2002
TOPIQUE
Nikolaj J. Ossipow : le premier émigré politique dans l’histoire de la psychanalyse et sa correspondance avec Sigmund Freud pendant son exil à Prague
Eugenia Fischer
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René Fischer
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Hans-Heinrich Otto
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Nikolaj J. Ossipow (1877-1934) est le premier psychanalyste russe. Il est le
directeur de la revue Psychotherapia et le fondateur de la « Bibliothèque psychothérapeutique » dans laquelle paraissent les premières traductions des travaux de Freud et d’autres
psychanalystes. En 1910 il rend visite à Freud à Vienne. Par refus du bolchevisme il s’enfuit
après la Révolution d’Octobre et trouve à Prague un nouveau lieu de travail. La même
année commence sa correspondance avec Freud dans laquelle ils échangent leurs idées sur
des sujets psychanalytiques, l’émigration, les Tchèques et les Bolchévistes. Freud y fait des
offres d’aide concrètes et s’efforce clairement à apporter aussi à l’exilé une aide psycho-thérapeutique.Mots-clés :
Nikolaj J. Ossipow, Débuts de la psychanalyse en Russie et en Tché- choslovaquie, Exil à Prague.
Nikolaj J.Ossipow (1877-1934) is the first Russian Psychoanalyst. He was
the publisher of the journal “Psychotherapia” in Moscow and founder of the “Psychotherapeutic L ibrary”, in which translations of Freud’s and other psychoanalysts’ works
appeared. In 1910 he visited Freud in Vienna. In repudiation of Bolshevism after the October
Revolution he fled and found a new base in Prague in 1921. In the same year his correspondence with Freud commenced; he exchanged ideas about psychoanalytical topics,
emigration, the Czechs and the Bolsheviks. Freud offered concrete help and obviously
attempted psychotherapeutic support for the exiled man.Keywords :
Nikolaj J. Ossipow, Initial work in the field of Psychoanalysis in Russia and Czechoslovakia, Exile in Prague.
Nulle part l’histoire de la psychanalyse n’est plus liée à l’histoire politique
du pays qu’en Russie. Jusqu’à aujourd’hui des séismes y accompagnent le
développement du mouvement psychanalytique. Les débuts de la psychanalyse
en Russie remontent assez loin. Une traduction russe de l’ouvrage de Freud
Über den Traum (Du rêve) parut dès 1904. En 1908 le Dr Pevnitzky fut le
premier Russe à présenter dans une conférence les résultats du traitement réussi
de 6 patientes conduit selon la méthode de Freud et Breuer.
Le développement ultérieur du mouvement psychanalytique jusqu’à la
Révolution de 1917 est intimement lié avec la personne de Nikolaj Jegrafowitsch
Ossipow. Sa vie a été continuellement influencée par les événements politiques.
Fils unique d’un médecin réputé au-delà des frontières, il est né à Moscou le
12 octobre 1877. Il grandit au sein d’une famille riche et cultivée chez qui l’élite
intellectuelle se donnait rendez-vous. Tout enfant, Nikolaj aimait participer à
ces rencontres. Ossipow lui-même explique son intérêt pour les maladies mentales par le fait que sa mère souffrait d’« hypochondrie hystérique » et qu’il suivait
avec beaucoup d’intérêt les conversations de son père avec des psychiatres.
Après un baccalauréat brillant en 1897, Ossipow s’inscrivit à l’Université
de Moscou à la Faculté de Médecine. En 1899 une grande manifestation contre
les mesures limitant les libertés universitaires eut lieu à l’Université de Moscou.
Ossipow ne participa pas à la grève. Mais en raison de sa popularité il fut élu
à son insu dans le comité exécutif des grévistes et fut arrêté. Ce fut seulement
après son arrestation qu’il apprit son élection. Il subit la détention cellulaire et
dû sa libération uniquement à l’entremise de son père.
En sanction il fut exclu de l’université et dû partir à l’étranger. Il fit des études
de médecine à Zurich, Bonn, Fribourg, Bern et Bâle où il fut promu docteur en
1903. Son père ayant contracté une maladie mortelle, Ossipow rentra à Moscou
en 1904. Ses examens étrangers furent reconnus en Russie. Il travailla à
l’Université de Moscou comme psychiatre dans le service du Professeur
Serbskij, un illustre élève de Korsakow.
Après son retour à Moscou, Ossipow commença à s’intéresser à l’œuvre de
Freud et fit paraître à partir de 1908 des publications sur la psychanalyse. Son
premier ouvrage porte le titre : « Les conceptions psychologiques et psycho-pathologiques de S. Freud dans la littérature allemande jusqu’à 1907
[1]. » C’est
ainsi qu’Ossipow devint le fondateur de la terminologie psychanalytique russe.
D’autres publications sur l’œuvre de Freud suivirent et à partir de 1910 Ossipow
publia aussi des travaux psychanalytiques personnels. Dans le premier qui porte
le titre : « Névrose d’angoisse »
[2] il donne déjà des exemples de traitements personnels. 1910 fut une année importante dans sa vie. Il fit le projet d’un voyage
en Europe et s’annonça à Freud. Le 2 janvier 1910 celui-ci écrivait à Jung : « Le
D
r Ossipow, un interne de l’hôpital psychiatrique de Moscou, s’est annoncé et
légitimé grâce à deux épaisses publications dans lesquelles l’enchevêtrement
des signes cyrilliques est interrompu toutes les deux lignes dans l’une par le nom
Freud (aussi Freudy-Freuda) imprimé en lettres latines et dans l’autre par celui
de Jung. Deux autres ouvrages, qui ne sont plus seulement des recensions, sont
à l’imprimerie. Il veut se porter candidat pour le prix de l’Académie de Moscou
qui sera attribué en mars et qui a justement pour thème la psychanalyse, puis
venir en Mai à Vienne d’où je l’enverrai à Zurich. Je vous donne son adresse
complète... » (171F)
[3]. Après sa visite Freud écrivit à Ferenczi : « (J’ai eu) deux
visites intéressantes ces derniers temps... hier Ossipow de Moscou... Le Russe
est quelqu’un de très bien, un esprit clair, un disciple convaincu et sera un bon
renfort. Il va traduire la psychanalyse de Worcester en russe » (138F)
[4]. À partir
de cette époque Ossipow resta en contact avec Sigmund Freud.
Il fonda un service psychiatrique ambulatoire à l’Université de Moscou où
il traita les troubles névrotiques (qui l’intéressaient plus particulièrement) selon
la méthode psychanalytique. Il fut cofondateur avec O.B. Felzman de la
collection « La Bibliothèque psychanalytique » qui était consacrée à la traduction
des ouvrages de Freud et de ses collaborateurs. Après la Première Guerre
mondiale ce fut Ermakow qui la continua dans la jeune Union Soviétique.
La Société psychanalytique de Moscou fut fondée en 1911 sous la direction
d’Ossipow avec Drosnes et Vybarow. Ossipow en fut élu président et il publia
avec ces collègues une nouvelle revue, « Psichoterapija », bientôt consacrée
uniquement aux publications psychanalytiques.
L’année 1911 fut aussi cruciale pour Ossipow. Une fois de plus sa vie subit
la marque des événements politiques : le ministre Kasso avait mis fin à l’autonomie administrative des universités russes. L a liberté académique de
l’Université de Moscou qui possédait une charte semblable à celle de
l’Université de Göttingen fut excessivement limitée. Le Pr Serbskij, Ossipow
et la plupart de leurs collègues quittèrent l’Université en signe de protestation
et s’installèrent en exercice libéral. Ils continuèrent cependant comme à l’hôpital
à se réunir régulièrement le vendredi pour discuter de leurs patients. C’est ce
qu’on appela « les petits vendredis ». Ossipow continua à publier des travaux
à thématique psychanalytique.
Il passa la guerre à Moscou où il fut témoin de la Révolution d’Octobre de
1917. Bien entendu les changements socio-politiques touchèrent aussi les
psychanalystes présents qui réagirent de différentes manières à la prise du
pouvoir par les Bolcheviques. Ossipow voulait se soustraire à leur poursuite.
Il ne pouvait accepter un régime qui persécute sans respect des êtres humains,
les extermine et les condamne pour quelque chose à laquelle ils ne peuvent
rien : leur origine. Ossipow était un grand humaniste et l’opportunisme lui était
étranger. Il s’enfuit d’abord en Russie du Sud, puis, lorsqu’il ne vit plus d’espoir
pour une victoire de l’Armée blanche sur l’Armée rouge, il continua par Istanbul,
Belgrade et enfin Prague.
T.G. Masaryk, le premier président de la jeune République tchécoslovaque
qui avait été fondée en 1918 après la désintégration de la monarchie austrohongroise avait une attitude russophile prononcée. C’est ainsi qu’une aide
financière fut offerte aux réfugiés russes. Une bourse d’état permettait aux
jeunes émigrés russes de faire des études à l’Université Charles de Prague.
C’est pourquoi, après Berlin et Paris, le groupe le plus important d’émigrants
russes s’établit à Prague. Mais il vint aussi à Prague beaucoup d’émigrants
parce qu’ils espéraient que le Bolchevisme ne serait qu’un errement rapide
et passager et qu’ils se sentiraient plus à l’aise auprès de leurs « frères
slaves », les Tchèques. L es émigrés formaient un groupe si important et si
influent qu’ils purent faire construire une école russe ainsi qu’un lycée, publier
leurs propres revues et qu’ils possédaient une église orthodoxe avec son
cimetière. La Société russo-tchèque était très active. Pendant les premières
années d’émigration les étudiants russes passèrent leurs examens dans leur
langue maternelle.
La vie d’exilé pesait à Ossipow. Plus que la perte de sa fortune il regrettait
sa Moscou bien-aimée ainsi que ses nombreux amis et ses collègues. Dans les
lettres qu’Ossipow écrivait à son ami et médecin, M.P. Polossin, on peut lire
que sa situation financière était assez difficile. En chemin de fer il ne pouvait
se payer que la 3e classe et il passait l’été dans les environs les meilleur marché
de Prague. Lorsqu’en 1931 il fut atteint d’une myocardite, séquelle d’une angine
de poitrine, ce furent ses amis russes à Prague qui l’assistèrent. D’année en
année son humeur allait en s’assombrissant et pourtant il s’est toujours considéré
comme optimiste.
À Prague, ses compétences pédagogiques et scientifiques furent reconnues.
On lui proposa une chaire à la nouvelle Université Masaryk à Brno (Brünn).
Le très consciencieux et modeste Ossipow déclina cette offre parce qu’il considérait ne pas connaître les conditions socioculturelles du pays dans la mesure
nécessaire, à son avis, pour être à même de comprendre les malades psychiques.
En revanche, une fois après avoir appris le tchèque, il accepta la direction du
service ambulatoire de l’hôpital psychiatrique de l’Université et y dispensa des
cours de psychanalyse, à partir de 1925 en tchèque. Parmi les nombreux émigrés
russes qui faisaient des études à l’Université Charles certains se réunirent autour
d’Ossipow et fondèrent le « Cercle psychiatrique russe » qu’il dirigea. Il y forma
ses élèves à la psychanalyse. Pour ces jeunes Russes ce groupe ne constitua pas
seulement un cercle scientifique, mais il s’y noua des amitiés à vie. Tous
portaient une profonde estime à Ossipow et une grande reconnaissance. Pour
Ossipow aussi le contact avec les étudiants était important. C’est ainsi qu’il se
lia d’amitié avec Theodor Nikolajewitsch Dosuzkow dont il fit son héritier
scientifique et qui devint son élève le plus connu.
N.J. Ossipow mourut le 19 février 1934 et fut enterré dans le cimetière
russe de Prague. Pour autant que nous sachions Nikolaj J. Ossipow est le
premier émigré politique dans l’histoire de la psychanalyse. N.J. Ossipow a
exercé une grande influence sur l’évolution de la psychanalyse en Tchécoslovaquie à cette époque. Dans ce pays l’importance et l’influence des
non-Tchèques est typique pour l’histoire du mouvement psychanalytique et
de son évolution. Lorsqu’Ossipow arriva à Prague en 1921 la psychanalyse
était jugée au point de vue scientifique de manières très différentes. L’attitude
envers la psychanalyse était très ambivalente. Certains scientifiques et artistes
avaient une opinion positive, d’autres ignoraient tout de la psychanalyse ou
lui étaient opposés (p. ex. le Pr J ansky qui fit la découverte des groupes
sanguins).
Jaroslav Stuchlik, un psychiatre qui n’avait pu obtenir de poste à l’Université
dans le service du Pr Kuffner parce qu’en 1916 et en 1917 il avait émis des idées
psychanalytiques dans ses travaux, prit la direction de l’hôpital psychiatrique
de Kosice dans l’est de la Slovaquie, bien loin de la capitale, où il réussit à réunir
autour de lui des médecins intéressés par la psychanalyse (p. ex. Jan Frank, Sandor Lorand) et à organiser des séminaires réguliers de psychanalyse avec l’aide
de collègues hongrois. Nous ignorons si Ossipow et Stuchlik se connaissaient.
Le premier Tchèque qui suivit une formation psychanalytique en bonne et
due forme fut Emmanuel Windholz. Il suivit la formation à l’Institut psychanalytique de Berlin et revint en 1931 à Prague où il fut le premier à ouvrir un
cabinet de psychanalyste.
À l’occasion du 75e anniversaire de Sigmund Freud Ossipow et Windholz
organisèrent une grande fête commémorative dans sa ville natale de Pribor
(Freiberg) et firent apposer une plaque sur sa maison natale. Ossipow continua
à exercer une influence sur le développement du mouvement psychanalytique
en Tchécoslovaquie au travers de son élève, Theodor Dosuzkov. Après la prise
du pouvoir par le régime national-socialiste en Allemagne des psychanalystes,
comme Annie Reich, émigrèrent de Berlin en Tchécoslovaquie.
Sigmund Freud suivait l’évolution à Prague avec grand intérêt et y envoya
Otto Fenichel en 1935. E n 1936 lors du 14e Congrès International de Psychanalyse à Marienbad la « Société tchèque pour l’Étude de la Psychanalyse »
fut reconnue membre de l’Association Psychanalytique Internationale.
Après la Seconde Guerre mondiale, seul des nombreux membres de cette
société Dosuzkov avait survécu. L es autres membres avaient été assassinés
avec leur famille dans les camps de concentration ou ils avaient émigré aux
États-Unis et ne revinrent pas.
LA CORRESPONDANCE FREUD– OSSIPOW
La correspondance comprend 17 lettres et cartes postales de Freud provenant de la succession Ossipow. Il existe aussi 19 brouillons autographes de
lettres d’Ossipow qui peuvent être mis en rapport avec certaines lettres de
Freud. Ils proviennent de la Library of Congress à Washington. Nous sommes
réduits à des spéculations quant à leur origine et au cheminement qui les y
a conduits. La correspondance s’est déroulée de février 1921 (première lettre
de Freud) à août 1929 (dernière lettre de Freud). C’est pendant les années 1921
à 1925 que la correspondance est la plus fournie (en tout 15 lettres ou cartes
postales de Freud).
Les lettres tournent essentiellement autour du sort personnel d’Ossipow, ses
difficultés dans un milieu étranger et ses plaintes au sujet du manque de soutien
dans la Tchécoslovaquie d’alors. Freud se penche sur les problèmes d’Ossipow,
lui offre son aide en lui donnant accès à la littérature psychanalytique mondiale,
l’encourage, en passant, à publier dans des revues psychanalytiques et essaie
de lui procurer des contacts avec des membres de la Société psychanalytique
de Vienne qui vivent à Prague. L’attitude compatissante de Freud envers ce
collègue obligé de vivre en exil est particulièrement remarquable. Il comprend
tout à fait ses difficultés et essaie de le consoler, et on peut même à maints
endroits parler d’une psychothérapie de soutien. Il est possible que cette
expérience de la dimension personnelle de l’émigration ait pu influencer plus
tard la décision de Freud quant à son départ en exil.
Ossipow s’occupait aussi beaucoup du développement en Russie, s’exprimait avec mépris au sujet du représentant de la psychanalyse dans ce pays
(Ermakow) et rencontrait dans son jugement l’assentiment de Freud, qui l’assura
avant tout qu’il n’accepterait que sa traduction en russe. Mais juste à ce moment
les événements ainsi que le bref épanouissement de la psychanalyse dans la
maison d’édition nationale soviétique prirent un autre cours.
Une partie de la correspondance concerne les projets scientifiques d’Ossipow
qu’il décrit à Freud afin de recevoir son assentiment. Freud nomme aussi des
collègues auxquels Ossipow pourrait s’adresser pour les publications. C’est
ainsi que sa grande monographie sur « L’enfance de Tolstoï », 2e tome des
monographies de la revue Imago, voit le jour.
Pour terminer nous aimerions citer quelques exemples de cette correspondance dont notre groupe de travail prépare une édition complète.
Le 18 février 1921 Freud écrit : « Les vœux que vous faites de voir bientôt
votre grande patrie sortir de sa crise, trouvent chez nous tous la plus grande
résonance. À moi aussi vos compatriotes me manquent, ces femmes si enthousiastes et si profondément douées, ces hommes passionnés et d’un sérieux naïf,
qui en général m’ont quitté comme mes meilleurs amis ».
Dans la lettre de Freud du 23 mars 1922 on peut lire : « Quel travail se fait
en vous, que vous êtes riche d’idées et de projets ! »
Mais ensuite dans la lettre du 26 décembre 1922 : « Ne perdez pas courage.
Vous vous en sortirez certainement, et c’est seulement jusqu’à ce moment-là
qu’il vous est permis de vous sentir un peu mal, un peu désorienté et dépendant...
Nous passons tous par de mauvaises périodes. Il faut être plus fort qu’elles.
Tant qu’on est jeune, c’est possible ».
Avant une rencontre prévue avec Ossipow Freud écrit le 24 mars 1924 :
« Mais malheureusement je ne suis plus le même. Je peine à venir à bout de mes
séances d’analyse et après je me sens fatigué et incapable de travailler. Il est
possible que cet état soit dû à ma grave maladie de cet automne, mais j’en
souffre encore plus depuis une grippe au début du mois ».
Pour finir une lettre de Freud qui présente presque ses excuses après une
longue pause dans la correspondance (15 novembre 1925) : « J’espère que vous
comprendrez que malgré notre peu de sympathie pour le régime actuel en
Russie nous n’avons ni le droit ni la possibilité de prendre parti... Je suis rempli
de sympathie pour votre susceptibilité et pour le sort difficile de l’exilé ».
On peut se demander quelle est aujourd’hui l’importance d’Ossipow pour
l’histoire de la psychanalyse. Nous pensons qu’on peut tirer quelques conclusions de son destin.
En premier, il témoigne du sort douloureux d’un psychanalyste en exil, des
difficultés et des pertes avec lesquelles il doit se battre.
En second, sa vie, esquissée brièvement ici, jette une lumière sur quelques
unes des qualités de Freud qui montra une grande sympathie et une profonde
compréhension pour l’exilé russe.
Et enfin, on se rend compte quelle importante contribution peuvent apporter
des analystes exilés pour le développement de la psychanalyse dans leur pays
d’asile.
Traduit de l’allemand par Claude Legueltel, Francfort sur le Main
[1]
Russe in :
Journal neuropatologii i psichiatrii im. C.C. Korsakowa, 1908.
[2]
Russe in :
Journal neuropatologii i psichiatrii im. C.C. Korsakowa, 1909.
[3]
Freud S./C.G. J ung (1974) :
Correspondance. Hg. W. McGuire und W. Sauerländer.
Frankfurt : S. Fischer. S. 311.
[4]
Freud S./S. Ferenczi (1993) :
Correspondance. Hg. E. Brabant, E. Falzeder, P. Giampieri-Deutsch. Wien-Köln-Weimar : Böhlau.