2003
TOPIQUE
Retournements à l’œuvre
Cathie SILVESTRE
86 rue Georges Lardennois 75019 Paris
À partir d’un mythe universel, « celui du lien intrinsèque et insécable de la
vie et de la mort » (2001), vous nous invitez à penser l’origine et la fin dans
leur infinie circularité et intimité.
Entre les deux toutefois, les relançant ou les entravant, les unissant
également, advient le désir, le dur désir de durer, comme le disait Eluard, désir
modelant différemment pour chacun, le rapport au temps, temps imparti entre
le début et la fin, temps pour une vie que l’on peut souhaiter éclairée des couleurs
d’Éros et de ses séductions fatales, temps lui-même objet inaccessible de désir.
Je voudrais relever et admirer votre fidélité à des notions que vous avez
commencé d’explorer il y a déjà longtemps. Dans le texte écrit en 66 « Le
problème anthropologique du phantasme », vous affirmiez votre intérêt, qui ne
s’est jamais démenti, pour l’anthropologie psychanalytique.
[1]
Dès ce moment, s’annoncent clairement vos développements et hypothèses
actuels, quand, déjà vous écriviez : « cette loi de retournement se trouve à la
racine même du dualisme freudien », c’est-à-dire pulsion de vie et pulsion de
mort, ou encore, vie et mort dans leur intrication constante et indéfectible.
On peut s’arrêter un instant sur cette loi de retournement que vous exploriez
pour en préciser l’extension et l’établir comme une des lois du fonctionnement
psychique : non-réductible au retournement sur la personne propre, ou au retournement en son contraire, formes utilisées par Freud à propos des destins
pulsionnels. Pas plus réductible à des formes de discours, à la négation, la
dénégation, ou à la réversion.
Vous préfériez reprendre la remarque de Freud dans « Pulsions et destins des
pulsions » : « la transformation du sadisme en masochisme, signifierait un retour
à l’objet narcissique, tandis que le sujet narcissique est échangé par identification
avec un autre moi, étranger. »
[2]
Vous invoquiez aussi la conversion psycho-somatique, comme forme de
retournement qui met en jeu la pulsion, cet être mythique d’une part, intermédiaire d’autre part, entre le somatique et le psychique.
Ainsi est délimitée ou plutôt ouverte l’extension de ce concept, dont vous
nous dites, quelques années après, « qu’il est une loi organisatrice endogène et
exogène, immanente et transcendante de l’Inconscient en tant que tel et de ses
productions. »
Ce qui veut dire l’établir comme mode de rencontre et d’appréhension par
la psyché du monde environnant, et plus encore l’inscrire au chapitre des
processus primaires : à l’origine de la psyché, une représentation de l’origine
comme retour vers la fin d’où tout vient et où tout va ? le retournement
apparaissant alors comme auto-représentation du fonctionnement psychique ?
On peut inclure, je crois, dans votre conception du retournement, l’ambivalence, la conflictualité, avec l’accent sur la différence, l’inégalité, la non-similitude : retour ou retournement qui inclut l’autre, le tiers, le pluriel, la
démultiplication, etc’est en cela aussi que se signale la dimension mythique.
Le retournement serait-il également une des formes d’inscription psychique
de cette loi biologique de l’apoptose que vous évoquez, de cette mort nécessaire à la vie ? Est-ce dire que sans la présence insistante et toujours mêlée des
deux forces, de vie et de mort, ou encore des deux termes, quelque chose
manque à sa place ? Mais s’agit-il de terme ou de début ? La mort ne serait pas
seulement la compagne de la vie, voire son but comme le disait Freud, mais un
élément moteur du cycle de la vie, ceci bien sûr sans aller du côté de l’éternel
retour proposé par M. Eliade, c’est-à-dire avec une vision paradisiaque de
l’origine, qui n’est sûrement pas la vôtre.
Serez-vous d’accord pour dire avec Cassirer que le mythe est une tentative
pour faire disparaître le monde objectif des phénomènes dans le monde subjectif
et pour l’interpréter grâce aux catégories de ce dernier ?
[3]
Mais il souligne qu’il ne s’agit pas de reproduire dans le monde interne
l’image du monde externe, ou de projeter un monde interne déjà construit. Le
mythe, à l’égal du langage ou de l’art, est une forme symbolique qui vise moins
à maîtriser le monde qu’à lui donner un sens, il devient alors une forme quasi
opposable, un « vis-à-vis » soutenu par la force ou la puissance de ce qu’il
charrie d’universel et de singulier, de conscient et d’inconscient, un vis-à-vis
que se donnerait le sujet et qui lui fournirait accès à une intuition de lui-même.
Il y a dans cette conception une élaboration réciproque de la réalité et de la réalité
psychique aboutissant à une construction, qui devient elle-même leur support
actif et dynamique.
Mais, en ce sens également, vous avez raison de souligner que le mythe dit
les choses en clair, puisque, ainsi compris, il est l’énigme et son déchiffrement,
ou les voies de son déchiffrement, que le sujet projette à l’extérieur pour que
lui revienne une mise en forme donnant du sens au monde environnant. « Ce
n’est (au contraire) que dans ces formes et par leur médiation que les deux
moments de l’intérieur et de l’extérieur, du moi et de la réalité, réussissent à se
définir et à délimiter réciproquement. »
[4]
Il semble que le dialogue avec Freud est ainsi très ouvert, notamment dans
son adhésion à la toute-puissance de la pensée, mais il est remarquable de
trouver une formulation on ne peut plus proche de votre réflexion, quand
Cassirer écrit, à propos de la conscience mythique :
« En ce sens, la notion d’âme peut se définir comme la fin et l’origine de la
pensée mythique... ce qui donne sa valeur et sa portée spirituelle à la pensée
mythique c’est qu’elle est à la fois commencement et fin ». De l’âme au moi
et à la personne, c’est une longue traversée, une progressive conquête, avec la
rencontre des limites et le renoncement à une causalité initiale illimitée.
Mythe et fantasme sont donc pour vous dans un échange constant, mais le
fantasme est un fragment, dites-vous, « une matière première comme la pierre,
le bois, le minerai, voire un vestige... alors que les mythes, contes ... sont des
récits » (2001). Est-ce que ces fragments que seraient les fantasmes face au
récit mythique, ne restent pas pour l’analyse le matériau de prédilection, dans
son rapport à la pulsionnalité et à la sexualité ? D’une part, les fantasmes peuvent
aussi être très organisés, et d’autre part, le mythe n’est pas dans le même rapport
que le fantasme à l’interdit et au refoulement qui ont pu s’inscrire et être métabolisés par la puissance même des infinies variantes qui ne font d’ailleurs que
renforcer sa cohérence.
L’Œdipe du mythe ne sera jamais celui du petit garçon transi devant la
puissance paternelle, cependant nous ne pouvons comprendre l’un sans l’autre.
Le mythe est aussi présent dans la célèbre phrase de Freud s’adressant à Hans
pour lui dire que : « bien avant qu’il ne vînt au monde, il avait su qu’un petit
Hans aimerait tellement sa mère qu’il serait forcé d’avoir peur de son père... »
Savoir mythique quant au désir inconscient de Hans qui préexiste à ce désir
même, et vient l’inscrire dans une filiation symbolique.
En ce sens le mythe, conteur de l’inconscient, pourrait-il être entendu comme
une autre formulation du lien symbolique avec la phylogenèse qui sous-tend
l’identification primaire ?
En accord avec Freud : « l’histoire du développement de la libido répète
une séquence beaucoup plus ancienne du développement (phylogénétique),
que ne le fait l’histoire du développement du moi; la première répète peut-être
les conditions de développement de l’embranchement des vertébrés, tandis que
la seconde est dépendante de l’histoire de l’espèce humaine. »
[5]
Vous dites également du retournement qu’il est « une figure dynamique
extensive comprenant des opérations et trajectoires multiples. » (2001) Ce qui
me conduit à votre étude du thème des trois coffrets chez Freud, comme mythe
de la femme et du destin, pour y retrouver les retournements à l’œuvre.
[6] Mythe
à plusieurs entrées, père, fille, naissance et mort, à plusieurs entrées comme le
corps lui-même, incitant à en développer les harmoniques, ce que je vais essayer
de faire.
Il est de fait que le texte de Freud est une magnifique illustration du destin
comme vous le soulignez. La fin, notamment, est si belle et bouleversante que
l’on se laisse prendre et fasciner par cette vision qu’il propose de la fille, devenue
déesse de la mort, emportant son père, tel le héros blessé hors du champ de
bataille. Le ton est quasi lyrique, ce qui est rare chez Freud : hymne à la femme,
de l’origine à la fin dernière, mais en élision totale de la femme sous le signe
et la flamme d’Éros.
Remarquable intuition de Freud, qui écrit ce texte bien avant que la maladie
n’ait fait d’Anna une figure féminine enveloppante et secourable pour son vieux
père malade, précisément dans un registre œdipien, à la façon d’Antigone.
Freud se défend de s’être peu intéressé à la morale de l’histoire dans sa
lecture du Roi Lear. Certes, mais l’évitement qu’il évoque ne porte pas tant sur
l’imprudence du vieux roi qui se départit de ses biens et ne sait pas se préserver
de la flatterie, que sur la violence de cette relation père-fille, qui est imaginairement équivalente à un infanticide.
Freud introduit une comédie, le Marchand de Venise, pour construire son
interprétation sur le choix et ses imprévus, ou plutôt sur l’absence de choix du
fait de l’inévitable rencontre avec la mort. Mais, ce faisant, il met l’accent sur
ce qu’il délaisse en apparence à propos du roi Lear, à savoir le lien père-fille,
dans la mesure où il se redouble dans le Marchand de Venise qui met en scène
deux couples père-fille, Portia confrontée à la volonté de son père mort, Jessica
à celle de Shylock.
Portia soumet loyalement ses prétendants au choix des coffrets comme l’a
prescrit son père, en sachant qu’elle-même n’a pas le choix : « je ne puis ni
choisir qui je voudrais, ni refuser qui me déplaît : ainsi la volonté de la fille
vivante doit se courber sous la volonté du père mort. » La sagesse avisée et
l’amour de Bassanio lui permettront tout de même d’arriver à ses fins.
Jessica, fait en sorte d’avoir le choix de ses amoureux, quels que soient les
souhaits et recommandations paternels. Qui plus est, elle rejettera son père,
pire le reniera et contribuera à son ridicule et à sa confusion, en privilégiant
son idylle avec Lorenzo, c’est-à-dire sa vie et son amour, plutôt que la fidélité
à son père.
Entre Shylock et Jessica, la violence se renverse ou se retourne, durement
adressée, comme un désaveu de filiation, et il est permis de supposer un lien
avec l’étrange et violente requête de Shylock quant à la livre de chair et sa
volonté que la dette contractée se prélève ou se paie dans le corps lui-même.
Exigence renouvelée et redoublée dans son refus de recevoir sa valeur en argent.
Alors quelle valeur est en jeu, qui vaille son pesant de chair ?
Évidemment la réponse est la chair de sa chair, sa fille Jessica qui abandonne
son père pour un homme, chose déjà difficile, mais qui plus est pour un gentil,
non circoncis. La livre de chair ainsi réclamée, est-elle un avatar grotesque du
prélèvement lors de la circoncision ?
Certes, Shakespeare semble avoir disposé les traits élémentaires d’une
morale qui tantôt charge le juif, tantôt le dédouane comme dans la célèbre
tirade. « Si vous nous piquez, est-ce que nous ne souffrons pas ? Si vous nous
empoisonnez est-ce que nous ne mourons pas ? »
Mais l’exigence de Shylock, ce père bafoué, peut avoir pour nous d’autres
échos, en lien notamment avec un versant incestueux, toujours implicite même
si bien dissimulé, comme c’est le cas en ce qui concerne Cordélia, comme
d’ailleurs Portia, alors que l’histoire de Jessica illustre bien le fait que le risque
d’inceste commande l’exogamie, et c’est le plus loin possible de sa famille
d’origine que se portera le choix de Jessica.
Or, le destin c’est au contraire, l’absence de choix, et le fait que tout homme
devra affronter les trois visages de la femme jusques et y compris la mort elle-même, et ce destin au visage de mort prend dans ses rêts Cordélia dont la
tendresse pour son père est sans bruit superflu.
Elle l’aime ni plus ni moins qu’une fille le doit à un père, mais malgré la
mesure et la loyauté de ses sentiments filiaux, transparaît un au-delà peu maîtrisable et inquiétant, dont témoigne son abandon d’elle-même à l’avidité cynique
de ses sœurs, ainsi qu’à la démesure et la folie de toute-puissance de son père.
Elle sait et ne s’oppose pas : aimer et se taire sont sa seule défense, aimer et
mourir, ses seuls choix.
Parmi les trois figures symboliques de la femme, c’est-à-dire la génitrice,
la compagne et la mort, la fille la plus jeune, la dernière, est la métaphore de
la mort : c’est elle qui sera la séductrice dernière, elle qui doit donc renfermer
et recéler de façon insoupçonnée, beauté, séduction, fécondité, qui sont de fait
l’apanage éclatant des deux autres figures féminines, et dont elle sera privée.
En elle ces parures, attraits, et promesses de jouissance, sont rassemblés et
cachés, mis sous scellés, coffrés, emprisonnés et réservés au seul usage –
sublimé ou non – qu’envoudra faire le père.
La femme, en ce sens, est bien la métaphore de la mort, offrantla primeur
d’une virginité intouchable à jamais, se condamnant elle-même à ne pas donner
la vie, et à magnifier un destin qu’on choisit pour elle, contre lequel elle ne peut
rien sinon le silence de l’auto-sacrifice comme dans les contes.
Mythe du destin en vérité, où seul le consentement à son propre sacrifice
lui octroiera le rachat d’une part de grandeur et aussi d’une part de féminité
maternelle, puisque dans le conte de Grimm évoqué par Freud, Les douze frères,
la jeune fille donnera la vie à ses frères en se mettant elle-même en danger, en
se reconnaissant coupable du simple fait d’être née fille, et en acceptant l’éventualité de sa mort pour racheter sa propre naissance.
Femme ou jeune fille, métaphore de la mort, dans son corps même, lieu
de nostalgie, lieu unheimlich, lieu même du retour impossible, tant dans la
virginité elle-même, qui est à sens unique et ne se retrouve jamais une fois
perdue, que dans l’enfantement, ce qui permettra à Freud d’écrire là encore
un texte magnifique d’émotion, celui sur l’inquiétante étrangeté et ce retour
impossible vers le corps maternel. Retour désiré comme substitut de l’acte
de chair interdit.
Ainsi le corps de la femme s’offre à représenter un vecteur non réversible,
où peuvent être inscrits le temps et la mort : si la loi de retournement est généralisable, le corps féminin s’érige en symbole de cette exception dont on dit
qu’elle conforte la règle.
Pourtant, le corps féminin est aussi le lieu d’une scansion particulière, celle
des règles, qui pourrait figurer une répétition, un retour du même. Mais l’écoulement du sang des règles devient la matière même du temps qui passe sans
jamais revenir, où l’on retrouve la surdétermination et les opérations et trajectoires multiples dont il était question plus haut à propos du mythe, puisque ce
sang signifie tout à la fois une absence ou une mort et une promesse de fécondité
à venir, c’est-à-dire une force de vie.
Femme soumise au temps dans sa fonction procréatrice, temps imparti pour
la vie et qui semble plus court que la vie, cycle incessant de l’origine et de la
fin. Symboles du destin, les trois coffrets rejoignent alors le jeu de bonneteau,
dans lequel on ne sait jamais, en fonction de l’habileté de qui y joue, où se
trouve la bonne carte, et quel destin, quel hasard malin permettra de s’en saisir
et de la retourner précisément.
Destin encore si l’on met en vis-à-vis, d’une part cette image sacrée et
terrible de la plus jeune fille figurant la mort, et d’autre part la place privilégiée
du plus jeune fils, tel que Freud l’imagine, échappant à la mort ou à la castration
que le père de la horde distribuait volontiers, échappant grâce à sa mère qui saura
le sauver. On connaît les exemples bibliques de mère privilégiant le petit dernier
et bravant le courroux du père pour détourner le droit d’aînesse et obtenir, ou
même dérober pour cet enfant d’élection, les privilèges d’un destin prestigieux :
fils dernier-né échappant à la haine du père, fils héritier héroïsé glorieusement
et prolongeant le père au-delà de son consentement, et dernière fille, vierge
pour le père qui pourra en faire sa dernière compagne, fille choisie dont
l’élection aura la mort pour prix.
Ainsi pour toute fille, les termes du choix délimitent le carrefour œdipien :
demeurer la fille du père, mais vierge et stérile, ou bien devenir la femme d’un
homme étranger, mais en accomplissant ce destin qui l’établit alors comme
trait d’union, ou copule, elle rompt le lien d’exclusivité au père, et s’avère
faillible à cette lignée-là.
La mort étant aussi bien devant nous que derrière du fait des ancêtres morts,
le retournement trouve pour vous, « une symbolique double, contradictoire,
inversable donc et spatio-temporelle de plus, un renversement de la naissance
et de la mort ». (2001)
Cependant, le retournement où la fille aimée figure la mort, est aussi le
renversement qu’impose la non-réversibilité du temps engendrant ce qu’on
pourrait appeler cette « nostalgie du réversible », désir de retourner sur ses pas
dont l’impulsion, le fantasme ou la croyance nous habitent tous. Ce qu’éclaire
bien la remarque si perspicace de Freud nous dévoilant le choix véritablement
impossible auquel Lear tente d’échapper, celui de ne pas mourir, certes, mais
contenu et masqué dans cette figuration de l’impossible, se trouve le désir secret
et pérenne du vieil homme, celui d’être aimé encore comme un amant et non
comme un père.
Dans ce retournement de la vie et de la mort, de l’origine et de la fin, restait
à situer la figure cachée du troisième terme, pourtant présent dès l’origine, Éros
et sa trajectoire impérieuse. Et n’est-ce pas au fond le scandale du sexuel qui
saisit la mort pour s’en voiler ? Cachez ce viol que je ne saurais voir, mieux vaut
la mort que l’inceste.
Dans le mythe, vie et mort glissent et basculent sans heurts, la mort étant
une autre forme de vie, souhaitée, recherchée ou redoutée, et ainsi origine et
fin sontsous le signe insistant d’Éros.
En ce sens l’interdit de se retourner qu’Orphée transgressa, ce qui lui fit
perdre Euridyce, peut également être un interdit sexuel, où la frontalité du
regard vient trop crûment représenter le corps à corps amoureux et la possession.
Et que dire de la femme de Loth se retournant pour sa perte sur Sodome et
Gomorrhe frappées par le feu divin ?
Ainsi, au travers de la symbolique du retournement, nous voilà de retour à
l’interdit et au tabou, dont vous nous dites qu’il concerne l’origine première et
la fin dernière, « un absolu qui ne peut appartenir qu’à Dieu et être régi par lui
seul ». Dieu au singulier, après cette belle promenade au Panthéon à laquelle
vous nous avez conviés. Ce n’est peut-être pas votre mot de la fin, mais il est
intrigant tout de même, énigme ou mystère on ne sait, et peut-être accepterez-vous de lever le voile ?
[1]
J.P.Valabrega, Le problème anthropologique du phantasme in
Le désir et la perversion,
Paris, Seuil, 1966.
[2]
S. Freud, Pulsions et destins des pulsions (1915) in
Métapsychologie, Paris, Gallimard,
coll. Idées, 1974.
[3]
E. Cassirer,
La philosophie des formes symboliques (1924), T. 2, pp. 185 et suiv., Paris,
Ed. de Minuit, 1972.
[5]
S. Freud,
Vue d’ensemble des névroses de transfert (1915), Paris, Gallimard, 1986.
[6]
S. Freud, « Le motif du choix des trois coffrets » (1913), in
L’inquiétante étrangeté, Paris,
Gallimard, Paris,1985.