2005
TOPIQUE
Argument
Guy Roger
« Pourquoi il y a de l’amour, pourquoi il n’y en a pas, pourquoi il y a de
la jouissance ou de l’érotisme, pourquoi il n’y en a pas ; pourquoi ça se tue,
pourquoi ça s’aime, pourquoi ça gueule, pourquoi ça se quitte, pourquoi ça
se rencontre, pourquoi ça dure ?» [1]
C’est ainsi que François Perrier dans un condensé saisissant, questionne ce
qui se joue entre un sujet et l’autre, l’amour et les débordements auxquels il
paraît inévitablement lié.
Sont ainsi convoquées toutes les modalités de la traversée du conflit Å“dipien, en particulier la confrontation à l'autre de l'autre, qu'il soit réel, imaginaire ou symbolique.
Je dirai même que ce qui est ainsi esquissé c’est, à travers ces interrogations, la multitude des figures que peut prendre l’objet interne entre l’imago
– image de l’objet archaïque – et l’image complexe qui conserve quelques
traits de l’objet premier tout en ayant subi les remaniements inévitables auxquels l’a conduit le travail de deuil.
La psychanalyse est à son affaire lorsqu'il s'agit d'interroger les dysfonctionnements, les mésusages de l'amour. Est-elle en mesure de nous dire ce
qu'est l'amour ? Doit-elle s'en tenir à constater que les investissements affectifs et sexuels de l'autre deviennent accessibles au sujet lorsque les refoulements ont été en partie levés, la bisexualité psychique reconnue, acceptée et
mise en Å“uvre, l'au-delà du principe de plaisir exploré (coup d’arrêt porté à la
répétition) et qu'ainsi le temps de l'histoire peut relayer le temps du destin ?
En d'autres termes, l'aptitude à l'amour (et au travail écrivait Freud) est-elle superposable à la visée que l'on assigne à l'analyse ? Si les messagers de
l'amour nous sont familiers, qu'en est-il de ses passagers clandestins ?
[1]
F. Perrier,
L’amour, séminaire 1970-1971, Pluriel, 1998, p. 255.