2004
TOPIQUE
L’accueil de l’œuvre psychanalytique de Marco Levi Bianchini par la psychiatrie italienne au début du XXe siècle
Riccardo Galiani
Piazza Montecalvario, 5 I – 80134 Naples Italie
Paolo Cotrufo
Marco Levi Bianchini a été parmi les premiers psychiatres italiens à s’intéresser à la clinique et à la doctrine freudienne, au point de s’engager, en 1915, dans la traduction de « Über Psychoanalyse » les cinq conférences américaines. La collection qui publia
cette traduction avait été fondée par Levi Bianchini lui-même, pendant la direction de l’asile d’aliénés « Vittorio Emanuelle II », situé chez Nocera Inferiore, au sud de Naples. Le but
de cet article est d’attirer l’attention sur la fonction de diffusion jouée (dans le milieu psychiatrique italien du début du siècle passé) par l’intérêt de Levi Bianchini pour la psychanalyse mais, en même temps, sur certaines conséquences engendrées par cet intérêt. Deuxièmement, l’accueil de l’œuvre psychanalytique de Levi Bianchini a été évalué à travers un
dépouillement de onze revues les plus représentatives de ce que publiait la psychiatrie italienne de l’époque.Mots-clés :
Organicisme, Midi d’Italie, Biolibido, Langage, Étrangèreté.
Marco Levi Bianchini was among the first Italian psychiatrists to take an
active interest in clinical practice and Freudian doctrine, and in 1915 he set about translating ‘Uber Psychoanalyse,’the five American conferences. This translation was published
in a collection founded by Levi Bianchini himself, while he was director of the ‘Vittorio
Emanuelle II’mental asylum at Nocera Inferiore, just south of Naples. This article aims at
shedding light on how Levi Bianchini’s interest in psychoanalysis helped spread Freud’s
ideas to Italian psychiatry circles at the start of the twentieth century but also, at the same
time, on some of the consequences engendered by this interest. Secondly, the reception of
Levi Bianchini’s psychoanalytical work is evaluated by looking at eleven of the most representative reviews published on it in Italy at the time.Keywords :
Organicism, Southern Italy, Bio Libido, Language, Strangeness.
1. ENTRE LOMBROSO (JUNG) ET LA PSYCHANALYSE :
VICISSITUDES BIOGRAPHIQUES DE LEVI BIANCHINI
Les coïncidences historiques n’ont, de toute évidence, aucune valeur de
preuve et représentent, tout au plus, de simples curiosités de spécialistes;
cependant, dans certains cas, il est indéniable qu’elles exercent un grand pouvoir
de suggestion, pouvoir capable d’attirer l’attention du chercheur. Et c’est, sans
doute, sous l’effet d’une telle suggestion que nous signalons, en guise
d’ouverture, une coïncidence singulière : les dates de la naissance et de la mort
de Marco Levi Bianchini, psychiatre que l’on peut difficilement qualifier de
freudien bien qu’il ait introduit l’œuvre de Freud en Italie, correspondent aux
années mêmes qui ont vu naître et mourir Carl Gustav Jung.
En effet, Marco Levi est né à Rovigo le 28 août 1875 et il est mort à Nocera
Inferiore, au sud de Naples, le 21 août 1961
[1]. Bien qu’il provienne d’une région,
la Vénétie, qui est, géographiquement et culturellement, proche de la ville de
Freud, Vienne (mais elle ne l’est pas autant que Trieste, ville de Weiss, où Levi
a également vécu dans sa jeunesse), Bianchini aurait, en fait, passé une grande
partie de sa vie au sud de l’Italie, géographiquement et culturellement parlant.
Après avoir fait des études de médecine à Ferrara, il s’enrôla, pour des impératifs
économiques, comme médecin officier de l’armée belge et prêta service à
Lusambo au Congo (voir sur cet épisode Cappelli, 1996). Rapatrié en Italie
pour cause de malaria, il devint assistant à l’asile d’aliénés de Girifalco, en
Calabre. L’hôpital de Girifalco (comme le rapporte Inglese, 1996,28) est,
pendant ces années-là, « traversé par un courant décisif de rénovations
techniques et scientifiques dont le but est d’humaniser et de rationaliser le
régime de soins et d’assistance ». Ce courant qui contrastait avec les conditions d’isolement géographique où se trouvaient les jeunes médecins bénéficia
du remarquable apport de Bianchini qui contribua à lui donner consistance
[2].
Durant cette expérience de travail qui le mit en présence de patients principalement affectés de syndromes épileptiques, « (l’)orientation de Levi Bianchini
vers la non-réclusion emprunte la voie de la recherche de ces instruments non
biologiques qui permettent une interaction thérapeutique avec l’individu qui
souffre » (Inglese, 1996; 29). Levi Bianchini pensait que, dans le travail avec
les « aliénés », il était indispensable d’utiliser « l’observation directe, fondée sur
la qualité de la relation médecin-patient » (Inglese, 1996 : 31). Son insatisfaction, à l’égard des méthodes coercitives, le conduisit à adopter, d’abord en
Italie, un programme d’« ergothérapie » (terme qu’il a inventé : Cf. Inglese,
1996b) pour la réduction des accès d’épilepsie, et le poussa à s’intéresser à tout
ce qu’il pouvait y avoir de nouveau dans le traitement et la compréhension de
la maladie mentale
[3].
Les vicissitudes biographiques de Levi Bianchini constituent une trame
complexe dont il est difficile de démêler tous les fils; cependant il est nécessaire de suivre l’un d’entre eux : le fil des rapports entre Levi Bianchini et la
pénétration de la psychanalyse en Italie.
En 1909, à son arrivée à Nocera où il travaille en qualité d’assistant à l’asile
d’aliénés « Vittorio Emanuelle II », Levi Bianchini connaît déjà la psychanalyse
(Cappelli, 1996; 11). L’asile d’aliénés de Nocera est le lieu où, excepté pour
la période comprise entre 1924 et 1931 qu’il passa à Teramo (ville du centre
de l’Italie, géographiquement parlant mais qui, culturellement et économiquement, était plus proche d’un lieu « méridional »), il resta toute sa vie. Il y
demeura encore même lorsque, ayant été relevé de ses fonctions à cause de la
promulgation de la loi raciale (1938), il fut contraint à vivre dans une clandestinité relative, et qu’il dirigea ensuite, à la fin de sa vie, une maison médicalisée
dans la province de Naples. C’est donc à Nocera, dans un contexte où, en 1912,
l’aliéniste qui réfléchissait sur la meilleure façon de rendre le terme
Verdrängung
en italien (tout en appréciant sa transcription française
refoulement), était encore
en compétition avec l’exorciste (cf. Levi Bianchini, 1913; 240 et 355-363),
qu’il se lança dans l’édition de certaines œuvres de Freud et de ses élèves. Et
c’est toujours à Nocera que Levi Bianchini, continuant à travailler principalement à l’asile dont il était devenu le directeur et où il se sentait chez lui,
s’occupera de psychanalyse et lui consacrera constamment des écrits (même
s’il le fit de moins en moins) jusqu’à la fin de sa vie
[4]. C’est donc dans la période
comprise entre 1909 et 1938 que Levi Bianchini aurait traduit Freud pour la
première fois en italien. Il publia ses écrits dans une collection autofinancée où
il accueillit et établit des comptes rendus critiques d’auteurs freudiens et aussi
des dissidents (Steckel, Adler) dans la revue (l’
Archivio di Neurologia,
Psichiatria e Psicoanalisi ) fondée et dirigée par lui. Dans celle-ci la psychanalyse était présentée au public Italien, à côté des disciplines « traditionnelles »
[5].
En l’espace de trente ans, Levi Bianchini, qui connut Freud au congrès de
Berlin (1922) avait averti les psychiatres italiens que la psychanalyse « chassée
par la porte …était rentrée par la fenêtre de la psychologie, de la philosophie
et de la pédagogie » (cf. Levi Bianchini, 1923-24a; 12). Il réussit à obtenir
qu’une session entière du XVII
e Congrès National de « Freniatria »
[6] (Trieste,
1925) soit consacrée à la psychanalyse et en défendît la scientificité avec un
enthousiasme que beaucoup considérèrent comme déplacé, surtout par rapport
à la prudence et à la clarté d’expression de Weiss (cf. David, 1966; Accerboni,
2000). Bianchini fonda la Société Psychanalytique Italienne (le 7 juin 1925),
assista à son transfert de Teramo à Rome et à sa « réorganisation » (qui n’est
pas une re-fondation comme le souligne Di Chiara : 1997; 249); celle-ci est
l’œuvre du seul Italien qui ait appartenu au cercle freudien et s’y soit formé,
Edoardo Weiss (Rank le définit comme un « membre du groupe de Vienne » :
cf. Accerboni, 1997,2000)
[7]. Cette re-structuration organisée par Weiss avec la
collaboration de ses premiers élèves (Perrotti et Servadio), se fit en suivant une
ligne qui tint de plus en plus compte des exigences de fonctionnement d’une
institution qui, tout en étant un point de rencontre culturel (comme le voulait
Bianchini), avait pour fin de former des psychanalystes, selon une pratique à
laquelle Bianchini resta toujours étranger, se considérant « en fait de psychanalyse, comme un élève et un enfant mineur » (Levi Bianchini, 1923-24b; 39)
[8].
La reconnaissance de cette « minorité » psychanalytique s’associe, de façon
problématique, avec un exercice pratique de la psychanalyse qu’il faut considérer comme peu « orthodoxe », si l’on replace les analyses conduites par
Bianchini dans le cadre originaire et spécifique de la psychanalyse. En revanche,
on peut considérer que Bianchini est un pionnier de la psychanalyse si l’on
tient compte de ses tentatives de traiter les « aliénés » des asiles de Nocera et
Teramo, selon « la méthode psychanalytique » (Grundregel et une interprétation des rêves très orientée vers le symbole : cf. Levi Bianchini, 1925; Arnone,
Salomone, 2000).
Mais cette « minorité » psychanalytique et le fait que Bianchini se considère
comme un élève alors qu’il est reconnu, publiquement et officiellement, par
Freud (dans la préface à la traduction de « uber Psychoanalyse », les cinq conférences américaines : Freud, 1915) comme le premier traducteur, organisateur
et agent de diffusion du mouvement psychanalytique en Italie, renvoient à un
autre point de référence fixe et constant de l’activité de Bianchini : le positivisme organiciste de Cesare Lombroso
[9]. En 1946, lors d’une intervention à la
Société Italienne de Psychiatrie, Bianchini reconnaissait, encore, en Freud et
en Lombroso, ses « plus grands maîtres » : pour Bianchini, la synthèse entre la
psychanalyse et le positivisme de facture organiciste qu’il avait connue par sa
formation à l’école de Lombroso était non seulement possible mais déjà réalisée
dans sa propre interprétation des concepts psychanalytiques. Cette conviction
ressort avec évidence de la lecture que donne Bianchini (et qui est, pour lui,
absolument freudienne) du rôle du symbole et des rapports entre la libido et
l’organisme. Les symboles, pour Bianchini, « règnent… sur le déterminisme de
la vie cérébrative » (‘cerebrativa’) dont ils constituent l’essence biopsychique,
c’est-à-dire l’inconscient psychique » (1925; p. 5). Comme l’interprétation du
symbolisme le laisse déjà deviner, celle de la libido montre l’influence que
Jung a exercée sur Bianchini, à travers les lectures qu’il en a fait (et dont on
trouve des témoignages dans plusieurs parties de son œuvre). La libido, en
effet, est conçue comme l’expression d’un « hédonisme biologique » plus
général, c’est-à-dire « d’une nécessité biologique originairement a-psychique…
jamais complètement asservie à la censure », autrement dit à la conscience
(Levi Bianchini, 1923-24c; 44-45); l’aspect proprement énergétique de cette
nécessité (dans laquelle on trouve aussi des échos du
Lebensnot freudien) ne
peut être dissocié, pour Bianchini, de sa réalisation, c’est-à-dire du
« plaisir
biologique » (cf. Levi Bianchini, 1926; 96). Cet ensemble de considérations
expliquent que Bianchini ait choisi de substituer au terme de « libido », dont on
peut difficilement dissocier de sa signification sexuelle, celui de
biolibido (loc.
cit.) qui, selon lui, permet d’indiquer un « instinct (qui) représente… la
projection biologique du concept psychologique de plaisir » (1923-24c; 44).
2. UNE VÉRITABLE QUESTION
Dans son écriture, Bianchini a recours à de nombreux néologismes; c’est
le cas du terme « biolibido » que nous venons de rencontrer, ou encore de
l’adjectif « cérébratif » (qui vient du mot « cérébration » – « cerebrazione »),
indiquant le caractère indissoluble du lien entre les processus neurovégétatifs
et l’activité psychique, productrice de pensées et de sentiments (cf. Levi
Bianchini, 1922; Ceccarelli, 2000; 124-125). À travers ces néologismes Levi
Bianchini tente de réaliser une difficile conciliation entre « des ébauches
théoriques personnelles, strictement organicistes, (et) la psychanalyse »
(Ceccarelli, 2000,126-127). Cette tentative, par certains aspects, relève d’une
volonté de pénétrer dans le domaine de l’organicisme neurophysiologique pour
y introduire des éléments « biopsychiques-symboliques » embryonnaires
(cf. Alessandrini, Salerno, 2000,56); cette intention est manifeste, par exemple,
dans l’idée d’une « projection du psychique sur le biologique » qui accompagne
la formulation du concept de biolibido; cependant cette tentative n’est en
substance qu’un effort qui, bien qu’original dans sa formulation, est loin de
permettre la compréhension (et cela est manifeste si l’on s’attache au rapport
établit entre libido, instinct et organisme) de l’essence de la conception
freudienne : La psycho sexualité et sa nature d’excès soustrait à la nécessité,
dérive de l’équilibre « biopsychique » toujours aux aguets.
C’est pourquoi Weiss, déjà en 1927, quand il assuma,
in absentia
[10], la présidence de la Société Psychanalytique Italienne, attira l’attention sur les risques
« identitaires » dérivants du fait de « considérer la psychanalyse seulement
comme un chapitre de la médecine et plus particulièrement de la neuropsychiatrie » (Weiss, 1927; 166). Tandis que Bianchini (encore en 1946) définissait
la psychanalyse comme « la fille en droite ligne de la neuropsychiatrie », la
considérant comme une « conception biologique de la vie instinctive et
affective ». Cependant, bien que connaissant parfaitement le vocabulaire organiciste, Bianchini, au lieu d’en utiliser les termes classiques habituels pour
re-traduire les concepts freudiens, désoriente les lecteurs par de constantes
innovations lexicales (« cérébration », « psychoschisi », « psychioni », « coefficient ergogène », mais aussi
transfert : Ceccarelli, 2000), innovations qui, en
raison de leur nombre et si l’on met entre parenthèses le bizarre effet produit,
demandent une plus grande attention. La « fureur néologique » (David, 1966;
197) de Levi Bianchini peut renvoyer à une véritable question : celle du
style
avec lequel Bianchini a rempli sa « mission » d’« apôtre » de la psychanalyse.
Un style, que David définit par les mots « ardent-passionnel », (ibidem) mais
qui est, comme nous l’avons vu, d’abord linguistique avant d’être comportemental. En fait, il s’agit d’une question qui est directement liée à notre sujet,
puisque la « néolangue » de Levi Bianchini a laissé des traces chez ses (rares)
commentateurs.
Filippo Maria Ferro pense, en effet, que la tendance aux néologismes est
l’indice d’un phénomène plus complexe (Ferro, 1995,2004). Il examine la
situation de l’Italie au moment où, dans d’autres pays comme la France, la
crise résultant de la référence à la nature composite de l’identité trouvait son
expression dans la convergence de différents mouvements culturels qui, tous
en proposaient une illustration (on peut penser au surréalisme et au cubisme qui,
figurant aux côtés de la psychanalyse, dispensent le même message de déconstruction de l’unité subjective). La conclusion de Ferro est que, en Italie, c’est
le
futurisme qui a joué ce rôle. Il écrit, en effet : « Chez nous, c’est le futurisme
qui a exemplifié la « crise »… Le texte explose, les frontières entre les systèmes
et les genres tombent, de même que les divisions de la psychologie des
« facultés » du XIX
e siècle. C’est par ce chemin que l’identité a été mise en
question ». C’est dans la mouvance de cet aspect du phénomène futuriste que,
selon Ferro, le langage adopté par Levi Bianchini trouve son explication, bien
qu’il n’y ait pas eu de choix conscient dans la re-visitation des concepts
freudiens : « sous ce profil, continue en effet Ferro, on comprend à quel point
le langage de Marco Levi Bianchini est futuriste dans ses néologismes… Tout
imprégnés d’une dérive de signifiants faisant directement allusion à l’expérience de la psychose » (Ferro, 2004)
[11]. Dans la thèse qu’il expose, Ferro signale
qu’il est opportun de faire une analyse qualitative (et comparative) du lexique
de Bianchini (dans le sens de ce que Ceccarelli : 2000,2004 a déjà entrepris
dans ses études quantitatives). Toutefois la recherche de Ferro est, en elle-même, un avertissement suffisant à empêcher toute opinion tranchée sur une
forme d’écriture qui est, de toute évidence, différente aussi bien de la prose
linéaire de Weiss, que du langage traditionnel de la psychiatrie organiciste,
langage clos sur lui-même et sur la sécurité que représente, pour cette tradition,
le concept de dégénération
[12].
3. TÉMOIGNAGES DE LA RÉCEPTION DE L’ŒUVRE DE LEVI
BIANCHINI
En 1937, avec un article bien documenté, Levi Bianchini apportait sa contribution à l’histoire de la presse psychiatrique et neurologique italienne, des
origines (situées à la fin du XVIII
e siècle) jusqu’à l’année de composition de
l’ouvrage. C’est en suivant les propres indications de Bianchini que nous avons
repéré six revues les plus représentatives de ce que publiait la psychiatrie de
l’époque, au moment où il accomplissait son œuvre de divulgation de la psychanalyse. Il s’agit de la
Rivista Sperimentale di Freniatria e di Medicina Legale
(Revue expérimentale de Fréniatrie et de Médecine Légale), de l’
Igiene Mentale
(Hygiène mentale), de la
Rivista di neurologia (Revue de Neurologie), de la
Rivista di Psicologia (Revue de Psychologie), des
Quaderni di Psichiatria
(Cahiers de Psychiatrie), et de la
Rivista di Patologia nervosa e Mentale (Revue
de Pathologie Nerveuse et Mentale). Nous avons considéré, outre les revues
signalées par Bianchini, la
Rassegna di studi Psichiatrici (Revue des études
Psychiatriques), importante publication fondée et dirigée par Antonio D’Ormea,
titulaire, au début du XX
e siècle, de la chaire d’enseignement des maladies
nerveuses et directeur de l’hôpital psychiatrique de Sienne; on y trouvait à la
fois des articles originaux et des comptes rendus des principales revues du
secteur pour en assurer la diffusion. Nous n’avons pas pris en considération,
pour des raisons que l’on comprendra aisément, la première série de la
Revue
de Psychanalyse (1932-1934) et les articles présents dans les numéros de la
première série d’
Archives, revue fondée et dirigée, comme on s’en souviendra,
par Levi Bianchini lui-même, avant qu’il ne la cède (en 1938) à Père Agostino
Gemelli. Nous analyserons maintenant, plus en détail, ce que nous avons tiré
du dépouillement de ces articles
[13].
Dans les numéros consultés de la Revue Expérimentale de Fréniatrie, de la
Revue de neurologie et de l’Hygiène Mentale, aucune référence n’est faite à Levi
Bianchini « vulgarisateur de la psychanalyse » ou « psychanalyste »; cette
absence est en elle-même éloquente, autant que peut l’être la présence de Levi
Bianchini dans les Cahiers de Psychiatrie, où, pendant plusieurs années, il s’est
occupé de la rubrique « Psychiatrie Pratique ».
Dans le volume de l’année 1927 de la Revue de Pathologie Nerveuse et
Mentale, apparaît une note laconique sur l’intervention de Levi Bianchini au
Congrès de Fréniatrie de Trieste. L’auteur, Bolsi, se limite à un compte rendu
sans manquer, toutefois, de souligner « l’emphase prophétique » des propos de
Bianchini.
En ce qui concerne la Revue de Psychologie, nous avons noté que, pour les
années considérées et alors que sont présents quatre articles de Sante De Sanctis,
on trouve seulement deux références au travail de Bianchini. L’une est une note
brève rédigée (par le psychiatre Alfonso Vedrani) lors de la publication de la
traduction de la première série de leçons de l’Introduction à la Psychanalyse,
l’autre a été faite par De Sanctis lui-même. Celui-ci, lorsqu’il commente en 1934
(dans « Psychologie et Psychopathologie »), la « séparation » qui existe au sein
de l’Académie entre psychanalyse, psychopathologie expérimentale et
psychiatrie, donne pour cause de cette « entente manquée », l’« intolérance
réciproque » dont témoignent, précise De Sanctis qui considère la partie psychanalytique italienne, « certains manuels en langue italienne et de nombreux écrits
de Levi Bianchini, Weiss, Dalma et Rieti » (De Sanctis, 1934; 1-12,12). Comme
on peut le voir, De Sanctis cherche simplement à identifier les responsables d’un
état de fait sans émettre aucun jugement sur l’activité de Bianchini.
Dans la
Revue d’Etudes Psychiatriques, est présent en 1915, un bref compte
rendu critique du livre de Levi Bianchini, sur l’
Hystérie. Son auteur insiste sur
l’ampleur de la reconstruction historique des différentes doctrines sur l’hystérie,
sans pour autant mentionner les nombreuses pages qui sont dédiées à Freud
(Levi Bianchini, 1913; 220-230) et qui, malgré les approximations de Bianchini
et sa prise de distances à l’égard du « pansexualisme », restent la première
présentation sérieuse au public Italien des
Studien über Hysterie. Dans d’autres
volumes de la revue (p. e. 1930) on trouve des résumés des écrits psychanalytiques de Bianchini : on présume qu’ils sont l’œuvre de l’auteur lui-même
[14].
Les revues examinées jusqu’à présent étaient liées, bien qu’à des degrés
différents, aux principaux noms de la psychiatrie académique de l’époque; il
est donc paru opportun de consulter également des revues recueillant les articles
de psychiatres et de neurologues qui travaillaient principalement, comme Levi
Bianchini, dans les asiles d’aliénés
[15]. Le dépouillement de ces revues a donné
deux résultats d’un certain intérêt, mais pour des raisons différentes. Le premier
consiste en une brève note, relative à un écrit de Levi Bianchini sur « La langue
céribroforme congénitale » (sic) qui apparaît dans le volume de l’année 1916
des « Annales de l’hôpital psychiatrique de Pérouse »; il s’agit donc d’un compte
rendu critique qui, à deux ans de distance des importantes traductions
freudiennes, montre chez Levi Bianchini un intérêt spécifiquement organiciste.
Le deuxième cas représente, au contraire, un authentique commentaire à ce
que Bianchini lui-même considérait comme un « essai d’interprétation psychanalytique » (Levi Bianchini, 1930,43). Dans une note apparue dans le « Journal
de Psychiatrie Clinique et Technique de l’asile » (1930; 350-352)
[16], Alfonso
Vedrani donne, en fait, une analyse de « Le Narcissisme catatonique dans la
schizophrénie », écrit dans lequel Bianchini, choisissant une voie absolument
innovatrice pour le panorama italien, essaie de réinterpréter, à la lumière
de la théorie du narcissisme, la catatonie. Pour Levi Bianchini, qui exprime
sur la question son « plein accord avec les idées de Minkowski », la catatonie
schizophrénique est, dans sa genèse, « primitivement psychogène et substantiellement « active »; elle apparaît comme « négativiste » seulement en raison
de « son intrinsèque nature psycho dynamique qui la pousse à exclure et à nier
tout ce qui se trouve en dehors de sa polarisation idéoaffective » (1930; 128).
Présentant le cas d’un patient catatonique qui avait passé sept ans dans la
« position fœtale », Levi Bianchini, après avoir cherché les signes d’un progressif
« retrait total de la « libido d’objet » (oggetto-libido) et sa reconversion, en
« libido du moi » (Io-libido) » (p. 135), conclut en affirmant que la catatonie,
dans sa forme « négativiste », possède « tous les éléments dynamiques portés
au maximum dans leur expression du narcissisme ». Cette « situation narcissique » de la libido est, pour Bianchini « en fonction directe dans l’autisme »
(1930; 128 et 134).
Le compte rendu critique, s’attachant avant tout aux « extravagances »
linguistiques de Bianchini, conclut que, en substance, il n’y a rien de nouveau
dans la présentation du cas; ce qui lui permet de liquider, de façon sarcastique,
la référence à l’économie libidinale comme clé de lecture du retrait catatonique
(« madame libido qui n’est plus simplement le nom de cette dame louche et
agitée… que nous connaissons tous, mais qui s’est immensément élargie jusqu’à
inclure une quantité d’autres aspects des plus complexes et riants » : Vedrani.
1930; 351). Il semble donc assez évident que là où Bianchini, aliéniste, introduit
sans équivoque possible une disposition à comprendre psycho dynamiquement
l’étiologie d’un cadre classique, la réponse d’un représentant tout aussi
« classique » de la communauté psychiatrique, ne peut être qu’un refus en
bloc : la confiance dans l’expérience de l’aliéniste cède la place à une critique
de l’« inutilité » du lexique psychanalytique. Il n’est donc pas possible, comme
le démontre ce cas à sa façon exemplaire, de voir dans la position « limitrophe »
occupée par Bianchini un facteur favorable à la diffusion du paradigme
freudien.
En revanche, les références au travail hospitalier de Bianchini sont plus
nombreuses, bien qu’assez limitées, et incluent ses considérations sur la
formation du personnel paramédical.
En ce qui concerne la psychiatrie du Midi italien, où Bianchini travaillait,
aucune des (rares) contributions critiques citées n’était l’œuvre d’un auteur
« méridional ». Même dans les publications de quatre « noms » de la psychiatrie
méridionale de l’époque (Leonardo Bianchi, Michele Sciuti, Annibale Puca et
Cesare Colucci, ce dernier a été titulaire de la première chaire d’enseignement
de Psychologie du midi), et exception faite de l’intervention de Puca au Congrès
International de Psychiatrie de 1950, les références à l’œuvre psychanalytique
de Levi Bianchini sont très peu nombreuses et là où elles sont présentes – par
exemple dans l’influent
Traité de Psychiatrie de Bianchi (1924) – elles font
uniquement allusion à son activité d’éditeur et de traducteur
[17]. Nous
mentionnons le cas à part, rapporté par Cappelli, d’un « plagiat » réalisé par un
obscur médecin de Bronte, en Sicile, qui publia à son nom un essai de Levi
Bianchini (Cappelli, 1997).
4. ÉTRANGER FACE À L’« ÉTRANGÈRETÉ » ?
En concevant ce travail sur le premier psychiatre qui a montré intérêt pour
l’œuvre de Freud dans le milieu cultural où moi-même je travaille, nous nous
sommes confrontés à une intention et à une « hypothèse ». L’intention était
d’ajouter une autre voix aux voix de ceux qui, depuis plusieurs années, se sont
efforcés d’évaluer plus attentivement le rôle joué par Levi Bianchini dans la
diffusion de la psychanalyse en Italie. L’hypothèse concernait les fonctions de
psychiatre d’asile d’aliénés de Bianchini, fonctions imaginées déterminantes
pour la diffusion de la psychanalyse dans la communauté psychiatrique italienne
et, plus particulièrement, dans le midi. La méthode choisie pour la vérification
de cette hypothèse a donné, comme nous l’avons vu, un résultat négatif. La
psychiatrie du midi et celle de l’Italie en général resta, selon les mots de Gaddini
(1971; 51) « volontairement sourde et hostile » même à l’égard d’une activité
qui, comme celle de Bianchini, essaya de réduire l’étrangeté de la psychanalyse
en suivant une voie personnelle; mais, ce faisant, Bianchini en compromettait,
dans certains cas, l’implication structurale avec cette « étrangèreté » dont parle
Laplanche et dont la psychanalyse elle-même, par homologie avec son propre
objet, le sexuel inconscient, est pleine.
Cependant je pense que la
nécessaire étrangeté de la psychanalyse trouve
partialement (bien sûr) refuge, avec certaines de ses implications, dans l’apparence à la fois familière et étrangère que pouvaient avoir, pour les psychiatres
de l’époque, les néologismes qui caractérisaient les textes de Bianchini :
familiers et étrangers, c’est-à-dire
unheimliches. Et c’est précisément
l’
Unheimlichkeit qui semble avoir longtemps distingué, au regard de la psychanalyse, le personnage de Marco Levi Bianchini, ce psychiatre « apôtre » de la
méthode freudienne qui est né et mort aux mêmes dates que Jung
[18].
·
ACCERBONI PAVARELLO A.M. (1997), Marco Levi Bianchini ed Edoardo Weiss : un insolito sodalizio alle origini della psicoanalisi in Italia. In Di Chiara G., Pirillo N., Conversazione sulla psicoanalisi. Liguori, Napoli; 229-245.
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[1]
Le nom de famille de la mère, Bianchini, figure dans le registre de l’état civil seulement
en 1902, après que le père, en fuite à l’étranger à la suite d’une banqueroute, ne fut plus accueilli
dans la maison familiale. (cf. Cappelli, 1996,12) Le nom même de Levi Bianchini signale donc
un problème sans aucun doute central pour sa subjectivité et qui ne serait pas étranger à son
intérêt pour la psychanalyse; cependant, bien qu’on trouve des éléments qui vont dans ce sens
dans l’autobiographie inédite de Bianchini (Cappelli, loc.sit.), il n’est pas possible d’en dire plus.
[2]
Malgré son isolement, Bianchini eut des contacts avec certaines des plus importantes
revues européennes, comme le démontrent trois publications datant de cette époque et parues dans
la «
Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière » et dans la
Revue Neurologique (1904 c, d, e).
[3]
Pour Levi Bianchini, le but de l’ergothérapie était de produire, dans le patient, « un état
d’automatisme psychologique ou subconscient… organisé, harmonieux et utile à la vie » (Levi
Bianchini, 1904; cit. in Inglese, 1996,30), c’est-à-dire, comme le précise Inglese, « une sorte
d’habitude comportementale ».
[4]
Dans une de ses dernières publications, Levi Bianchini unira la connaissance de la psychanalyse à son premier intérêt pour l’anthropologie : Levi Bianchini, 1952.
[5]
Il s’agit de textes de psychanalyse publiés dans la Biblioteca Psichiatrica Internazionale
(qui devint à partir de 1921, grâce à l’intervention de Weiss, Biblioteca Psicoanalitica Italiana :
Bibliothèque Psychanalytique Italienne) : le premier volume traduit et publié en 1915, présentait
au lecteur italien les « Cinq conférences sur la Psychanalyse » (1905); elles avaient comme titre
« Sur la psychanalyse » et étaient précédées d’une brève préface de Freud dont nous mentionnons
un passage significatif : « Je connais depuis longtemps ce beau pays d’Italie… Aujourd’hui, grâce
au travail du traducteur, j’ai également acquis droit de cité auprès de sa littérature scientifique.
La claire intelligence du Prof. Marco Levi Bianchini est une garantie de la scrupuleuse fidélité
de sa version; et c’est une chance que n’ont pas tous les auteurs ». La même année Bianchini
traduisit « Le rêve » (Freud, 1901) qu’il publia ensuite à la fin de la première guerre mondiale
(1919). En 1921, c’est le tour des « Trois essais sur la théorie sexuelle » qu’il publia sous le titre
« Tre contributi alla teoria sessuale » (« Trois contributions à la théorie sexuelle ») et de l’écrit
de Rank (1909) sur le « Mythe de la naissance du héros ». L’année suivante, Bianchini publia sa
propre traduction de l’écrit freudien sur
Gradiva de Jensen et celui de Weiss relatif à la première
série de leçons de l’
Introduction à la Psychanalyse. Ce furent les seules œuvres que Bianchini
publia par manque de fonds, mais nous savons qu’il avait terminé quatre autre œuvres parmi les
plus significatives de Freud; nous en donnons les titres adoptés par Bianchini : « Un souvenir de
l’enfance de Léonard » (1910); « Au-delà du principe de plaisir » (1920);
Psychologie collective
et analyse du moi (1921);
Le moi et le Lui (sic).
[6]
Au début du siècle dernier, dans le langage scientifique italien, le terme de Freniatria
remplaçait le mot de psychiatrie.
[7]
Di Chiara écrit : « il n’y eut pas de deuxième fondation. La société fut seulement transférée et… réorganisée (…). Naturellement il n’y a pas eut deux sociétés mais une seule, dont
l’histoire est partagée en deux tronçons, bien reliés entre eux par le même statut et la personne
de Marco Levi Bianchini, présent à Teramo en 1925 et à Rome en 1932. (Di Chiara, 1997; 249
et 253). La référence, à la lettre de Rank, permet de remarquer qu’Accerboni indique deux dates
différentes : dans l’écrit publié en 1997 (p. 231) la date donnée est le 21.12.1921, alors que celui
de 2000 (p. 47, n. 6) mentionne que la lettre de Rank est datée du 5.10.1921.
[8]
Le fait que Bianchini n’ait apporté aucune contribution au volume, édité en 1936, par la
Biblioteca Psicoanalitica Internazionale pour célébrer les quatre-vingts ans de Freud et qui
contenait sept articles originaux, (
Saggi di psicoanalisi in onore di Sigmund Freud, montre que
Bianchini occupait une position atypique, à l’intérieur de la SPI, déjà au milieu des années 30.
[9]
Freud prend également la défense de Bianchini en privé, lorsqu’il invite Weiss à évaluer
à la fois « ses faiblesses et ses bons côtés » (cf. Weiss, 1970; 77). Pour une vision plus ample des
opinions exprimées par l’entourage de Freud sur l’activité de Bianchini voir Accerboni, 1997 et
2000.
[10]
Entre 1925 et 1931, en effet, Weiss trouva remède à son propre « malaise et embarras »
(cf. Accerboni, 2000; 44) dérivant de son association avec Levi Bianchini (auquel il se sentait
lié à cause de Freud) par l’abstention, en désertant les réunions de la toute nouvelle société
psychanalytique italienne. Sur « l’association » Weiss-Bianchini, voir Accerboni, 1997 et 2000,
mais aussi David, 1966,196-200).
[11]
Ferro trouve une autre « trace » de la liaison entre le mouvement futuriste et le développement de la psychanalyse en Italie, dans le personnage de Piero Bellanova, un des psychanalystes
italiens les plus connus, de la « seconde génération » : Bellanova, en effet, avant de se dédier
exclusivement à la psychanalyse, fut un « militant futuriste » et écrivit même un roman en collaboration avec Marinetti.
[12]
Sur les néologismes de Bianchini, voir également ce qu’écrit Inglese (1996; 29), pour
qui « les constructions sémantiques inédites… entrent en résonances avec les modèles explicatifs adoptés par lui (Bianchini) pour réussir à illustrer les caractéristiques des phénomènes
morbides, ou les processus fonctionnels de l’esprit et les procédures techniques d’assistance ».
[13]
Des sept revues considérées nous avons consulté les années suivantes :
Rivista sperimentale di freniatria e medicina legale delle alienazioni mentali (appelée précédemment
Rivista
sperimentale di freniatria e di medicina legale ) : 1910-1941;
Rivista di psicologia (éditée par
l’asile Provincial de Bologne) 1917/8 – 1936;
Rivista di neurologia : 1928-1932;
Igiene mentale :
1928-1935;
Rassegna di Studi Psichiatrici : 1915-1950;
Rivista di Patologia Nervosa e Mentale :
1913-1943;
Quaderni di Psichiatria : 1914-1930.
[14]
Signalons le compte rendu de la section entière (comprenant les interventions de Weiss
et de Levi Bianchini) du XVII
e Congrès de Fréniatrie, dédiée à la psychanalyse :
Revue d’Etudes
Psychiatriques, 1925, vol. XIV, 1; 604-612.
[15]
Il s’agit des publications suivantes :
Note e Riviste di Psichiatria (Notes et revue de
Psychiatrie) (périodique édité par l’hôpital Provincial Psychiatrique de Pesaro), et que nous
avons consulté pour les années comprises entre 1925 et 1936; les
Annali dell’ospedale
Psichiatrico di Perugia (Annales de l’
hôpital Psychiatrique de Pérouse) : années 1915-1918 et
1933-1938; le
Giornale di Psichiatria Clinica e Tecnica Manicomiale (Journal de psychiatrie
clinique et Technique de l’asile (bulletin de l’asile de Ferrare, où Levi Bianchini lui-même figure
parmi les collaborateurs) : années 1913,1914,1924,1925,1928-1930.
[16]
Dans ce « Journal…» était déjà parue, quelques années avant, une critique flatteuse du
volume
Pedagogia e Psicoanalisi (Pédagogie et Psychanalyse), de F. Cibarelli (Teramo, 1924)
dans lequel Bianchini, éditeur et auteur de la préface, est présenté comme « l’infatigable
défenseur » de la psychanalyse.
[17]
Comme le rappelle David (1966,142-143), dans l’intervention de Annibale Puca il est
uniquement fait un hommage circonstancié et obséquieux au vieil « introducteur de la psychanalyse en Italie ».
[18]
Cette communication doit beaucoup à tous ceux qui, ayant été stimulés ces dernières années
par la précieuse activité des docteurs Salomone et Arnone, ont contribué de façon différente à faire
partir un nouveau type de réflexion sur le personnage de Levi Bianchini. Je (Riccardo Galiani)
souligne ma dette à leur égard et tenons à remercier, en particulier, le collègue Rosario Conforti,
dont je n’aurais pas connu la culture, la générosité et la disponibilité sans la médiation du Prof.
Oneroso; je remercie également le Prof. Ceccarelli et le doct. Moschetta qui ont mis à disposition
leurs travaux respectifs et enfin le dr. Salvo Inglese, pour son esprit critique. Je voudrais, pour des
motifs analogues, exprimer ma gratitude au doct. De Renzis qui m’a permis de consulter une version
inédite de la conférence « Liberté et psychanalyse »; enfin, je réserve la dernière expression de ma
gratitude au doct. Olga Pozzi pour des raisons qui ne sont pas tout à fait égales aux autres citées.