2001
TOPIQUE
Introduction
La psychanalyse est une anthropologie
Jean-Paul Valabrega
Le titre de ce numéro de
Topique reprend intentionnellement celui choisi par
G. Róheim, pour un grand ouvrage dédié, lui, « à la mémoire de S. Freud »
[1]. Une
occasion de rendre à notre tour hommage à l’un des grands pionniers en ce
domaine aussi vaste que l’humanité et qui, par là, reconnaissait l’ouverture du
champ anthropo-analytique, dès l’origine, par l’inventeur de la psychanalyse.
Car si, d’une part, G. Róheim, fut l’un des premiers à avoir saisi et appliqué
les relations tant intrinsèques qu’exogènes entre le psychisme individuel inconscient et le socius – masses, foules, peuples, collectivités, civilisations, religions
– il est non moins certain, d’autre part, que dès le début puis tout au long de son
œuvre, et même déjà dans ses intuitions premières, esquisses, prolégomènes –
comme en témoigne sa correspondance avec W. Fliess – c’est Freud qui a conçu
puis approfondi et théorisé ces relations immanentes et transcendantes, toutes
issues de l’Inconscient, où se rencontrent et se rejoignent les découvertes psychanalytiques et les données ethnologiques, anthropologiques, historiques, proto et
préhistoriques; notamment les mythologies, rituels, lois et réglementations de
la vie sociale des peuples et cultures. Il suffit pour s’en convaincre de rappeler :
Totem et tabou (1912-13),
Psychologie des masses et analyse du Moi (1921),
Considérations sur la guerre et la mort (1915),
Malaise dans la civilisation (1929-30),
Moïse et la monothéisme (1934-39), puis nombre d’articles réunis sous le
titre d’
Essais de psychanalyse appliquée
[2] (1906,1910,1913,1914,1916,1917,
1919,1923); et cette liste n’est pas complète. Ce pourquoi nous avons pu dire
que, dès ses origines,
la psychanalyse est une anthropologie
[3]. Dans cette perspective, toute une série d’oppositions dualistes et dichotomiques : l’âme et le
corps, l’esprit et la matière, psyché et soma, humanité et animalité, l’homme et
le monde, individualité et altérité, ontogenèse, phylogenèse et cosmogenèse, ne
peuvent plus être maintenues, en dépit de résistances a priori, par conviction
inébranlable, négation ou scotome des zones limitrophes, frontalières, et des
passages continus entre elles.
Ainsi, dans le présent numéro, poursuivant ses travaux antérieurs sur Darwin
et l’évolutionnisme, J. Duvernay Bolens étudie l’œuvre de Haeckel, nommément
la théorie de la récapitulation. Elle montre avec précision que ces recherches anticipatrices – quoiqu’ensuite abandonnées, sauf par Freud – visaient à inclure
l’embryologie dans l’évolution et le développement de l’individu et de l’espèce,
de l’animal à l’homme, constituant par là, épistémologiquement, une onto-phylo-embryogenèse.
Si la thèse d’une récapitulation générale et complète inter-espèces ne peut être
universellement vérifiée et admise (Darwin, Haeckel), en revanche certains de
ses éléments – embryologiques précisément – sont peu contestables : des traces
ou empreintes, organiques et mnésiques, survivances, vestiges, résurgences,
caractères récessifs, deviennent composants de la transmission héréditaire.
A l’appui de quoi il faut ajouter, aujourd’hui, deux données de la biologie et
de la génétique moléculaire contemporaines. a/ Les mutations que l’on met en
évidence tout au long de l’échelle des vivants, depuis les unicellulaires, les microorganismes, bactéries, virus, jusqu’aux espèces végétale, animale et humaine.
Ces mutations adaptatives se transmettent aux souches et générations suivantes.
Transmission héréditaire, donc, de caractères acquis (cf. Lamarck). b/ La découverte de l’A.D.N., enfin, établit un substrat chimique commun à tous les vivants,
toutes les espèces animales et végétales (cf. les empreintes génétiques et l’A.D.N.
fossile). Ces deux facteurs combinés, l’un d’universalité, l’autre d’évolution –
permanence et métamorphose – viennent ainsi confirmer la justesse et la nécessité de l’onto-phylogenèse.
Dans cette même voie, M. Porte relève les concordances entre la paléoanthropologie et la psychanalyse. Un raccourci nous rappelle les grandes étapes de
l’évolution allant de l’ancêtre commun aux orangs-outans, gorilles et chimpanzés
jusqu’à l’Homo sapiens sapiens, en passant par l’australopithèque, Homo habilis,
Homo erectus et Homo sapiens neandertalensis. Des étapes évaluées et datées
avec des approximations de plusieurs millions d’années… Ce qui, soit dit en
passant, est quantité négligée mais nullement négligeable.
Mais l’originalité de cet article est surtout, reprenant une hypothèse spéculative de Freud, de déceler une convergence causale entre période glaciaire – un
traumatisme climatique externe – et l’immaturation, prématuration, néoténie,
ainsi que la période de latence propres à l’espèce
Homo
[4] : caractéristiques qui
pourraient, dès lors, être considérées comme des précurseurs lointains de la constitution du narcissisme et du Sur-Moi – Idéal du Moi.
A la suite des pionniers que furent G. Róheim, Th. Reik, O. Rank – pour ne
citer que trois grands classiques – plusieurs collaborateurs de ce sommaire reviennent aux constantes de base : les matériaux et informations ethnologiques. Ainsi,
M. Cadoret rend compte des travaux de Reik sur le Rituel. Au travers d’une documentation vaste et précise, et reprenant en particulier l’étude de la couvade et des
rites d’initiation, l’auteur met en lumière ces pratiques – parmi d’autres – comme
exemples et témoins des origines de la religion. Selon le sous-titre même de Reik :
Psychanalyse des rites religieux.
Une remarque sur ce point serait à ajouter. A notre avis la couvade doit être
interprétée comme une identification double de l’homme devenant père :
identification d’une part à la femme devenant mère, et d’autre part, plus régressivement, à l’enfant à naître et l’enfant-né.
Autre source non moins indispensable : celle des rituels funéraires. La couvade
est un rite de naissance, les funérailles un rite de mort
[5]. C’est justement à l’un de
ces rites, celui de l’exhumation des cadavres qu’est consacré l’article de
P. Pacaud, issu de ses recherches sur Madagascar. Ayant recours aussi à une
analyse sémantique, l’auteur interprète
Famadihana comme un rituel de retournement des morts. Il en examine toutes les occurrences, soulignant les contradictions rencontrées chez les historiens, sociologues et ethnologues, et aboutit
à une conception anthropo-analytique des rituels de deuil qui, selon les vues freudiennes (
Totem et tabou), restitue l’ambivalence des sentiments – amour-haine
– au fondement des relations du vivant avec le mort. De même que les règles de
l’alliance, les rituels funéraires ont pour finalité (c’est le mot…) le maintien de
la cohésion sociale chez les vivants.
Rien de surprenant, donc, si B. Juillerat rencontre lui aussi l’ambivalence dans
son étude sur l’atome de parenté. Car comme le montre l’auteur, cet atome –
notion due à C. Lévi-Strauss – désigné comme origine et principe de l’échange
et de l’alliance, fait totalement impasse sur la relation mère-enfant (ce que Lévi-Strauss reconnaît), en conférant au frère de la mère (oncle maternel) la fonction
organisatrice primordiale : là serait l’atome de parenté.
B. Juillerat met en perspective cet atome « avunculaire » et l’atome œdipien,
marquant que de ces deux théories, aucune n’est vraie ou fausse en excluant
l’autre, mais qu’elles s’appliquent à des niveaux différents, voire opposés dans
une ambivalence fondamentale : celui de l’échange d’une part, celui des relations
libidinales conflictuelles intra et interfamiliales de l’autre. Il s’appuie pour cela
sur l’analyse des mythes, issus en particulier de Nouvelle-Guinée, corpus de l’auteur, mais on les retrouve aussi en bien d’autres terrains et peuples
[6]. C’est pour
conclure que l’atome œdipien de triangulation est une figure universelle – débat
ouvert déjà du temps de Freud
[7] – et qu’une articulation est nécessaire entre l’atome
d’échange et celui de la filiation. Il ne faut omettre ni l’échange : des femmes et
des biens, agent de la cohésion sociale, ni la libido sexuelle, facteur de la perpétuation de l’espèce.
Aux théories de l’échange – complexe et universel – on ajouterait que, pour
une part préconsciente-inconsciente, il entraîne l’assimilation de la femme à une
marchandise ou à un bien de consommation, comme une tête de bétail ou un boisseau de grain
[8].
D’autres voies non moins constantes, mais pouvant encore dégager des perspectives novatrices, sont explorées par nos auteurs. C. Flavigny étudie la catégorie du virtuel, qui prend de nos jours une place envahissante dans la vie quotidienne individuelle et collective via la projection sur écrans de la télévision et
de l’ordinateur, les jeux virtuels auxquels s’adonnent enfants et adultes, invasion
pouvant aller – comme le montre l’expérience clinique – jusqu’à induire, faciliter ou renforcer des dangers nouveaux et inconnus sous l’angle de la psycho-pathologie : une déclivité vers les psychoses schizoïdes notamment.
Cette notion de « virtuel » étant d’ailleurs des plus ambiguës. Déjà au niveau
perceptif, puisque l’image réelle et l’image virtuelle sont également et indifféremment perçues. Un exemple princeps : l’image dans le miroir est, optiquement,
virtuelle. Cela ouvre donc, à nouveau, le grand débat « primaire » sur la représentation – de chose et de mot nommément chez Freud – et rencontre les problèmes toujours posés, eux aussi, de la réalité et du phantasme, de l’objet et de
l’hallucination, de l’illusion, de la fiction, du fait historique et du mythe.
C. Flavigny ne prétend pas trancher ces questions fondamentales. Mais il a
le mérite d’en indiquer certaines voies nouvelles, c’est-à-dire de les réouvrir à
la théorisation contemporaine.
Scrutant d’autres horizons encore, mais toujours acheminant à des « mythologiques » – selon le terme choisi par C. Lévi-Strauss – B. Defrenet expose une
élaboration originale où, à partir du mythe moderne du Père Noël, il retrouve…
Dionysos dans le motif thématique de la naissance, du nouveau-né et de l’ambivalence foncière de la paternité. Dionysos : deux fois né. De sa mère (Sémélé,
Perséphone ou Rhéa), puis d’une seconde gestation dans la cuisse de son père :
Zeus. Or ce motif de la naissance double est une variante réitérée de celle de Zeus-père lui-même, caché à sa naissance pour le protéger de l’avalement paternel.
B. Defrenet est donc fondé à discerner dans ces occurrences recoupées la figuration d’une composante orale archaïque de la paternité. On ajouterait que sur
ce mode de l’incorporation orale il s’agit aussi de s’approprier l’enfant, c’est-à-dire d’enlever le privilège de cette possession à la femme-mère. Un autre exemple,
on l’a dit, en est la couvade, soit rituelle, soit faisant retour dans le symptôme.
Ce n’est pas l’atome, mais le renversement de la parenté qu’étudie C. de la
Genardière, à partir précisément d’une critique des formules structuralistes dont
Lévi-Strauss a donné le modèle.
L’auteur met d’emblée l’accent sur l’implicite, c’est-à-dire le contenu latent,
éludé, refoulé ou postulé a priori, inhérent selon toute probabilité à quelque schématisation ou systématisation dont il soit question. Peut-on cependant s’en passer
complètement ? Ce serait, du même coup, renoncer à toute théorie ou théorisation.
C’est là un problème d’épistémologie générale, et non seulement analytique, problème – on le rappelle – qui a été à l’origine des premiers axiomaticiens du Cercle
de Vienne (!), contemporain de Freud, et dont les recherches se réfèrent – pour citer
quelques noms – à Russell, Wittgenstein, puis Carnap, Frank, Hahn, Gödel, Schlick.
La preuve de cette marge irréductible de l’axiomatique en est que C. de la
Genardière, ainsi que C. Lévi-Strauss d’ailleurs, admet au fondement de la
parenté deux axes : le vertical et l’horizontal, ce qui relève d’un schème géométrique dualiste et cartésien (abscisse, ordonnée), car entre les deux, il y a les
obliques et les courbes, et que la ligne droite elle-même, ainsi que les parallèles
sont définies – c’est le mot – comme infinies… c’est-à-dire sans point de commencement ni de fin, alors que les deux axes orthogonaux sont nécessaires, précisément, à la détermination du point.
On saisit la grande complexité sous-jacente, implicite de ces problèmes
logico-mathématico-épistémiques, surtout si l’on y intègre les facteurs temps,
vitesse, trajectoire, absents de la géométrie euclidienne, et ayant abouti à la relation d’incertitude ou principe d’indétermination de W. Heisenberg (1932).
Or ces facteurs aléatoires : temps, durée, provenance, appartenance, hasard,
devenir, destins, font partie intégrante de la généalogie, de l’alliance, de la filiation, et, qui plus est, justement, par renversement : dans la rétrospection, le retournement de l’avant et de l’après, de l’ante et du post.
Avec cette évidence cachée et sidérante, initiatique et universelle à la fois, qui
caractérise le mythe, toutes mythologies, l’arbre généalogique est la figuration
majeure de l’ascendance-descendance, de par son symbolisme polyvalent : végétal, animal, humain, onto et phylogénétique, tellurien et céleste. La généalogie
« arborescente », avec ses racines et son faîte, n’échappe pas à C. de la Genardière.
Mais elle centre son étude sur la fantasmatique « moderne » de l’ascenseur, apportant des données cliniques et anthropologiques utiles à verser dans les archives
inépuisables de nos origines : antiques et contemporaines, réelles et imaginaires.
Étudiant Eros et Psyché, à partir d’Apulée, dans la tradition orale, A. Angélopoulos ne pouvait manquer de rencontrer la parenté étroite (c’est le mot qui convient)
qui unit soit par des liens manifestes – identité des noms – ou subtils – allusions,
variantes, transpositions – les contes, histoires colportées, légendes avec les mythes,
à commencer (!) par les plus archaïques, inassignables dans le temps, l’espace et le
créateur lui-même. Intemporel et anonyme, le mythe est sans nom : c’est un
On
[9].
Les contes seraient-ils des versions, traductions, transmissions orales et populaires des mythes, à l’image des deux écritures hiéroglyphiques égyptiennes :
hiératique et démotique ? Il est séduisant de faire cette hypothèse qui serait peut-être une nouvelle pierre de Rosette…
Ainsi, à travers des contes rapportés ou mentionnés dans son article, il
n’échappe pas à A. Angélopoulos que le mythe d’Eros et Psyché y est recelé à
l’arrière-plan, caché, latent, crypté, quand bien même ces noms propres n’y figurent pas, ou seulement de façon exceptionnelle, comme chez Apulée précisément.
S’agit-il alors de contes ou de mythes ? La distinction n’est pas catégoriquement possible, car les deux, toutes versions confondues, sont intrinsèquement
et inextricablement mêlés.
Dieu de l’Amour, Eros est une divinité primordiale. Mais ses origines, au
travers des théogonies et cosmogonies depuis les plus anciennes, témoignent de
ses avatars innombrables. Il entrera directement dans la poésie, les légendes et
les contes. Psyché, l’âme, est une mortelle. Et c’est son aventure et son alliance
avec Eros – autorisée par Zeus – qui passera dans la légende, après maints périples
et errances, jusqu’aux Enfers d’où Eros la délivrera. L’auteur remarque enfin que
les thèmes de l’animalité et de la mort sont présents et constants dans les contes
oraux et dans les mythes, mais parfois éliminés dans les textes littéraires. Et puis,
comment oublier qu’Eros – et Thanatos – sont à l’origine de la théorie psychanalytique des pulsions, « notre mythologie », Freud dixit
[10].
Poursuivant ses recherches sur la tradition et la transmission orale, recueillies
par le matériau des contes, N. Belmont nous livre une approche originale et que
l’on peut qualifier d’« apophatique », c’est-à-dire prenant en considération le
négatif : les lacunes, omissions, élisions, écarts, lapsus, qui deviennent saisissables
par l’étude comparative des diverses, souvent multiples variantes d’un même
thème ou motif, celui-ci allant jusqu’à être inapparent, dissimulé, caché, implicite, sous-entendu, autrement dit latent (cf. Freud et le rêve). Mais il arrive aussi,
comme dans la vie quotidienne et sa psychopathologie, que l’élément disparu
ou refoulé trouve une émergence imprévisible et intempestive dans le lapsus.
Ainsi, lacunes et lapsus sont les deux extrémités de cette chaîne associative allant
d’un thème central aux variantes orales multiples éparses au travers du monde.
Par exemple dans certaines versions de Cendrillon, en Grèce, dans les Balkans
et aussi en basse Bretagne, N. Belmont retrouve le thème « monstrueux » où deux
sœurs tuent leur mère, puis la dévorent dans un repas cannibalique. Dans ces
versions, supprimées ou censurées par presque toutes les autres, les sœurs sont manifestement fixées au stade oral… Polysémie vocale et incorporative de l’oralité
(cf. Freud : le stade oral). Voilà bien une fulguration du « conte de tradition orale » !
En d’autres cas où Cendrillon est nommée Cul Cendron, ou encore dans le
conte Pouçot – enfant-grain de maïs – N. Belmont relève des versions « ratées »
et des « lapsus » qui dévoilent le thème de la mort.
Ce qui apparaît important, dans ces analyses nouvelles, ce sont les liens
anthropologiques intrinsèques révélés avec la théorie psychanalytique des
pulsions. Ainsi se trouvent pleinement justifiées et ouvertes les recherches que
l’on pourra lire et, modestement, notre intitulé : Psychanalyse et Anthropologie.
Autre version, sans lapsus celle-là : Psychanalyse est Anthropologie.
[1]
G. Róheim,
Psychoanalysis and Anthropology, New York, Int. Univ. Press, 1950, trad. Paris,
Gallimard, 1967,600 p.
[2]
Titre qui n’est pas de Freud.
[3]
Cf. J.P. Valabrega,
Phantasme, Mythe, Corps et Sens (1980), Nelle éd. Paris, Payot, 1992.
Préface à la 2e éd., p. iii, iv, et chap. VIII. Le fondement de l’anthropologie psychanalytique.
[4]
A noter que dans notre ère, un phénomène inverse, celui du réchauffement de la Terre et de
la fonte glaciaire pourrait engendrer à son tour, sur le monde vivant, des catastrophes différentes
ou équivalentes.
[5]
Telle cette formule comme échappée à une patiente à propos d’un rêve où figuraient des
personnages marchant sur l’herbe et d’autres enfouis dans une caverne souterraine : “Donner la
vie, c’est donner la mort”. Le sous-entendu, évident, étant : dès l’instant où il est né, un enfant mourra
un jour. C.Q.F.D. La même formule a été entendue, venant d’un homme qui, pour cette raison, “ne
voulait pas d’enfant”.
[6]
Cf. le mythe bororo dit “de référence”, chez Lévi-Strauss lui-même, et dont nous avons
souvent rappelé qu’il était un mythe œdipien complet.
[7]
Cf. sa controverse avec B. Malinowski.
[8]
Cf. C. Lévi-Strauss,
Les structures élémentaires de la parenté (1947-1967), chap. III, V, XV,
XVI, XVII, XVIII,
passim.
[9]
On, c’est l’homme quelconque. De
homo, et non
homos (semblable). Mais l’assonance ou homophonie y est, dont se sert abondamment le mythe, pour ouvrir justement sur la multiplicité des sens.
[10]
“L’angoisse et la vie pulsionnelle”, in :
Nouvelles conférences (1932-33), cité par A.
Angélopoulos.