Topique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2847950419
200 pages

p. 15 à 21
doi: en cours

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no 89 2004/4

2004 TOPIQUE

Des rapports entre la psychiatrie et la psychanalyse en Argentine

Gilda Sabsay Foks Aráoz 2867 6Ëš B 8425 Buenos Aires Argentina
Après un bref résumé de la santé mentale depuis l’époque pré-colombienne jusqu’au début du XXe siècle, on envisage les complexes rapports entre la psychiatrie et la psychanalyse qui coïncident avec les fréquentes contradictions sur le plan social, politique et économique. Ce complexe rapport a persisté au cours de nombreuses décades jusqu’à nos jours avec différentes caractéristiques.Mots-clés : Santé mentale, Philosophie, Psychiatrie, Psychanalyse. After a brief account of mental health from the pre-Columbian period to the beginning of the twentieth century, this article looks at the complex relationship through the years between psychiatry and psychoanalysis and the links between this and frequent contradictions in the social, political and economic fields that still persist today. Keywords : Mental Health, Philosophy, Psychiatry, Psychoanalysis.
Les complexes rapports entre psychiatres et psychanalystes en Argentine coïncident avec les fréquentes contradictions quant à l’ordre social, politique et économique. Dès les Invasions Anglaises de 1806-1807 on trouve déjà des médecins avec une compréhension psychologique de la psychose face à d’autres médecins à l’opposé de cette attitude.
L’influence fondamentale pour le développement de la psychiatrie en Argentine revient à la philosophie, dont de nombreux psychiatres étaient adeptes. Cet intérêt apparaît surtout avec le surgissement du positivisme. Les contributions des philosophes positivistes ouvrent les yeux sur la compréhension du concept d’ordre organique et par ailleurs sur ce que l’on ne peut pas comprendre avec cette notion. José Ingenieros, un criminologiste et psychiatre du début du XXe siècle considère que l’assassinat ou la criminalité ne sont pas toujours le produit de la conscience, souvent le sujet est inconscient de ses actions. En opposition à cette tendance se trouvait la forte influence du clergé rigide et structuré dans la société argentine, avec une conception démoniaque de la psychose et une incompréhension de ses mécanismes. Plus tard cette opposition va jouer entre les psychiatres positivistes organicistes et les psychiatres dynamiques qui deviennent les psychanalystes.
Les idées de Freud arrivent très tôt en Argentine. Déjà avant la circulation de ses livres, la lecture de Forel et de quelques écrivains comme Ibsen, Strindberg, Schnitzel avait introduit dans le milieu culturel argentin un corpus d’interrogation et jusqu’à un certain point désarmé l’influence négative de l’Eglise. Donc des membres de l’intelligentsia, sensibles aux inquiétudes spirituelles, lecteurs de Proust, Ibsen, Strindberg, commencent à se rendre compte qu’à l’intérieur du sujet il y a un autre sujet qui dit quelque chose de manière indirecte. Ce qui fait que la lecture de l’œuvre de Freud commence à produire un grand intérêt.
Ce n’est pas suffisant pour une assimilation généralisée de ces concepts. Certains mouvements politiques, marxistes et autres ne sympathisaient pas avec les idées psychanalytiques parce qu’elles supposaient une certaine marge de liberté non tolérée.
Brièvement je vais me référer à quelques aspects de la psychiatrie argentine qui naît dès l’époque coloniale et prolonge ses facettes jusqu’à l’étape de l’Organisation Nationale. Parmi les indigènes et les classes populaires, on observait des pratiques empiriques ou magiques quant aux troubles psychiatriques. Bien plus tard on construit les premiers hôpitaux de Buenos Aires qui reçoivent aussi les déments des deux sexes. Puis l’enseignement de la psychiatrie apparaît à l’Université avec un haut niveau sous une forte influence des doctrines européennes. De nombreux médecins deviennent professeurs et recteurs de Facultés renommées.
Fin du XIXe siècle, brillent les psychiatres Meléndez, Cabred, Ameghino, Bosch, Ingenieros, Borda, Jacob, Moyano grâce à leur enseignement et à leurs recherches qui développent cette nouvelle spécialité médicale. Je veux souligner l’importance de Cabred, reconnu en France, qui inaugure une attitude moderne pour soigner les psychotiques en les faisant travailler dans une colonie, appelée plus tard Colonie Cabred, où les patients vivaient en liberté, travaillaient la terre et produisaient des objets artisanaux.
En revenant en arrière je veux souligner que la folie existait déjà évidemment parmi les indigènes. Dans certaines tribus précolombiennes, la folie était bien connue et attribuée à des causes surnaturelles. Son traitement consistait en pratiques rituelles. Les Quechuas identifiaient plusieurs types de troubles mentaux. Avec leurs expressions vernaculaires, ils parlaient de mélancolie, de délires, d’ivresse, et ils distinguaient parfaitement les déments, les idiots et les imbéciles. Ils n’ignoraient pas non plus l’hystérie et l’épilepsie. Parmi les indigènes, la coca et la belladone provoquaient des états toxiques mélangés avec des psychopathies sexuelles.
Nous supposons l’existence d’une pathologie abondante, étant donné la croyance dans les mauvais esprits et la prolifération de sorciers et prêtres pour combattre les divers maux. Pour les indigènes le traitement de base était la danse, auquel participait le patient quand il le pouvait. Les sorciers guérissaient les maux psychiques; les aliénés furieux étaient ligotés et soignés avec des évocations, des exorcismes et des diaphorétiques pour expulser les humeurs malignes.
Les Calchaquis croyaient que les troubles mentaux étaient provoqués par le déplacement vers la tête d’un organe suspendu dans le corps. Méfiants quant aux remèdes, ils préféraient l’aide des sorciers et des guérisseuses.
Je ne veux pas m’étendre sur la santé mentale et les pathologies précolombiennes, mais je voudrais ajouter que plus tard, pendant la colonie espagnole, les Jésuites développèrent avec les moyens disponibles une sorte de psycho-thérapie qui soulageait les troubles mentaux des indigènes.
Maintenant je vais envisager la préhistoire de la psychiatrie argentine, une période bien antérieure aux premiers psychiatres de la fin du XIXe siècle. Il s’agit d’un épisode de la Seconde Invasion Anglaise de Buenos Aires en 1807. Son protagoniste est un étudiant en médecine, Olivera, qui lutta avec les civils contre les Anglais. Fait prisonnier par les Anglais il fut condamné à mort. Quelques heures avant d’être fusillé, l’armée anglaise capitula et il fut libéré, mais il sombra dans une profonde stupeur mélancolique qui dura 10 ans. Cosme Argerich, un médecin militaire fameux qui créa la Faculté de Médecine de Buenos Aires, considéra qu’il était guéri et qu’il pouvait accomplir certains travaux à l’hôpital de Buenos Aires. Par contre, un autre médecin s’opposa en disant qu’un psychotique ou ex-psychotique ne pouvait pas travailler dans un hôpital. Argerich défendit sa position en réaffirmant qu’Olivera était guéri. Je vous raconte cet épisode pour vous montrer l’attitude différente de deux médecins renommés vis-à-vis de la maladie mentale. Argerich, sans préjugés, qui acceptait la possibilité d’un trauma psychique face à la condamnation à mort et de sa guérison, et de l’autre côté celui qui affirme que le fou sera toujours fou. Un aspect curieux de l’Argentine en 1807 qui révèle la vision d’Argerich en avance sur son époque et l’affrontement avec une conception conservatrice.
À partir de cet épisode marquant le début des divergences, nous allons passer petit à petit à la fin du XIXe et début du XXe siècle quand les idées positivistes surgissent avec vigueur et affrontent les forces religieuses et tout ce qui dépend de la pensée magique. Pour comprendre la possibilité de l’union du positivisme et de la subjectivité je me réfère au psychiatre José Ingenieros dont je vous ai déjà parlé. À ce moment-là, la psychanalyse était méconnue, bien que Freud ait commencé à publier en 1895, en Argentine il était complètement ignoré.
Cependant, au début du XXe siècle, l’Amérique Latine suivait les principaux courants scientifiques et culturels et c’est au Brésil, à San Salvador de Bahía qu’un psychiatre brésilien noir, de culture germanique, Juliano Moreira parle à la Faculté de Médecine des idées de Freud. Cela se passe en 1899, avant même la publication de L’interprétation des rêves. Par ailleurs, en 1910 un médecin chilien, Fernando Greve, lors d’un congrès international de médecine réuni à Buenos Aires, parle pour la première fois publiquement en Argentine de l’œuvre de Freud. Un fait à retenir. En 1915, à Lima au Pérou, Honorio Delgado défend la psychanalyse et en 1923 on traduit en espagnol l’œuvre de Freud, qui commence à circuler dans les milieux intellectuels. On croit que le premier psychanalyste arrivé en Amérique Latine s’appelait Allende Navarro, formé en Suisse. Il s’installe à Santiago du Chili et forme d’autres psychanalystes dont les noms n’ont pas d’importance pour nous. À Sao Paulo, Brésil, Durval Marcondes et Franco Rocha créent en 1927 la Sociedade Brasileria de Psicanálise et une filiale à Rio de Janeiro, bien que comme Marialzira Perestrello l’a découvert, l’intérêt pour la psychanalyse existait déjà à Bahia 30 ans auparavant. Cette Société fut reconnue par l’Association Internationale, mais eut une vie éphémère. Je ne vais pas m’étendre sur d’autres détails.
Maintenant je vais me référer spécialement au climat socioculturel de Buenos Aires au début du siècle. Le regard était tourné vers l’Europe. On discute, critique et parfois on accepte les courants européens. Un mouvement matérialiste positiviste représenté par Diego de Alcorta, José María Ramos Mejía et Florentino Ameghino fraye un chemin à l’élaboration du fait psycho-logique. Les philosophes sont les premiers à se soulever contre la tendance à se référer aux lois naturelles de la matière comme toute explication. Je souligne qu’à nouveau s’affrontent les pôles philosophique et médical. Un philosophe, Félix Krueger, du haut de sa chaire à la Faculté de Philosophie essaye d’aborder une psychologie plus subjective, face à l’importance de l’illuminisme à cette époque.
En 1908 se produit un fait significatif. Agrelo, un jeune médecin, sous le patronage de José Ingenieros, déjà cité, présente la thèse Psychothérapie et rééducation psychique. Il introduit pour la première fois en Argentine le mot psychothérapie. Il parle de la division du sujet, de la répétition et des représentations provoquées par le désir. Je souligne ceci. Sa théorie provient de l’étude de plusieurs auteurs, entre autres Régnaud, Janet, Ribot, de la Tourette, Duprat, Le Bon. Dans cette thèse, il souligne la psychothérapie intérieure exercée sur les automatismes inconscients au moyen de la volonté pour rétablir la moitié perdue du Moi. Malgré les contacts inévitables avec l’œuvre de Freud, il ne le cite jamais dans son travail. Il exclut cette référence comme une manière d’exclure la sexualité, sujet emblématique de l’opposition à la psychanalyse dans notre milieu.
En 1910 Greve, que j’ai déjà signalé, mentionne Freud pour la première fois. Enrique Mouchet en 1926 décrit la signification de la psychanalyse. Déjà en 1929 Gregorio Bergmann, célèbre psychiatre, fait un commentaire sur Hesnard. Qu’est-ce que je veux souligner dans cette chronologie ? C’est qu’avec les psychiatres d’un côté et les philosophes de l’autre se produit un rapprochement significatif avec la psychanalyse. C’est-à-dire, malgré la longue et complexe histoire de psychiatres et psychanalystes toujours en vigueur aujourd’hui, il existait aussi à cette époque, au sein des psychiatres un commencement de compréhension psychanalytique des troubles émotionnels. Il faut tenir compte du contexte socioculturel et politique de l’Argentine en 1910, pays prospère mais dominé par une classe de gros propriétaires terriens conservateurs et très catholiques. Comme en Argentine, il n’y a pas de séparation entre l’Eglise et l’Etat, à cette époque où la sexualité avait un caractère démoniaque pour le clergé, son influence pouvait empêcher le développement des idées avancées du sujet et de sa sexualité. Dans cette situation, avec une petite classe moyenne et une nombreuse classe populaire, une classe de gros propriétaires terriens petite, mais puissante, qui profitait d’élections peu transparentes intervient une affluence massive d’immigrants, à la fin du XIXe siècle jusqu’en 1920-25. Cette immigration produit un métissage non seulement racial mais aussi idéologique et provoque une grande expansion de la classe moyenne et de son importance.
Le mouvement psychanalytique, comme l’appelle Freud, arrive chez nous par diverses sources. La traduction en espagnol de López Ballesteros parvient dès 1925, les livres sont diffusés dans les milieux littéraires, philosophiques et médicaux. J’ai déjà nommé les deux pôles de réception du freudisme, le pôle médical et le pôle philosophique. On pourrait dire le corps et l’esprit. Ce n’est pas facile de préciser la portée de cette diffusion, mais quelques chercheurs ont trouvé dans les journaux argentins de cette époque des articles se rapportant aux idées de Freud. De mon côté j’ai pu relever une certaine diffusion dans des groupes privés où se réunissaient des intellectuels comme Victoria Ocampo, figure culturelle importante de cette époque, propriétaire et animatrice de la revue Sur, à laquelle participait aussi Borges. Il est fort probable que Borges ait lu quelque chose de Freud, mais il ne l’a jamais reconnu, bien que plus tard il ait accepté très cordialement de faire des conférences dans les institutions psychanalytiques. On y trouve une énorme coïncidence dans sa façon de comprendre les niveaux imaginaires et le double. Les psychanalystes relèvent dans les textes de Borges d’admirables trouvailles.
Ces groupes se réunissaient au domicile de leurs membres. D’après mes connaissances, les premières personnes à étudier systématiquement Freud furent Enrique Pichon Rivière et Arnaldo Rascovsky. Pichon Rivière provenait de la psychiatrie et Rascovsky de la pédiatrie. Cárcamo se joint à ce groupe. Comment arrive Cárcamo à la psychanalyse ? Il était médecin d’une salle de clinique médicale de l’Hôpital-Ecole de Buenos Aires, l’Hôpital des Cliniques. Là il fait connaissance d’un psychothérapeute profane, Mapelli, qui réalisait des merveilles avec la parole, avec la suggestion et même avec l’hypnose. Ce Cárcamo, de famille de gros propriétaire terrien et catholique, décide d’aller en France faire sa formation avec Paul Schiff. À Paris, il connaît Garma, psychanalyste espagnol né à Bilbao, qui vécut tout petit à Buenos Aires avec ses parents, puis retourna en Espagne. Il fait sa formation à l’Institut de Berlin avec Theodor Reik, et à 28 ans publie un travail magnifique La réalité extérieure et les instincts dans la schizophrénie.
Par ailleurs le milieu psychiatrique argentin était cultivé. Plusieurs étaient plus intellectuels que psychiatres, de toute façon bien éloignés des idées psychanalytiques. Après les deux figures remarquables que furent José Ingenieros et puis Aníbal Ponce, tous deux marxistes, la première figure marquante de la pensée psychanalytique dans le milieu psychiatrique, fut Pichon Rivière. Comme beaucoup d’autres il a subi une discrimination en tant que psychanalyste. Il a été chassé de l’Hôpital Neuropsychiatrique des Hommes où il dirigeait un service. Cela faisait partie de l’énorme ambivalence dans le milieu psychiatrique. À quoi répondait cette résistance ? Malgré la diversité des tendances, en général le milieu culturel argentin à l’époque n’était pas très enclin à admettre la liberté du sujet. L’Argentine a toujours eu une forte tradition religieuse, catholique et, par conséquent, logiquement la sexualité était refoulée. La liberté du sujet et sa sexualité n’étaient pas facilement acceptées, du moins publiquement. La situation dans les hôpitaux d’aliénés était compliquée. Je donne comme exemple mon expérience personnelle. J’ai été pendant cinq ans médecin de l’Hôpital Neuropsychiatrique des Femmes. On me laissait interroger, voir les malades. J’en ai vu énormément. J’ai pu faire en complète liberté toute la sémiologie que je désirais, mais il n’y avait pas une transmission d’enseignement. Oui j’ai fait beaucoup d’électrochocs, de chocs au cardiazol et de comas hypoglycémiques comme c’était la mode à l’époque pour les patients schizophréniques et travaillé sur leur « renaissance ».
L’attitude de la psychiatrie traditionnelle consistait à s’intéresser au discours psychotique, mais non pas au patient psychotique. Il y avait une forte déshumanisation et une traditionnelle ségrégation. La division entre hommes et femmes impliquait aussi une tutelle différente. L’Hôpital Neuropsychiatrique des Femmes était dirigé par la Société de Bienfaisance, c’est-à-dire par les dames de l’aristocratie érigées en protectrices des pauvres et des laisséspourcompte. Tandis que l’Hôpital Neuropsychiatrique des Hommes dépendait du Ministère de la Santé Publique. À l’Hôpital Neuropsychiatrique des Femmes parler de psychanalyse ou essayer d’interpréter un délire, surtout en public, c’était risquer l’expulsion de l’institution. Non seulement c’était mal vu mais intolérable. Je me souviens qu’à l’époque on y respirait une ambiance de gens de droite très stricte, comme il y en avait beaucoup en Argentine, avec une attitude de profond mépris pour la maladie mentale et surtout de la personne malade. Un petit exemple : le tutoiement du médecin au malade et le vouvoiement du patient au médecin, comme un propriétaire terrien pouvait traiter ses paysans. Cependant j’ai beaucoup appris par moi-même, j’ai appris à comprendre le besoin de changer cette situation et j’avoue avec une certaine tristesse que, bien qu’il y ait beaucoup de services psychiatriques avec d’excellents professionnels, l’abandon, le manque d’un bon programme de resocialisation et de sorties adéquates des patients psychotiques est encore aujourd’hui un problème sérieux.
Je pourrais ajouter qu’aujourd’hui, on voit une attitude plus respectueuse entre les différentes disciplines. Cela s’observe surtout depuis 30 ans avec l’apparition des psychotropes. De nombreux psychanalystes envoient aux psychiatres leurs patients pour l’indication de médicaments et beaucoup de psychiatres ont recours aux psychanalystes pour que leurs patients entreprennent une psychothérapie psychanalytique. Cela se produit, mais toujours avec une certaine résistance, avec une certaine difficulté de compréhension. Derrière cette situation, on peut voir les effets de la mondialisation, l’importance très fortes des assurances sociales, le raccourcissement des traitements et la résolution toujours plus rapide de ce que l’on appelle les symptômes.
J’en profite pour faire une réflexion. De même que le conscient et l’inconscient luttent entre eux : l’inconscient qui surgit et le conscient qui veut l’éviter mais ne peut y arriver; cette même division avec leurs effets réapparaît et est représentée par les psychiatres et les psychanalystes. Le corps et la subjectivité. Cette union en interaction prétend se faire avec les neurosciences. Vraiment je crois que ce sont les neuroscientifiques qui ont beaucoup à apprendre de la psychanalyse et que les psychanalystes ont moins à apprendre des neurosciences.
Les neurosciences confirment ce que Freud avait anticipé. C’est ça qui est remarquable. Freud nous a dit : « On ne peut pas renvoyer les démons de l’Averne sans les avoir interrogés ». Il les a interrogés. Les neurosciences confirment ce que Freud avait averti et ce que nous avions compris. De là ma résistance à croire que les neurosciences peuvent nous apporter plus que ce que nous pouvons leur apporter.
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