Topique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062954
200 pages

p. 141 à 154
doi: en cours

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no 81 2002/4

2002 TOPIQUE

La terreur comme « passivation »

Radu Clit 6 impasse Boutron 75010 Paris
Considéré par Hannah Arendt comme le principe même de l’action politique dans les régimes totalitaires, la terreur aurait deux formes sociales : ouverte et latente. Dans une perspective psychologique, Diel considère qu’elle suppose l’abandon de la confrontation au péril, étant opposée à la réaction d’attaque et de fuite, dont les émotions correspondantes sont la colère et la peur. La terreur est proche de l’état de détresse, une référence en psychanalyse, qui renvoie aussi à l’effroi et au trauma. Évoqué en clinique comme « terreurs nocturnes », cet émoi pourrait être aussi rapproché de l’angoisse psycho-tique. La terreur serait une forme d’affect représentable, qui suppose la passivation de l’individu, contraint à déléguer un surcroît de pouvoir aux instances collectives.Mots-clés : Abandon, Angoisse psychotique, Attaque et fuite, Représentation, Terreur, Trauma. Considered by Hannah Arendt as the basic principle of the political action of totalitarian regimes, terror has two social forms – open and latent. From the psychological point of view, Diel considers that terror necessitates the abandon of confrontation with danger, as this is contrary to the reaction of attack or flight, the corresponding emotions of which are anger and fear. Terror is close to the state of distress, a reference for psychoanalysis which moves us towards such feelings as dread and trauma. Referred to in clinical study as ‘night terrors,’these intense feelings can also be related to psychotic anxiety. Terror is then an affective form which can be represented, and this supposes the passivation of the individual who is forced into delegating an excessive amount of power to collective government.Keywords : Abandon, Psychotic anxiety, Attack and flight, Representation, Terror, Trauma.
Après les attentats du 11 septembre les discussions sur le terrorisme ont avancé l’idée qu’il s’agit d’une arme notamment psychologique. Plus explicitement, la terreur produite et recherchée par les auteurs des attentats ne serait pas en rapport direct avec les destructions ou le nombre des victimes. Également, cette terreur serait un effet qui pourrait être entretenu de façon plus simple que la répétition des attentats, tout en provoquant des conséquences favorables aux auteurs présumés.
Quelle serait alors le mécanisme psychologique de la terreur ? Le mot a plutôt une circulation sociologique, peut-être redevable justement à la notion de terrorisme. Sans essayer d’établir un historique de la question, il est concevable que d’emblée l’homme a été confronté à la terreur, dans ses rapports à une nature dont les forces étaient, par moments, complètement incontrôlables. Il est très possible que par la suite, l’organisation collective se soit proposée, d’une certaine manière, de gérer la terreur. En tous cas, on peut s’imaginer que la forme originelle d’état, l’Urstaat proposé par Deleuze et Guattari, en véhiculait la terreur. L’état despotique, évoqué par les mêmes auteurs, a recours à la terreur. Est-ce que l’état serait davantage capable de gérer cette dimension ? Toujours est-il que par la suite, la Révolution française essaya d’utiliser la terreur au compte du peuple, comme un instrument nécessaire au progrès social. La terreur était censée préserver l’esprit révolutionnaire lui-même, et imposer une sorte d’instance de contrôle de toute modification sociale. Est-ce que le progrès serait possible grâce à la terreur ? En tous cas, le rôle de la terreur dans ce renouvellement qui fonda la France moderne pourrait être considéré comme secondaire. En revanche, la terreur joue le rôle central dans une autre révolution, celle de 1917, qui a permis l’installation d’une autre forme d’organisation sociale – il s’agit du système totalitaire, qui a marqué l’histoire européenne du XXe siècle.
 
LA TERREUR ET LE RÉGIME TOTALITAIRE
 
 
La révolution française a pu finalement se dissoudre dans des formes d’organisation sociale moins avancées, mais qui se sont distancées aussi de la terreur. Tel ne fut pas le cas de la révolution bolchevique, qui généra un état rapproché par la suite du régime nazi, qui sera installé un peu plus tard. Ces deux formes de système social, communiste et nazi, sont considérées comme les deux versions de l’état totalitaire. Hannah Arendt présente la terreur comme le principe même de l’action politique dans ce type d’état. On peut se poser la question : quel serait le but d’un tel régime ? Enriquez considère que les états totalitaires se veulent « représentants du peuple-Un ». Mais d’abord il faut obtenir ce peuple-Un, niveler la société et l’homogénéiser. Le peuple-Un serait une sorte de prolongement narcissique du pouvoir, dépourvu de personnalité, de diversité, d’opposition.
Ce résultat doit être mis en rapport avec les traits sociologiques du système totalitaire : le parti unique; le monopole idéologique; la propagande; le contrôle de toute la vie sociale; la terreur, comme résultante de tous les autres facteurs. Une telle organisation étatique permet l’obtention dans le social de constantes qui posent davantage leur empreinte sur la psyché collective. Il s’agit de :
  • la rupture par rapport aux valeurs morales et politiques traditionnelles,
  • le rôle central des camps de concentration,
  • l’ubiquité de la police secrète.
La rupture par rapport aux valeurs morales et politiques traditionnelles ne compte pas simplement par rapport à l’ancienne organisation sociale, mais également à l’intérieur du régime totalitaire lui-même. Ceci fait que tout projet individuel ou collectif est toujours imprévisible, loin des expectations du sujet social.
Le rôle central des camps de concentration est censé prouver que le régime peut tout se permettre, y compris, selon Hannah Arendt, de changer la nature humaine. Car justement dans les camps, le modèle de personne qui devrait exister dans la société soit disant libre est créé de façon accélérée.
L’ubiquité de la police secrète prouve la capacité du pouvoir d’être partout, pour surveiller ses sujets, qui ne sont effectivement libres que dans leur tête. Et là encore la liberté n’est que relative. Ainsi, la terreur compte pour une menace permanente sur la vie de l’individu. Au niveau social, son effet est notamment l’atomisation sociale, la dilution de toute collectivité dans une masse amorphe, elle-même typique du totalitarisme. Cet effet est obtenu aussi de façon directe, par l’interdiction des réunions des citoyens qui ne sont pas organisées par le pouvoir. De toutes façons, la menace vitale force les individus à se centrer sur eux-mêmes, et à se méfier des autres. Cet effet est aussi recherché par les actions terroristes, qui se proposeraient justement une sorte de diminution de la cohésion sociale. En même temps, ce type d’effet serait lui-même en rapport avec une tendance totalitaire, par le biais de la terreur. La fragmentation sociale d’un côté, et la protection contre les actions terroristes possibles a tendance à renforcer les mesures sécuritaires, voire policières, plus nécessaires quand le tissu social est déchiré. La puissance des organisations de la société civile se voit diminuée, et le recours au pouvoir d’état devient nécessaire.
La terreur totalitaire a un effet plus fort, déchirant le lien social, atomisant l’organisme social, et le transformant en une masse décomposée. H. Arendt parle de la dissolution des individus dans des groupements amorphes. L a personne se trouve dans un état d’isolement. « L’isolement peut être le début de la terreur; il est certainement son terrain le plus fertile; il est toujours son résultat » (Arendt, 1995). Cet isolement serait à comprendre au niveau social, car les relations proches, de type interpersonnel se trouvent renforcées [1]. L’isolement social serait la condition de la domination totalitaire et du contrôle total de la vie publique. La complexité de ce type de régime permettrait d’isoler deux formes de terreur :
  • La terreur ouverte, qui consiste en la persécution, la poursuite, l’arrestation et éventuellement en l’élimination d’une catégorie ethnique ou sociale de la population. La terreur ouverte se présente comme une terreur de masse.
  • La terreur latente, qui a une multitude de formes de manifestation, désigne une sorte de blocage de l’individu dans ses rapports avec le pouvoir d’état, et notamment dans ses rapports avec les représentants de l’appareil à produire la terreur [2].
À souligner que la terreur ouverte précède et renforce de temps en temps la terreur latente. Les deux formes sont des dimensions qui résultent de l’allure générale du système totalitaire. Ainsi, la police secrète politique est le constituant le plus important de l’appareil à produire la terreur. L es camps de concentration sont les laboratoires où la production de la terreur, la portée de ses effets seraient étudiées. L’existence des camps de concentration a un effet important, à la fois direct et indirect sur la population libre, de la même façon que les actions terroristes visent un ensemble humain, et pas seulement les victimes ou les témoins directs. Et en fin, la rupture par rapport aux valeurs politiques et morales traditionnelles est une condition de la terreur, car elle annonce quelque chose de nouveau, mais sans préciser les détails.
Les rapports avec ces particularités du fonctionnement social spécifient la terreur totalitaire, au-delà de sa simple appartenance à un régime politique particulier. L’appareil censé produire la terreur constitue aussi un système de surveillance généralisée, qui entretient la menace. Également, les camps de concentration sont un symbole du caractère fermé du monde totalitaire, où la terreur ne doit pas être reconnue ou exprimée. De cette façon, l’évocation du passé devient condamnable, et surtout l’évocation des moments de terreur ouverte dont le pouvoir en place est responsable.
Mais finalement, quelle serait l’utilité de cette référence, car, il faut l’admettre, le profil d’un régime totalitaire est très spécial ? On peut estimer que dans ce genre de société, les articulations de la terreur sont plus évidentes que dans d’autres conditions. Ainsi, la terreur nécessite un pouvoir politique fort, censé protéger la collectivité davantage que l’individu. Dans cette perspective, les politologues sont d’accord pour dire que les mesures contre le terrorisme mettent en danger les libertés individuelles, ce qui serait une restriction de l’État de droit (Wieviorka, 1995). Le problème est que ce genre de mesures est plus ou moins demandé par la population. Aux États-Unis, après les attentats du 11 septembre, on a signalé l’impossibilité de discuter les initiatives du gouvernement fédéral en matière de lutte contre le terrorisme, à cause du sentiment de blessure de la majorité de l’opinion publique. En France, où la réaction collective fut plutôt nuancée, il serait possible d’invoquer la présence d’une forme de terreur latente. Ainsi, on peut se poser la question du rôle que cette supposée terreur a pu avoir des mois plus tard, lors des élections présidentielles. Non seulement la question sécuritaire devint un thème important dans la campagne, mais de nombreuses voix furent accordées au Front national. Également, la création d’un seul parti de droite a été très bien acceptée par les électeurs. Les phénomènes sociaux en question sont beaucoup plus complexes, et d’autres causes seraient aussi en jeu. Néanmoins, ils révèlent la particularité de la terreur de demander un surcroît de pouvoir. Il faut aussi souligner que dans le totalitarisme réel, le mouvement est double, c’est le pouvoir politique central qui génère la terreur pour justifier l’instauration et le maintien du contrôle total de la société.
 
LA RÉFÉRENCE CLINIQUE
 
 
La terreur reste néanmoins un phénomène psychologique, vécu par l’individu. Comment comprendre sa nature par rapport à d’autres émois qui sont utilisés dans le champ clinique ? Il faudrait d’abord trouver les utilisations qu’on lui donne en psychopathologie. Le bilan n’est pas très riche, il y a une seule occurrence, à savoir « les terreurs nocturnes ». Le plus souvent confondu avec les « cauchemars » ou le « pavor nocturnus », le tableau de cette entité clinique est décrit ainsi : « l’enfant, après quelques petits cris, se lève ou s’assied dans son lit, sa figure est angoissée, il crie, gesticule, s’agite, fait semblant de se défendre, comme s’il vivait un tableau terrifiant; il ne reconnaît pas les personnes qui l’entourent mais réagit plus ou moins aux tentatives de le rassurer; une fois la terreur terminée l’enfant se rendort. Au réveil, il n’a gardé aucun souvenir du phénomène qu’il a vécu. » (Ajuriaguerra, 1980). Quand ce genre de manifestation se produit de jour, on parle de « terreurs diurnes ». Il faut signaler d’abord le pluriel, comme s’il était question d’un phénomène multiforme.
Dans une autre perspective, l’enfant qui en souffre, doit se réveiller à cause de mauvais rêves dont il ne peut pas se défendre en dormant, et fait appel à ses parents. Une certaine agitation est visible, résultat d’un processus défensif mal organisé. Mais on ne sait pas si la désorientation est l’effet de l’état de sommeil ou du choc subi. Le fait qu’il réponde aux tentatives d’apaisement et qu’il se rendorme vite, prouve que le vécu n’a pas de conséquences profondes immédiates sur son fonctionnement psychique.
Dernier détail à souligner, le processus en question n’est pas provoqué par une quelconque stimulation extérieure. Le sommeil ne permettrait pas une telle cause, donc les terreurs invoquées ne peuvent être que de nature interne, sans que l’on puisse connaître leur vraie nature. L’amnésie de l’événement serait complète.
Il est certain que le phénomène décrit en psychopathologie de l’enfant n’est pas le même que celui signalé en plan social. L a terreur collective touche également adultes et enfants, et n’est pas censée rester diurne ou nocturne. Tout au moins, l’on peut rechercher certains éléments communs. À travers ses formes, la terreur doit avoir une certaine unité, à la différence d’autres phénomènes proches, elle doit présenter une identité. Il faudrait trouver d’abord une spécificité comportementale et d’éprouvé.
 
LA TERREUR, COMPORTEMENT ET ÉPROUVÉ
 
 
Le péril supposé dans la terreur se retrouve aussi dans la gamme des phénomènes de type angoisse-anxiété, pertinent quand l’accent est mis sur la scène intrapsychique, alors que la panique, une autre entité, de par son intensité, peut aussi caractériser des situations collectives. Quelle serait la place possible de la terreur dans ce contexte ?
Diel insère la terreur dans la gamme de réactions d’attaque ou de fuite du danger, qui a une acceptation quasi-générale en psychologie. Plus précisément, il signale une troisième forme de réponse au danger, qui se déclenche « devant le péril trop brusquement perçu ou trop intense et insurmontable, de sorte que de ces deux réactions de sauvegarde (fuite et attaque) aucune ne parvient à se déclencher. Elles demeurent toutes deux bloquées dans le corps et leurs intentions contradictoires produisent un spasme, inhibant la motilité. C’est comme si les impulsions de fuite et d’attaque tirant en sens inverse s’anéantissaient mutuellement, paralysant toute réaction et créant ainsi un état léthargique. Cette forme convulsée de la réplique au choc émotif, aboutit à la réaction d’abandon. » (Diel, 1985).
D’abord il faut souligner que cette perspective trouve une sorte de confirmation dans la langue anglaise, ou l’on parle de trois issues possibles devant un danger : fight, flight, fright. Donc à côté de l’attaque et de la fuite, on désigne une troisième possibilité, qui pointe davantage un émoi : le sens de fright est celui de l’effroi. Or Diel souligne qu’il s’agit là de la perspective comportementale, et que le vécu de ces trois réactions d’attaque, de fuite, et d’abandon a un caractère de panique. Néanmoins, des différences sont gardées : pour l’attaque l’éprouvé serait la colère, pour la fuite la peur, et pour l’abandon la terreur. La terreur trouve un terrain propre, même si d’une certaine façon elle serait le résultat d’un compromis entre attaque et fuite, ou entre colère et peur. Mais l’idée d’abandon ne convient qu’au niveau comportemental. Le vécu n’a pas néanmoins l’apparence d’un renoncement, ce pourquoi je propose comme propre de la terreur un effet de passivation.
Il s’avère que la terreur devrait être distinguée non seulement de la colère où il est question de confrontation au danger, mais aussi de la peur, qui est une protection active, à savoir l’éloignement du péril. La terreur offre le sujet à l’agression ou à l’agresseur, pour ainsi dire, mais elle compte aussi pour une défense – dans le monde animal certains prédateurs ne distinguent leur proie que par ses mouvements. C’est dans ce sens que la terreur a l’effet d’une passivation, à l’égard du danger extérieur. La terreur signe une sorte de supériorité absolue de l’agresseur, et elle peut générer une attitude de fascination, qui se retrouve parfois dans les réactions à l’égard de certains terroristes ou actions terroristes.
 
MÉCANISMES PHYSIOLOGIQUES
 
 
L a vision de Diel devrait être confrontée aux travaux de psychosomatique, dans lesquels les comportements d’attaque et de fuite ont largement été étudiés, notamment par l’école de F. Alexander. La question était de trouver des réactions physiologiques concomitantes à certaines émotions, qui seraient à l’origine, ou au moins dans une certaine continuité, avec certaines maladies psychosomatiques. À un niveau physiologique, l’organisme connaît des réglages propres au système neurovégétatif, qui a deux volets, sympathique et parasympathique. Le premier génère surtout des processus cataboliques, le deuxième soutient davantage l’anabolisme. Par conséquent, les effets sympathicomimétiques [3] et les effets parasympathomimétiques [4] sont opposés, et supposeraient des comportements également opposés. Ainsi, la préparation à l’attaque et à la fuite demande des mécanismes physiologiques de nature sympathique. Les mécanismes parasympathiques prendraient le devant dans la « suspension totale de l’activité dirigée vers l’extérieur » (Alexander, 2002), ce qui supposerait le retrait dans une situation de dépendance [5].
Or la réaction d’abandon typique de la terreur décrite par Diel irait de pair avec une annulation réciproque des tendances vers la fuite et vers l’attaque. À mon sens, le résultat serait proche de cette suspension totale de l’activité dirigée vers l’extérieur, stimulant davantage les mécanismes parasympathiques. De cette façon, il serait possible de fournir au comportement propre à la terreur des mécanismes physiologiques qui intéressent dans l’étude des émotions.
 
TERREUR, EFFROI, TRAUMA
 
 
La spécificité comportementale de la terreur ne semble pas assurer directement des rapports avec des phénomènes intrapsychiques étudiés classiquement en psychopathologie. D’abord la réaction d’abandon ne peut évoquer que le trauma, alors que le caractère intense de l’éprouvé suggère l’effroi, vers lequel on est d’ailleurs orienté par la formule utilisée en anglais, et déjà énoncé (fight, flight, fright).
Selon Freud, l’effroi dénomme « l’état dans lequel on tombe quand on encourt un danger sans y être préparé » (Freud, 1926g). La non-préparation est aussi une condition du trauma. Si la terreur était réductible à l’effroi, il serait possible d’établir une sorte d’équivalence entre terreur, effroi et trauma. Par ailleurs, il y a des auteurs qui trouvent que l’effroi serait le vécu du trauma, et que son intensité dépasserait la terreur (Bailly, 1996). Tout en acceptant cette distinction, l’analyse du trauma permettrait de mieux comprendre la terreur.
Dans le trauma l’accent est mis sur la non-préparation devant le choc, ce qui ouvre vers le caractère individuel de ce rapport [6]. Le même événement ne serait pas traumatique pour tout le monde; alors que la terreur n’aurait pas de rapport avec la préparation, et supposerait une participation collective. L’on pourrait admettre que malgré la réaction d’abandon à postuler dans tous ces cas de figure, il y aurait de degrés différents de blocage devant des périls dépassant les possibilités de défense. Néanmoins, la terreur serait un vécu proche du registre traumatique.
D’un autre côté, le registre du traumatisme est assez large, mais serait réductible à deux cas de figures. L e premier concerne le traumatisme de nature sexuelle, isolé par Freud, qui suppose un rapport d’après-coup. Plus précisément, il est question de deux temps du traumatisme, le premier qui a un potentiel désorganisateur latent, et le deuxième qui acquiert un caractère menaçant de par son lien avec le premier temps. Ce type de traumatisme suppose une certaine évolution psychique entre les deux moments en question. Ceci permet que le deuxième coup soit un événement banal. Dans le deuxième cas de figure, le trauma a une force très importante, susceptible de briser toute protection, et de provoquer l’excitation interne, propre au traumatisme. À mon sens, cette situation intéresse davantage le registre narcissique.
D’autres auteurs ont théorisé de manière différente cette distinction entre les deux types de traumatisme. Bailly propose à côté du traumatisme sexuel, une version mortifère. « Pour les traumatismes sexuels, on constate la présence du refoulement, de l’après-coup, la mise en jeu du complexe d’Œdipe et l’implication de la jouissance. Ils s’accompagnent de symptômes « dissociatifs ». Quant aux traumatismes mortifères, on note, en revanche, une absence de refoulement, des symptômes immédiats, pas de mise en jeu du complexe d’Œdipe, l’existence d’un trou de jouissance, l’importance des symptômes de reviviscence, des remaniements de personnalité et des changements de caractère. » (Bailly, 1996). Il y aurait beaucoup d’éléments d’opposition entre ces deux types de traumatismes. Où placer la terreur, qui semble être, à un premier abord, plus proche des traumatismes mortifères ? Est-ce que la terreur serait néanmoins une version légère de traumatisme ?
Le rapport du traumatisme à la répétition pourrait offrir des raisons de distinction. Il faut d’abord rappeler que ce sont les rêves répétitifs qui ont signalé à Freud « l’au-delà du principe de plaisir », et qui constituent également une conséquence de trauma. L’excès d’excitation propre au traumatisme demanderait de nouvelles confrontations avec la situation choquante, ne serait-ce qu’en rêve, pour aboutir à une certaine maîtrise. La thérapie psychanalytique accueille la répétition des scènes traumatiques pour leur élaboration. La tâche semble être plus difficile dans les traumas d’atteinte narcissique ou mortifères. Quant à la terreur, elle pourrait se produire sur un terrain connu. Elle semble être la réaction devant des dangers inévitables, mais également au-delà des capacités de défense du sujet. On peut se demander si la terreur ne serait pas le vécu d’un trauma répété, donc d’un danger connu, mais qui reste redouté, et qui ne permet pas une vraie confrontation.
Le rapport du trauma à la représentation est une autre problématique importante. En principe, par son effet mobilisant de l’énergie psychique, tout trauma provoque la déliaison interne et chasse la représentation. Le rapport d’aprèscoup provoque cet effet à cause du lien de signifiance qui s’établit entre les deux chocs en question. Dans ce sens, il faudrait rappeler que le trauma est vu par certains auteurs comme l’effet de la confirmation dans la réalité d’un fantasme (Janin, 1996). Comme si le trauma essayait d’éliminer le sens déjà existant, en annulant la représentation. L es traumatismes non-sexuels se produiraient d’emblée dans le manque de sens. Ce trait commun aux deux types de traumas ne serait pas propre à la terreur. Déjà la version latente de terreur présentée en haut suppose un préalable de menace vitale qui accule le sujet à la passivité. Même la terreur ouverte serait compatible avec le maintien des représentations sollicitées par la réalité effrayante. D’ailleurs, lors des attentats du 11 septembre, on a bien dit que l’image de l’incendie des Twin Towers et de leur écroulement était comme tirée d’un film du genre que les Américains raffolent.
Il faut envisager aussi le potentiel destructeur du trauma pour la psyché elle-même, et pas seulement pour la représentation. J anin a invoqué le « collapsus de la topique interne » – le sujet traumatisé ne sait plus si la source de son excitation est située à l’intérieur ou à l’extérieur de soi-même (ibid.). Or cet effet plutôt immédiat, peut être accompagné ou suivi d’une atteinte durable du moi, qui ne saurait être cantonné aux seuls traumatismes mortifères évoqués. Cette atteinte du moi serait en premier lieu le clivage – forme particulière de défense. D’autres destructurations plus graves du moi sont possibles. Est-ce que ce genre d’effet serait aussi propre à la terreur ? En principe, la réaction d’abandon immédiat de soi devant un péril devrait constituer une défense suffisante pour le maintien de l’équilibre psychique.
Classiquement en psychanalyse, le trauma acculerait le sujet à la situation de détresse (Hilflosigkeit), ou de désaide, qui ne permet pas de s’en sortir sans le soutien d’un objet investi de toute-puissance. Le registre de la toute-puissance est pointé aussi dans les rapports terroristes – pouvoir d’État. Ainsi, si le terrorisme est le plus souvent utilisé quand le rapport de force lui est défavorable, c’est pour donner une impression de toute-puissance (Sommier, 2000). Ce qui éclaircit davantage la réaction d’abandon propre à la terreur – il serait question d’un rapport de force défavorable, qui suppose aussi des phénomènes de pouvoir. Le sujet terrorisé renonce à tout pouvoir, celui qui exerce la terreur voudrait en obtenir.
Donc le trauma est aussi censé produire une désorganisation intrapsychique importante. Est-ce que la terreur ne serait pas justement une forme de protection contre une telle forme de désorganisation ? De par son effet subjectif important, la terreur reste proche de l’angoisse, mais suppose un danger externe. Le registre de l’angoisse est lui-même assez étendu. L e vécu extrêmement intense de l’angoisse psychotique permet un autre rapprochement, au-delà de la référence plus évidente à l’angoisse automatique.
 
ANGOISSE AUTOMATIQUE ET ANGOISSE PSYCHOTIQUE
 
 
L’angoisse automatique est une sorte de référence théorique en psychanalyse. Sa définition est d’une portée assez générale : « Réaction du sujet chaque fois qu’il se trouve dans une situation traumatique, c’est-à-dire soumis à un afflux d’excitations, d’origine externe ou interne, qu’il est incapable de maîtriser. » (Laplanche J., Pontalis J.-B., 1967). L’angoisse automatique serait superposable à l’état de détresse, mais dans cette définition l’accent est mis sur l’incapacité de maîtrise de l’excitation interne. Même si la terreur semble être proche d’un tel fonctionnement, ce qui me semble compter davantage est l’impossibilité de réagir au niveau du comportement. La passivation que l’on peut inférer par rapport au danger ne doit pas supposer une simple coïncidence avec l’angoisse automatique.
Par ailleurs, comme le soulignent Laplanche et Pontalis, Freud a opposé l’angoisse automatique à l’angoisse signal, qui annonce seulement la possibilité de cet état de manque de maîtrise. Or l’angoisse signal est typique du registre névrotique, largement réductible à l’angoisse de castration. L’angoisse de castration signale une menace sur la sexualité, concernant d’abord la capacité de plaisir, mais aussi l’intégrité des organes génitaux. À travers ses différentes formes, elle suppose un degré de maîtrise de l’excitation. De plus, elle ne compte pas pour une menace sur l’individu comme ensemble, ou pour un péril vital. D’emblée on pourrait postuler que le registre de la terreur dépasserait le ou les domaines de l’angoisse névrotique.
A contrario de l’angoisse névrotique, il faudrait invoquer l’angoisse psycho-tique comme plus proche de l’angoisse automatique – chez les psychotiques, l’impossibilité de la maîtrise de l’excitation serait observable. Mais est-ce que l’angoisse psychotique est à retrouver seulement chez des psychotiques ? Comment faudrait-il la comprendre ? L’angoisse psychotique est une réaction de défense devant une menace interne très intense, qui ne peut pas être cantonnée, de façon à ce que la constitution et l’existence du sujet soient éprouvés comme attaquées. Par conséquent, la menace vitale propre à la terreur est une dimension fondamentale de l’angoisse psychotique. Cette menace peut trouver une expression externe. Les catastrophes, les accidents ou le danger qu’ils représentent, donneraient du sens à la menace interne en question. Ce rapport illustre la dimension quantitative très forte de la menace interne qui est propre à la psychose. Il serait possible de s’appesantir sur la dimension quantitative, et d’avancer que tout péril extrêmement fort pourrait provoquer des angoisses de type psychotique. Dans cette perspective, on peut se demander si les personnes qui se sont jetées par les fenêtres des Twin Towers [7], avant l’écroulement, n’étaient justement pas dans un état de terreur proche de l’intensité de l’angoisse psychotique. Est-ce que dans leur cas on pouvait parler de suicide, ou plutôt d’une action désespérée pour éviter une menace terrible ? Est-ce que cette réaction serait tout de même de fuite, et pas d’abandon, le propre de la terreur ? Il s’avère que dans des situations extrêmes, il est difficile de qualifier la nature du comportement observé.
Plus important, l’angoisse psychotique suppose une transformation de l’image du corps, qui peut être vue comme une simple conséquence de la modification psychique qui compte pour une destructuration. Il serait possible d’avancer que l’angoisse psychotique se confond avec le procès psychotique lui-même. L’immobilisation qui serait typique de la terreur pourrait être mise en rapport avec une forme particulière de psychose schizophrénique, à savoir la catatonie. Cet état fige le sujet dans des positions qui sont parfois assez bizarres, et difficiles à comprendre. Pourquoi « choisir » une posture si incommode, qui demanderait des efforts importants pour être maintenue ? Quel danger interne pourrait justifier de telles attitudes ? Apparemment ce dont il est question, c’est une sorte d’arrêt devant une menace très importante, qui doit faire partie du processus psychotique. Le refus de bouger du catatonique serait une sorte d’effort pour maintenir une position de certitude devant une imminence de désintégration corporelle. En conséquence, l’on pourrait généraliser : contre les périls très forts qui menacent de façon évidente le corps, l’immobilisation est une défense possible.
La fragmentation est une autre dimension importante de l’angoisse psycho-tique, et apparemment la terreur pourrait avoir aussi ce contenu, mais d’une certaine façon par rapport à un danger extérieur. Ainsi l’utilisation de plus en plus fréquente des explosions dans les attentats terroristes provoque des fragmentations réelles des corps des victimes. Dans les décombres des tours du World Trade Centre à New York on n’a pas tellement trouvé des cadavres, mais plutôt des morceaux de corps [8]. Il s’agit là du morcellement effectif du corps de l’autre, confirmant le contenu de la terreur.
La présence réelle de la mort doit nous rappeler que la forme la plus radicale d’angoisse psychotique est l’anéantissement ou l’annihilation. Elle est également réalisée par de telles actions terroristes qui ne détruisent pas simplement des personnes mais aussi des véhicules, des bâtiments. Cela diminue le sentiment de protection, en accentuant le vécu d’impossibilité d’échapper au danger.
 
LA REPRÉSENTATION DE LA TERREUR
 
 
Il devient alors évident que la terreur n’est pas un effet à obtenir seulement chez les victimes des attentats, ou chez les témoins directs d’un tel événement. Ce qui compte le plus c’est d’obtenir un effet dans l’ensemble de la population, ainsi que chez les responsables politiques. Les attentats sont censés provoquer ce type d’émoi chez le plus grand nombre, ce qui pose la question du rapport de la terreur avec la réalité. La terreur serait la réponse interne devant des périls dépassant les possibilités de défenses du sujet, et lui posant la question de son intégrité corporelle. Le réel compte aussi – comme l’a fait remarquer Jean Baudrillard : « le réel s’ajoute à l’image comme une prime de terreur, comme un frisson en plus » (Le Monde, 2002). Ceci prouve que la terreur est une expression interne d’une réalité externe effrayante, mais qui est proche de l’angoisse vitale primordiale de l’être humain. L’angoisse psychotique est le résultat d’une déconstruction de la psyché, qui ne serait pas réductible à la régression, comme l’a fait signaler Winnicott.
La terreur serait donc une dimension du monde interne, une sorte d’avatar de l’angoisse qui s’exprime dans le réel, sans y être réductible. Ce type de rapport permet d’avancer que la terreur, à la différence du trauma, est un vécu intense, qui pousse à la passivation, mais qui serait représentable. Le parcours historique de la terreur permet de retrouver plusieurs hypostases qui lui seraient propres : « les autorités religieuses ou politiques mettent volontiers en scène l’expiation et le châtiment, et s’assurent de leur capacité de coercition par les effets sidérants de ce spectacle. On sait la fortune qu’eurent jadis les bûchers de l’Inquisition et le rituel sanglant de la guillotine. Des figurations médiévales de l’enfer aux grands procès orchestrés par le régime stalinien, une même logique est à l’œuvre, qui exhibe la souffrance et fait couler le sang pour mieux garantir le pouvoir de toute contestation. Les exécutions publiques, la torture, mais aussi, plus subtilement, le « choc des mots » dans la langue de bois et le « poids des photos » contrôlés par la propagande, ont fréquemment servi, au cours de l’Histoire, les visées des régimes totalitaires. » (Glaudes, 1996)
Rituels ou objets, mises en scènes ou en images, voilà la diversité de situations qui provoquent la terreur. Malgré ces formes multiples, il doit y avoir un dénominateur commun, en rapport avec la réactivité émotionnelle humaine, qui n’est pas illimitée. D’un autre côté, la terreur n’est pas générée seulement par des actions terroristes, et l’art pourrait aussi la provoquer. Une récente exposition sur le surréalisme [9] avait comme affiche un portrait de Magritte intitulée « La lectrice soumise » [10], et dont l’expression dégage, à mon sens, la terreur. Non seulement la réalité des images ou des mises en scène pourraient nous faire vivre la terreur, mais la lecture aussi. En principe, il serait même inapproprié de parler de peur dans ce contexte, car la peur suppose un danger réel, l’ici et maintenant. Donc la terreur fait un lien entre réel et imaginaire. Concernant le contenu de la terreur, il serait intéressant de noter que le titre originel de cette toile avait été « La lectrice agitée » [11]. Le peintre, qui a très bien rendu l’impression de terreur, avait compris que cette émotion arrive à imposer un comportement de soumission, même si le vécu simultané reste très intense.
 
CONCLUSION
 
 
La terreur n’est pas une simple expression interne d’une réalité externe effroyable, mais plutôt la forme d’angoisse vitale primordiale de l’être humain. Sans être réductible à des dangers externes, elle en est néanmoins déterminée. Elle reste proche du registre traumatique, sans avoir les mêmes conséquences désorganisatrices pour la psyché. Par la passivation externe, la terreur signale la défaite du sujet, qui veut justement se protéger d’un péril dont les proportions lui semblent écrasantes. Le lien avec le narcissisme en est la preuve, signalant un péril qui met en question la personne en tant qu’ensemble. À chaque fois que l’être humain se trouve dans une situation évoquant l’état de détresse initiale, que ses actions possibles ne sont plus adaptées, que le rapport de pouvoir est complètement favorable à l’autre, la terreur entre en jeu, avec le mouvement d’attribution de toute-puissance conséquent, et la fascination éventuelle. La désintégration de soi serait une sorte de limite de la terreur, qui une fois franchie pousse vers le registre du trauma. Car la terreur permet l’isolement d’un sens. La représentation de la terreur est donc possible, avec le même effet de passivation. D’où la tendance à déléguer un surcroît de pouvoir aux instances collectives extérieures, malgré le risque de dysfonctionnement social.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  AJURIAGUERRA J. Manuel de psychiatrie de l’enfant, 2e édition, Paris, Masson, 1980.
·  ALEXANDER F. La médecine psychosomatique. Ses principes et ses applications, nouvelle édition, Paris, Payot, 2002.
·  ARENDT H. Le système totalitaire, Paris, Le Seuil, 1995.
·  ARENDT H. La nature du totalitarisme, Paris, Payot, 1990.
·  BAILLY L. Les catastrophes et leurs conséquences psychotraumatiques chez l’enfant. Accidents, terrorisme, guerre, violence d’État, torture, catastrophes naturelles. Descriptions cliniques et traitements, Paris, ESF, 1996.
·  BAUDRILLARD J. L’esprit du terrorisme, Le Monde, 3 nov. 2001.
·  CLIT R. Cadre totalitaire et fonctionnement narcissique. Effets psychiques collectifs et individuels du pouvoir d’état communiste est-européen, Paris, L’Harmattan, 2001.
·  DIEL P. La peur et l’angoisse. Phénomène central de la vie et son évolution, Paris, Payot, 1985.
·  ENRIQUEZ E. De la horde à l’État. Essais de psychanalyse du lien social, Paris, Gallimard, 1983.
·  FREUD S. (1926g) Au-delà du principe de plaisir, OCF.P, XV, Paris, P.U.F., 1996.
·  GLAUDES P. Introduction, in Terreur et représentation, sous la direction de P. Glaudes, Grenoble, ELLUG, 1996, p. 7-10.
·  JANIN C. Figures et destins du traumatisme, Paris, P.U.F., 1996.
·  LAPLANCHE J., PONTALIS J.-B. Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, P.U.F., 1967.
·  SOMMIER I. Le terrorisme, Paris, Dominos/Flammarion, 2000.
·  WIEVIORKA M. Face au terrorisme, Paris, Liana Levi, 1995.
·  *** Remains of a Day, TIME Magazine, 11 sept. 2002.
 
NOTES
 
[1]Dans les Pays de l’Est, on a remarqué pendant le régime communiste une très grande importance des relations de famille et entre amis. À mon sens, ces rapports, censés réduire l’isolement social, comptent pour une défense contre la domination totalitaire et contre la terreur (Clit, 2001).
[2]L’appareil à produire la terreur ne serait pas réductible à la police secrète. Les forces de l’ordre ordinaires, les apparatchiks en feraient aussi partie. Mais la direction de cet appareil est réalisée par le parti unique et son dirigeant.
[3]Les plus importants sont : la tachycardie, la tachypnée, l’augmentation de la tension artérielle, la mobilisation des hydrates de charbon.
[4]Il s’agit de phénomènes vagotoniques : hypersécrétion gastrique et intestinale, myorelaxation, bradypnée, vasodilatation.
[5]Il faut mentionner que la théorie d’Alexander est plus élaborée, et que la maladie psycho-somatique est possible parce dans les deux cas de figure, éprouvé et comportement sont séparés. Dans le premier cas, la conduite d’attaque ou de fuite n’est pas réalisée effectivement, dans le deuxième la dépendance reste non-exprimée. Seulement le soubassement physiologique prouverait l’existence des tendances propres aux comportements invoqués.
[6]Ce qui n’empêche pas d’invoquer des traumatismes collectifs.
[7]D’après mon estimation, il s’agit de quelques dizaines.
[8]Précisément 19 858, dont seulement 4 598 avaient été identifié un an après ( TIME Magazine, 2002).
[9]« La révolution surréaliste », organisée au Centre Georges Pompidou en 2002 (6 mars - 24 juin).
[10]C’est une toile réalisée en 1928.
[11]Magritte a fait part de cette modification à un de ses correspondants, dans une lettre.
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[2]
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[3]
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