L’audace conceptuelle qui a fait de la notion de bisexualité psychique un
pilier de l’édifice analytique n’a pas empêché une certaine réduction du concept
à l’opposition biologique mâle-femelle, au détriment d’une autre bipolarisation
masculin-féminin. Ainsi assimilée à la différence des sexes proprement dite, la
bisexualité psychique n’avait pas trouvé une place satisfaisante dans la théorie
des pulsions. De nombreux travaux consacrés à cette question ont œuvré à sa
réévaluation théorique.
Mais qu’en est-il de la bisexualité du côté de l’analyste ? Dans sa rencontre
avec l’analysant et dans son travail en séance, comment opère-t-elle ? L’écoute
de l’analyste, toute imprégnée qu’elle est de ses choix théoriques est aussi médiatisée par sa propre bisexualité; l’articulation de ces deux facteurs mérite d’être
approfondie en témoignage de l’exigence permanente d’élaboration à laquelle
notre travail nous confronte.
Rencontre avec Ana-Maria Rizzuto
La psychanalyse mobilise le pouvoir qu’a le mot parlé de modifier la relation que le sujet entretient avec ses propres processus psychiques inconscients.
Le propos d’Ana-Maria Rizzuto est centré sur le besoin d’élaborer ces composantes représentationnelles dans l’analyse. Sont enfin prises en compte les
conséquences techniques qui découlent d’une conception de l’analyse en tant
que communication de parole prolongée au cours de laquelle le patient reconnaît et s’approprie des représentations intrapsychiques auparavant pathogènes.
Ce faisant il s’accepte en tant que sujet de son expérience.