2008
TOPIQUE
L’analyse quatrième
Sophie de Mijolla-Mellor
L’analyse quatrième est une façon propre au IVe Groupe d’envisager le
travail de formation analytique classiquement défini dans les sociétés de
psychanalyse comme « contrôle » ou « analyse supervisée ».
L’analyse quatrième est donc d’abord, une théorie du contrôle, de la situation de supervision – théorie jamais esquissée jusque-là – et prenant en compte
l’ensemble complet des figures et personnes qui y interviennent, ainsi que leurs
interactions visibles ou cachées.
Le terme de « quatrième » renvoie non seulement au IVe Groupe lui-même,
mais aussi au nombre des protagonistes : soit l’analysant, l’analyste, l’analyste
de celui-ci et l’analyste qui assure l’analyse quatrième.
Quel est l’intérêt de cette insistance sur le pluri-référentiel ?
Tout d’abord de marquer et de mettre en lumière les effets nocifs propres à
cette pluralité lorsqu’elle n’est pas reconnue comme telle : jouer le didacticien
contre le contrôleur ou l’inverse, soumettre ce qu’on entend du patient à ce que
l’on croit que le contrôleur attend ou aurait souhaité que l’on entende, etc.
Se trouve ainsi affirmée l’idée importante que l’effet didactique se construit
dans un jeu dialectique rendu possible par le passage de la relation duelle à la
relation à quatre.
De ce fait, le risque d’aliénation majeur, celui de l’aliénation au savoir, peut
être contrecarré et l’effet didactique est défini comme n’étant jamais la conséquence directe de la transmission d’un savoir.
Ré-ouvrir, ne jamais considérer comme acquis ce qui doit se présenter comme
un processus, tel est effectivement non seulement l’idéal de la formation des
analystes, mais aussi celui de la pratique de l’analyse, y compris chez les analystes confirmés.