2003
Topique
Avant-propos
Sophie de Mijolla-Mellor
Adam Kiss
Ce numéro de Topique prolonge une méditation et des échanges ouverts
dans le N° 81 Guerre, mort et terreur pour tenter, face à l’actualité qui nous y
engage, de constituer une approche psychanalytique de faits collectifs dans
lesquels l’agir prend le pas sur la pensée.
On trouvera dans ce numéro des témoignages de résistants français qui
furent, en leur temps, nommés « terroristes » par l’ordre établi contre lequel ils
se soulevaient.
Car, ici les mots peuvent devenir des pièges, nécessitant une contextualisation qui leur redonne sens. Or, lorsque nous cherchons à nous faire une idée
puis un objet d’étude des actes terroristes et du terrorisme, la grande majorité
d’entre nous ne peut s’en approcher que par la représentation qu’en impose la
presse. Quelques minoritaires ont, de tel ou tel événement, aussi une perception
directe, en plus de l’image qu’en diffusent les médias. Que font ces derniers de
la divergence des images ? Comment les premiers accèdent-ils à la conscience
critique de la différence entre l’image et les faits ? Les chercheurs et les praticiens des sciences humaines peuvent-ils et doivent-ils réagir aux actes et aux
représentations du terrorisme ?
Les textes de ce numéro sont en majeure partie issus d’un forum international sur « Terrorisme, presse et Sciences Humaines » organisé à l’Université
Paris VII–Denis Diderot dans le cadre de l’Ecole Doctorale. « Recherches en
psychanalyse » par l’équipe « Interactions de la psychanalyse » [Pr. S. de
Mijolla-Mellor] et le groupe de recherches « Sciences humaines et Droits de
l’Homme » [Mr Adam Kiss] les 25 et 26 octobre 2002.
Diverses approches, linguistique, psychanalytique, sociologique sont en
dialogue dans ces articles, dont certains sont aussi des témoignages de praticiens en psychologie clinique ou de journalistes. Ce numéro de Topique
témoigne de la liberté des échanges tels qu’ils ont été respectés dans les
rencontres de ces journées.