pour permettre aux participants de modifier les relations qu’ils entretiennent avec leur entourage.
Il arrive parfois, dans nos institutions, que nous soyons surpris par le passage à l’acte d’un de nos patients, comme une sortie contre avis médical, et que nous comprenions qu’il y a eu dans l’équipe des attitudes excessives. Nous avons alors tendance à mettre cela sur le compte de la pathologie de ce patient. Stephan Hendrick en donne une explication différente et intéressante : il pense qu’il s’agit là de la pathologie du lien entre le patient et l’institution, l’attitude excessive du soignant ne faisant que traduire le phénomène d’hypercorrection de la symptomatologie qui a motivé l’hospitalisation…
C’est une lecture fort éclairante du lien thérapeutique entre patient et soignants, et qui débouche sur des propositions de prise en charge…
Ce n’est pas à proprement parler un modèle que nous propose Nathalie Duriez, c’est plutôt un métamodèle qui permet d’avoir des repères dans le dédale des thérapies familiales. Ce métamodèle a été élaboré par William Pinsof qui poursuivait des recherches sur l’alliance thérapeutique et le processus de changement. Il est fort utile pour tout un chacun, même si elle a la sagesse de préciser qu’en aucun cas il n’est possible de devenir un expert dans toutes les approches systémiques, c’est seulement (mais c’est déjà beaucoup) un repère dans la progression d’une prise en charge qui permet d’aller vers une complexité croissante des interventions thérapeutiques.
Enfin, s’il est généralement reconnu que la systémique est performante dans la prise en charge des patients alcooliques, peu d’écrits viennent en faire trace. Vanghélis Anastassiou vient ici parler de son expérience de quinze années passées dans une institution qui s’occupe de ces patients. Dans son article très détaillé et illustré de nombreux exemples parlants, il expose les principes de ces prises en charges, depuis la demande de soin et tous les pièges liés au déni de l’alcoolisme, jusqu’au processus et aux techniques thérapeutiques. Il en dégage quatre axes : la réorganisation familiale, la réintroduction de la temporalité, la déconstruction des schèmes relationnels de répétitions et leur modification.
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