La guerre est-elle un jeu ?
Eric Toubiana
Les bruits de la guerre rendent-ils sourds les humains. Freud fondait sa
médication prescrite à la Société Des Nations sur l’importance de la culture comme ultime
rempart contre la pulsion guerrière des hommes. L’analyse des avatars de la culture affaiblit l’espérance freudienne.
L’architecture des beaux quartiers de la plus belle ville du monde, Paris, dénonce l’omniprésence d’une apologie et d’une nostalgie guerrière. Nous côtoyons ses ombres portées
en voulant ignorer cette évidente construction culturelle. Les activités ludiques peuvent,
elles aussi, être marquées par la même inscription pulsionnelle: une oscillation entre les
mécanismes de liaison contribuant à la constitution de la psyché et les mécanismes de déliaison figurant la destruction de l’homme par l’homme, sont l’œuvre de la pulsion. Le jeu tout
comme la guerre sont des représentants-représentations assujettissant l’humain.
Du jeu des osselets aux jeux en ligne, la mort marque par son empreinte. De la distraction envisagée naît la destruction désirée. Le Jeu est une métaphore de l’affrontement guerrier.
La compulsion répétitive qui signe et influe le jeu comme la guerre. La culture participe à
son achèvement...Mots-clés :
Culture, Guerre, Jeu, Répétition, Pulsion.
The noise of war often makes human beings deaf. Freud based the medicine he prescribed to the League of Nations on the importance of culture as the last rampart against man’s destructive warring drives. An analysis of the avatars of culture somewhat undermines the hopes Freud expresses here. The architecture of the smartest districts
of the world’s most beautiful city, Paris, decries the omnipresent apology and clear nostalgia for war. We rub shoulders with such shady reminders almost daily, while seemingly
managing to ignore the cultural construction they voice. Even more light-hearted activities bear witness to the presence of similar drives – the drives are characterised by the
oscillation between bonding mechanisms involved in the make-up of the psyche and
mechanisms destroying those bonds at work in man’s destruction by fellow man. Games,
like war, are both representative and representations of the subjection of man. From
playing jacks to on-line gaming, death leaves its imprint. From the distraction anticipated
is born the destruction desired. Games are but a metaphor for sparring and conflict.
Repetitive compulsions characterise and influence both. Culture finishes the job off...Keywords :
Culture, War, Game, Repetition, Drive.
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