Topique
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2847950621
200 pages

p. 5 à 5
doi: en cours

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no 93 2005/4

2005 TOPIQUE

Avant-propos

Sophie de Mijolla-Mellor
Le terme de « grandir » interroge la dimension de l’Idéal comme celle du Temps dans la problématique plus large du « projet ».
Quant au fait de grandir comme phénomène, loin d’être considéré comme normal voire obligatoire, il fait l’objet de craintes diverses et d’espoirs cachés.
Pourrait-on ne pas grandir, rester toujours petit avec les prérogatives qui s’y attachent ? Comment grandir sans vieillir, sans se rapprocher inexorablement du terme de la vie avec toutes les pertes que cela implique ?
A la hâte d’être enfin grand répond la nostalgie de ne plus être petit et l’enfant, comme les parents et les éducateurs perçoivent ce paradoxe. Ils y apportent, le cas échéant, des réponses volontaristes comme le projet de « faire grandir » les enfants ou bien grandir implique les épreuves diverses auto-imposées par ces derniers pour s’arracher parfois avec violence à l’enfance.
Mais grandir est en lien avec l’idée une autonomie à conquérir et, à ce titre, cette notion n’est pas seulement à penser dans la perspective de l’éducation, ses buts et son déroulement mais elle concerne aussi la cure analytique et ses objectifs.
Quand et comment, enfant ou adulte, pensons-nous que nous avons « grandi »et par rapport à quoi ou à qui ? Est-ce que le sentiment de grandir ne se vit pas toujours dans l’après-coup et ne se décline pas nécessairement au passé : « J’ai (il a) grandi »?
On fera ainsi intervenir des questionnements importants et trop peu étudiés sur la pensée du « progrès » chez Freud et en psychanalyse, et sur les liens que l’on peut établir avec les notions d’évolution ou, au contraire, de développement.
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