2003
TOPIQUE
Avant-propos
Sophie de Mijolla-Mellor
Si les emprunts faits par Freud aux « historiens de la culture » situent dès
l’origine de la psychanalyse une référence à l’anthropologie, comment peut-on un siècle après participer au renouvellement des perspectives heuristiques
d’un tel dialogue ? Centrés sur la notion de mythe, les textes de ce volume
explorent divers axes dans une perspective interdisciplinaire. Ainsi, la sexualité
y apparaît comme la matrice à l’œuvre dans la genèse des formations mythiques,
cependant que le refoulement et la censure en assurent la possibilité d’une mise
en scène, qu’elle soit individuelle ou collective. On étudie de même les avatars
de la subjectivation individuelle et celle des processus de symbolisation
collective dans les mythes.
À partir de ces diverses études sur les processus inconscients à l’œuvre dans
les formations mythiques, la possibilité d’un dépassement de l’opposition
triviale entre individuel et collectif s’avère et se confirme. Parmi les textes qui
nous ont été adressés sur ce thème mobilisateur figurent en première partie
ceux qui ont été élaborés lors d’une journée scientifique (6 avril 2002) au
Collège de France intitulée « Anthropologie et sexualité : questions à la psychanalyse », organisée par Pierre Pacaud et Patrice Bidou, respectivement dans le
cadre de l’École Doctorale de Recherches en Psychanalyse (université Paris VII
– Denis Diderot) dirigée par Sophie de Mijolla-Mellor et du Laboratoire
d’Anthropologie Sociale du Collège de France (avec le soutien du Laboratoire
d’Ethnologie et de Sociologie Comparative du CNRS, université Paris X
Nanterre).
Dans la seconde partie du volume ont été réunis les débats qui ont eu lieu
dans le cadre des Journées Scientifiques du IVe groupe autour des ouvrages sur
les mythes écrits par J.P. Valabrega (Les mythes conteurs de l’inconscient) et
Sophie de Mijolla-Mellor (Le besoin de savoir, théories et systèmes magico-sexuels dans l’enfance).