Topique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062997
200 pages

p. 117 à 123
doi: en cours

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no 80 2002/3

2002 TOPIQUE

Nikolaj J. Ossipow : le premier émigré politique dans l’histoire de la psychanalyse et sa correspondance avec Sigmund Freud pendant son exil à Prague

Eugenia Fischer Holzhausenstr. 63 D - 60322 Frankfurt Allemagne René Fischer Holzhausenstr. 63 D - 60322 Frankfurt Allemagne Hans-Heinrich Otto Holzhausenstr. 63 D - 60322 Frankfurt Allemagne Hans-Joachim Rothe Holzhausenstr. 63 D - 60322 Frankfurt Allemagne
Nikolaj J. Ossipow (1877-1934) est le premier psychanalyste russe. Il est le directeur de la revue Psychotherapia et le fondateur de la « Bibliothèque psychothérapeutique » dans laquelle paraissent les premières traductions des travaux de Freud et d’autres psychanalystes. En 1910 il rend visite à Freud à Vienne. Par refus du bolchevisme il s’enfuit après la Révolution d’Octobre et trouve à Prague un nouveau lieu de travail. La même année commence sa correspondance avec Freud dans laquelle ils échangent leurs idées sur des sujets psychanalytiques, l’émigration, les Tchèques et les Bolchévistes. Freud y fait des offres d’aide concrètes et s’efforce clairement à apporter aussi à l’exilé une aide psycho-thérapeutique.Mots-clés : Nikolaj J. Ossipow, Débuts de la psychanalyse en Russie et en Tché- choslovaquie, Exil à Prague. Nikolaj J.Ossipow (1877-1934) is the first Russian Psychoanalyst. He was the publisher of the journal “Psychotherapia” in Moscow and founder of the “Psychotherapeutic L ibrary”, in which translations of Freud’s and other psychoanalysts’ works appeared. In 1910 he visited Freud in Vienna. In repudiation of Bolshevism after the October Revolution he fled and found a new base in Prague in 1921. In the same year his correspondence with Freud commenced; he exchanged ideas about psychoanalytical topics, emigration, the Czechs and the Bolsheviks. Freud offered concrete help and obviously attempted psychotherapeutic support for the exiled man.Keywords : Nikolaj J. Ossipow, Initial work in the field of Psychoanalysis in Russia and Czechoslovakia, Exile in Prague.
Nulle part l’histoire de la psychanalyse n’est plus liée à l’histoire politique du pays qu’en Russie. Jusqu’à aujourd’hui des séismes y accompagnent le développement du mouvement psychanalytique. Les débuts de la psychanalyse en Russie remontent assez loin. Une traduction russe de l’ouvrage de Freud Über den Traum (Du rêve) parut dès 1904. En 1908 le Dr Pevnitzky fut le premier Russe à présenter dans une conférence les résultats du traitement réussi de 6 patientes conduit selon la méthode de Freud et Breuer.
Le développement ultérieur du mouvement psychanalytique jusqu’à la Révolution de 1917 est intimement lié avec la personne de Nikolaj Jegrafowitsch Ossipow. Sa vie a été continuellement influencée par les événements politiques. Fils unique d’un médecin réputé au-delà des frontières, il est né à Moscou le 12 octobre 1877. Il grandit au sein d’une famille riche et cultivée chez qui l’élite intellectuelle se donnait rendez-vous. Tout enfant, Nikolaj aimait participer à ces rencontres. Ossipow lui-même explique son intérêt pour les maladies mentales par le fait que sa mère souffrait d’« hypochondrie hystérique » et qu’il suivait avec beaucoup d’intérêt les conversations de son père avec des psychiatres.
Après un baccalauréat brillant en 1897, Ossipow s’inscrivit à l’Université de Moscou à la Faculté de Médecine. En 1899 une grande manifestation contre les mesures limitant les libertés universitaires eut lieu à l’Université de Moscou. Ossipow ne participa pas à la grève. Mais en raison de sa popularité il fut élu à son insu dans le comité exécutif des grévistes et fut arrêté. Ce fut seulement après son arrestation qu’il apprit son élection. Il subit la détention cellulaire et dû sa libération uniquement à l’entremise de son père.
En sanction il fut exclu de l’université et dû partir à l’étranger. Il fit des études de médecine à Zurich, Bonn, Fribourg, Bern et Bâle où il fut promu docteur en 1903. Son père ayant contracté une maladie mortelle, Ossipow rentra à Moscou en 1904. Ses examens étrangers furent reconnus en Russie. Il travailla à l’Université de Moscou comme psychiatre dans le service du Professeur Serbskij, un illustre élève de Korsakow.
Après son retour à Moscou, Ossipow commença à s’intéresser à l’œuvre de Freud et fit paraître à partir de 1908 des publications sur la psychanalyse. Son premier ouvrage porte le titre : « Les conceptions psychologiques et psycho-pathologiques de S. Freud dans la littérature allemande jusqu’à 1907 [1]. » C’est ainsi qu’Ossipow devint le fondateur de la terminologie psychanalytique russe. D’autres publications sur l’œuvre de Freud suivirent et à partir de 1910 Ossipow publia aussi des travaux psychanalytiques personnels. Dans le premier qui porte le titre : « Névrose d’angoisse » [2] il donne déjà des exemples de traitements personnels. 1910 fut une année importante dans sa vie. Il fit le projet d’un voyage en Europe et s’annonça à Freud. Le 2 janvier 1910 celui-ci écrivait à Jung : « Le Dr Ossipow, un interne de l’hôpital psychiatrique de Moscou, s’est annoncé et légitimé grâce à deux épaisses publications dans lesquelles l’enchevêtrement des signes cyrilliques est interrompu toutes les deux lignes dans l’une par le nom Freud (aussi Freudy-Freuda) imprimé en lettres latines et dans l’autre par celui de Jung. Deux autres ouvrages, qui ne sont plus seulement des recensions, sont à l’imprimerie. Il veut se porter candidat pour le prix de l’Académie de Moscou qui sera attribué en mars et qui a justement pour thème la psychanalyse, puis venir en Mai à Vienne d’où je l’enverrai à Zurich. Je vous donne son adresse complète... » (171F) [3]. Après sa visite Freud écrivit à Ferenczi : « (J’ai eu) deux visites intéressantes ces derniers temps... hier Ossipow de Moscou... Le Russe est quelqu’un de très bien, un esprit clair, un disciple convaincu et sera un bon renfort. Il va traduire la psychanalyse de Worcester en russe » (138F) [4]. À partir de cette époque Ossipow resta en contact avec Sigmund Freud.
Il fonda un service psychiatrique ambulatoire à l’Université de Moscou où il traita les troubles névrotiques (qui l’intéressaient plus particulièrement) selon la méthode psychanalytique. Il fut cofondateur avec O.B. Felzman de la collection « La Bibliothèque psychanalytique » qui était consacrée à la traduction des ouvrages de Freud et de ses collaborateurs. Après la Première Guerre mondiale ce fut Ermakow qui la continua dans la jeune Union Soviétique.
La Société psychanalytique de Moscou fut fondée en 1911 sous la direction d’Ossipow avec Drosnes et Vybarow. Ossipow en fut élu président et il publia avec ces collègues une nouvelle revue, « Psichoterapija », bientôt consacrée uniquement aux publications psychanalytiques.
L’année 1911 fut aussi cruciale pour Ossipow. Une fois de plus sa vie subit la marque des événements politiques : le ministre Kasso avait mis fin à l’autonomie administrative des universités russes. L a liberté académique de l’Université de Moscou qui possédait une charte semblable à celle de l’Université de Göttingen fut excessivement limitée. Le Pr Serbskij, Ossipow et la plupart de leurs collègues quittèrent l’Université en signe de protestation et s’installèrent en exercice libéral. Ils continuèrent cependant comme à l’hôpital à se réunir régulièrement le vendredi pour discuter de leurs patients. C’est ce qu’on appela « les petits vendredis ». Ossipow continua à publier des travaux à thématique psychanalytique.
Il passa la guerre à Moscou où il fut témoin de la Révolution d’Octobre de 1917. Bien entendu les changements socio-politiques touchèrent aussi les psychanalystes présents qui réagirent de différentes manières à la prise du pouvoir par les Bolcheviques. Ossipow voulait se soustraire à leur poursuite. Il ne pouvait accepter un régime qui persécute sans respect des êtres humains, les extermine et les condamne pour quelque chose à laquelle ils ne peuvent rien : leur origine. Ossipow était un grand humaniste et l’opportunisme lui était étranger. Il s’enfuit d’abord en Russie du Sud, puis, lorsqu’il ne vit plus d’espoir pour une victoire de l’Armée blanche sur l’Armée rouge, il continua par Istanbul, Belgrade et enfin Prague.
T.G. Masaryk, le premier président de la jeune République tchécoslovaque qui avait été fondée en 1918 après la désintégration de la monarchie austrohongroise avait une attitude russophile prononcée. C’est ainsi qu’une aide financière fut offerte aux réfugiés russes. Une bourse d’état permettait aux jeunes émigrés russes de faire des études à l’Université Charles de Prague. C’est pourquoi, après Berlin et Paris, le groupe le plus important d’émigrants russes s’établit à Prague. Mais il vint aussi à Prague beaucoup d’émigrants parce qu’ils espéraient que le Bolchevisme ne serait qu’un errement rapide et passager et qu’ils se sentiraient plus à l’aise auprès de leurs « frères slaves », les Tchèques. L es émigrés formaient un groupe si important et si influent qu’ils purent faire construire une école russe ainsi qu’un lycée, publier leurs propres revues et qu’ils possédaient une église orthodoxe avec son cimetière. La Société russo-tchèque était très active. Pendant les premières années d’émigration les étudiants russes passèrent leurs examens dans leur langue maternelle.
La vie d’exilé pesait à Ossipow. Plus que la perte de sa fortune il regrettait sa Moscou bien-aimée ainsi que ses nombreux amis et ses collègues. Dans les lettres qu’Ossipow écrivait à son ami et médecin, M.P. Polossin, on peut lire que sa situation financière était assez difficile. En chemin de fer il ne pouvait se payer que la 3e classe et il passait l’été dans les environs les meilleur marché de Prague. Lorsqu’en 1931 il fut atteint d’une myocardite, séquelle d’une angine de poitrine, ce furent ses amis russes à Prague qui l’assistèrent. D’année en année son humeur allait en s’assombrissant et pourtant il s’est toujours considéré comme optimiste.
À Prague, ses compétences pédagogiques et scientifiques furent reconnues. On lui proposa une chaire à la nouvelle Université Masaryk à Brno (Brünn). Le très consciencieux et modeste Ossipow déclina cette offre parce qu’il considérait ne pas connaître les conditions socioculturelles du pays dans la mesure nécessaire, à son avis, pour être à même de comprendre les malades psychiques. En revanche, une fois après avoir appris le tchèque, il accepta la direction du service ambulatoire de l’hôpital psychiatrique de l’Université et y dispensa des cours de psychanalyse, à partir de 1925 en tchèque. Parmi les nombreux émigrés russes qui faisaient des études à l’Université Charles certains se réunirent autour d’Ossipow et fondèrent le « Cercle psychiatrique russe » qu’il dirigea. Il y forma ses élèves à la psychanalyse. Pour ces jeunes Russes ce groupe ne constitua pas seulement un cercle scientifique, mais il s’y noua des amitiés à vie. Tous portaient une profonde estime à Ossipow et une grande reconnaissance. Pour Ossipow aussi le contact avec les étudiants était important. C’est ainsi qu’il se lia d’amitié avec Theodor Nikolajewitsch Dosuzkow dont il fit son héritier scientifique et qui devint son élève le plus connu.
N.J. Ossipow mourut le 19 février 1934 et fut enterré dans le cimetière russe de Prague. Pour autant que nous sachions Nikolaj J. Ossipow est le premier émigré politique dans l’histoire de la psychanalyse. N.J. Ossipow a exercé une grande influence sur l’évolution de la psychanalyse en Tchécoslovaquie à cette époque. Dans ce pays l’importance et l’influence des non-Tchèques est typique pour l’histoire du mouvement psychanalytique et de son évolution. Lorsqu’Ossipow arriva à Prague en 1921 la psychanalyse était jugée au point de vue scientifique de manières très différentes. L’attitude envers la psychanalyse était très ambivalente. Certains scientifiques et artistes avaient une opinion positive, d’autres ignoraient tout de la psychanalyse ou lui étaient opposés (p. ex. le Pr J ansky qui fit la découverte des groupes sanguins).
Jaroslav Stuchlik, un psychiatre qui n’avait pu obtenir de poste à l’Université dans le service du Pr Kuffner parce qu’en 1916 et en 1917 il avait émis des idées psychanalytiques dans ses travaux, prit la direction de l’hôpital psychiatrique de Kosice dans l’est de la Slovaquie, bien loin de la capitale, où il réussit à réunir autour de lui des médecins intéressés par la psychanalyse (p. ex. Jan Frank, Sandor Lorand) et à organiser des séminaires réguliers de psychanalyse avec l’aide de collègues hongrois. Nous ignorons si Ossipow et Stuchlik se connaissaient.
Le premier Tchèque qui suivit une formation psychanalytique en bonne et due forme fut Emmanuel Windholz. Il suivit la formation à l’Institut psychanalytique de Berlin et revint en 1931 à Prague où il fut le premier à ouvrir un cabinet de psychanalyste.
À l’occasion du 75e anniversaire de Sigmund Freud Ossipow et Windholz organisèrent une grande fête commémorative dans sa ville natale de Pribor (Freiberg) et firent apposer une plaque sur sa maison natale. Ossipow continua à exercer une influence sur le développement du mouvement psychanalytique en Tchécoslovaquie au travers de son élève, Theodor Dosuzkov. Après la prise du pouvoir par le régime national-socialiste en Allemagne des psychanalystes, comme Annie Reich, émigrèrent de Berlin en Tchécoslovaquie.
Sigmund Freud suivait l’évolution à Prague avec grand intérêt et y envoya Otto Fenichel en 1935. E n 1936 lors du 14e Congrès International de Psychanalyse à Marienbad la « Société tchèque pour l’Étude de la Psychanalyse » fut reconnue membre de l’Association Psychanalytique Internationale.
Après la Seconde Guerre mondiale, seul des nombreux membres de cette société Dosuzkov avait survécu. L es autres membres avaient été assassinés avec leur famille dans les camps de concentration ou ils avaient émigré aux États-Unis et ne revinrent pas.
 
LA CORRESPONDANCE FREUD– OSSIPOW
 
 
La correspondance comprend 17 lettres et cartes postales de Freud provenant de la succession Ossipow. Il existe aussi 19 brouillons autographes de lettres d’Ossipow qui peuvent être mis en rapport avec certaines lettres de Freud. Ils proviennent de la Library of Congress à Washington. Nous sommes réduits à des spéculations quant à leur origine et au cheminement qui les y a conduits. La correspondance s’est déroulée de février 1921 (première lettre de Freud) à août 1929 (dernière lettre de Freud). C’est pendant les années 1921 à 1925 que la correspondance est la plus fournie (en tout 15 lettres ou cartes postales de Freud).
Les lettres tournent essentiellement autour du sort personnel d’Ossipow, ses difficultés dans un milieu étranger et ses plaintes au sujet du manque de soutien dans la Tchécoslovaquie d’alors. Freud se penche sur les problèmes d’Ossipow, lui offre son aide en lui donnant accès à la littérature psychanalytique mondiale, l’encourage, en passant, à publier dans des revues psychanalytiques et essaie de lui procurer des contacts avec des membres de la Société psychanalytique de Vienne qui vivent à Prague. L’attitude compatissante de Freud envers ce collègue obligé de vivre en exil est particulièrement remarquable. Il comprend tout à fait ses difficultés et essaie de le consoler, et on peut même à maints endroits parler d’une psychothérapie de soutien. Il est possible que cette expérience de la dimension personnelle de l’émigration ait pu influencer plus tard la décision de Freud quant à son départ en exil.
Ossipow s’occupait aussi beaucoup du développement en Russie, s’exprimait avec mépris au sujet du représentant de la psychanalyse dans ce pays (Ermakow) et rencontrait dans son jugement l’assentiment de Freud, qui l’assura avant tout qu’il n’accepterait que sa traduction en russe. Mais juste à ce moment les événements ainsi que le bref épanouissement de la psychanalyse dans la maison d’édition nationale soviétique prirent un autre cours.
Une partie de la correspondance concerne les projets scientifiques d’Ossipow qu’il décrit à Freud afin de recevoir son assentiment. Freud nomme aussi des collègues auxquels Ossipow pourrait s’adresser pour les publications. C’est ainsi que sa grande monographie sur « L’enfance de Tolstoï », 2e tome des monographies de la revue Imago, voit le jour.
Pour terminer nous aimerions citer quelques exemples de cette correspondance dont notre groupe de travail prépare une édition complète.
Le 18 février 1921 Freud écrit : « Les vœux que vous faites de voir bientôt votre grande patrie sortir de sa crise, trouvent chez nous tous la plus grande résonance. À moi aussi vos compatriotes me manquent, ces femmes si enthousiastes et si profondément douées, ces hommes passionnés et d’un sérieux naïf, qui en général m’ont quitté comme mes meilleurs amis ».
Dans la lettre de Freud du 23 mars 1922 on peut lire : « Quel travail se fait en vous, que vous êtes riche d’idées et de projets ! »
Mais ensuite dans la lettre du 26 décembre 1922 : « Ne perdez pas courage. Vous vous en sortirez certainement, et c’est seulement jusqu’à ce moment-là qu’il vous est permis de vous sentir un peu mal, un peu désorienté et dépendant... Nous passons tous par de mauvaises périodes. Il faut être plus fort qu’elles. Tant qu’on est jeune, c’est possible ».
Avant une rencontre prévue avec Ossipow Freud écrit le 24 mars 1924 : « Mais malheureusement je ne suis plus le même. Je peine à venir à bout de mes séances d’analyse et après je me sens fatigué et incapable de travailler. Il est possible que cet état soit dû à ma grave maladie de cet automne, mais j’en souffre encore plus depuis une grippe au début du mois ».
Pour finir une lettre de Freud qui présente presque ses excuses après une longue pause dans la correspondance (15 novembre 1925) : « J’espère que vous comprendrez que malgré notre peu de sympathie pour le régime actuel en Russie nous n’avons ni le droit ni la possibilité de prendre parti... Je suis rempli de sympathie pour votre susceptibilité et pour le sort difficile de l’exilé ».
On peut se demander quelle est aujourd’hui l’importance d’Ossipow pour l’histoire de la psychanalyse. Nous pensons qu’on peut tirer quelques conclusions de son destin.
En premier, il témoigne du sort douloureux d’un psychanalyste en exil, des difficultés et des pertes avec lesquelles il doit se battre.
En second, sa vie, esquissée brièvement ici, jette une lumière sur quelques unes des qualités de Freud qui montra une grande sympathie et une profonde compréhension pour l’exilé russe.
Et enfin, on se rend compte quelle importante contribution peuvent apporter des analystes exilés pour le développement de la psychanalyse dans leur pays d’asile.
Traduit de l’allemand par Claude Legueltel, Francfort sur le Main
 
NOTES
 
[1]Russe in : Journal neuropatologii i psichiatrii im. C.C. Korsakowa, 1908.
[2]Russe in : Journal neuropatologii i psichiatrii im. C.C. Korsakowa, 1909.
[3]Freud S./C.G. J ung (1974) : Correspondance. Hg. W. McGuire und W. Sauerländer. Frankfurt : S. Fischer. S. 311.
[4]Freud S./S. Ferenczi (1993) : Correspondance. Hg. E. Brabant, E. Falzeder, P. Giampieri-Deutsch. Wien-Köln-Weimar : Böhlau.
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