2005
TOPIQUE
Avant-propos
Sophie de Mijolla-Mellor
Le thème du Mal est infini aussi ce numéro qui prend la suite du précédent
n’épuise certes pas la question mais en propose des abords plus engagés dans la
réalité historique.
Le Mal y apparaît dans la haine de l’hétérogène tel que le nazisme a pu l’instituer aux limites du pensable dans la pure absence de pensée de ces fonctionnaires
zélés du néant. Ils donnent la mesure de l’infini du possible dans l’homme à l’égard
du mal.
Plus généralement, l’idéal de pureté culturelle se trouve désigné comme le
risque du mal absolu pour la pensée et de toutes façons comme le fondement général
des fanatismes. Car ce même idéal en conduisant aux génocides détruit pour les
bourreaux comme pour les victimes le pacte identificatoire qui lie l’humanité dans
sa diversité.
Les différents textes de ce numéro tentent de dégager une spécificité du Mal
qui ne serait pas à confondre avec l’agressivité ou même avec la pulsion destructrice qui fait partie de l’humain, mais qui viderait la destruction de ses bases
pulsionnelles et mimerait une machinerie où la notion même de mal ne serait plus
pensable.