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S'inscrire Alertes e-mail - Topique Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLa psychanalyse comme énigme
AuteurAna-Paula Levivier du même auteur
48 rue du Comte de Lambertye 51200 Épernay1 “Puisque nous voici une nouvelle fois rassemblés après de longues années de séparation difficiles à vivre, je me sens porté à reconsidérer l’état de notre thérapie, à laquelle, n’est-ce pas, nous sommes redevables de notre situation dans la société humaine et à passer en revue les directions nouvelles dans lesquelles elle pourrait se développer”[1] [1] S. Freud, Les voies de la thérapie psychanalytique (1918[1919]),...
suite. L’exercice d’un métier génère des fonctions socioculturelles codées qui se répercutent sur l’ensemble pratiquepraticienpublic, et l’analyste n’échappe pas à cette dette culturelle envers la société de son temps. Si les psychanalystes doivent à la psychanalyse leur “situation”, celle-ci forme ses vues à partir de leur pratique, concourant à leur acceptabilité sociale. Freud sait que les développements de la technique et de la méthode reposent sur leurs avancées et leurs renouvellements, alliés à la rigueur et à une éthique qu’il n’a jamais cessées de rappeler. Les voies de la formation sont de première importance dans la diffusion de la psychanalyse et l’ont toujours intéressé. Ses textes, prioritairement destinés aux analystes, sont habités par le souci de leur préparation à la clinique. Les dissensions apparaissent très tôt à l’intérieur du mouvement analytique, illustrant la fermeté du fondateur dans la direction de la psychanalyse, aussi bien que ses inquiétudes quant à la justesse de son évolution.
2 La formation est certes une nécessité intrinsèque à l’exercice du métier et favorise sa rénovation. Elle peut également contribuer à son appauvrissement par l’endoctrinement dans des schémas rigides de pensée. L’expérience montre qu’autour d’elle s’organisent les enjeux et les querelles des narcissismes et des différences, qui finissent par coexister ou qui donnent lieu à des orientations diverses, parfois contradictoires, voire même incompatibles. Pensons non pas à la société en général mais à celles plus restreintes, les sociétés des psychanalystes. Pour ces dernières un triple ancrage – analyse personnelle, super-vision, engagement institutionnel – s’est consacré comme la voie reconnaissable de la formation, surpassant la diversité des écoles et ce qui origine leurs scissions et leurs différends. Quelles sont les bases analytiques de ce triple ancrage ? C’est ce que nous cherchons à justifier.
3 “La psychanalyse dite ‘didactique’, quel que soit le cadre institutionnel et idéologique qui la cautionne, est une psychanalyse finalisée– ‘sur commande’– ouverte par là même sur une fonctionnalité (ce qui est le contraire même de l’analyse). J’ai insisté sur sa fonction de pouvoir, d’endoctrination, d’affiliation. Je n’ai cessé – avec d’autres finalement peu nombreux – de la dénoncer. Qu’on la pare parfois de noms plus nobles comme ‘transmission’ ou ‘filiation’ ne change rien à ce qu’elle se propose, ni à ce à quoi elle aboutit”[2] [2] J. Laplanche, “La psychanalyse dans la communauté scientifique”,...
suite. Nous souscrivons à ces positions de Jean Laplanche et elles contribuent à poser le cadre de notre travail, à savoir qu’il est nécessaire de défonctionnaliser la supervision de l’objectif pragmatique de formation parce que donner un objectif à une analyse va à l’encontre de la définition même de toute analyse.
4 Cependant, et malgré les déviations et les dérives de toute sorte, nous postulons l’existence de fondements analytiques orientant notre formation en son triple ancrage. En interrogeant la supervision, posons la question de ses opérations afin de trouver les conditions qui la soutiennent. Pour ce faire, procédons à une mise en perspective avec la cure dans le dessein de formaliser ce qui revient à la supervision, ses limites et son champ; et ceci d’après notre propre vécu comme analyste en supervision et analyste superviseur.
L’ENGAGEMENT D’UNE SUPERVISION
5 Qu’est-ce qui change pour un analyste lorsqu’il se soumet à une analyse personnelle et à une supervision ? Dans les deux cas il s’agit d’un éprouvé de la méthode analytique par le transfert et par la libre association. De même, il s’agit, pour l’analyste superviseur, d’un éprouvé par le transfert et l’attention flottante. De quoi relève la demande d’un “lieu” spécifique pour parler de la pratique ?[3] [3] Cf. P. Fédida, “Théorie des lieux. Nouvelles contributions”,...
suite Alors que la parole qui convoque celle-ci ne manque pas de sa présence à l’analyse personnelle, loin de là. S’il en est ainsi, à quel persévérer répond l’instauration d’un extérieur à l’analyse personnelle ?
6 L’adresse à un Autre instaure un espace psychique et une dynamique processuelle édifiant la supervision en un “lieu” qui accueille la solitude et le frémissement de celui qui s’engage comme analyste. Accueil qui n’est jamais assuré une fois pour toutes et qui ne saurait être la cause de l’existence de la supervision car analyser quelqu’un est une œuvre du temps dans la solitude et l’actualité de son déroulement, qu’aucune préparation, voire anticipation, ne peut garantir. Alors, à quel monde de choses ressort la demande de supervision ?
7 Il est courant d’entendre que la supervision se destinerait à mettre en relief les points aveugles de l’analyste, restés encore inanalysés dans son analyse. Ces points l’empêcheraient d’accueillir la parole du patient là où celle-ci et lesdits points feraient chiasme, parasitant son écoute et favorisant de la sorte son contre-transfert. Cette conception de la supervision laisse implicite l’idée qu’elle réussirait là où l’analyse n’est pas encore allée ou bien, là où elle aurait échoué. Nous serions ainsi enchaînés sans cesse, dans un glissement infini sans évidemment jamais épuiser à la fois les lieux d’analyse et ce qui dans l’humain demeure irréductiblement inanalysable.
8 Or, la supervision n’est pas un dédoublement de l’analyse personnelle. Si ces deux pratiques de l’analyse, associées à un engagement institutionnel, font l’unanimité parmi les psychanalystes, ceci illustre que la psychanalyse se noue et se renouvelle en créant ses champs de déploiement. Et que la structure de l’adresse à l’Autre, point de départ de toute analyse, demeure la voie par laquelle la psychanalyse elle-même rencontre les conditions de son existence et de sa continuité. Celles-ci comprennent des mouvements vers l’extériorité de ses champs d’expérience, montrant que le vif et la vivacité de chaque analyse requièrent des espaces de parole, d’écoute et d’échange libres de toute intention pragmatique et normative. La méthode de Freud garde ceci de spectaculaire : sa plasticité est enracinée dans la libre association (gleichschwebende Aufmerksamkeit) et l’attention flottante (freie Assoziation). Actes dont le cœur battant aère avec du nouveau, de l’insolite, rendant opérantes les assises fondatrices de la méthode et de la technique. Mais pourquoi les rapports à la pratique suscitent-ils cette mobilisation extrême au point qu’un “lieu” spécifique leur soit consacré ? Il est énigmatique et ardu de justifier en quoi la psychanalyse se constitue elle-même comme l’énigme d’une telle puissance qui ne dessaisit pas ceux qui la pratiquent.
9 Relevons à cet endroit une contradiction que les praticiens doivent affronter : si toute analyse est réfractaire à un quelconque objectif il n’en reste pas moins que la clinique demeure la toile de fond de la supervision. Ce qui requiert de l’analyste superviseur d’être avisé par ce à quoi il a à faire de son écoute et de son transfert. Dans Observations sur l’amour de transfert Freud attire l’attention sur l’inévitable de cet amour et sur la façon dont la technique l’intègre[4] [4] “Pour le médecin, ce fait constitue un précieux enseignement...
suite. Dans la mesure où l’analyste est “averti” par ce phénomène il le met au profit du traitement, par les ouvertures du transfert et de la résistance. Cet “avertissement” vaut également pour l’analyste superviseur : il serait en mesure d’être averti afin de manier la technique et la méthode pour puiser leurs ressources et leur continuité dans le champ créé par ce qui impulse la demande d’écoute des cures menées.
10 Formulons à présent deux hypothèses. La première, que cette impulsion a source dans l’énigme qu’est l’immersion dans la psychanalyse, se manifestant par la confrontation aux cures. La seconde, que la place de l’analyste est redevable d’un besoin d’écoute. Sans entrer dans les distinctions apportées par Jacques Lacan entre demande, besoin et désir, le besoin ici proposé relève de ce que nous avons ci-dessus attribué aux conditions fondatrices de la psychanalyse, c’est-à-dire l’adresse à l’Autre. Celle-ci installe un se retournersur soi en s’écoutant dire ce qui reste imprononçable auprès du patient et de soi-même.
11 Revenons à la place du superviseur, averti qu’il ne conduit pas une cure. La contradiction analytique que l’analyse en supervision nourrit se révèle ici fructueuse puisqu’elle permet, entre celle-ci et la cure, une distinction possible dans la direction des interventions. Mais accentuons ceci : les matériaux d’une analyse ne sauraient être distincts, la distinction est du ressort du superviseur et de ce qu’il fait de son écoute. Face aux matériaux inconscients, disons qu’une réserve et une économie interprétative extrêmes orientent les interventions. L’émergence de ceux-ci dévoile ce qui de l’analyste en supervision vient se greffer sur la cure. Que faire de tels matériaux ? Les laisser résonner, convier les ouvertures de leur cadence, de leur profusion affective et cénesthésique. Il ne s’agit pas de les interpréter mais de favoriser la création d’une optique de réfraction par laquelle patient et analyste en supervision se séparent et se conjuguent à la fois. Analyse du transfert, pourrions-nous dire, dans la mesure où les éléments inconscients qui réduisent les écarts entre l’analyste en supervision et le patient rendent le premier indisponible aux mouvements transférentiels du second. Écartsqui maintiennent la distance nécessaire à la neutralité bienveillante et à l’ouverture au déploiement de l’inconnu dans la séance. Dans le sens de l’attention particulière (Aufmerksamkeit)et des maniérismes de la parole et des positions corporelles de l’analyste en supervision, le point de vue extérieur à la cure trouve les conditions de remarquer (merken), des matériaux, leurs détails (Einzelheiten)[5] [5] S. Freud & J. Breuer, Études sur l’hystérie (1895),...
suite. Ceux-ci engendrent les conditions d’écoute par lesquelles la cure va à l’encontre du transfert du patient. Devant ces éléments, le travail analytique en supervision trouve ses limites là où la direction de la cure serait requise et nécessaire. Le destin de tels matériaux ainsi découverts revient à l’analyste en supervision.
12 Les complexités et les difficultés des analyses sont souvent évoquées comme les raisons d’une supervision. Mais force est de constater que l’acte analytique lui-même provoque et requiert sa perlaboration chez celui qui est traversé par les effets de son inconscient. L’inouï surprend le praticien dans l’après-coup de son acte. L’intellectualisation, l’objectivation ou le dessein de théorisation n’atteignent pas la particularité du travail inconscient de pensée qui est sollicité par le vécu de la pratique. Disons que la supervision est un espace de recherche, dans le sens de celles indiquées par Freud : c’est par la confrontation à la différence, à l’ambivalence affective, à l’inconnu, à l’altérité et au non-assouvissement désirant, que l’impulsion pour chercher s’aiguise et s’approfondit[6] [6] Chez Freud les sujets majeurs stimulant l’esprit de recherche...
suite. Approfondissement qui maintient le chercheur dans sa quête, le relançant sans cesse. Si, avec Pierre Fédida, nous considérons que tout cas clinique est véritablement une “construction”[7] [7] P. Fédida, “La construction du cas”, dans Le site de...
suite de la fiction de l’analyste, il importe de souligner que les théories sur le cas, construites par l’analyste en supervision, sont de l’ordre des théories sexuelles infantiles. Avec Donald Winnicott[8] [8] D. Winnicott, De la pédiatrie à la psychanalyse, traduit...
suite, entendons qu’elles sont à la fois “créées” et “trouvées” ou, avec Freud[9] [9] S. Freud, “Die verneinung” (1925), dans Le Coq-Héron. ...
suite, qu’il s’agit de retrouvailles, que ces théories sont au rendez-vous d’avec les objets du penser “trouvés à nouveau” (wiederzufinden). Au dehors de toute psychologisation, de telles théories ressortissent à un travail de pensée dont les éléments, traversés par les ressentis du transfert, sont le désir, le fantasme et l’intrication entre les pulsions, le langage et le corps. La supervision se prête ainsi à se fonder également comme un lieu d’appropriation subjective, d’un effort de symbolisation de ce qui échappe à toute prévision et révision.
13 Maintenir vivante la flamme qu’anime la construction de ces théories revient à inviter l’analyste en supervision à habiter le lieu de das Unheimliche, lieu d’ouverture à la surprise, à l’inconnu, aux affects diffus et aux bouleversements qui sont les composants et les effets de chaque analyse[10] [10] S. Freud, “Das Unheimliche (1919)”, dans Das Unheimlich...
suite. Si, comme nous le soutenons, toute analyse a lieu depuis das Unheimliche, la supervision tourne et retourne sur les effets d’étrangeté issus de la pratique et d’elle-même. Et encore, que la surprise et l’étrangeté puissent surgir à chaque mot entendu, malgré la fréquentation des cas cliniques.
14 La reprise régulière de l’analyse personnelle était souhaitée par Freud. Pouvons-nous y voir aussi un souhait adressé aux analystes relativement à leur supervision ? Dans la perspective qui est la nôtre, chaque analyste – débutant et ceux témoignant d’un long parcours – serait à même de bénéficier de la super-vision. Celle-ci nous semble être posée de manière emphatique comme question auprès des débutants, alors que, dans les faits, elle accompagne le parcours de chaque psychanalyste. Mais la littérature analytique en dit peu[11] [11] De même, il nous reste à approfondir nos travaux concernant...
suite.
15 La fraîcheur de la théorie de la clinique et de l’expérience analytique est puissance de subversion et de défonctionnalisation. En cherchant à formaliser les spécificités de la supervision, en même temps qu’à la justifier, nous sommes venus à la saisir comme un lieu de recherche, de l’analyse du transfert, de la distinction entre matériaux de l’analyste et des patients, de symbolisation et d’appropriation subjective. Cette diversité n’est pas exhaustive mais bien plutôt l’illustration partielle de ses possibilités. Si les rapports à la pratique sont à l’origine de la supervision, concluons que la psychanalyse comme énigme demeure sa fiction.
Bibliographie
BIBLIOGRAPHIE
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FREUD S., “Die verneinung” (1925), dans Le Coq-Héron. Die verneinung. La dénégation. 1925-1975, traduit de l’allemand par B. This et P. Theves, Paris, Jacques Dupont Imprimeur, 1975,52.
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WINNICOTTD., De la pédiatrie à la psychanalyse, traduit de l’anglais par J. Kalmanovitch, Paris, Payot, 1969.
Notes
[ 1] S. Freud, Les voies de la thérapie psychanalytique (1918[1919]), Paris, P.U.F., Œuvres Complètes, XV, 1996, p. 99. Discours ouvrant le XXe Congrès de psychanalyse à Budapest, en 1918.
[ 2] J. Laplanche, “La psychanalyse dans la communauté scientifique”, Cliniques Méditerranéennes, 1995,45/46, p. 34. Les italiques sont de l’auteur.
[ 3] Cf. P. Fédida, “Théorie des lieux. Nouvelles contributions”, dans Le site de l’étranger. La situation psychanalytique, Paris, P.U.F., 1995, p. 257-298.
[ 4] “Pour le médecin, ce fait constitue un précieux enseignement et un avertissement salutaire d’avoir à se méfier d’un contre-transfert peut-être possible. Il doit considérer que l’amour de la patiente est déterminé par la situation analytique… En être averti est toujours une bonne chose”. S. Freud, “Observations sur l’amour de transfert”, dans La technique psychanalytique, traduit de l’allemand par A. Berman, Paris, P.U.F., 1999, p. 118.
[ 5] S. Freud & J. Breuer, Études sur l’hystérie (1895), traduit de l’allemand par A. Berman, Paris, P.U.F., 1989.
[ 6] Chez Freud les sujets majeurs stimulant l’esprit de recherche sont : la différence sexuelle, la mort, la distinction entre le moi et le non-moi, l’écart entre le plaisir souhaité et le plaisir obtenu. Cf. Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905), Actuelles sur la guerre et la mort (1915) et Pulsions et destins des pulsions (1915).
[ 7] P. Fédida, “La construction du cas”, dans Le site de l’étranger. La situation psychanalytique, op.cit., pp. 245-266.
[ 8] D. Winnicott, De la pédiatrie à la psychanalyse, traduit de l’anglais par J. Kalmanovitch, Paris, Payot, 1969.
[ 9] S. Freud, “Die verneinung” (1925), dans Le Coq-Héron. Die verneinung. La dénégation. 1925-1975, traduit de l’allemand par B. This et P. Theves, Paris, Jacques Dupont Imprimeur, 1975, 52, pp. 10-13.
[ 10] S. Freud, “Das Unheimliche (1919)”, dans Das Unheimlich und andereTexte. L’inquiétante étrangeté et autres textes, traduit de l’allemand par F. Cambon, Paris, Gallimard, 2001, pp. 25-139 et P. Fédida, Le site de l’étranger. La situation psychanalytique, op. cit.
[ 11] De même, il nous reste à approfondir nos travaux concernant la formalisation du terme de la supervision. Et ceci autrement de ce qui a déjà été dit sur la destitution du “sujet supposé savoir” et de la “liquidation du transfert”.
Résumé
La supervision demeure une composante de la formation des psychanalystes. En dehors des déviations vers l’objectivation pragmatique, nous rendons compte de ses bases analytiques en interrogeant les opérations qui la soutiennent relativement à l’analyse personnelle. Mots-clés
Analyse personnelle, Formation, Pratique, Supervision
Psychoanalysis as an Enigma Training analysis remains an essential element in the vocational training of psychoanalysts. Over and beyond deviations towards pragmatic objectivation, this article looks at the analytical bases of training analysis by looking at the elements from personal analysis that underlie it.Key-words
Psychoanalysis, Practical experience, Training analysis, Vocational training
PLAN DE L'ARTICLE
POUR CITER CET ARTICLE
Ana-Paula Levivier « La psychanalyse comme énigme », Topique 4/2006 (n° 97), p. 131-137.
URL : www.cairn.info/revue-topique-2006-4-page-131.htm.
DOI : 10.3917/top.097.0131.




