Topique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.sans
210 pages

p. 43 à 53
doi: en cours

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N°83 2003/2

Théories de la violence, politiques de la mémoire et sujets de la démocratie

Georges Navet Patrice Vermeren
S’agissant des théories de la violence, il est clair que les modèles philosophiques élaborés pour en rendre compte sont aujourd’hui épuisés, ou, à tout le moins, à questionner : le modèle juridico-étatique, où seul l’Etat détient la violence légitime (Max Weber, Habermas) ; le modèle révolutionnaire, où la violence est pensée comme réponse à une violence antérieure de classe (Marx critique de Hegel) ; le modèle néo-libéral, où la violence est sans cause assignable, sinon celle de l’incapacité des « victimes » à s’adapter (Hayek). S’agissant des formes nouvelles de la violence, il faudra aussi au moins interroger la peur généralisée de l’autre, ou crainte anticipée de la violence, l’exclusion comme « production de l’homme jetable», la violence suicidaire des émeutes urbaines et les violences ethniques liées aux diverses manifestations du nationalisme. La question de la violence, liée à celle de la mémoire et de la réparation, engagerait donc directement la notion de la subjectivation politique, c’est-à-dire celle de la citoyenneté et de la communauté. Comment ne pas annuler la politique dans la relation entre un état social et un état du dispositif étatique, et dans le consensus, qui est le contraire de la démocratie, si on veut bien celle-ci définir comme lien de la division et libre expression du dissensus ?Mots-clés : Consensus/dissensus, Démocratie, Mémoire, Modèles de la violence, Sujetpolitique. As we are dealing here with theories of violence, it is clear that the philosophical models hitherto established to account for such phenomena are no longer relevant in today’s world, or at least, we must question them i.e. the legal-state-based model in which only the State can be granted the powers of legitimate violence (Max Waber, Habernas), the revolutionary model in which violence is considered to be a reaction to anterior class violence (Marx criticising Hegel) and the neo-liberal model in which violence has no identifiable cause, other than the incapacity of ‘victims’to adapt (Hayek).As we are dealing today with new forms of violence, we must also bring into question the notion of a generalised fear of the Other or the anticipation of violence, exclusion and the notion of ‘throwaway people,’the suicidal violence of urban rioting and ethnic violence linked with the diverse manifestations of nationalism. The question of violence, linked with that of memory and reparation, thus directly involves the notion of political subjectivation, i.e. the notion of citizenship and community spirit. How can we preserve the notion of useful political power in the relationship between a social state and an authoritybased state and do so consensually, which does not mean democratically, if we wish to define the latter as being the link between the division and free expression of non-consen-suality.Keywords : Consensuality-Non-consensuality, Democracy, Memory, Models of violence, Political Subject.
• I – PHILOSOPHIES DE LA VIOLENCE
— 2/ les formes nouvelles que prend la violence
• II – POLITIQUES DE LA MÉMOIRE ET SUJETS DE LA DÉMOCRATIE


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