2002
TOPIQUE
L’exil avant l’exil.
Michæl et Alice Balint
Judith Dupont
Michæl et Alice Balint, ont émigré en Angleterre en janvier 1939, après
l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, pour échapper à l’atmosphère antisémite de la Hongrie, menacée elle aussi d’être submergée par une idéologie fascisante.
L’œuvre d’Alice et de Michæl Balint porte la marque de ces ruptures ainsi que des
tentatives faites pour guérir les blessures qu’elles ont laissées. L’exil britannique n’a fait
que les redoubler.
Michæl and Alice Balint emigrated to England in January 1939 after Nazi
Germany annexed Austria and this to escape the anti-Semitism rife in Hungary that was
also on the verge of succumbing to fascist ideology.
The works of Alice and Michæl Balint bear the traces of these schisms and also of their
attempts to heal the wounds this left. Exile in Britain only served to deepen the wounds.
La situation politique en Hongrie, après l’annexion de l’Autriche par
l’Allemagne, a poussé la famille Balint, Michæl, Alice et leur fils John, à quitter
le pays, comme d’ailleurs bon nombre de psychanalystes hongrois à cette
époque. Les Balint sont partis en Angleterre, à Manchester. Michelle Moreau-Ricaud nous présente tous les détails de cette histoire à ce congrès, ainsi que
dans son ouvrage sur Michæl Balint.
Mais tant pour Michæl que pour Alice Balint, cet exil venait en redoubler
un autre, très précoce pour Alice, un peu plus tardif pour Michæl.
Alice était la fille aînée de Vilma Kovacs. Vilma Kovacs sera connue
par la suite comme analyste, patiente puis élève et collaboratrice de
Ferenczi, avec lequel elle a notamment élaboré le type de formation spécifique qui est toujours en vigueur en Hongrie. Née en 1899, Alice était l’aînée
d’une fratrie de trois. Sa mère, née Prosnitz, s’appelait à l’époque Vilma
Székely, du nom de son premier mari. À la naissance d’Alice elle avait 16 ans.
La mère de Vilma était restée veuve très jeune, avec trois filles à élever.
Sans argent et, – comme toute bonne bourgeoise de son époque – sans métier,
Mme Prosnitz et ses filles étaient dans la misère. L’aînée, Irène, avait épousé
l’homme de son choix, Vilmos Székely. La seconde, Margit, était morte de
tuberculose. Et Vilma, la cadette, fut mariée à 15 ans, contre son gré, pour
des raisons économiques, au cousin de Vilmos Székely, un homme de 37 ans.
Vilma avait du caractère. Elle fit clairement savoir à son futur mari qu’elle
ne l’aimait pas et ne souhaitait pas l’épouser. Mais lui, malgré tout, tenait à
ce mariage. Il lui promit de lui accorder le divorce si elle rencontrait un jour
l’homme de sa vie. En trois ans, Vilma mit au monde trois enfants. À 18 ans,
Vilma était donc mère de deux filles, Alice et Olga, et d’un garçon, Ferencz
(François).
Ces trois grossesses si rapprochées avaient épuisé la jeune femme, qui tomba
gravement malade, elle aussi de tuberculose, la maladie qui faisait les pires
ravages à cette époque. Ce fut le début du premier exil d’Alice. Car pendant
que Vilma luttait contre la maladie dans un sanatorium à la montagne, dans les
Tatra, les trois enfants furent confiés à Irène, la sœur aînée de Vilma qui vivait
à Szeged, une ville du sud de la Hongrie. Alice et ses cadets se trouvèrent donc
totalement coupés de leurs deux parents pendant quelques années.
Contre toute attente, au bout de deux ou trois ans, Vilma commença à aller
mieux. Lors d’un événement social, comme il s’en organisait à l’époque dans
le sanatoriums, Vilma fit la rencontre d’un jeune architecte de son âge, Frédéric
Kovacs, qui venait visiter son frère malade. Les deux jeunes gens tombèrent
amoureux, et Vilma demanda le divorce à son mari, comme il avait été convenu.
Mais celui-ci ne voulait plus en entendre parler. Vilma le quitta donc sans son
accord et le divorce fut prononcé à ses torts. Aussi les enfants furent-ils confiés
à la garde de leur père. Puisque Vilma avait quitté le domicile conjugal, ce qui
était extrêmement mal considéré à l’époque, il lui fut interdit de recevoir ses
enfants dans son nouveau foyer, ou même de les revoir.
Alice et ses cadets vécurent chez leur père, pratiquement sans jamais
le voir, car sa profession comme ses goûts le portaient à voyager beaucoup.
C’est une gouvernante qui prenait soin des enfants; fort mal, semble-t-il. Cette
personne, elle-même d’un équilibre mental fragile, avait une sœur internée
dans un hôpital psychiatrique. Les dimanches des enfants étaient souvent
consacrés à rendre visite à cette sœur, à l’hôpital. Ils en ont gardé quelques
images terrifiantes.
Vilma, remariée, était installée avec son nouveau mari sur une des collines
de Budapest, Le Naphegy (Mont Soleil) dans une belle villa que son mari architecte avait fait construire pour eux. Elle était bien décidée de ne pas respecter
l’interdiction de voir ses enfants, et venait chaque jour devant leur école, dans
un fiacre fermé pour ne pas être reconnue, les raccompagnant ainsi au pas
jusqu’au coin de leur rue, afin de pouvoir échanger régulièrement quelques
mots avec eux. Elle était aussi en rapport avec leur médecin de famille, qui la
tenait régulièrement au courant de leur état de santé.
Cette situation d’exil maternel se prolongea jusqu’à environ 1910 ou 1911.
Alice avait 11-12 ans, lorsqu’elle décida que cela ne pouvait plus durer. Un jour
elle prit par la main ses deux cadets et s’enfuit chez sa mère. Les enfants y
furent accueillis à bras ouverts par leur mère et leur futur beau-père, Frédéric
Kovacs. Ce fut la fin de l’exil maternel. Mais aussi le début d’une nouvelle
séparation, celle-ci définitive. En effet, le père des enfants ne fit jamais la
moindre tentative ni pour les récupérer, ni même pour les revoir, et eux-mêmes
apparemment n’y tenaient guère. Ils n’ont même jamais su quand ni comment
il est mort. Dès que ce fut possible, Frédéric Kovacs adopta les trois enfants
qui portèrent désormais le double nom de Székely-Kovacs.
Ces séparations dramatiques et précoces marquèrent profondément la mère
et les trois enfants. Ils vécurent désormais dans une sorte d’état fusionnel,
cramponnés les uns aux autres, passant ensemble tous leurs dimanches et pratiquement toutes leurs vacances. Lorsque les deux filles se marièrent, leurs maris
furent intégrés à leur tour dans ce bloc familial, ainsi que l’épouse de leur frère.
En général, de telles situations deviennent rapidement explosives. Cependant,
grâce au grand cœur et à l’immense générosité de Frédéric, et l’intelligence et
la fine sensibilité de Vilma, cette famille élargie parvient à fonctionner à la
satisfaction de tous. Tous les participants trouvèrent leur compte et leur juste
place dans ce réseau familial, jusqu’à la grande explosion historique de
l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en 1938, qui poussa les deux
filles et leur famille à quitter la Hongrie pour l’Europe de l’Ouest. Alice et
Vilma ne résistèrent pas longtemps à cette nouvelle séparation. Alice mourut
en 1939, quelques mois après son arrivée en Angleterre, deux jours avant la
déclaration de la guerre, et Vilma au mois de mai de l’année suivante.
Faut-il voir les traces de cette enfance difficile dans l’œuvre d’Alice, presque
entièrement consacrée à la psychologie et à l’éducation des enfants ? Dans
sa courte vie, elle publia de nombreux articles et un petit livre, tous traitant de
la manière de gérer les angoisses, la curiosité, les petites habitudes dites
« mauvaises », des enfants, comment leur donner toute l’attention que ni
son père ni la gouvernante de son enfance n’ont su lui donner. Dans son livre
La psychologie de la chambre d’enfants ainsi que dans ses articles, elle donne
une vision quelque peu idyllique de l’amour maternel, qui lui semble aller de
soi : faut-il y voir une sorte de surcompensation du sentiment d’abandon qu’elle
a certainement dû éprouver lorsque sa mère est tombée malade et qu’elle-même
a été envoyée en province chez sa tante ? Dans ses écrits, elle fait preuve d’une
observation très fine, très juste des enfants et de leurs problèmes, mais n’aborde
pratiquement jamais le rejet, la maltraitance, ou les effets d’une mésentente
entre les parents. Il faut aussi remarquer l’absence quasi-complète du père dans
les écrits d’Alice, à l’exception d’un article ethnologique consacré au « Pater
familias ». Certes, c’était l’époque où la recherche psychanalytique commençait
à s’intéresser au rôle de la mère, en se détournant un peu de celui du père.
Cependant Alice avait peut-être ses raisons personnelles pour considérer le
père comme quantité négligeable. Sans doute à cause du souci permanent de
Vilma de rester en contact avec ses enfants, et le peu d’attention reçue de son
père, Alice, malgré son jeune âge, n’a pas vécu cette longue séparation d’avec
sa mère comme un abandon, un rejet, mais plutôt comme un exil imposé par
les circonstances.
Quant à Michæl Balint, lui aussi a vécu une sorte d’exil; cet exil a été
préparé de longue date du fait d’une relation difficile avec son père; cependant
c’est lui-même qui en a choisi les modalités et assumé les conséquences. C’est
lui qui a pris l’initiative de ce qui a abouti à cette rupture. Dans son cas, c’est
bien d’un rejet qu’il s’agit.
Une fois marié à Alice et père d’un garçon, Michæl devait penser à l’avenir
de son fils dans la Hongrie de l’époque, qu’il n’envisageait pas alors de quitter.
Il faut savoir que la Hongrie a été le premier pays d’Europe, en avance à cet égard
même sur l’Allemagne et l’Autriche, à prendre des mesures discriminatoires
à l’égard des Juifs, en instituant un numerus clausus qui déterminait le nombre
de Juifs pouvant être admis à faire des études supérieures. Beaucoup de jeunes
ont dû aller faire leurs études à l’étranger, car il n’y avait plus de place pour
eux dans les universités hongroises. Ce fut d’ailleurs le cas de Michæl et d’Alice
eux-mêmes qui, jeunes mariés, sont partis poursuivre leurs études à Berlin.
Bon nombre de familles juives assimilées depuis des générations et peu
attachées à leur religion et à leurs traditions se sont alors résolus à des conversions de commodité pour éviter les inconvénients d’une religion à laquelle ils
ne croyaient pas. N’en avoir aucune était impossible; en effet, en Hongrie, à
l’époque, il était obligatoire d’appartenir à une religion, quelle qu’elle soit.
Michæl, pour sa part, choisit la religion protestante unitarienne, la moins
exigeante, la plus libérale et la plus tolérante de toutes celles qu’il connaissait.
Par ailleurs, depuis longtemps déjà, beaucoup de juifs avaient changé leur
nom de famille à consonance généralement allemande pour prendre des noms
typiquement hongrois. On sait qu’à une certaine époque on avait obligé les
juifs à renoncer à leurs noms d’origine et à acheter des noms allemands. Les
plus riches obtenaient des noms reluisants, contenant les mots Gold ou Silber,
les moins riches devaient se contenter de noms de couleurs, comme Weiss
ou Roth, et les indigents se voyaient affublés de noms carrément ridicules.
De sorte que l’attachement à ces patronymes imposés n’était pas très fort.
Pour les juifs hongrois, il s’agissait essentiellement de manifester ainsi leur
intégration complète dans le pays où ils vivaient depuis plusieurs générations,
et auquel ils étaient affectivement très attachés, plutôt que de cacher leurs
origines, car ces noms étaient souvent choisis dans une même liste et facilement
repérables. Cela avait été le cas des Ferenczi, qui s’appelaient auparavant
Fraenkel; ou des Kovacs qui s’appelaient autrefois Spitzer. C’est ainsi que
Michæl Bergsmann est devenu Michæl Balint, à la fin des années vingt.
Son père ne lui pardonna jamais d’avoir abandonné son nom et sa religion.
De ce jour, il n’a plus voulu le revoir, ni même l’autoriser à mettre le pied dans
sa maison. John, le fils de Michæl, avait le droit de rendre visite à sa grand-mère, mais lorsqu’il était présent, le Docteur Bergsmann se retirait dans son
cabinet et n’en sortait qu’après son départ.
En fait, les relations de Balint avec son père n’avaient jamais été très chaleureuses. « J e me suis séparé de mon père il y a longtemps déjà », écrivaient
Michæl à sa belle-sœur en 1945, « nous avons toujours eu beaucoup de mal à
nous comprendre, nous n’avons jamais été de bons amis ». Le Docteur
Bergsmann était un homme sévère, assez froid et replié sur lui-même, tout le
contraire de sa femme, affectueuse, ouverte et chaleureuse, et que Balint aimait
profondément. Elle n’a jamais accepté cette séparation et continuait à voir
régulièrement son fils et son petit-fils.
Balint a donc pris le risque de cette rupture avec son père, même s’il ne l’a
pas souhaitée. Il ne l’a revu qu’une seule fois, la veille de son départ pour
l’Angleterre. Il ne savait pas alors que ce sera pour la dernière fois. En effet,
ses parents se sont suicidés en 1944, au moment où on venait les arrêter pour
les déporter.
Michæl Balint était très attaché à sa belle-famille, affectivement et professionnellement. Sa belle-mère, Vilma Kovacs était psychanalyste. Frédéric
Kovacs, son beau-père, est devenu un mécène du mouvement analytique
hongrois. C’est lui qui a fourni un local au dispensaire psychanalytique, premier
du genre, au rez-de-chaussée du 12 de la rue Mészaros, la maison qu’habitaient
les Balint, maison construite par Frédéric Kovacs et qui lui appartenait. Balint
en a été le directeur à partir de 1933, après Ferenczi qui venait de mourir. Les
Balint participaient régulièrement aux réunions du dimanche chez les Kovacs,
ainsi qu’aux excursions et aux vacances communes. Le départ en Angleterre a
constitué une rupture avec tout un univers chaleureux, accueillant, stimulant,
qui représentait le cadre de toute la vie de Michæl. L’exil de la maison paternelle a été redoublé par ce deuxième exil, rendu plus douloureux encore par la
mort brutale d’Alice quelques mois après leur arrivée à Manchester, puis par
celle de Vilma Kovacs l’année suivante. La guerre de 39-45 acheva la rupture
avec le monde d’autrefois.
On retrouve les traces de cette relation paternelle difficile dans toute une
partie importante de l’œuvre de Michæl Balint, à savoir la partie consacrée aux
séminaires de formation-recherche avec les médecins généralistes. Cette
formation à certaines techniques psychothérapeutiques proposée aux omnipraticiens s’adressait certainement, en partie, au Docteur Bergsmann. Balint en a
lui-même fait l’aveu au médecin et psychanalyste Pierre Benoit, un des premiers
à s’intéresser aux groupes Balint en France. C’est sans doute son père que Michæl
Balint aurait aimé sensibiliser au vécu de ses « enfants-patients », c’est à lui qu’il
aurait voulu apprendre à être attentif à leurs sentiments et à leurs problèmes.
Mais peut-être peut-on aussi déceler dans l’œuvre psychanalytique de
Michæl Balint certaines traces de ce premier exil. Certes, il est toujours hasar-deux de vouloir établir, de l’extérieur, des liens directs entre la vie et l’œuvre
d’un auteur. Mais il est bien évident qu’un tel lien existe. On peut ainsi se demander si sa relation depuis toujours difficile avec son père, et son fort attachement
à sa mère, n’a pas contribué à tourner l’intérêt de Balint vers la période prégénitale, les traumatismes précoces, à l’amener à forger la notion d’amour primaire
à la place du narcissisme primaire, et à refuser l’idée d’une haine primaire. Et
peut-être peut-on parler de new beginning, de nouveau départ, lorsqu’avant
même la rupture avec son père, pendant ses études universitaires, il s’est regreffé
sur la famille de sa future femme pour s’orienter vers la psychanalyse.
L’essentiel de l’œuvre psychanalytique de Michæl Balint, dont son dernier
ouvrage, Le défaut fondamental constitue la synthèse, traite de ces stades
précoces du développement, et du retour à ces stades durant certaines maladies
et au cours de certaines périodes de régression qui se produisent durant la cure
analytique.
Michæl Balint avait cette sorte de sécurité intérieure qui, selon Freud, est
le lot des garçons qui ont été très aimés par leur mère. C’est peut-être aussi la
source du talent particulier qu’on reconnaissait à Balint de comprendre et de
démêler les problèmes féminins. D’un autre côté, tout au long de son existence
il a éprouvé le besoin de démontrer à son père qu’il n’était pas totalement
dépourvu de valeur, voire qu’il était capable de rivaliser avec lui, et ce jusqu’à
la fin de sa vie où il a été élu Président de la Société britannique de Psychanalyse.
Voici en quels termes il annonça cette promotion à sa famille : « Vous vous
rendez compte, moi, le fils d’un petit médecin juif de la banlieue de Budapest,
je suis devenu le président d’une prestigieuse association psychanalytique... »
Tout comme sa femme Alice, Michæl Balint s’est fort peu intéressé au père
et à la relation père-enfant. Le début de ses recherches coïncidait avec l’apparition de la psychanalyse d’enfants, Anna Freud, Mélanie Klein et bien d’autres
commençaient à publier leurs théories sur le développement précoce de l’enfant
et son éducation durant les premières années. Déjà Ferenczi et Rank, vers la
fin des années vingt, ont mis l’accent sur le rôle de la mère, de sorte que c’est
la problématique maternelle qui, pour un certain temps a occupé le devant de
la scène. Alice et Michæl Balint avaient tous deux de bonnes raisons pour
s’engouffrer dans la voie ainsi ouverte.
Ajoutons, pour l’amour de la précision historique, que Frédéric et Vilma
Kovacs ont eux aussi envisagé un moment l’exil. Probablement plus pour rester
proches de leurs deux filles que par peur des événements. Au début de 1939,
ils sont venus s’installer à Paris, chez leur fille cadette, pour explorer les possibilités d’une immigration en France. Pour Frédéric, il était impensable de
repasser tous ses examens et de recommencer une carrière d’architecte à
l’étranger. Mais la psychanalyse était un métier peu organisé et Vilma, qui
parlait très correctement le français, aurait pu s’installer comme analyste. Marie
Bonaparte qu’elle connaissait et avait reçu chez elle, lui a assuré une clientèle
suffisante pour faire vivre le couple. Mais pour Frédéric, bon bourgeois
d’Europe Centrale, il était impensable de vivre du travail de sa femme. Aussi
ont-ils finalement pris la décision de repartir en Hongrie, peu avant que la
guerre n’éclate. Ils ont eu la « chance », si on peut dire, de mourir tous deux avant
que l’horreur ne s’abatte sur ce pays.
Pour en savoir plus sur la vie et l’œuvre de Michæl et d’Alice Balint, on peut
lire l’ouvrage récemment paru de Michelle Moreau-Ricaud sur Michæl Balint,
et aussi s’adresser à la revue du Coq-Héron, qui a publié les œuvres complètes
d’Alice Balint en deux volumes, quelques inédits de Michæl Balint, ainsi que
la plupart des articles de Vilma Kovacs. Par ailleurs, trois numéros spéciaux de
l’American Journal of Psychoanalysis consacrés à Michæl Balint sont en préparation dont le premier vient de paraître.