2008
TOPIQUE
Avant-propos
Sophie De Mijolla-Mellor
L’Eros désexualisé est au fondement de la relation d’amour du croyant à son
Dieu et la pratique cultuelle de la sexualité faisait partie intégrante des rites
dits païens de l’Antiquité et des religions orientales.
Car, sous une forme exaltée, sublimée, la relation sexuelle constitue le modèle
même de l’alliance de l’humain et du divin et l’extase du plaisir n’est jamais
loin de la transcendance.
On ne s’étonnera pas que toutes les religions aient eu à coeur de réglementer la sexualité par exemple en la prescrivant dans un sacrement comme le
mariage, en la limitant (interdit de la contraception, de l’homosexualité, de
l’amour “libre”) ou en l’interdisant, dans certains cas, pour les servantes et les
ministres du culte.
Ainsi canalisé, le sexuel anime et entraîne les passions religieuses sublimées,
mais à quel prix et jusque dans quelles limites ?
Des images de l’homme, de la femme et du désir se dégagent ainsi de cette
présence du sexuel impossible à ignorer, leurs représentations mythiques, iconographiques le cas échéant sont révélatrices des options profondes et des
sensibilités des diverses religions.
On lira ici un dialogue entre psychanalyse et religions dans leurs modalités
variées, interrogeant les renoncements et les passions qui animent l’expression
du religieux et ses codifications.