2003
TOPIQUE
Avant-propos
Sophie de Mijolla-Mellor
Odon Vallet
« Souvent confondue avec la religion, la spiritualité n’aurait dans la psychanalyse, pas d’autre destin que l’avenir d’une illusion, le mysticisme étant le
cache-sexe de la libido ou, dans le vocabulaire romantique de Romain Rolland,
la béatitude primordiale d’un sentiment océanique.
Et pourtant, doublement fidèle à son athéisme et à sa judéité, Freud a
professé à la fois l’universalité du psychisme humain et l’identité des racines
spirituelles. En une époque de mondialisation des échanges et de brassage des
croyances, comme de crispations identitaires culturelles ou ethniques, comment
vivre aujourd’hui cette tension ?
De même que la psychanalyse laïque s’est émancipée des médecins, les
spiritualités se distancient des clergés et se présentent comme des recours contre
les froideurs de l’univers matériel.
Tenter de comprendre avec la psychanalyse l’essence de la spiritualité rejoint
la question du sens impossible à mettre au silence, qui nous ramène aux interrogations premières de l’enfant sur la naissance et la mort, l’origine et la fin.
Le besoin de savoir entrecroise alors avec un besoin de croire des liens
complexes mais qui ne s’avèrent dynamiques que pour autant qu’un droit au
doute peut être reconnu. »