Sigi mon amour, ci-gît l’amour
Jean-Jacques Barreau
«L’amour est le mal du pays». En reprenant, dans Malaise dans la culture,
cette «plaisanterie», Freud articule l’amour à la nostalgie du ventre maternel et au fantasme
du paradis perdu recouvrant de son voile l’impossibilité de l’unité narcissique et la radicale
altérité de l’autre sexe. L’amour est-il du même ou de l’autre? Est-il conservateur ou porte-t-il en lui une puissance de transformation? Freud est resté nostalgique des paysages fleuris
de Freiberg, sa ville natale, associés à l’amour d’une jeune mère et à la sexualité infantile.
Il y retourne chaque fois que son amour, qui se tourne rapidement vers la recherche et la
psychanalyse, le conduit aux portes de l’incertitude. Car l’événement de l’inconnu n’est
possible que sur ce fonds de mémoire, source des représentations de désir et garantie d’une
permanence identificatoire.Mots-clés :
Amour, Mort, Nostalgie, Narcissisme, Altérité, Amour de transfert.
‘Love is like home sickness.’By picking up on this ‘witticism’, Freud
likens love to the nostalgia for foetal life and the fantasy of a lost paradise that veils the
impossibility of Narcissistic unity and the radical Otherness of the opposite sex. Is love the
love of the same or the love of the other ? Does love conserve or is it a powerful force behind
transformation ? Freud always felt nostalgia for the verdant landscapes of Freiberg, the town
he was born in, and this he associated with the love for a young mother and infant sexuality.
He went back there every time that his love, that rapidly took the direction of research and
psychoanalysis, led him into uncertainty. For the sudden emergence of the unknown is only
possible against the backdrop of memory, from which spring representations of desire and
which guarantees the stability of identification.Keywords :
Love, Love of Self, Passion, Otherness, Mystic Love, Melancholy, Narcissism.