2005
TOPIQUE
Avant-Propos
Evelyne Tysebaert
Robert C. colin
Il y a tout juste trente-quatre ans, en novembre 1970, alors que le
Quatrième Groupe venait d’être fondé depuis un an à peine, François Perrier
inaugurait un séminaire sur
L’Amour dont le retentissement fut grand au sein
de la communauté analytique, toutes sociétés confondues
[1]. Les questions
novatrices qu’il soulevait avec une liberté de ton exemplaire qui lui était si
caractéristique, et dans un style inimitable, ont trouvé un écho des plus actuel
à l’occasion des Journées Scientifiques qui se sont tenues à Lyon les 20 et
21 novembre 2004 sur le thème de
L’Amour et dont les interventions sont
publiées ici. Nombreuses sont les figures de l’amour qui furent évoquées :
figures musicales, polyphoniques, enchanteresses; figures visuelles, en
dégradé de lumière, entre l’éclat et l’ombre; figures contrastées entre la violence de la passion et la délectation morose, entre la force du désir et le calme
apparent de la sublimation. Il est intéressant de souligner la place qu’occupe
la mort pour François Perrier en tant qu’opérateur négatif de l’assomption de
l’amour. C’est « l’objet manquant, l’objet virtuel qui n’a jamais existé », nous
dit-il, en tant qu’instance tierce, qui fonde cette liberté créatrice qui lui était
si précieuse et qu’il considérait comme le propre de l’amour accompli.
D’autres contributions viennent prolonger les réflexions de ces Journées
Scientifiques en portant l’accent sur la conception freudienne de l’amour,
entre endeuillement et ouverture sur l’inconnu, sur les formes extrêmes de
l’amour pour le sujet humain, constituées par l’amour mélancolique de soi et
l’amour mystique, mais aussi sur les incidences de l’évolution des sociétés et
des mentalités à ce sujet.
[1]
Perrier F., [1978], « Séminaire sur l’Amour, 1970-1971 », in
La Chaussée d’Antin. Edition
nouvelle, Bibliothèque Albin Michel, Idées, Paris, 1994, pp. 349-536.